06.12.2006
Présidentielles 2007 IRAK après 2007
Le futur secrétaire à la Défense Robert Gates,
devant la commission des forces armées
du Sénat, le 5 décembre 2006 à Washington
AFP - Jim Watson
M. Gates, entendu par la commission des
Forces armées du Sénat en vue de la confirmation
de sa nomination, a tenté un équilibre délicat,
se gardant de tout langage lénifiant sur l'Irak tout
en mettant en garde contre les conséquences
d'un retrait laissant le pays dans le chaos et
débouchant sur un conflit régional.
Il a estimé que les Etats-Unis n'étaient pas en train
de gagner. Mais il s'est aussi dit d'accord, "pour le moment", avec le tableau dressé récemment par le chef d'état-major interarmées Peter Pace:
"Nous ne sommes pas en train de gagner,
mais nous ne sommes pas en train de perdre".
Sa franchise lui a valu des compliments enthousiastes des élus démocrates, sans pitié pour les difficultés de l'administration
Bush en Irak et qui à partir de janvier prendront
la direction du Sénat.
"Merci pour votre franchise,
c'est quelque chose qui faisait douloureusement
défaut à votre prédécesseur", a déclaré Hillary Clinton,
candidate probable à la présidentielle de 2008.
Carl Levin, prochain président de la commission
des Forces armées, a estimé que "M. Gates
apporterait une nouvelle dimension très importante
aux délibérations de l'administration sur la façon de procéder en Irak".
M. Gates a souligné notamment que tout retrait précipité laissant l'Irak dans le chaos risquerait d'entrainer un "conflit régional", impliquant l'Iran, la Syrie, les pays sunnites de la région et la Turquie en cas de chaos irakien.
"Tous les sales types du Moyen-Orient sont impliqués en Irak", a-t-il dit, tout en reconnaissant que "la présence des forces américaines est brandie comme une provocation par ceux qui s'impliquent" dans les violences.
Pour autant, il a indiqué qu'il plaiderait contre toute attaque contre la Syrie ou l'Iran, "sauf en cas de dernier recours absolu",
et estimé qu'il serait utile d'entretenir des
communications directes avec ces deux pays,
tout en se montrant pessimiste sur les chances de succès d'un dialogue avec Téhéran. "Les conséquences d'un conflit militaire en Iran pourraient être tout à fait dramatiques", a déclaré M. Gates.
S'exprimant à la veille de la publication très attendue des recommandations du Groupe d'études sur l'Irak, coprésidé par l'ancien secrétaire d'Etat James Baker, M. Gates a indiqué qu'il était ouvert à "des idées alternatives sur nos prochaines tactiques et stratégies en Irak".
Pour autant, il a souligné que le président George W. Bush, qui l'a nommé le 8 novembre au lendemain de la défaite électorale républicaine, restait décisionnaire, en tant que commandant en chef des forces armées.
Cet ancien directeur de la CIA, qui a quitté Washington en 1993, s'est dissocié de l'administration Bush sur plusieurs points.
Il a ainsi refusé de qualifier l'Irak de "front central de la guerre contre le terrorisme", l'un des dogmes de l'administration Bush.
Il a aussi convenu que le chef du réseau terroriste Oussama ben Laden avait constitué une menace plus grave pour les Etats-Unis que l'ancien président Saddam Hussein.
M. Gates a cependant partagé la réticence de l'administration à fixer un calendrier de retrait des troupes.
Il a d'ailleurs estimé que les Etats-Unis devraient sans doute garder "longtemps" une présence militaire en Irak, quitte à ce que les effectifs soient "drastiquement inférieurs" aux quelques 140.000 hommes d'auourd'hui.
La nomination de M. Gates pourrait être définitivement confirmée par le Sénat dès mercredi.
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