08.12.2006
LE COEUR DE LA CAMPAGNE PRESIDENTIELLE 2007
http://www.ifrap-2007.org/ifrap-2007/entretien.htm
| Entretien avec Bernard Zimmern Quels objectifs de campagne |
A la veille des élections présidentielles et législatives, quel est en France le problème qui vous semble le plus préoccupant ?
A n’en pas douter, il s’agit de la question de l’emploi privé ou comment faire passer l’emploi privé en France de 17 millions à 24 millions de personnes. C’est précisément ce qui devrait être au cœur de la campagne électorale et qui n’y est pas. Aucun parti politique n’en parle.
Nous avons en France et c’est un drame, un déficit flagrant d’emplois marchands. Avec un tel déficit, il est inutile d’espérer avoir un budget en équilibre comme le clame la droite ; Il est inutile d’espérer accroître la redistribution et d’être plus solidaire comme le veut la gauche.
Quelles réformes préconisez-vous ?
J’en vois trois.
Premièrement,
il n’y a pas de croissance de l’emploi sans multiplication des « gazelles », ces entreprises à fort potentiel de croissance.
Or le seul moyen de financer la création et le démarrage d’entreprises, ce sont les business angels.
En France, nous en comptons que 4000 (contre 40 000 en Grande-Bretagne).
Les mesures prises en faveur des gazelles par la majorité actuelle sont aujourd’hui totalement inopérantes.
Il nous faut des mesures fortes comme celles prises aux Etats-Unis il y a 40 ans ou même au Japon et dont on voit les résultats aujourd’hui.
Deuxièmement,
il n’y a pas d’espoir de voir en France les business angels se multiplier et les gazelles naître si le paysage économique et social français reste aussi hostile à l’entrepreneur.
En particulier si nous continuons à avoir des procédés de contrôle fiscal comme ceux que nous connaissons aujourd’hui.
Ces procédés sont une véritable honte.
Troisièmement,
la France a peu de chance de s’en sortir si nous continuons à jeter l’argent public par les fenêtres.
Aujourd’hui, plus personne ne contrôle la dépense publique.
Le Parlement a même sur cette mission, complètement abdiqué.
Aussi, nous voulons la création d’un office de contrôle (1) chargé de surveiller la dépense publique.
Il est surprenant de la part d’iFRAP-2007 de soutenir la création d’un nouvel organisme. Expliquez-nous cela ?
Nous ne sommes pas systématiquement contre les organismes publics.
Encore faut-il qu’ils apportent quelque chose.
Cela a très bien marché en Grande-Bretagne et en Suède,
il n’y a pas de raison que cela ne fonctionne pas en France.
L’un des points clés de cet office, au-delà du fait qu’il devra être composé d’experts venus du privé et non pas de fonctionnaires, sera de faire comparaître devant la Mission d’évaluation et de contrôle (MEC) non pas quelques malheureuses administrations par an mais bien des dizaines et de le faire en présence des médias et sur des rapports préparés par cet office.
Nous voudrions également que cet office serve au Parlement de contrepoids au despotisme de Bercy qui n’est pas loin de dicter aux députés ce qu’ils doivent voter (2).
Comment expliquer que vos pistes de réformes, que vous présentez comme simples, ne soient pas ou si peu reprises ?
Sans doute et principalement parce que les Français sont très mal renseignés sur l’état réel du pays.
Cela dit un espoir est né pour nous.
Il vient de l’UMP. Alors que le président Jacques Chirac n’a entrepris aucune réforme majeure depuis qu’il est au pouvoir,
le conseil national de l’UMP vient d’inscrire deux des trois mesures que je viens de vous présenter à son programme
(contrôle de la dépense publique avec la création d’un OFEC et mesure fiscale pour développer massivement les gazelles).
Ne reste plus aux autres partis qu’à s’emparer de nos idées et à s’assurer, que même inscrit dans le programme de l’UMP cela soit suivi d’effets, concrétisé sans être déformé. C’est la tâche que nous nous sommes assignée.
N’envisagez-vous pas de vous présenter à la présidentielle ?
Non car il y a déjà trop de candidats
et je ne serai pas audible.
Avec le mouvement politique (IFRAP-2007)
que j’ai créé début 2006, nous recommanderons
aux dizaines de milliers de personnes qui
nous soutiennent de voter pour le parti
ou les partis qui reprendront ces propositions
ou tout au moins ceux qui en seront les plus proches.
Etes-vous optimiste ?
Depuis que nous existons, un certain nombre
de nos idées sont passées dans la réalité.
En 2002, j’étais le premier à parler des gazelles,
aujourd’hui tout le monde en parle.
Le vrai problème, c’est plutôt pour nous de savoir
si la France va appliquer à temps nos réformes
pour que l’on puisse encore se redresser ou
s’il faudra nous enfoncer davantage dans la misère avant que ces mesures ne soient mises en place.
Nous faisons tout notre possible pour que cela soit fait en 2007 et pas en 2012.
Propos recueillis par Antoine de Font-Réaulx
Rédacteur en chef de La Revue Parlementaire
- Un OFEC : Office français d'évaluation et de contrôle
- Voir sur ce sujet l’ouvrage publié par L’iFRAP : « Le Parlement bâillonné ».
23:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : présidentielles 2007, ps, ump, pcf, fn, mrc, mpf




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