12.01.2007
présidentielles 2007 où est passé jean Pierre CHEVENEMENT?
réédition d'une note publiée en juillet 2006.
le ralliement de JP CHEVENEMENT à Ségolène ROYAL le prive de tribune. les questions qu'il aurait sans doute été le seul à mettre sur la "table" aurait alors contraint tous les candidats à aborder les questions de fond.
Ce combat d'idées n'aura pas lieu, que peut on contre jeanne d'ARC? Rien ou si peu, il faudra attendre l'étranger (anglo saxon) et ses buchers...07.07.2006
LE RÔLE DE JP CHEVENEMENT DANS LA CAMPAGNE 2007
Le PROGRAMME de Jean-Pierre CHEVENEMENT
Comme nous l’écrivions depuis plusieurs mois sur ce blog, la contribution et les analyses de cet ancien ministre d’Etat devront contraindre les candidats à reprendre certaines de ses questions pour donner un éclairage et sans doute une certaine consistance à leurs propres positions.
Dans la phase qui se prépare les réponses aux questions de fond que pose ce républicain et cet homme si attaché à la notion de NATION devront placer le débat des idées à la place qui lui revient eu égard aux intérêts de notre pays et au rôle qu’en attendent tant de peuples dans le monde.
Nous pouvons être certain que ses prises de position auront un impact dans la conduite des prochains débats qui verront se confronter les programmes et leur crédibilité.
Le rôle de la banque centrale européenne ?
La priorité de la défense de l’emploi en Europe ?
Le rôle stratégique de l’état dans la maîtrise de nos approvisionnements énergétiques ?
La lutte contre le capitalisme FINANCIER ?
La politique industrielle et la recherche ?
La place et l’autonomie de la politique internationale de la France et de l’Europe ?
Le Co-développement avec nos anciens pays associés africains ?
L’égalité Hommes Femmes et les conditions de sa mise en œuvre
L’enseignement et l’égalité des chances ?
La politique de ressource stratégique et Nucléaire ?
La politique de DEFENSE de la France et de l’Europe ?
L’avenir de l’EUROPE ?
Motion "Vers un projet républicain exigeant" Rapporteur : Jean-Yves Autexier, Secrétaire National au projet. Motion enrichie des amendements et adoptée au Congrès du MRC / avril 2006. Dans le tourbillon de la mondialisation libérale, la France est mise à mal. Le 21 avril 2002, le 29 mai 2005 et les émeutes dans les banlieues sont autant de symptômes d’un même mal : les principes selon lesquels la France républicaine est constituée sont soumis à rude épreuve : sa liberté d’agir est corsetée dans l’empire des marchés ; l’Europe qui selon les euro-béats devait nous protéger des dérives erratiques du capitalisme dérégulé détruit au contraire nos protections et nous immerge dans un marché mondial sur lequel nous n’avons pas prise.
sa souveraineté est réduite au rite de l’élection. Mais le peuple qui vote n’est plus souverain. Un à un, les éléments clés de nos décisions ont été mis hors de portée du suffrage populaire : la politique monétaire se décide à la Banque centrale européenne « indépendante » à Francfort ; 80% de nos règles économiques se fixent à Bruxelles, selon une procédure complexe qui fait des Parlements nationaux des observateurs muets puis des chambres d’enregistrement ; l’O.M.C. détruit les règles du commerce mondial ; les Etats-Unis fixent les règles du jeu diplomatique.
sa conception de la citoyenneté est confrontée à de nouveaux défis. Le citoyen, progressivement dépourvu de sa souveraineté politique, devient consommateur de droits avant de se dégrader en simple consommateur de biens. Les exigences de l’égalité, de la laïcité, s’évanouissent devant l’affirmation de communautés juxtaposées aujourd’hui, rivales ou hostiles demain.
la conscience de son destin s’obscurcit ; faute de pouvoir lui assigner un cap, les élites dirigeantes de notre pays invitent à célébrer la disparition de la nation, un jour vouée à la provincialisation dans une Europe fédérale, un autre jour priée de s’excuser de son histoire et de quitter la scène.
La tempête qui déferle sur la France républicaine est puissante. Si puissante que beaucoup de ceux qui avaient fait profession de « changer la vie » énoncent aujourd’hui que « le capitalisme a définitivement gagné la partie » (Michel Rocard). D’autres, avec moins de franchise, affichent un programme de lutte contre le libéralisme, mais mènent une politique d’accompagnement docile lorsqu’ils exercent le pouvoir. Les libéraux, enfin, attendent de la mondialisation et de l’Europe qu’elles réussissent là où ils n’ont pu aboutir, qu’elles puissent mater les velléités d’égalité et de souveraineté du peuple français, ou, pour reprendre leurs propres termes, qu’elles puissent réformer la société française de l’extérieur, puisque, de l’intérieur, ils n’y parviennent pas !
A notre peuple désorienté, nous devons la vérité. La mondialisation libérale est portée par l’évolution du capitalisme financier ; sa puissance est immense, mais elle n’est pas le fait d’une fatalité extérieure ni d’un mouvement inéluctable ou irrésistible. Elle comporte des faiblesses, des failles, des contradictions. Si le mouvement républicain en France n’a pas la force, à lui seul, d’arrêter le déploiement de la vague, il doit agir sur les leviers capables d’opposer des obstacles à la mondialisation financière. Les principaux sont les nations et les mouvements ouvriers. Le mouvement républicain en France peut être l’âme d’une résistance à ce déferlement destructeur des cultures humaines et des solidarités sociales. Face à l’hégémonie des lois du marché, les Républicains doivent former le parti du politique.
C’est à cela que nous ont invités les Français, aussi bien le 21 avril 2002 que le 29 mai 2005 et les émeutes en banlieue ont montré à leur façon l’ampleur d’une crise sociale et d’une crise nationale étroitement mêlées. Beaucoup de citoyens se sont désintéressés du débat présidentiel de 2002, à partir du moment où le choix qui leur est apparu inévitable, entre Jacques Chirac et Lionel Jospin, ne répondait pas à leurs attentes et se confondait dans un mol alignement sur le libéralisme ambiant. Mais les électeurs sont revenus aux urnes le 29 mai 2005, dès lors qu’ils pouvaient faire entendre leur volonté : rejeter un carcan libéral, fût-il dissimulé sous le mot d’Europe. Il y a un fil directeur entre les votes du 21 avril 2002, du 29 mai 2005 et la crise des banlieues : le rejet d’un système libéral dont en réalité les Français ne veulent pas I - DU REJET AU PROJET Notre devoir est de donner un contenu à ces aspirations, de permettre à notre pays de passer du Non au projet. Le contenu d’un projet républicain, anti-libéral, exigeant, est au cœur de notre travail politique depuis plusieurs années. Nous avons en son temps rappelé à la gauche de gouvernement qu’entre le gauchisme et le libéralisme, il y avait la République ! Nous avons combattu les abandons de souveraineté, ou les transferts de compétence sans contrôle démocratique ; nous avons dénoncé les démantèlements de l’Etat républicain, les lâchetés devant l’ethnicisme et le chantage à la violence, le communautarisme. Nous avons aussi proposé de refonder l’Ecole, d’articuler les moyens publics et privés pour renouer avec une politique industrielle, une politique de la recherche, pour orienter l’Etat vers ses fonctions d’anticipateur et de stratège, pour repenser l’architecture de l’Europe et de la zone euro afin de retrouver la croissance et l’emploi. Nous avons proposé de refonder la citoyenneté, ensemble indissociable de droits et de devoirs et garantie d’égalité. Nous avons rappelé les moyens nécessaires à faire entendre la voix de la France dans le monde.
Cet investissement intellectuel, ancré dans la confiance dans la République, dans la confiance en le citoyen, doit à présent déboucher sur la définition d’un projet capable de répondre aux attentes du pays, de sortir du désarroi qui s’est emparé des Français. Il y a toujours une alternative au renoncement. Elle peut prendre aujourd’hui la forme d’un projet républicain exigeant rassembleur d’une majorité large de notre peuple. I - 1 - La voix des citoyens La présence de Le Pen au second tour de l’élection présidentielle de 2002, la victoire du Non au referendum et l’abstention massive démontrent que la représentation politique est en crise. L’effet « essuie-glace qui veut que chaque majorité soit évacuée du pouvoir à l’issue de son mandat pose un véritable problème : celui d’un projet ambitieux et courageux pour notre pays. Que nous ont dit les électeurs le 29 mai dernier ? D’abord, lorsqu’un enjeu est clair, un choix présenté, ils se rendent aux urnes. 70% des inscrits ont voté ; c’est une participation puissante. Ainsi, 66% des abstentionnistes de la présidentielle 2002 sont allés cette fois voter Non. Très concrètement, on a vu dans les bureaux de vote des quartiers populaires, revenir des électeurs qu’on n’avait pas vus depuis longtemps. Ensuite, le vote Non est un vote jeune, actif, populaire. C’est un vote jeune, car les électeurs de 18 à 29 ans ont voté Non à 62%. D’ailleurs, de 18 à 55 ans, une majorité vote Non ; le Oui ne regagne la majorité qu’après 55 ans. C’est un vote d’actifs. De 71 à 78% des ouvriers ont voté Non, de même que 66% des employés. Deux catégories d’actifs seulement font exception : les cadres et les professions libérales. C’est enfin un vote populaire. Jusqu’à 3000 euros nets mensuels par foyer, on vote Non. Le Oui repasse en tête au delà de 3000 euros par mois. Quand on a Bac + 2, on vote Oui à 67% ; quand on a un CAP ou un BEP, on vote Non à 63%. De 61 à 64% des électeurs de gauche ont voté Non ; mais aussi 21% des électeurs de droite1 Cette coalition de forces jeunes, actives et populaires, s’est réalisée malgré un déluge médiatique, stigmatisant le vote Non, malgré les deux grands partis politiques qui accaparent les sièges au Parlement, l’argent public, le temps de parole et se succèdent alternativement au pouvoir. Les électeurs se sont prononcés délibérément et en conscience, contre les leçons administrées chaque matin par les éditorialistes, les plumes bien-pensantes, les chefs de gouvernement voisins, les économistes, dirigeants d’entreprises, les « socialistes » comme les libéraux européens, malgré le Président, malgré le gouvernement, malgré le Parlement qui avait déjà, lui, modifié la Constitution ! La hauteur des obstacles surmontés dit assez la force de l’élan du 29 mai. Aujourd’hui les mêmes, qui ont été défaits par le suffrage populaire, s’emploient de toutes leurs forces à dénier l’importance du referendum, à vouloir l’oublier, à « réconcilier » dans des synthèses vides partisans du Non et partisans du Oui, en faisant semblant d’ignorer qu’ils recouvrent l’opposition irréductible entre ceux qui s’accommodent du libéralisme et de la mort de la nation, et ceux qui défendent la souveraineté populaire et nationale De la même manière, les émeutes en banlieue ont montré la cristallisation de tous les échecs depuis plus de vingt ans. Echec d’une politique économique qui, du franc fort à l’euro, a toujours sacrifié l’emploi et l’industrie, et mené à un chômage de masse, totalement déstructurant et frappant spécialement les jeunes générations. Echec d’une politique sociale qui, de politique de la ville en accompagnement social, s’est contenté de verser du baume sur les plaies sans traiter les causes du chômage. Echec d’une politique urbaine qui a laissé la ségrégation l’emporter, qui a concentré les populations à faibles ressources et grosses difficultés dans les mêmes quartiers, souvent coupés des villes-centres. Echec né d’une ignorance du fait national, d’un auto-dénigrement constant, d’un tropisme des élites à mépriser le peuple et la France. Comment appeler les jeunes issus de l’immigration à « s’intégrer », à faire France, si le pays est décrit comme un foyer de honte permanente ? Comment demander à des jeunes d’être fiers d’un pays dont les élites expliquent à longueur de colonnes qu’il est le paria des nations ?
Certes ces appels et ces cris venus de notre peuple ne suffisent pas à former un mouvement populaire majoritaire ou une majorité de gouvernement. Il faut à cet élan un projet, des hommes et des femmes pour le porter, une perspective politique. Nous en sommes là. Notre investissement intellectuel au cours de la période, l’immense effort de cohésion, de créativité, de proposition et d’innovation accompli au cours de la campagne présidentielle de Jean-Pierre Chevènement, constitue un apport décisif. Pour aller du Non au projet, nous ne partons pas de rien ! Le MRC doit porter plus loin ce travail, répondre aux nouveaux défis, tracer de nouveaux chemins.
I - 2 Le retour du réel Beaucoup d’évènements récents ont donné sens à notre cheminement : La guerre d’Irak a éclairé rétrospectivement la première guerre du Golfe et montré ce qu’il en était de « la guerre du droit » à laquelle la gauche de gouvernement comme la droite avaient emboîté le pas. La France a pris cette fois la bonne voie, et chaque jour confirme le bien-fondé de ce choix.
L’évolution de la situation en Corse a montré ce que les citoyens pensaient des compromis passés avec une minorité violente ; les résultats des referendums Outre Mer ont montré aussi que les citoyens n’entendaient pas prendre congé de la République, comme les y invitaient pourtant la droite et la gauche. Le modèle républicain décrié par les libéraux de droite comme de gauche se porte moins mal que le modèle communautariste britannique ; contrairement à ce qu’affirment les libéraux, ce n’est pas le modèle républicain qui est à l’origine de la crise des banlieues, c’est la destruction de ce modèle depuis vingt ans ! C’est le démantèlement de l’école républicaine, l’absence d’instruction civique, la fin du service national, le culte de l’individualisme et de la réussite par l’argent, la dévaluation de l’effort et du travail, l’idéal d’égalité en réalité abandonné au profit d’une simple « équité ». A ce modèle les Français montrent avec constance leur attachement ; ils savent aussi que la laïcité est le meilleur garant du vivre-ensemble et de la citoyenneté. Le diagnostic posé, dès 1992, sur l’euro, sa gestion par une BCE hors de tout contrôle démocratique, au seul service des marchés et de la rente, s’est confirmé. Ce qui nous valait hier des huées est aujourd’hui devenu un constat partagé : la zone euro est la zone du monde vouée à la non-croissance. Les Etats euro sont les champions du monde du chômage. Un nombre croissant de Français a pris conscience de ce que l’Union européenne, au lieu de nous protéger des excès de la mondialisation, nous y enfonçait au nom de la concurrence. On l’a vu avec clarté lors du sommet de l’OMC à Hong Kong.
D’autres éléments touchant aux remèdes à opposer à nos maux sont venus à la lumière. Ainsi le refus de la France, de l’Allemagne et de la Russie, avec le soutien de la Chine, d’autoriser la guerre en Irak a formé le seul contrepoids à la politique américaine. Il a empêché que l’expédition bushiste soit la guerre de l’Occident. C’est le seul grain de sable apporté dans les rouages de la mondialisation libérale, car les équilibres financiers mondiaux, la confiance dans le dollar, sont étroitement liés à la capacité militaire américaine de se déployer en tous points du monde.
Les Français ont à présent, dans leur majorité, saisi le lien entre la politique libérale de Bruxelles, approuvée par les représentants des Etats membres, et la liquidation des services publics comme des entreprises nationales. Des notions clés comme la nation, la République, la souveraineté populaire, la citoyenneté, la laïcité sont redécouvertes par beaucoup de ceux qui hier les vouaient aux gémonies, et envoyaient La Marseillaise et Le Pen dos à dos. La « décentralisation » idéologique, hier panacée, est vue aujourd’hui comme une volonté d’affaiblissement de l’Etat et un risque pour l’égalité. Bref, à gauche, beaucoup de socio-libéraux sont revenus, le temps d’une campagne référendaire, au bercail des idées républicaines. Et à droite, la crise fait rage entre les libéraux, obnubilés par le « modèle » américain, qui sont allés à Washington s’excuser de la politique française, et ceux qui prétendent redécouvrir les nécessités du « patriotisme économique » et se réfèrent au volontarisme et au rôle de l’Etat, sans pour autant traduire cette orientation dans les faits. C’est ainsi que les Chantiers de l’Atlantique, dernier grand site français de la construction navale ont été bradés à l’étranger pour une bouchée de pain. C’est ainsi qu’après l’immense effort national consenti pour relever Pechiney, ou la sidérurgie, Pechiney a été privatisé puis cédé au groupe nord-américain Alcan, et que Arcelor, partie pour le Luxembourg, est aujourd’hui la cible d’une OPA. C’est dans ce contexte nouveau que le MRC doit élaborer un projet républicain et exigeant. Dans l’univers politique déconsidéré que nous connaissons, plus que jamais le seul repère sûr, c’est le projet qu’on veut servir. A quoi rimerait de se définir par rapport à des réalités mouvantes ou à des définitions qui ne veulent plus rien dire. C’est la gauche britannique qui est le meilleur soutien de George Bush et c’est la droite française qui s’ y est opposé... C’est une gauche à la bonne conscience inaltérable qui nous proposait de verrouiller le carcan libéral de la constitution européenne... C’est la gauche officielle allemande qui avait pour programme social celui du Medef français... Entre ceux qui programment les piscines publiques selon les religions, et ceux qui proscrivent les signes religieux à l’Ecole, cherchez la droite, cherchez la gauche ! Maastricht, « constitution » européenne, Corse, statut de l’Outre-Mer, privatisations, cherchez la droite, cherchez la gauche !
Il y a un meilleur critère que ceux que démentent la réalité, c’est le projet. Nous revendiquons d’être jugés à l’aune de notre projet. I - 3 -Résister au libéralisme Ce projet est dirigé par un choix moteur : la résistance au libéralisme, et non l’alignement docile sur ses exigences. Mais, pour y résister, encore faut-il comprendre ce qu’est la mondialisation libérale. Encore faut-il connaître l’adversaire auquel on entend résister. Le capitalisme industriel a laissé place au capitalisme financier. La valeur n’est plus constituée par la production de biens et de services mais par l’estimation, par les marchés financiers, de la valeur pour l’actionnaire. Cette désincarnation, ce détachement de la base réelle, permet au capitalisme financier une extrême mobilité et une extrême rapidité. Les capitaux se déplacent dans l’instant, à la vitesse des communications électroniques. L’ouverture des marchés de tous les pays de la planète est donc une impérieuse nécessité. Le taux de rentabilité financière à court terme est la seule boussole. Aux capitaines d’industrie ont succédé les fonds de pension. Leur exigence de rentabilité des capitaux investis est tout à fait déraisonnable pour les industries d’Europe ; elle ne peut se satisfaire que sur des marchés émergents avec des coûts salariaux très bas. Les firmes multi-nationales qui représentent en valeur les deux tiers du commerce mondial sont les agents et les accélérateurs du processus. L’ouverture de tous les marchés au commerce mondial est devenu un objectif central ; c’est la mission assignée à l’OMC, qui délibère et agit sous le feu constant des lobbyistes des firmes multi-nationales, et instrumente les pays en développement, -ou du moins certains d’entre eux- comme elle l’a fait à Hong Kong, pour mieux servir la cause du libre échangisme dogmatique.
Le rôle central des Etats-Unis est assuré par le dollar et par les privilèges exorbitants que lui confère la confiance accordée à cette monnaie devenue monnaie mondiale. La monnaie américaine reste en effet la monnaie des échanges mondiaux (l’euro représente 16% des réserves, c’est à dire sensiblement la même chose que représentait auparavant le deutsche mark soit 14%) La valeur du dollar n’est guère liée par le déficit budgétaire américain, ni par le déficit considérable de la balance commerciale américaine. C’est la confiance dans la solidité de la tête de l’Empire qui l’explique. Ainsi le Japon, la Chine, les pétromonarchies et l’Inde, en achetant massivement des Bons du Trésor U.S., financent-ils le déficit des paiements et assurent le bon fonctionnement du système, dont l’effondrement serait pour eux aussi terriblement coûteux. Ainsi l’Europe dirige-t-elle son épargne vers les Etats-Unis et accepte-t-elle, sans mot dire, une dévaluation du dollar de 50% en cinq ans qui ouvre toutes grandes les portes des marchés de la zone euro aux produits de la zone dollar et de la zone yuan qui lui est associée. Aussi les Etats-Unis s’efforcent-ils d’obtenir une réévaluation du yuan chinois pour améliorer leur balance commerciale. A la monnaie, il convient d’ajouter un élément majeur de contrôle de l’économie mondiale, l’énergie. Maîtriser la production et le prix du pétrole aujourd’hui, du gaz demain, représente un instrument formidable de régulation. Le Moyen Orient, l’Iran, la Russie, l’Afrique détiennent les principales réserves. Les Américains n’entendent pas laisser aux pays producteurs ou à des ententes entre pays producteurs, Europe, Chine et Japon, la maîtrise de ces données. La guerre du Golfe puis la guerre d’Irak ont cristallisé ces enjeux et administré une limpide leçon de choses : les Etats-Unis doivent justifier la confiance que placent en eux les marchés financiers. Ils constituent de fait la seule puissance capable de projeter ses forces où que ce soit. Cette confiance dans les Etats-Unis permet de maintenir le système en équilibre, c’est à dire en déséquilibre permanent. Il y a un lien organique entre les capacités politiques et militaires de Washington et le fonctionnement du système libéral mondialisé. Résister à cette mondialisation financière et politique est nécessaire pour qui veut lutter contre les inégalités, l’injustice, le chômage de masse. Prétendre lutter contre les effets du système sans analyser puis combattre ses causes serait une imposture. Les Français le savent bien ; la première cause qui les mobilise vraiment, la première question qu’ils nous posent est bien celle de la mondialisation. Est-elle inéluctable ? irréversible ? Laisse-t-elle des marges de manœuvre ? Et lorsqu’ATTAC traite de ces vraies questions, elle recueille une attention que les vieux partis usés et cauteleux ne peuvent plus espérer. Le rôle de la politique, le devoir d’un parti politique, ce n’est pas la gestion des affaires courantes au jour le jour, ce n’est pas la lamentation sur les fatalités, c’est de comprendre le monde, de vouloir le changer et d’agir en conséquence. I - 4 La mondialisation libérale a ses failles A - D’abord, elle ne remplit pas les objectifs que ses idéologues lui assignent : assurer le développement par la croissance généralisée des échanges. L’Amérique du Sud et l’Afrique, une grande partie de l’Asie sont tenues à l’écart. Lors des trente dernières années, la part dans les échanges mondiaux des pays les moins avancés a été divisée par cinq ! La misère, la faim sévissent. L’enfoncement dans le sous-développement est le lot de régions entières. Où en sont les espoirs de « la décennie du développement » ? La CNUCED et ses ambitions sont effacées par l’OMC, mais les plans d’ajustement du FMI plongent les populations dans le malheur, ont poussé l’Argentine au krach. Cette avalanche de misère fragilise le système. Dans toute l’Amérique latine, un mouvement populaire puissant change progressivement la donne et remplace les bourgeoisies « compradores » par de nouveaux courants qui veulent lier justice sociale et émancipation nationale. B - La dictature du court terme est suicidaire. Exiger des taux de rentabilité financière de 20% dans des pays où la croissance n’atteint pas 2% est une démarche de prédateur, non d’entrepreneur. La création de valeur pour l’actionnaire aboutit à détruire l’outil de production de valeur réelle. Mais « l’entreprise sans usine » que vantait naguère le dirigeant d’Alcatel est une entreprise sans emplois et bientôt sans valeur créée. Cette myopie -qui est aussi celle des marchés- a besoin d’être corrigée. Le système lui-même a besoin de régulation. Les grands investissements nécessaires, en matière de transports, de fourniture d’énergie, mais aussi de formation sortent du cadre de rentabilité à court terme.
C - L’effacement des Etats que prône et met en pratique la mondialisation libérale, pour ôter tout obstacle au libre-marché mondial, crée du chaos, laisse libre cours aux affrontements ethniques, déstabilise les Etats...et gêne l’expansion du commerce ! Le sommet de Hong Kong a montré l’essoufflement de ce dogme et ses limites. D - La résistance des peuples, des nations, des cultures, des Etats est réelle. Elle est aussi diverse. Et si nous proposons d’organiser une résistance républicaine à la mondialisation libérale, il va de soi que tout ce qui résiste à la mondialisation n’est pas nôtre ! Celle-ci éveille en effet des réactions ethniques, archaïques, où finissent par se mêler refus de la domination américaine et refus de la modernité. Nous ne cautionnerons pas ces réactions pires que le mal. La politique américaine stimule aussi sûrement l’islamisme radical au Sud que le chômage de masse nourrit Le Pen en France ! Mais nous ne cèderons pas non plus aux amalgames honteux qui veulent réduire toute force de résistance à la mondialisation, à une alliance « rouge-brun ». Entre la mondialisation financière et l’islamisme ou le fascisme, il y a la démocratie ! Cette précision étant donnée, il faut constater que la vague de la mondialisation suscite de fortes réactions. La Chine a certes rejoint l’OMC, mais l’Etat chinois a bien l’intention d’organiser méthodiquement son insertion dans le marché mondial et n’entend pas se laisser écarteler ou désagréger à son contact. La Russie n’envisage pas de galvauder ses forces, notamment en énergie et matières premières, sans qu’elles ne profitent durablement au développement du pays. La profondeur de l’opinion arabe et musulmane, de l’Asie à l’Atlantique, est animée d’un profond ressentiment à l’égard de l’Amérique et parfois de l’Occident tout entier ; les régimes en place sont parfois pris en porte à faux entre leur puissant protecteur et leur peuple ; des bouleversements sont possibles à tout moment. En Amérique latine, l’antagonisme prend des formes diversifiées à Cuba, en Argentine, au Brésil, au Venezuela, en Bolivie : partout cependant le modèle libéral mondialisé est contesté. E - En Europe, le paysage a changé fortement depuis dix ans. Certes, les pays d’Europe centrale et orientale, fraîchement libérés du joug soviétique, sont-ils vivement attirés vers le modèle libéral mondialisé, et spécialement vers les Etats-Unis. Mais en Europe de l’Ouest, le mirage a cessé d’exercer ses effets : on a découvert, lors de la guerre d’Irak, l’ampleur du fossé qui sépare les opinions publiques en Europe et aux Etats-Unis, même si les milieux au pouvoir à Londres, Madrid, Lisbonne ou Rome étaient alors restés fidèles à l’atlantisme. La victoire du Non au referendum est sans conteste un refus du modèle libéral par les Français ; il est davantage aux Pays Bas un refus de disparaître dans un ensemble non démocratique. Mais ces deux votes confirment la fin d’une époque. Les charmes de la « mondialisation heureuse » sont évanouis. En Europe de l’ouest, on affronte la désindustrialisation, les délocalisations, la stagnation des salaires, la baisse du pouvoir d’achat, la mise en cause des protections sociales, le chômage de masse. Dès lors que les politiques européennes sont apparues non comme une protection contre la mondialisation, mais comme son chausse-pied, les peuples ont commencé de s’en détourner, par l’abstention d’abord, par le refus à présent. F - Si l’on se projette dans les vingt ans qui viennent, que sera la crédibilité de la politique américaine et par conséquent du système mondialisé dont elle est le cœur ? Que vaudront les régimes de circonstance mis en place dans les pays producteurs d’énergie, face à la montée en puissance de l’Inde et de la Chine ? Où se trouveront les réserves inexploitées de main d’œuvre à bas coût permettant des taux de rendement du capital de 20% ? Les créanciers des Etats-Unis seront-ils toujours consentants à financer ses déficits extérieurs ? Le consommateur américain, déjà surendetté et surconsommateur, sera-t-il le seul à soutenir la demande mondiale, financée par les autres ? L’Europe, au lieu d’asphyxier ses propres forces dans une visée fédéraliste impossible qui l’enfonce en fait dans la mondialisation libérale, s’avisera-t-elle qu’elle doit organiser la coopération des nations qui veulent faire vivre un modèle politique et social original dans le monde ? L’Europe s’avisera-t-elle de relancer l’expansion et l’emploi sur son sol et d’en trouver les moyens ? A l’évidence, l’avenir n’est pas écrit. La partie n’est pas jouée. Mais notre projet est éclairé d’abord par cette volonté : résister autant que faire se peut face à la mondialisation financière libérale et ses effets, et encourager toutes les nations du monde à rejeter ce carcan impérial. II - NOTRE PROJET II - 1 - Retrouver la croissance, faire reculer le chômage Le chômage de masse est le mal à combattre. Il engendre la pauvreté, l’exclusion, le désespoir ; les replis identitaires, il nourrit la xénophobie, le racisme, la délinquance ; il explique la perte de confiance dans la République. Le problème est apparu insoluble parce qu’on ne voulait pas en changer les données. Le monétarisme absolu, depuis la fin des années 80, la politique du franc fort pour préparer l’euro, puis l’euro fort ont privilégié la rente et tari l’investissement. Cette politique qui a coûté en Europe des millions de chômeurs a été rejointe par la mondialisation financière : démantèlement de toutes les régulations et contrôles sur les flux financiers, abaissement des impôts, ouverture des marchés financiers aux fonds de pensions. Les délocalisations, recherches de main d’œuvre la moins coûteuse sur la planète, le démantèlement de toutes les protections commerciales, l’ouverture à tous vents du marché européen où les produits à bas prix tuent les productions locales, ont fait le reste. A l’heure où les entreprises du CAC 40 voient leurs bénéfices augmenter de manière importante, la précarité augmente de plus en plus. C’est cette orientation qu’il faut contrer. On ne luttera pas contre ses effets -le chômage- sans agir sur ses causes. II - 1 A - Changer l’architecture de la zone euro La zone euro peut renouer avec la croissance. C’est la priorité immédiate. L’expansion économique doit gagner l’Europe et spécialement la zone euro où elle est aujourd’hui interdite de séjour. Pour changer de politique, nous proposons : de renégocier le Pacte de stabilité, pour en faire un pacte de croissance concertée. A tout le moins les dépenses d’investissement productif, de recherche et de défense doivent être exclues du calcul du déficit budgétaire plafonné. De modifier les statuts de la Banque centrale européenne afin d’inclure dans ses missions la nécessité de veiller à l’emploi et à un haut niveau d’activité D’instituer un gouvernement économique de l’euro assuré par l’Eurogroupe, et autorisé à donner des orientations à la BCE. La politique du change est capitale, du fait de la mondialisation des échanges. Elle doit être reprise en main : comment accepter que la BCE ait laissé sans réagir l’euro se réévaluer de 50% face au dollar, pénalisant ainsi lourdement la production et l’emploi dans la zone euro ? Le futur Président de la République doit être décidé à se battre farouchement pour changer l’architecture de la zone euro. Faute de quoi, devant l’incapacité du système monétaire euro de répondre aux besoins des économies des pays membres, ceux-ci seront tentés par le décrochement de l’euro et le retour aux dévaluations compétitives.
II - 1 B - L’innovation et la recherche Nous proposons un effort renouvelé et conséquent en matière de recherche. Les vœux pieux du sommet de Lisbonne en matière de recherche et de technologie ont heurté le mur du pacte de stabilité. Nous proposons de porter à 3% du PIB l’effort de recherche français, en déduisant ces engagements des déficits budgétaires plafonnés. Tous les pays de l’Union ne sont pas en mesure de mener le même effort de recherche. Ceux qui le font doivent y être encouragés ; c’est un intérêt commun. Le même raisonnement vaut pour l’effort de défense. Nos orientations prioritaires doivent viser les nouvelles technologies de l’information, les biotechnologies, l’énergie (réacteur nucléaire du futur, pile à combustible, fusion nucléaire, énergies renouvelables...) la santé, les transports, l’agriculture, l’environnement. L’initiative publique en ces domaines est nécessaire. II - 1 C - La politique industrielle La politique industrielle doit reprendre ses droits . Elle a été ramenée par la Commission de Bruxelles à une simple politique de la concurrence. Celle-ci exige une réforme de bon sens : dans une économie mondialisée, le temps n’est plus à lutter contre des positions localement fortes. Dès lors qu’une position n’est dominante que localement, elle doit être acceptée voire encouragée lorsqu’il s’agit de faire naître en Europe des champions mondiaux. Dans les secteurs industriels vitaux et stratégiques, l’Etat doit exercer une mission de sécurité absolue et assumer un rôle de stratège. Son droit de regard, sous forme d’actions spécifiques (golden share) par exemple, est légitime. Il faut en finir avec une attitude aussi désastreuse que celle de la Commission dans l’affaire Alstom, qui pousse à créer un monopole en Europe et à affaiblir les capacités européennes face à la concurrence mondiale dans des secteurs hautement stratégiques. Des coopérations renforcées dans les domaines industriels clés doivent pouvoir se nouer, sans l’aval préalable de la Commission, avec un nombre restreint d’Etats membres volontaires. Une politique industrielle cohérente exige de mettre nos grandes entreprises à l’abri des prédateurs boursiers. Beaucoup, en raison de leur actionnariat, sont vulnérables ; les exemples de Carrefour ou Danone sont connus. Des moyens existent : contrôle des fusions boursières, constitution d’un pôle d’actionnaires stable capable d’intégrer les exigences de moyen et long terme pour l’entreprise, actionnariat salarié, qui à partir de 10 - 15% offre une résistance solide aux opérations prédatrices. Une politique de soutien à la croissance, l’industrie et l’emploi appelle également l’Etat à veiller à un environnement favorable et stable II - 1 D - L’énergie L’énergie est le premier de ces facteurs. Les pouvoirs publics ne peuvent s’en désintéresser. Nos approvisionnements en pétrole et en gaz sont liés à la qualité de nos relations avec les pays qui forment le grand voisinage de l’Europe : Moyen-Orient et Iran, Maghreb, Russie. Les récentes tensions à propos de l’approvisionnement en gaz de l’Europe le montrent amplement : l’affaire est d’abord politique et ne saurait se régler par le seul jeu du marché. Une Europe européenne, soucieuse de ses intérêts à terme, a autre chose à faire que d’emboîter le pas à la politique américaine dans ces régions, ne serait-ce qu’en raison de la contrariété d’intérêts au point de vue énergétique. Nous proposons une politique de grand voisinage avec la Russie, le Proche et Moyen-Orient, le Maghreb, au sein de laquelle la sûreté de nos approvisionnements énergétiques s’inscrira logiquement. Les prix durablement élevés du pétrole, le besoin d’indépendance énergétique, font que l’énergie nucléaire a un grand avenir devant elle. Ceux des pays qui ont cru, un temps, pour causes électorales, pouvoir s’en détourner, préparent des revirements déchirants. L’avenir du nucléaire doit être préparé et un vrai débat public en est le meilleur moyen. L’heureux déblocage de l’EPR est un pas décisif. La localisation à Cadarache du projet ITER est une reconnaissance des acquis français et un fort accélérateur de la recherche en matière d’énergie nucléaire : réacteur de recherche, réacteur de remplacement des tranches EDF, réacteurs sous-critiques... Sur vingt ans, il faut prévoir de gérer 500 tonnes de déchets, de manière sûre, durable et réversible. Ce n’est pas inaccessible ! La loi Bataille en fournit le moyen. Faute de quoi, ce serait 50 000 000 de tonnes de gaz carbonique que nous serions amenés à produire... Le souci de l’environnement, la préparation de l’avenir et l’intérêt national se rejoignent pour conjuguer le développement du nucléaire avec les énergies renouvelables et une politique sérieuse de maîtrise des dépenses énergétiques.
II - 1 E - Le service public Pour offrir un cadre favorable à la croissance et à l’emploi, nous avons besoin de services publics performants et de qualité. Les défis énergétiques à venir, le renouveau du nucléaire, exigent, tant du point de vue de la sécurité que de l’exigence de long terme pour les investissements, qu’EDF reste dans le domaine public. L’énergie, mais aussi l’approvisionnement et le traitement de l’eau, sont deux exemples évidents de domaines pour lesquels le service public est seul de nature à apporter les garanties qu’exigent les citoyens. Si les Français ont rejeté le projet de « constitution » européenne, c’est parce qu’ils ont saisi que « la concurrence libre et non faussée » était le lacet avec lequel les libéraux entendaient étrangler le service public. Certes, ils n’en dressaient pas l’acte de décès ! Mais en les soumettant à la concurrence, on les laissait à la merci de l’écrémage où le secteur privé s’octroie les activités rentables, ne laissant au public que le secteur déficitaire, avant de disparaître. A l’inverse il s’agit pour nous de mettre en place une politique active de service public empêchant la constitution de monopoles privés : eau, santé, autoroutes, transports, énergie... Le prochain Président de la République doit être capable d’obtenir une directive « service public », permettant sans équivoque de préserver nos services publics, garants de l’égalité d’accès des citoyens aux services de base ; faute de quoi le maintien du service public dans notre pays exige une clause dérogatoire (opting out) sur les mesures de libéralisation. Et la plus solide manière d’empêcher ces liquidations est d’inscrire dans notre constitution la liste des principaux services publics qui, dès lors, ne pourront perdre leur statut de service public exigé par la constitution, sans l’accord du constituant. II - 2 - La revalorisation du travail La loi de la mondialisation libérale, c’est la mise en concurrence des « coûts » du travail, le salaire étant ramené à un coût sans considération des effets qu’il exerce sur la demande et la croissance. La Commission agit sous la pression et les impératifs de l’Accord général sur les commerces et les services (AGCS) qui imposent partout la libéralisation. Le projet de directive service, dite Bolkestein, y compris dans sa version actuelle, doit ainsi faire l’objet d’un veto de la France. Ce n’est pas la flexibilisation sans limite du travail, dont témoignent aussi les formules de CNE et CPE qui permettra de relever le défi. A cette concurrence, l’Asie est aujourd’hui gagnante ; certains Etats d’Afrique jouent aussi leur carte, et les pays d’Europe centrale et orientale exercent leur attrait. II - 2 A - Protéger les acquis sociaux en Europe Une politique de revalorisation du travail doit donc être cohérente et prendre en compte cette réalité. A terme, le respect de clauses sociales et environnementales à l’OMC doit être notre cheval de bataille. Mais cette bataille sera rude et longue. C’est pourquoi, faute de résultat, l’Union européenne doit remettre en œuvre la préférence communautaire qui prévalait jusqu’en 1974 au sein du Marché commun, et l’appliquer aux biens et aux services. Cette préférence communautaire implique un tarif extérieur commun. C’est la seule manière de garantir le niveau social européen. Ne nous laissons pas intimider par ceux qui crient au « protectionnisme » pour défendre les intérêts financiers au détriment de l’intérêt général des peuples européens, Cette conception des relations commerciales mondiales, à rebours du libre échangisme dogmatique de l’OMC, vaut non seulement pour l’Europe, mais pour le monde. La liberté des échanges, comme l’a fort bien montré Maurice Allais, seul prix Nobel d’économie français, ne peut valoir qu’entre zones de niveau économique et social comparable. La thèse libérale selon laquelle l’extension sans limite du libre-échange apporterait la prospérité est contredite par l’expérience : le chômage s’accroît au Nord, tandis que la majorité des pays du Sud s’enfonce dans le sous-développement. Notre politique de commerce mondial doit inciter à un cercle vertueux : plus le niveau social et environnemental s’élèvera dans les pays fournisseurs, plus le niveau de leurs exportations vers l’Europe s’accroîtra. A la vision de l’OMC nous devons opposer un projet d’organisation du commerce mondial par grands ensembles régionaux, de niveau économique et social comparable, avec liberté des échanges à l’intérieur, et régulation des échanges entre grandes zones. Notre politique commerciale doit viser une réorientation volontariste et importante de nos courants d’échange vers nos voisins immédiats dont l’évolution économique négative actuelle ne pourra pas rester sans conséquences graves pour l’Europe : Afrique du Nord, Afrique sub-saharienne et Proche-Orient. La politique libre-échangiste actuelle de l’Europe accroît, dans toute sa myopie idéologique, les difficultés de ces trois zones majeures pour notre avenir, la dérégulation des marchés du textile en ayant fourni le dernier en date. Notre politique commerciale, sur la base de quotas et d’accords bilatéraux doit favoriser drastiquement des investissements massifs et réellement productifs dans ces trois zones. II - 2 B - Rééquilibrer les revenus du travail et du capital Dès à présent la revalorisation du travail, par rapport aux revenus du capital, peut s’engager en France par la réforme des charges social
14:47 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, politique critique, présidentielles 2007, ump, mpf, le pen, chirac




Les commentaires sont fermés.