06.01.2007

attentes des Français programme UDF

 
LES ATTENTES DES FRANÇAIS
 

La « mesure » des attentes des Français n’est pas sans poser des problèmes de méthode et d’interprétation. Cependant, sur d’assez longues périodes, on peut esquisser des tendances et des évolutions : celles-ci doivent servir de socle à la construction d’un projet plus adapté à la société d’aujourd’hui.

 

Ainsi, l’Association pour la recherche sur les systèmes de valeurs (l’ARVAL) a lancé trois vagues d’enquête (1981, 1990, 1999) afin de mesurer les valeurs auxquelles se rattachent les Français. Les tendances observées de 1990 à 1999 sont plus des prolongements que des révolutions : déclin de la religion, recul des références idéologiques, permissivité croissante pour ce qui touche à la vie privée, retour de l'autorité dans le domaine social. Certaines évolutions sur des thèmes plus spécifiques ressortent particulièrement : la France de 2000 est plus tolérante à l'égard de l'homosexualité, plus distante à l'égard de l'extrême-droite et plus confiante dans l'armée et la police, c'est-à-dire les institutions en charge de l'ordre public. Enfin, les Français investissent de plus en plus dans les relations familiales, amicales et professionnelles. Comme le souligne le coordinateur de l’enquête, « notre société semble en fait évoluer vers la conjugaison d'un plus grand libéralisme dans les mœurs privées et d'une régulation sociale renforcée mais passant davantage par les relations interpersonnelles que par les institutions ou les systèmes de pensée ».

 

Cette individualisation des comportements, jointe au net recul du sentiment d’appartenance à un destin collectif a généré l’aspiration à de nouveaux droits et de nouvelles solidarités intimement liée à la personne.

 

Dans cette perspective, la question du rôle de l’Etat est directement posée. A la différence des décennies précédentes, pendant lesquelles l’Etat-providence était dispensateur, sans limites, de prestations et de services, on en attend aujourd’hui une mission de régulateur, de garant de la justice et de la protection sociales, dans leur acception la plus large.

 

A. L'affirmation de nouveaux droits

 

C’est essentiellement autour des droits de la personne que s’articule cette aspiration. D’une manière générale, tout ce qui touche à la dignité humaine , dans ses diverses dimensions (intégrité physique et morale, protection de la vie privée et même de l’image) est aujourd’hui privilégié. Ainsi, à côté des droits subjectifs traditionnels, l’évolution, lente mais continue, des mentalités depuis la fin de la seconde guerre mondiale conduit à faire reconnaître comme fondamental, par les législations internationale et nationale, le « droit à la dignité ». L’émergence de ces préoccupations nouvelles, en quête de règles, n’a pas que des aspects positifs : elle exprime aussi un transfert de responsabilité individuelle et une prise en charge de risques supplémentaires par la collectivité.

 
le droit à l'information
 

Le besoin de transparence et le droit à l’information constituent deux attentes fortes résultant tout à la fois de la méfiance grandissante des Français à l’égard des institutions et de l’élévation de leur niveau global d’instruction. L’affaire du sang contaminé, le dossier de la vache folle, Tchernobyl, l’opacité du contrôle sur les installations nucléaires ont, à des degrés divers, alimenté la perte de confiance de nos concitoyens.

 

L’enquête effectuée par la Sofrès à la suite de l’accident de Toulouse (explosion de l’usine AZF) est très éclairante sur le degré de scepticisme de nos concitoyens envers les autorités publiques : moins d’un tiers se sentent bien informés sur la nature et les conséquences des risques industriels. La confiance dans les différentes sources d’information met en avant des acteurs locaux. Celui qui suscite une confiance massive est le corps des pompiers. Viennent ensuite les associations locales et les gens qui travaillent sur les sites, puis la mairie, à égalité avec les experts indépendants. Tous ces acteurs inspirent confiance à plus des 2/3 des Français. Les médias, les syndicats et l’Etat ne suscitent le même sentiment que d’environ un Français sur deux…

 

Il y a là un véritable paradoxe : jamais la masse des informations disponible n’a été aussi grande, au point de susciter l’expression de « société de l’information ». Pourtant, le jugement porté par nos concitoyens reste globalement critique, ce qui pose cruellement le problème de la qualité des médias et de la dépendance excessive de beaucoup de nos concitoyens de la seule source télévisuelle.

 
le droit à un environnement sain
 

La sensibilité à la protection de la nature est évidente et dépasse largement le courant écologiste. Risques naturels, risques technologiques, raréfaction des ressources, réchauffement de la terre, l’opinion intègre désormais ces préoccupations. Elle souhaite qu’une approche environnementale inspire l’ensemble des acteurs. Outre leur caractère dogmatique, c’est sans doute ce qui explique le recul des Verts en Europe : leur thématique imprègne le discours de chacun des partis, affaiblissant ainsi leur spécificité. S’y ajoute une prise de conscience claire du caractère mondial des problèmes et de la nécessité de mettre en œuvre une action d’envergure internationale. La protection de l’environnement est d’ailleurs jugée très importante par plus de 94% des Français qui considèrent, en outre, que son respect fait partie des principales valeurs à transmettre aux enfants.

 

Cette aspiration a reçu une réponse de nature juridique : elle a été consacrée par la Déclaration de Rio sur l'environnement et le développement, adoptée en juin 1992. Désormais, «les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable . Ils ont droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature ». Au plan national, diverses lois ont également reconnu le droit à un environnement sain. En 2005, l’intégration au bloc de constitutionnalité de la Charte de l’Environnement constitue une consécration de ce processus.

 
le droit à la santé
 

En France, ce droit est désormais considéré comme un objectif à valeur constitutionnelle. En substance, le Conseil Constitutionnel estime « qu’il incombe au législateur comme à l'autorité réglementaire, selon leurs compétences respectives, de déterminer, dans le respect des principes posés par le onzième alinéa du Préambule de la Constitution de 1946, ses modalités concrètes d’application ». Bien sûr, l’affirmation de ce droit par l’opinion publique dépasse largement le cadre juridique. Plus que la reconnaissance d’un droit, les Français expriment une exigence forte en matière de qualité des soins et d’égalité d’accès à la santé . Convaincus que les progrès de la science peuvent faire reculer le risque jusqu’à presque zéro, ils sont prêts à payer un prix même élevé. Cela démontre au passage l’inanité d’un plafonnement annuel des dépenses de santé ; les vraies questions sont celles de la prise en charge (mutuelle ou individuelle) du coût et de l’éducation des patients (la consommation de médicaments psychotropes est la plus élevée du monde).

 

Rendue plus aiguë par le vieillissement de la population, la question de l’euthanasie, c’est-à-dire celle du droit à une mort digne, n’est désormais plus taboue et appellera, sans doute, une réponse concrète.

 

Au croisement des préoccupations environnementales et sanitaires, l’aspiration à la sécurité alimentaire est illustrée par l’affaire de la vache folle et ses répercussions immédiates sur le comportement des Français. Comme le souligne une enquête du Credoc, « en quelques années, l’inquiétude s’est diffusée dans toute la population : alors qu’en 1997, 55% des consommateurs estimaient que les produits alimentaires présentaient des risques importants ou légers pour la santé, ce sont, trois ans plus tard, sept Français sur dix qui partagent cette opinion… Face à cette inquiétude généralisée, les consommateurs adoptent une attitude du « tout précaution » et exigent, de façon éminemment rationnelle diront certain, un « risque zéro » : ainsi, 61% des Français jugent qu’aucun décès lié à une intoxication alimentaire n’est admissible, 80% estimant que l’alimentation influence l’état de santé (+ 15% de 1995 à 2000) ».

 

Enfin, comment ne pas évoquer le droit à la sécurité des personnes et des biens , thème récurrent des campagnes électorales et exacerbé ces derniers mois au point d’occulter des pans entiers du débat politique ? D’évidence, cette aspiration à une vie civile apaisée est d’autant plus respectable que ses violations quotidiennes affectent surtout les plus exposés ou les plus faibles (jeunes, familles défavorisées, personnes âgées). Mais dans le même temps, comment ne pas souligner qu’une part de cette délinquance résulte aussi d’une sorte de démission individuelle, voire de lâcheté ambiante ? L’affaiblissement de l’autorité parentale, de la solidarité de proximité alimente une incivilité et une insécurité que l’on reproche vivement aux autorités de ne plus juguler. On sait pourtant que ce transfert de responsabilité n’est pas le meilleur moyen de construire une société du respect et de la confiance.

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Les observateurs sont unanimes à considérer que les Français ont beaucoup plus évolué socio-culturellement au cours des trente dernières années que n'a bougé l'organisation de l'action politique. Comme le souligne Sociovision, « le nouveau clivage auquel les Français aspirent oppose moins la gauche et la droite que ceux qui s'accrochent aux recettes du passé et ceux qui incarneront une nouvelle façon d'être de l'Etat. Un Etat moins régalien, plus incitatif qu'autoritaire, fluidificateur de la vie sociale , en prise avec le bouillonnement des entreprises entrepreuneuriales et, bien sûr, attentif au sort des plus démunis ».

Pour bon nombre de Français, la conception de l’autorité de l’Etat centrée sur la puissance publique et sur le pouvoir de contrainte n’est plus adaptée, ni aux nouveaux défis mondiaux, ni aux nouveaux besoins de la société. Tout se passe désormais comme si les citoyens français souhaitaient traiter d’égal à égal avec l’Etat, et aspiraient à contractualiser leur rapport au pouvoir.

Si les indices de mécontentement se multiplient, ils ne signifient pas forcément que la démocratie est en crise. De nombreuses enquêtes prouvent plutôt que ce sont les formes traditionnelles d’expression qui sont fragilisées : il y a une revendication de démocratie directe qui ne remet pas en cause l'attachement aux valeurs démocratiques. Les Français demandent plus de démocratie, ils la veulent plus sociale, plus forte et plus participative .

Cette aspiration renvoie naturellement au fonctionnement de nos institutions et à ses rythmes qui laissent peu de place à l’expression directe de nos concitoyens sur les affaires qui les concernent. Comment satisfaire cette demande de la société civile d’un débat plus vrai , portant sur des objets concrets, intéressant leur vie de citoyen, à l’opposé de la démagogie et de la polémique stérile ? Il n’y a pas de recette miracle, mais des pratiques mises à l’épreuve localement. Toutes reposent sur des élus de terrain, convaincus des bienfaits de l’écoute et de l’expérimentation.

 
B. Les nouvelles formes de solidarité
 
le monde associatif
 

Si l’engagement militant n’a jamais concerné qu’une minorité d’individus, aujourd’hui il se porte plus volontiers sur des mouvements en marge des partis ou des syndicats. En revanche, le pouvoir d’attraction des mouvements associatifs représente un phénomène très important Le nombre exact d'associations recensées en France ne peut être connu avec précision (probablement 800 000) et plus de 20 millions de Français en sont adhérents.

 

A l’occasion du centenaire de la loi de 1901, l’institut CSA a procédé à un sondage qui permet de dégager un certain nombre d’enseignements. Quel que soit le domaine d’activité (solidarité, humanitaire, loisirs, sports, culture), les Français font beaucoup plus confiance aux associations qu’à l’Etat. S’agissant de la bonne opinion, le même constat peut être fait : 95% pour les associations, contre 56% pour les syndicats et 54% pour le Gouvernement.

 

40% considèrent, en outre, que pour « changer la vie », mieux vaut s’engager dans une association que militer dans un parti politique (7%) ou adhérer à un syndicat (13%). Ni les partis ni les syndicats ne font plus rêver  !

 
l'action humanitaire
 

Pour beaucoup, l’engagement humanitaire est désormais une manière de faire de la politique par d’autres moyens. Cette aspiration se retrouve surtout chez les plus jeunes qui considèrent que l’engagement dans une association de caractère humanitaire est la meilleure manière de défendre une cause ou des idées (29%), de se rendre utile (29%) et d’aider les autres (28%), (sondage Sofrès de février 2002). Là encore, l’adhésion à un parti politique ne remporte que peu de suffrages.

 

Les jeunes sont prêts à s’engager mais privilégient les domaines moraux et sociaux, comme la lutte contre le racisme, la violence, la guerre ou les inégalités sociales.

 

Ce manque d’appétit pour l’engagement partisan recoupe d’autres données qui indiquent que les Français, quel que soit leur âge, considèrent que les hommes politiques ne se préoccupent pas suffisamment de la lutte contre les exclusions et la pauvreté. Façon de réclamer des institutions une implication régulatrice considérée encore comme trop faible. Lors de la campagne présidentielle de 2002, 82% des Français ont éprouvé le sentiment que les candidats ne parlaient pas ou peu du problème de la pauvreté en France…

 
la solidarité envers les mouvements sociaux
 

Le « soutien par délégation » aux mouvements sociaux est là encore extrêmement signifiant. Expression d’un malaise général, cette solidarité est un révélateur du fossé qui se creuse entre le pouvoir et les Français. Amorcée lors des grandes grèves de décembre 1995, cette tendance de l’opinion est désormais constante. Pour ne reprendre que les analyses récentes, un grand nombre de Français éprouvent de la sympathie pour les revendications des pompiers, des infirmières, des médecins, par exemple, ils approuvent même les grèves lorsqu’elles revêtent, à leurs yeux, un caractère d’avertissement collectif sur les dangers d’une évolution redoutée. Pour aller plus loin, on a le sentiment que, dans certaines circonstances, ils font grève par procuration.

 

Dans le même sens, Sociovision a constaté une montée du syndrome contestataire et une résurgence, particulièrement marquée, du micro-politique actif . Chez les salariés, l'envie de participer à une grève ou une action de protestation contre une décision de l'entreprise a ainsi gagné 5 points, de 1995 à 2000. Elle échappe d’ailleurs souvent aux organisations syndicales classiques, dépassées par des « coordinations » spontanées. « Tout d'abord, ce phénomène serait alimenté par l'amélioration actuelle du sentiment d'aise. Cocktail assez explosif : les gens vont de mieux en mieux et cela leur donne envie de ruer dans les brancards. Ensuite, ces postures se développent particulièrement chez les populations modernes ce qui témoigne d'un vrai dynamisme de fond (et pas d'un mouvement transitoire). Dans le détail, il apparaît qu'elles sont effectivement corrélées à des dimensions très actuelles de la socioculture : l'hédonisme, le déconditionnement social, le besoin d'émotion, la propension à la dérision et aux régressions et la prise de distance, pour ne pas dire l'animosité, face aux dirigeants . Avec des possibilités de passage à l'acte plus faciles qu'à d'autres périodes parce que la croissance retrouvée permet à ces contestataires potentiels de se sentir moins tenus de respecter certaines conventions, certains interdits. Etonnamment, ce tropisme contestataire se développe plus fortement chez ceux-là mêmes qui attribuent une légitimité accrue aux gestionnaires du bien public ». Même si depuis un an le ralentissement de la croissance introduit un bémol, l’analyse demeure, à mon sens, pertinente.

 
C. Les nouveaux comportements
 

Défense de la liberté individuelle, prééminence des choix privés et familiaux, réaffirmation de l’attachement au terroir et aux racines provinciales, tous ces comportements marquent sinon un repliement sur soi, du moins un rétrécissement de la sphère d’appartenance et un recul de la notion classique de citoyenneté .

 
le couple travail-loisirs
 

Dans une économie libérale mondialisée où la compétitivité des entreprises est exacerbée, le temps libre devient une valeur précieuse. Le succès rencontré par le concept même de la réduction du temps de travail (avant sa mise en œuvre malencontreuse) est bien la preuve de la demande forte exprimée par nos concitoyens qui souhaitent dégager du temps pour leur famille et pour pratiquer des activités culturelles ou sportives.

 
Plus la pression au travail est forte, plus la demande de loisirs augmente.
 

D’ailleurs, les Français sont plus nombreux à voyager (82% aujourd’hui contre 74% il y a une dizaine d'années), et le nombre de leurs voyages s'accroît également (9 par an, tous moyens de transports confondus, contre 5,5).

 

Là encore l’analyse de Sociovision est éclairante : « les Français ont de plus en plus envie de regarder et de prendre la vie du bon côté, sans trop faire d'efforts. Ils aspirent massivement au bonheur, à l'harmonie et au renouvellement en douceur. Beau programme mais qui crée pour chacun l'obligation d'être à la hauteur de ce désir de bonheur, de se créer les conditions d'une vie aussi réussie, aussi harmonieuse et aussi nouvelle qu'on le voudrait. Ce n'est sans doute pas un hasard si, depuis 1998, le sentiment de paix, de sérénité personnelle a régressé de 5 points, alors même que les gens disent se sentir mieux dans leur vie. De même, le stress se maintient à son niveau de 1995 alors que le sentiment d'aise était bien inférieur à l'époque. On voit même le niveau de stress s'accroître dans la fraction la plus moderne de la population. Le paradoxe se creuse entre les aspirations et les réalités personnelles. D'où une pression sur les individus eux-mêmes ». Peut-être, cela explique-t-il la forte croissance de la consommation de drogues dans notre pays ?

 
les nouvelles familles
 

Le modèle familial classique est aujourd’hui bousculé. Entre 1945 et 1995, la fécondité a été presque divisée par deux, le nombre des mariages a fortement diminué alors que celui des divorces et des naissances hors mariage a beaucoup augmenté. Mais plus que d’une crise, c’est d’une transformation qu’il s’agit. Les familles recomposées ne représentent, pour l’instant, qu’une minorité. Ce qui a surtout changé, c’est que l’on se marie plus tard et que l’on divorce plus fréquemment, même si, là encore, il faut se garder des idées toutes faites puisque 86% des français vivant en couple sont toujours mariés. Malgré une chute très forte en vingt ans (- 72%), le mariage connaît un certain regain depuis 1996 (en 2000, 304 300 cérémonies ont été célébrées, autant qu’en 1983). Ce redressement ne doit pas masquer une tendance lourde : en 2000, seules 62% des femmes âgées de 33 ans sont mariées contre 87% dans la génération 1950.

 

Dans son bilan démographique pour 2004, l’Insee note que le nombre de mariages ne cesse de baisser depuis le pic de l’an 2000 : 305 400 couples s’étaient alors mariés. En 2004, 266 300 mariages ont été célébrés, soit 16 600 de moins qu’en 2003. La baisse a été nettement plus forte cette année (- 5,9 %) que l’année dernière (- 1,1 %). Seuls les mariages de célibataires diminuent entre 2002 et 2003 mais ils restent largement majoritaires (8 mariages sur 10). Les remariages de personnes veuves ou divorcées sont en légère augmentation. Les mariages comportant au moins un époux de nationalité étrangère poursuivent la hausse amorcée en 1997 : en 2003, ils représentent plus de 20 % des mariages contre 12 % en 1993. L’âge moyen au mariage augmente toujours. En 2003, les hommes se marient en moyenne à 30,6 ans et les femmes à 28,5 ans, soit une hausse de 0,2 année pour les deux sexes par rapport à 2002.

 

D’ailleurs, lorsque l’on interroge les Français sur l’intérêt respectif du mariage et du pacs, une majorité franche se dessine en faveur du premier : meilleur régime en ce qui concerne le conjoint en cas de décès (84%), l’intérêt des enfants (78%), les droits de succession (72%), l’impôt sur le revenu (66%). Ceci n’empêche que le nombre des pacs augmentent constamment mais leur dissolution progressent également : en 2003, 5 300 pactes ont été dissous. Depuis 1999, un pacs sur 10 a été dissous.

 

Parallèlement, la natalité amorce depuis quelques années un redressement (797 000 naissances en 2004). En 2004, l’indicateur conjoncturel de fécondité est de 1,91 enfants moyenne européenne de 1,5 , c'est-à-dire le taux le plus faible du monde avec celui du Japon.

 
Autre changement significatif, le déclin programmé de la femme au foyer : 62,2% des femmes âgées de 15 à 65 ans travaillent (moyenne européenne : 59,2%). En France, les femmes ne s'arrêtent de travailler qu'à la naissance du troisième enfant ; 81% des femmes n'ayant qu'un enfant travaillent.
Autre changement significatif, le déclin programmé de la femme au foyer  : en 2004, 66, 7% des femmes âgées de 15 à 65 ans travaillaient.
 

Plus globalement, les ménages sont de plus en plus réduits : 2,5 personnes en moyenne par foyer, le nombre de « ménages » constitués d’une personne seule ayant considérablement augmenté, notamment dans les grandes métropoles (30% à Paris et près de 7, 5 millions pour la France entière selon le recensement 2004).

 
quelle citoyenneté ?
 

L’affrontement idéologique a été, selon Marcel Gauchet, le « cauchemar du XXème siècle ». Simplificateur et mobilisateur, il autorisait la répartition du monde en deux camps. Au delà des désillusions qu’il a provoquées, il en reste aujourd’hui un rejet de la démagogie et des solutions toutesfaites. Le débat public prend un autre tour, une demande de participation s ‘exprime sur des sujets en rapport direct avec les conditions de vie de nos concitoyens. Est-ce l’amorce d’une démocratie d’un autre type ?

 

La faillite des idéologies, l’affaiblissement du lien religieux qui permettaient une explication globale du monde n’ont pas, contrairement à ce que certains prétendaient sentencieusement, mis fin à l’histoire. Désormais, les hommes cherchent à se construire de nouveaux repères , moins ambitieux certes, mais plus concrets et plus vrais. Ils revendiquent de prendre toute leur part à la construction d’une nouvelle citoyenneté tout à la fois plus proche et plus impliquée dans la mondialisation .

 

L’identité républicaine qu’ils réclament devra faire toute sa place au sentiment d’appartenance régionale . La défense des cultures locales n’est plus considérée comme un danger pour l’unité nationale mais comme un enrichissement complémentaire. Dans cette perspective, la participation directe aux affaires de la cité se manifeste de plus en plus, notamment au niveau municipal. Les collectivités territoriales sont d’ailleurs perçues comme des niveaux pertinents de l’action publique et le référendum est de plus en plus considéré comme un moyen adapté pour traiter des grandes questions de société.

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L’Etat-Providence est aujourd’hui en crise , son efficacité économique et sociale est remise en cause. Son coût économique élevé (en 2004 : 43,8 % de prélèvements obligatoires) ne permet plus, en effet, de produire suffisamment de justice sociale, comme le montre le nombre important des exclus en France.

Les manifestations de cette crise sont nombreuses :

- la montée du chômage et de la précarité : selon une enquête de l’OCDE, 79% des travailleurs estimeraient que leur emploi n’est pas assuré et 53% le considère comme précaire, soit sensiblement plus que chez nos partenaires européens.
- la dérive des dépenses sociales : en dépit du ralentissement économique, les dépenses sociales ne cessent de croître plus vite que la richesse nationale, la hausse des prélèvements sociaux finissant par absorber l’augmentation du pouvoir d’achat. L’absence de maîtrise des comptes et l’apparition de déficits sociaux durables contribuent à « décrédibiliser » l’Etat et à stigmatiser son impuissance. Le non règlement du problème des retraites contribue, pour sa part, à accroître le sentiment d’insécurité sociale.
- l’absence d’équité du système : notre système fiscal et social, qui est l’un des moins progressifs d’Europe et l’in des plus lourd, n’assume plus sa principale fonction qui est d’assurer une redistribution équitable des richesses. La marginalisation économique se banalise et avec elle se développe une culture de la dépendance et de la précarité ; le nombre de foyers qui abritent une deuxième génération de chômeurs augmentant. Le recours aux soins s’accroît lorsque le revenu s’élève ; le système de retraite profite toujours davantage aux cadres qu’aux ouvriers. L’assurance-chômage exclut de plus en plus de personnes, du fait de la réduction de la durée de cotisation de cotisation liée à la flexibilité du travail.

Qui plus est, comme le souligne le Conseil de l’Emploi, des Revenus et de la Cohésion Sociale, « la réforme de l’indemnisation du chômage au début des années 90, sous contraintes de financement, a conduit, de fait, à transformer le RMI en un dernier étage de l’indemnisation du chômage. Ce basculement n’a pas contribué à faciliter le retour à l’emploi des chômeurs non indemnisés ; il a par ailleurs engorgé les capacités des services sociaux à aider des allocataires qui en ont le plus besoin ».

Commentaires

J'intervient sur l'analyse sur le mariage.Je suis tout a fait d'accord de dire qu'il s'agit de transformation et non d'une discontinuité ambigu.

Écrit par : mariage | 10.01.2007

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