J'ai rencontré Muhamad en 1988, la première fois où je me suis rendu au Bangladesh, pour entreprendre une action contre les inondations qui ravageaient le pays. J'ai tout de suite été frappé par la force infinie qui se dégageait de cet homme doux, serein, attentif aux autres. La microfinance était alors dérisoire. Il y avait moins d'un million de bénéficiaires dans le monde et la Grameen était encore une toute petite institution. J'ai tout de suite su que c'était une forme majeure d'action. Une forme majeure de lutte contre la violence. Depuis, nous ne nous sommes pas quittté. J'ai lancé , dès que j'ai fondé la BERD en 1990, un programme de microfinance en Europe de l'Est. Il y avait alors 3 millions de microentrepreneurs . En 19988, je suis allé le voir pour lui proposer de lancer avec moi une initiative pour accelerer la croissance de la microfinance dans le monde. Nous avons ainsi créé PlaNet Finance en Octobre 1988, Il a pris la tete du comité d'honneur, avec Abdou Diouf. A cette date, il y avait 7 millions de microentrepreneurs, dont l'essentiel au Bangladesh. Aujourd'hui, il y a 130 millions de microentrepreneurs et 10.000 institutions de microfinance. Et PlaNet Finance (www.planetfinance.org) est aujourd'hui la plus importante institution européenne, et une des toutes premières institutions mondiales, de soutien à la microfinance . Depuis des années, je fais campagne pour que Muhamad recoive à la fois le prix Nobel de la paix et de l'économie. Il les méritait l'un et l'autre. Son prix sera pour lui un grand embarras: ce banquier n'aime pas l'argent. Il sera aussi une grande satisfaction. La reconnaissance, enfin, que ses efforts infinis sont enfin recompensés."
Comme des gosses de riches, même si trop de nos compatriotes vivent sous le seuil de la pauvreté, nos pensons comme l'ARISTOCRATIE de 1788, que le monde ne changera jamais et que nos privilèges nous sont acquis pour toujours.
Qu'avons nous fait si ce n'est de nous donner la peine de naître dans un des plus riches pays de la planète.Il vient le moment où l'intérêt que nous devrons très vite porter à nos semblables est une obligation morale au risque de connaître prochainement une nouvelle révolution, non celle de 1789 mais bien plus terrible pour nos civilisations méprisantes et égoïstes envers la misère du monde.
la prochaine campagne présidentielle doit impérativement aborder ce sujet qui de toute façon SURGIRA très vite dans notre quotidien dès demain.




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