14.01.2007

présidentielles 2007 Nicolas SARKOZY "Champion du jour"

Une victoire doit se savourer, avant de reprendre la longue marche "incertaine" vers la victoire encore virtuelle.....

 

Extrait de lacroix .com
"Comment Nicolas Sarkozy est devenu incontournable

Nicolas Sarkozy a été officiellement investi dimanche
14 janvier par l'UMP comme candidat à l'élection présidentielle.
Récit d'une ascension minutieusement calculée


Nicolas Sarkozy (au centre) s'est voulu rassembleur
dans son discours d'entrée dans la campagne
 présidentielle, dimanche 14 janvier
 (Photo Faget/AFP).

Il y pense depuis longtemps. Mais c’est un soir de
novembre 2003 qu’il le reconnaît pour la première fois,
sur le plateau de l’émission « Cent minutes pour convaincre ».
« Pensez-vous à la présidentielle ? », demande-t-on
à Nicolas Sarkozy. « J’y pense, répond l’intéressé,
et pas seulement quand je me rase. »

Il y pense depuis longtemps. Mais c’est depuis 2002 qu’il y croit
 vraiment. Persuadé que le chef de l’État ne briguera pas de
troisième mandat, Nicolas Sarkozy va poursuivre quatre ans
 durant le même objectif : rendre « incontournable » sa
candidature à l’élection présidentielle.

Alors qu’il rêvait de Matignon, c’est paradoxalement le
ministère de l’intérieur, poste sensible et exposé, qui lui
servira de rampe de lancement. Ce qui apparaît aux yeux
des sarkozystes comme le « piège tendu » par Jacques Chirac
 pour « enfermer » leur champion dans « une image droitière »,
 Nicolas Sarkozy va le déjouer, sans cesse à la recherche d’un
« équilibre » entre « justice et fermeté ».

Place Beauvau, il se forge une réputation d’homme d’action,
infatigable et pragmatique. Le ministère de l’intérieur lui offre
aussi une visibilité médiatique sans égal, et Nicolas Sarkozy,
 qui entretient des relations privilégiées avec de nombreux
patrons de presse, est un orfèvre en matière de communication.
Dans les médias, il est omniprésent.

Longtemps affublé de l’image du « traître » – pour avoir choisi
 Édouard Balladur en 1995 –, ou encore d’ultra-libéral,
incarnation d’une droite décomplexée, Nicolas Sarkozy
construit son image. Et instaure un lien direct avec les Français.
 « Nicolas avait les électeurs de droite derrière lui, analyse
 un proche conseiller. Mais c’est place Beauvau qu’il va
conquérir l’opinion et élargir le spectre de ceux
 qui le soutiennent. »

Ministre le plus populaire du gouvernement

À droite, ses adversaires ne croient pas au caractère
irrésistible de son ascension, persuadés qu’il finira par
trébucher, emporté par son tempérament ou piégé par un
 dossier « chaud ». Mais Nicolas Sarkozy, qui devient très
 vite le ministre le plus populaire du gouvernement, le restera
quatre ans durant, y compris lors de son passage éclair au
ministère de l’économie, entre mars et novembre 2004.

La condamnation d’Alain Juppé dans l’affaire des
 emplois fictifs du RPR, le 30 janvier 2004, lui ouvre
« un boulevard », commente un proche. Ce jour-là, le
ministre de l’intérieur ne fait aucun commentaire. Mais
il a du mal à cacher son excitation. C’est le « grain de sable »
qui fait s’enrayer la machine chiraquienne. Les digues
censées bloquer la marche du fougueux ministre de l’intérieur
sont en train de tomber. Une à une.

Ni Jean-Pierre Raffarin, dont la cote de popularité à Matignon
 s’est érodée depuis la canicule de l’été 2003, ni Dominique
de Villepin, populaire comme ministre des affaires étrangères
 mais qui reste isolé au sein de sa famille politique,
ne peuvent l’arrêter. Sans « le meilleur d’entre nous »,
qui doit abandonner la présidence de l’UMP après sa
 condamnation, Nicolas Sarkozy devient l’homme
fort de la droite.

Jacques Chirac tente encore de faire barrage.
Nicolas Sarkozy entre dans un bras de fer plus direct
avec le chef de l’État, qui interdit à son ministre de
 rester au gouvernement s’il devient président de l’UMP.
Le choix est cornélien. Nicolas Sarkozy opte pour le parti,
« la machine à gagner », commente son entourage.
Le 28 novembre 2004, il est élu patron de l’UMP, avec
plus de 85 % des voix des adhérents, et quitte le
 gouvernement. « Le jour où Chirac et Juppé ont
laissé Sarkozy prendre le parti, ils ont scellé leur perte »,
 analyse un villepiniste.

Rattrapé par l'actualité des banlieues

L’échec du « oui » au référendum européen, en mai 2005,
est un nouveau « coup de tonnerre » qui fait vaciller
Jacques Chirac, et le contraint au remaniement.
Matignon échappe une nouvelle fois à Nicolas Sarkozy,
nommé à l’intérieur, en dépit de la règle de non-cumul
édictée par le chef de l’État. Le président de l’UMP
revient donc place Beauvau, place forte privilégiée pour
se prémunir des mauvais coups, laisse-t-il entendre.

Un peu moins investi dans ses dossiers, il sera rattrapé
par l’actualité : les émeutes dans les banlieues de
 l’automne 2005, ou la mobilisation des parents d’élèves
sans papiers. À chaque fois, Nicolas Sarkozy parvient à
 retourner les difficultés à son avantage. Mais sa méthode
 d’équilibriste, entre la droite et la gauche, s’essouffle
 et reçoit un coup fatal quand le « premier flic de France »
 emploie les mots « Kärcher » et « racaille » pour parler
des banlieues. Nicolas Sarkozy se coupe alors d’une partie
 de la jeunesse, mais aussi des artistes.

Alain Juppé hors jeu, Dominique de Villepin reprend
 le flambeau de la chiraquie. Lors de ses premiers mois
 à Matignon, il réalise un sans-faute et fait de l’ombre
à son ministre de l’intérieur, qui s’impatiente. Mais
 Dominique de Villepin trébuche sur le CPE et se met
hors-jeu pour 2007. La « chiraquie » est à genoux.
Michèle Alliot-Marie ne parvient pas à rallumer la flamme,
et renonce à se lancer dans la course à la présidentielle.

Sous réserve de la décision de Jacques Chirac, qui n’a
pas encore dit s’il briguerait un troisième mandat, la voie
est libre pour Nicolas Sarkozy, officiellement intronisé
dimanche candidat de l’UMP pour avril 2007. Le voilà
 au bout de sa route. Près du but. « Plus l’échéance
 approche et plus il est serein, commente son conseiller
 politique, Gérard Longuet. Il vit cette fin de course
comme une libération. » Reste l’essentiel, le vote des
 Français, qui parachèvera ou non cette ascension méthodique.

Solenn DE ROYER "

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