20.10.2006
PRESIDENTIELLES 2007 LA REALITE DE L'IMMIGRATION EN EUROPE
Contrairement aux idées reçues ou imposées, la réalité de l'immigration que connaît l'Europe est tout autre. ce sont les ex pays de l'est qui fournissent les plus gros contingents d'immigrants.Cette immigration marque sans doute la fin de l'arrivée massive des personnes qui jusqu'alors arrivaient du sud.
c'est en quelque sorte une certaine forme de la réussite de l'EUROPE, qui se traduit aujourd'hui par la possibilité d'une arrivée massive de nouveaux citoyens Européens vers les vieux pays occidentaux. Ils retourneront demain dans leurs pays dès lors que les conditions économique le permettront.
ARTICLE DE LA CROIX
Les dernières statistiques révèlent que les migrants vers l'Union européenne arrivent essentiellement des pays de l'Est. Ces chiffres corrigent la vision d'une pression migratoire venant surtout du Sud
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En matière d’immigration, l’Europe doit réviser sa géographie. Les grands flux d’immigration ont en effet changé ces dernières années, même si cela ne se voit pas forcément. Il existe des flux très visibles, et d’autres plus discrets. Et les mouvements les plus massifs ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Il est vrai qu’il est bien difficile d’y voir clair.
D’abord parce que les statistiques sont établies de façon différente par tous les pays européens. « La durée des permis de séjour n’est pas nécessairement la même d’un pays à l’autre pour une même catégorie de migrants », relève l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) dans une note de 2005 qui déplore la « grande difficulté pour mener à bien les tentatives d’harmonisation » des statistiques.
On peut tout de même tenter d’arriver à une photographie d’ensemble en utilisant les statistiques nationales de chacun des pays européens, tout en sachant qu’elles ne permettent pas de décrire une réalité exacte, mais plus simplement de donner une image générale en comparant des ordres de grandeur. On arrive alors à quelques constats simples.
Politiques plus restrictives dans tous les vieux pays d'immigration
Le nombre d’immigrés a par exemple doublé en Italie depuis cinq ans. La Grèce a accueilli un million d’immigrés durant les quinze dernières années. Mais durant les dix dernières années, la France, six fois plus peuplée, n’a accueilli que 618.000 migrants légaux, essentiellement bénéficiaires du droit d’asile ou du regroupement familial.
Les vieux pays d’immigration ont tous adopté des politiques plus restrictives, depuis une vingtaine d’années, tandis que les anciens pays de départ, en Europe, ont largement ouvert leurs frontières, ces dernières années, pour accompagner leur dynamisme économique nouveau et compenser le vieillissement de leur population. Ainsi, l’Espagne a régularisé 600.000 étrangers en 2005, l’Italie 517.000 en 2006.
Le cas le plus spectaculaire est sans doute celui de l’Irlande. Longtemps pays d’émigration, elle est devenue, depuis peu, un pays d’accueil des migrants. Elle a compté 112 000 arrivants en 2005, quand il n’y avait eu que 6 000 nouveaux arrivants en 2000. Selon le professeur Gerry Hughes, de l’Institut de recherche sociale et économique (ESRI) de Dublin, « deux cents ans d’histoire de l’immigration en Irlande ont été annulés durant les dix dernières années, depuis l’explosion économique du Tigre celte ».
Les flux du Sud les plus visibles mais loin d'être les plus nombreux
Deuxième constat : l’essentiel du flux des migrants vient de l’Est, et non pas du Sud comme on pourrait le croire. Les images des pateras, ces embarcations fatiguées qui accostent aux îles Canaries, chargées d’Africains déshydratés, frappent l’opinion. Ces migrants qui viennent de l’Afrique subsaharienne sont les plus visibles. Ils sont pourtant loin d’être les plus nombreux.
Durant les neuf premiers mois de 2006, 23 000 candidats à l’immigration ont débarqué sur les côtes espagnoles. Ils s’ajoutent aux 100 000 Africains entrés illégalement en Espagne depuis sept ans. Cependant, lorsque le gouvernement de Madrid a conduit une régularisation massive l’an dernier, il a pu constater que les clandestins les plus nombreux étaient les Équatoriens (25 %), suivis des Roumains (17 %), puis des Marocains (11,5 %), loin devant les ressortissants de l’Afrique noire (3,9 %).
Même chose en Italie : la régularisation de 2006 a montré que les clandestins les plus nombreux venaient de Roumanie (132 000), d’Ukraine (100 000), d’Albanie (47 000), du Maroc (47 000), d’Équateur (34 000). Au Portugal, juste derrière les Brésiliens (85 000), la première communauté étrangère est composée d’Ukrainiens, au nombre de 70 000 dans ce petit pays de 10,5 millions d’habitants. Ils travaillent dans l’agriculture et le bâtiment. En Grèce, 65 % des arrivants viennent d’Albanie. Et en Irlande, 60 % des nouveaux arrivants sont polonais.
Conséquence inattendue d’une forme de réussite de l’UE
Or 40 % viennent d’Asie, 25 % d’Afrique, 25 % de l’Europe extra-communautaire. Ces flux nouveaux sont une conséquence de la chute du « rideau de fer ». Ils sont aussi le résultat de l’ouverture du marché du travail aux ressortissants des pays nouvellement adhérents à l’Union européenne dans un certain nombre de pays (Irlande, Suède, Grande-Bretagne et depuis peu Italie). C’est ainsi que la Grande-Bretagne a accueilli, depuis deux ans, 450 000 Européens de l’Est dont 62 % sont polonais.
Ils sont également la conséquence inattendue d’une forme de réussite de l’Union européenne. La politique d’aide régionale de l’UE a fortement contribué à la croissance économique de l’Espagne, de l’Irlande et du Portugal, ces quinze dernières années. En entrant dans le club des pays riches, ces adhérents récents deviennent des pays d’accueil de migrants venus de régions plus pauvres de l’Europe.
Enfin, ces nouveaux flux sont encore le résultat des politiques nationales des pays de destination, qui sont seuls souverains, aujourd’hui, pour décider de régularisations massives. Leur décision influe sur les mouvements des migrants qui, dans les pays de départ, sont très informés de leur chance de pouvoir rester dans leur pays de destination.
Alain GUILLEMOLES
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