29.11.2006
présidentielles 2007 la question de la TURQUIE
Le positionnement réfléchi du président Jacques CHIRAC qui s'est manifestement axé sur l'entrée de la TURQUIE au sein de l'Europe est sans aucun doute une des multiples causes du NON au référendum de 2005.
cette question sera à nouveau posée au cours du mois de décembre et sans doute tout au long des mois de 2007.
Quel est le positionnement de nos candidats, car ce sera sans aucun doute l'un des premiers sujets épineux qu'ils auront à traiter sur le plan de la politique étrangère.
extrait AFP du 29 11 06
29 novembre
la commission
Les ministres européens des Affaires étrangères vont devoir se
prononcer le 11 décembre sur cette recommandation, qu'ils
ne sont pas obligés de suivre.
Des tractations difficiles s'annoncent avant d'arriver à une
décision à l'unanimité, tant les dissensions entre les 25
sont fortes sur l'entrée dans l'UE --dans 10 à 15 ans, au
plus tôt -- de ce grand pays stratégique et musulman
qu'est la Turquie.
La recommandation d'une suspension partielle des
négociations avec la Turquie, douloureusement lancées
en octobre 2005, paraissait inévitable depuis l'échec
lundi d'une dernière tentative de la présidence finlandaise
de l'UE pour convaincre les Turcs d'ouvrir leurs ports
aux navires chypriotes grecs.
Du fait de ce refus d'Ankara - étroitement lié à la division
de Chypre dont seule la partie sud grecque non reconnue
par Ankara est entrée dans l'UE en 2004 -, la Commission
a préconisé mercredi de suspendre les discussions
sur 8 des 35 chapitres thématiques qui jalonnent
les négociations Turquie-UE.
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan,
le 29 novembre 2006 au sommet de l'Otan
à Riga en Lettonie
AFP - Janek Sakzynski
Les chapitres visés touchent aux questions
d'union douanière et plus largement aux relations
Turquie-Chypre, de la libre circulation des marchandises
au développement agricole en passant par les
transports ou la politique extérieure.
La Commission demande aussi à ce qu'aucun
des autres chapitres qui pourraient être discutés
ne puisse être conclu tant que la Turquie n'aura
pas rempli ses obligations envers Chypre.
"L'Europe a besoin de la Turquie et la Turquie
a besoin de l'Europe. Il n'y a pas de gel ou d'hibernation
(dans les négociations), le train continue à avancer
mais il ralentit. L'Union européenne est une communauté
de droit, et il doit y avoir des conséquences lorsque
des obligations ne sont pas remplies", a expliqué le
commissaire européen à l'Elargissement Olli Rehn.
"C'est une décision soigneusement calibrée" et juridiquement
"très solide", a ajouté le commissaire, en reconnaissant
néanmoins que les discussions entre les 25 risquaient
d'être compliquées.
"Il y a des positions très différentes parmi les Etats
membres", a concédé M. Rehn. "C'est précisément
pour cela que nous voulions faire une recommandation
dès maintenant car nous voulons guider le débat
des 25 et les aider à trouver une unité sur cette
question" dès le 11 décembre. Cela permettrait d'éviter
de polluer le sommet européen des 14 et 15 décembre
avec ce sujet explosif qu'est toujours la Turquie.
Preuve que les discussions seront délicates, certains
dirigeants européens présents mercredi au sommet
de l'Otan à Riga ont, avant même l'annonce officielle
de la recommandation de la Commission, entamé
des consultations pour désamorcer une crise
potentielle avec la Turquie.
Le Premier ministre britannique Tony Blair, soulignant
que "l'intérêt stratégique à long terme de l'Europe et
du reste du monde" est "d'avoir la Turquie à l'intérieur
de l'Union européenne", a averti que
"ce serait une erreur grave d'envoyer
un signal défavorable à la Turquie".
Alors que la France est de plus en plus réticente
à une entrée à terme de la Turquie dans l'UE,
le président Jacques Chirac a lui défendu la
Commission lors d'un entretien à Riga avec
M. Erdogan, estimant qu'elle "n'avait pas d'autre choix".
Un porte-parole du gouvernement de la République
chypriote grecque, clairement hostile à une adhésion
de la Turquie, a lui estimé que "le gel de quelques
chapitres n'était pas une sanction" et confirmait
"le privilège dont jouit la Turquie pour ne pas
respecter ses obligations".
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