12.11.2006

présidentielles 2007 l'union des DROITES est elle possible?

 
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Éditorial

L’union de la droite, clé du renouveau de la France


par Henry de Lesquen
président du Club de l'Horloge


Une pédagogie des opinions proscrites


Le verrouillage politique qui met le

 Front national

au banc des partis est le fidèle reflet du verrouillage

 idéologique qui empêche de parler librement de

certains sujets

 vitaux pour

l’avenir de notre pays. C’est parce que le F.N. ne se

conforme pas aux

interdits édictés par les hérauts de

 l’idéologie dominante qu’il est

 victime d’ostracisme et exclu de l’“arc constitutionnel”,

en tant que

parti d’extrême droite.


Réciproquement, les idées qui sont défendues

par le F.N. se

 trouvent disqualifiées de ce seul fait.

Si le projet de réduire

le nombre des immigrés, de maintenir les valeurs

 traditionnelles

ou de renforcer la sécurité est avancé par

Le Pen, alors, nous

 serine-t-on dans les media, c’est bien la

preuve que ce sont

des idées

 d’extrême droite, donc fascistes !

L’exclusion-diabolisation du

 Front national est une pédagogie des

 opinions proscrites, qui a

 tout du bourrage de crânes.


Si l’on suppose maintenant l’union de la droite

réalisée, le F.N.

 réintégré dans l’“arc constitutionnel”, alors tout

change. Le discours

 délirant, mais envahissant, d’une gauche

crypto-totalitaire apparaît

tout d’un coup pour ce qu’il est. Il ne prend plus.

Le consensus

métapolitique imposé par l’idéologie dominante

 est ruiné. La France

profonde peut se remettre en marche. Elle

est à nouveau maîtresse

de son destin.


L’union de la droite n’est pas seulement nécessaire

 pour une simple

raison d’arithmétique électorale, mais aussi, et

surtout, parce qu’il

est au fond inutile d’avoir un gouvernement dit

 de droite si celui-ci fait

 la même politique que la gauche.

 En démocratie, un gouvernement

inscrit son action dans le cercle magique

qui est tracé par

l’idéologie dominante. Il ne pourra réduire

ni l’immigration ni l’insécurité

ni même réformer l’économie (voyez le fiasco

du C.P.E. en 2006) s’il

s’est d’avance soumis aux diktats idéologiques

 de la gauche en

 refusant le concours de cette partie de la droite

 qui est la plus

 déterminée à s’opposer à la gauche.


Affronter le terrorisme intellectuel


On nous dit que le thème de l’union de la droite

est une duperie,

parce que la droite établie, l’U.M.P., n’est pas

une vraie droite.

Ce jugement, qui paraît sensé, est en réalité à

courte vue, car

les électeurs de l’U.M.P., eux, sont

 incontestablement à droite.

Dès lors, l’union de la droite serait la pierre

de touche qui leur

 permettrait de faire le départ, parmi les

 hommes politiques, entre

ceux qui sont réellement de droite, et les autres,

 qui préféreraient

s’allier avec la gauche plutôt qu’avec

la droite de la droite.

L’alliance à droite obligerait les hommes

 politiques de la droite

établie à sortir de l’ambiguïté, à révéler leurs

 préférences, et à

 choisir d’affronter le terrorisme intellectuel

de la gauche, donc

 à prouver leur caractère et à contribuer à

l’ébranlement du système

 de sidération dont les Français sont victimes.


On dit aussi que l’union de la droite est impossible.

Il n’est pas

 facile, admettons-le, d’imaginer un scénario

qui y conduirait.

Mais, en politique, les choses peuvent

changer très vite.

Ce qui paraît impossible un jour

est évident le lendemain.

La campagne de Villiers contre l’islamisation

de la France

 montre que les choses sont en train

de bouger, à droite,

après les émeutes ethniques de 2005. Ce

 dont nous avons

besoin, aujourd’hui, ce n’est pas tant

d’hommes politiques

que d’hommes d’Etat, qui mesureront

l’enjeu de l’union de

 la droite et qui décideront de la mettre

en œuvre. Ceux-là

inscriront leurs noms dans l’histoire

 comme les artisans

 du renouveau de la France.

N.B. : une version abrégée de cet

éditorial a été

publiée dans Monde et Vie le 13 mai 2006.

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