12.01.2007

présidentielles 2007;"seule la droite peut faire battre la droite"

éditorial valeurs actuelles:

  " le 22 avril prochain seule la droite peut daire battre la droite....... "



Valeurs Actuelles n° 3659 paru le 12 Janvier 2007

Notre opinion
par François d'Orcival

On a toujours besoin de petits pois…

 

L’UMP va faire un triomphe à la candidature de Nicolas Sarkozy, et pourtant il y a comme une inquiétude à droite, quand ses militants s’entendent qualifiés de “sardines” et de “petits pois” par Dominique de Villepin.

 La bataille qui s’annonce n’exigerait-elle pas de gros bataillons d’électeurs en ordre de marche ?

Les choses iraient-elles de soi ? Lundi dernier, Jean-Marie Le Pen est venu rappeler une réalité : « Le tocsin a sonné deux fois », a-t-il dit : le 21 avril 2002, lorsque le candidat de la gauche, Lionel Jospin, avait été éliminé du second tour de la présidentielle, et le 29 mai 2005 quand 55 % des électeurs ont voté “non” au référendum européen.

 Deux démentis aux pronostics, deux avertissements. Jamais deux sans trois ? Jean-Marie Le Pen se voit maintenant face à Ségolène Royal au second tour de la présidentielle. Dans ce cas, le résultat serait connu d’avance. Que vaut donc ce vœu, si ce n’est cette prévision ?


Une certitude à gauche : les électeurs ont retenu la leçon du printemps 2002 ; ils ne disperseront plus leurs voix. Le soutien massif que les adhérents du parti socialiste ont apporté à Ségolène Royal en fournit la démonstration : en écartant Fabius et Strauss-Kahn, ils ont voulu évacuer le risque de voir d’autres candidats tenter d’entrer dans la course. En votant Ségolène, ils faisaient le choix du renouvellement et ne laissaient aucune place à des candidatures parallèles. Christiane Taubira et Jean-Pierre Chevènement, qui avaient, à eux deux, récolté deux millions de voix, soit dix fois le nombre de celles qui avaient manqué à Jospin en 2002, ont été rapidement ralliés.


Du coup, Ségolène Royal a asphyxié tous ceux qui, sur sa gauche, tentent de se maintenir : dans les intentions de vote, l’extrême gauche, y compris la candidate communiste, ne dépasse plus les 9 %, alors qu’en 2002, trotskistes et communistes totalisaient 14 % des voix ;

 quant à Dominique Voynet, elle ne franchit pas les 3 % quand le candidat vert de 2002 (Noël Mamère) avait passé la barre des 5 %. Ainsi le vote paraît figé pour placer au plus haut le score de la candidate du PS. Il n’y a donc aucune chance de revoir à gauche le scénario de 2002.


La droite a-t-elle pour autant raison de se faire peur ? L’inquiétude n’est pas sans motifs. On y entend en effet des raisonnements tenus à gauche autrefois : on votera Sarkozy au second tour, mais après avoir fait entendre sa voix au premier, comme s’il n’y avait aucun danger… Ou bien, si Ségolène Royal était élue à la présidence, on pourrait se rattraper aux législatives qui suivront. Cela s’était dit en 1981, après la victoire de François Mitterrand ; on sait ce qu’il advint avec l’élection d’une majorité absolue de “barbus” socialistes. En imposant, par la loi, la tenue de l’élection présidentielle avant les législatives, Lionel Jospin savait ce qu’il faisait – même s’il n’en a pas profité – le premier scrutin entraîne le suivant par sa propre dynamique. Celle-ci ne s’est jamais démentie : ni en 1981, ni en 1988, ni en 2002.
Le principal atout de Ségolène Royal est donc la division du camp d’en face.

 Dans la dernière enquête de l’Ifop pour le Journal du Dimanche,

elle arrive nettement en tête (27 %) avec Nicolas Sarkozy. À 25 % des intentions de vote, celui-ci obtient deux à trois fois plus de voix que Le Pen ou Bayrou.

Mais le total des voix “dissidentes”, lepénistes et centristes, frôle les 24 % sans compter les 11 % qui se portaient sur Nicolas Hulot avant qu’il ne renonce à sa candidature (sans l’avoir annoncé officiellement).


Ces chiffres expliquent la stratégie adoptée par Nicolas Sarkozy :

 rupture et rassemblement. Rupture, parce qu’il doit briser le sortilège qui pèse sur toutes les élections depuis 1978 : chaque scrutin est un démenti au précédent, plaçant alternativement gauche et droite au pouvoir.

 Alternance qui aura paralysé toute réforme durable dans le pays et l’aura progressivement déclassé dans ses performances et son niveau de vie par rapport à ses partenaires et concurrents.

Pour sortir de cette paralysie, Sarkozy n’a pas le choix : il lui faut trancher par rapport au passé (nouvelle génération, nouveau langage, nouveaux projets) ; et il doit aussi rassembler et rassurer son camp pour être sûr non seulement d’être qualifié pour le second tour mais de l’être en meilleure position que Giscard en 1981 ou Chirac en 1988. Ce sont les “petits pois” qui feront la différence…


Le 22 avril prochain, seule la droite peut faire battre la droite.

Voilà ce qui mobilise ses électeurs contre les mortelles divisions. Mais celles-ci, qui les anime, à quelle fin ? Pour aller plus fort dans la modernisation commencée du pays, en s’appuyant sur les résultats déjà obtenus, ce n’est pas le moment de reprendre pour cinq années de régression. Alors que l’Allemagne est en train de nous montrer que l’on peut se redresser bien plus vite qu’on ne le croit.



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