| « Défendre la valeur travail »
« La motivation au travail et l’efficacité économique exigent des salariés bien formés et bien payés, respectés et protégés, assurés de la dignité de leur métier et de la sécurité de leur revenu, et certainement pas l’inverse! C’est cela défendre la valeur travail. (…) Ne nous laissons pas abuser : les Français ne sont pas fâchés avec la valeur du travail mais ils sont profondément insatisfaits des conditions dans lesquelles ils travaillent. Le manque de dialogue et l’impression de ne pas compter pour grand chose tout en devant donner beaucoup ruinent la motivation. La France doit sortir de l’archaïsme de ses relations sociales ! » Fête de la Rose, Frangy, 20 août 2006
Ce ne sont pas les 35 heures mais la droite qui détruit la valeur travail « Ceux qui disent que les 35 heures déprécient le travail se trompent de diagnostic. Ce n’est pas un peu de temps libre en plus qui détourne du travail, mais plutôt un malaise au travail qui conduit à s’investir ailleurs. Voyez la démotivation des cadres. Elle est liée à l’instabilité, à la pression. La politique de la droite a été profondément destructrice de la valeur travail car elle a érigé en norme la précarité pour le plus grand nombre. » Les Echos, 19 mai 2006 En contrepartie de toute ressource, il doit y avoir un travail ou une formation « Personne ne doit être payé à rien faire : c’est une façon de rappeler que le travail est le facteur premier d’intégration sociale et qu’en être privé, c’est aussi perdre un sentiment fondamental d’appartenance et, parfois, jusqu’à l’estime de soi. Ceux qui se situent en bas de l’échelle des salaires ont souvent le sentiment qu’il n’est pas juste que d’autres touchent autant avec des revenus d’assistance ; cela nourrit le rejet de l’autre et la hantise du déclassement. Il ne faut pas ignorer cette question par angélisme. Il est exclu de revoir nos solidarités à la baisse ou de se résigner au nombre croissant de travailleurs pauvres, mais il faut dire clairement qu’en contrepartie de toute ressource, il y a un travail ou une formation utile, ce qui est d’ailleurs prévu dans les textes. » Les Echos, 19 mai 2006
« Il faut payer le travail à son juste prix » « Il faut payer le travail à son juste prix. Un salarié compétent et motivé, s’il est bien payé, participe à la compétitivité des entreprises. L’économie n’est pas un système de vases communicants où la performance des entreprises reposerait sur la paupérisation des salariés. Le salaire fait partie de la compétitivité : la productivité, la qualité des formations, la motivation des salariés, la fiscalité, les efforts de la collectivité en matière de recherche ou d’infrastructures comptent aussi. Aujourd’hui, l’atonie de la consommation et l’apathie des investissements ont partie liée. (…) Le respect de la valeur travail suppose des conditions de rémunération, donc de vie, qui permettent aux salariés de se loger dignement, de fonder une famille, de faire des projets. La France ne s’en sortira pas en alignant ses salaires sur ceux des pays émergents ! L'Etat doit assumer sa responsabilité régulatrice et redistributrice ». Challenges, 13 avril 2006 Il faut en même temps empêcher les rémunérations scandaleusement excessives « Il y a des excès, des dérives. Les Français sont choqués quand ils apprennent le montant des stock-options, des indemnités de départ et des retraites chapeaux de certains dirigeants. Ils découvrent qu’à une certaine altitude, l’échec paye, alors qu’ils peuvent, eux, perdre leur emploi sans avoir commis une faute. » Les Echos, 19 mai 2006 « La protection n’est pas l’ennemie mais la condition de la prise de risque »
« Je pars d’un constat : la machine est bloquée. La France est en manque d’oxygène et d’espoir. Il faut redonner aux entreprises exposées l’agilité dont elles ont besoin pour être réactives, et aux salariés les sécurités dont ils ont besoin tout au long de leur parcours professionnel. Pourquoi chaque année 30 % des salariés danois changent-ils de travail sans drame ? Parce qu’ils ont un filet de sécurité solide. La protection n’est pas l’ennemie mais la condition de la prise de risque. La souplesse et la sécurité doivent aller de pair : c’est un choix de société et d’efficacité. Et celui de la motivation au travail. » Challenges, 13 avril 2006
Inventons de nouvelles sécurités
« Chaque révolution industrielle a fini, non sans luttes, par déboucher sur sa contrepartie sociale. Celle du charbon et de la machine à vapeur a apporté les premières lois sociales et la reconnaissance des syndicats. Celle de l’électricité et de l’automobile a conduit à un système global de protection sociale et à une amélioration du pouvoir d’achat des salariés. Nous vivons aujourd’hui la troisième, celle des technologies de l’information et de la communication sur fond de mondialisation accélérée : le vieux compromis fordien est mort mais aucun "bon deal", aucune "nouvelle donne", ne l’a encore remplacé. D’où ce déséquilibre ravageur entre le capital et le travail. Tant que nous n’aurons pas réussi à mettre en place les nouvelles sécurités adaptées aux mutations de notre monde, la peur et la méfiance l’emporteront. » Les Echos, 19 mai 2006
Le CDI ne doit pas être remis en cause « Le CDI doit rester la base, car une société qui se précarise dans ses principes fondamentaux va à la dérive. Le CDI, c’est le droit - fondamental pour tout être humain - à la sécurité d’un salaire et à la dignité d’un métier. Il doit être la colonne vertébrale, et c’est par le dialogue social qu’il faut définir ce qui doit être assoupli, en tenant compte de manière équilibrée des besoins des entreprises, en particulier de celles qui innovent et prennent des risques, et de la dignité des salariés, qui ne sont pas une variable d’ajustement jetable. » Les Echos, 19 mai 2006
Les 35 heures : « Il faut faire avec les partenaires sociaux l’inventaire de ce qui doit être amélioré »
« Les trente-cinq heures ont amélioré la qualité de vie de nombreux salariés, la productivité des entreprises et créé des emplois. Elles ont aussi nécessité beaucoup d’efforts de réorganisation de la part des entreprises. Mais pour faire face à des plans de charges imprévues, les entreprises les plus exposées à la concurrence internationale doivent pouvoir bénéficier d’une certaine souplesse. Il faut faire avec les partenaires sociaux l’inventaire de ce qui doit être amélioré, mais il faut cesser de dire que les trente-cinq heures sont responsables de tous les maux. Il vaut mieux des salariés bien formés, bien motivés et bien payés pendant trente-cinq heures que des salariés démotivés. » Challenges, 13 avril 2006
Sur ce dossier, l’approche rigide et unilatérale est à exclure (En réponse à la question : « Faut-il assouplir encore les 35 heures pour redonner du pouvoir d'achat ? ») « Des assouplissements ont déjà été apportés. Peut-être faut-il aller au-delà pour que ceux qui veulent travailler plus puissent le faire, mais je trouve scandaleux les chantages à l’emploi auxquels des entreprises se livrent pour remettre en cause des accords de RTT. Le vrai sujet serait de pouvoir moduler le temps de travail selon les étapes de la vie. Je ne crois pas aux réponses rigides une fois pour toutes mais aux évolutions négociées ». Les Echos, 19 mai 2006 « Il faut réconcilier les entreprises avec le public en valorisant celles qui assument leur responsabilité sociale » « Il faut réconcilier les entreprises avec le public en valorisant celles qui assument leur responsabilité sociale (…). Il faut aussi mettre de l'éthique dans les aides publiques. En Poitou-Charentes, nous avons créé un fonds d'aide à l'innovation et fixé des conditions aux aides publiques : les entreprises s'engagent à ne pas licencier ou délocaliser si elles font des profits, et à ne pas porter atteinte à l'environnement. Les chefs d'entreprise l'acceptent, car ils savent ce qu'est un contrat. En contrepartie, nous débloquons très vite les aides. Pour encourager la performance économique, il faut réformer la lourdeur administrative. Il y a trop de bureaucratie. En région, 1 250 entreprises ont été créées en deux ans grâce aux bourses tremplin que nous avons mises en place. » Challenges, 13 avril 2006
Diviser par deux le chômage d’ici à 2012 est possible (En réponse à la question : « Comment diviser par deux le chômage d'ici à 2012, comme le promet le PS ? ») « Les pays nordiques y sont parvenus, la France en est capable ! Il faut investir massivement dans l’innovation et la recherche. Répondre aux besoins des secteurs sous tension, ce qui suppose d’y améliorer les conditions de travail et les perspectives de carrière. "Coacher" efficacement les demandeurs d’emploi. Choisir un système gagnant-gagnant, et investir dans le nerf de l’innovation et des activités de demain : l’éducation et la recherche. Plus de sécurité pour plus de confiance, donc plus de croissance et plus d’emplois : c’est cette dynamique vertueuse qu’il faut stimuler. » Challenges, 13 avril 2006 |
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