Chers amis,
Nos concitoyens boudent la politique. Certains s’en éloignent, d’autres s’en méfient.
Avec vous, à l’occasion de cette présidentielle,
je veux non seulement les réconcilier avec la politique,
mais aussi leur donner envie d’être acteur de leur destin et de celui de la France. J’ai envie de leur faire partager une certaine vision de la politique et une certaine idée de la France.
Faire de la politique, c’est d’abord dépasser le seuil de sa propre personne, dépasser les limites de son propre destin.
C’est placer au cœur de sa démarche ce qui fait la noblesse d’une vie : l’action pour ses idées, le combat pour ses valeurs, le service des autres, le service de son pays.
Ma vision de la politique comme la vôtre, elle est fondée sur la vérité. L’engagement politique c’est d’abord le courage de dire la vérité. La vérité de ce qui est, la vérité du possible, la vérité de ses convictions. C’est renoncer aux facilités et aux flatteries, c’est faire confiance aux Français. C’est s’adresser à leur intelligence et à leur génie propre.
La politique, contrairement à ce que pense Mme Royal, ce n’est pas une flânerie entre sondages et papier glacé.
La politique, c’est exprimer la vérité, ses convictions, montrer le chemin que l’on croit bon pour les Français, pour la France et pour le monde, et se soumettre au verdict du peuple souverain.
La vérité c’est dire ce que l’on veut faire, et le faire vraiment.
Dire quand on va le faire, et le faire sans délai.
Dire comment on va le faire, et s’y tenir.
Le courage de la vérité,
c’est de ne pas avoir honte de ce que l’on a fait.
C’est de ne pas avoir peur de dire ce que les autres ont fait.
Notre capacité à agir, nous l’avons montrée.
Je vous le dis avec assurance : sans ignorer ce qui reste à accomplir,
n’ayons pas peur de mettre en avant notre bilan.
Sous l’autorité du Président de la République,
le gouvernement et les parlementaires de la majorité
ont servi la France avec courage,
avec clairvoyance et souvent avec succès.
Nous n’avons évidemment pas réussi tout ce que nous
avons entrepris, mais ce que nous avons réalisé,
la somme des réformes et des efforts que nous avons
accomplis, est un atout considérable dans
la bataille qui commence.
Revendiquons ce bilan. Je n’aime pas plus
la mortification que la repentance. Refusons
les leçons ou les critiques dispensées par
ceux qui au pouvoir ont plongé la France dans l’échec.
N’ayons pas peur de dénoncer ce que les socialistes ont fait,
d’ouvrir les yeux sur ce qu’ils entendent faire.
Jospin, Aubry, Vaillant, insécurité, chômage, 35 heures.
Souvenons-nous. La mémoire est parfois bonne conseillère.
Les socialistes disent aujourd’hui qu’ils veulent
faire mieux. Mais faire mieux dans la même voie,
c’est faire pire ! Madame Royal a beau maquiller
de blanc les vieilles idéologies d’hier, elles
sont toujours aussi périmées.
En Europe, dans le monde entier, pour lutter
contre la concurrence des pays émergents,
on encourage l’initiative individuelle, on favorise
la liberté d’entreprendre.
Le projet socialiste lui parle encore et toujours d’empêcher
, de re-nationaliser,
d’étatiser, de fiscaliser,
de stigmatiser !
Les 35 heures ont accablé les PME et les PMI ?
Elles ont pénalisé les salariés,
en bloquant les revenus ?
Le projet socialiste, c’est de les généraliser.
Vous vouliez acheter votre logement,
faire un grand voyage,
aider vos enfants ? Pas question
d’heures sup’ pour en payer les traites.
Vous aurez des RTT pour parcourir les
catalogues des maisons que vous ne
pourrez jamais vous acheter ;
pour rêver aux lieux lointains que vous
ne verrez pas ; pour regretter les études
que vous ne pourrez pas payer à vos enfants.
Les impôts sont globalement plus
élevés en France qu’ailleurs ?
Monsieur Hollande commence la campagne
par où finissent toutes les politiques socialistes :
l’impôt !
Il me l’a dit lors d’un récent débat à l
a télévision, le premier secrétaire du parti socialiste
n’aime pas les riches. Cette détestation
le conduit à l’obsession :
il voit des riches partout.
Un prof en fin de carrière ?
Un épicier entreprenant ?
Un médecin généraliste ?
Un patron de PME ?
Des riches.
Taxons les donc !
Avec le PS, c’est le retour des saisons.
Au printemps, l’impôt. A l’été, la taxe.
Alors, Madame Royal prétend
qu’elle ne serait pas totalement d’accord
avec M Hollande et ses conseillers en fiscalité.
Ce n’est plus une candidate et son parti,
c’est Blanche Neige contre les sept percepteurs.
Je suis pour la paix des ménages mais je veux
dans ce débat essentiel, honnêteté et vérité
J’ai bien compris que Madame Royal
veut d’abord et avant tout être élue.
Mais moi, je veux lui poser une question.
Madame la candidate du parti socialiste,
vous participé à l’élaboration du projet
socialiste, vous avez voté le projet socialiste.
Est-ce que pour vous la politique c’est dire
aux Français en janvier le contraire de ce
que vous avez approuvé et voté en novembre ?
La démocratie participative ne serait-elle
qu’une échappatoire à la vérité, un habillage de la duplicité ?
Ce n’est pas ma vision du courage, de la vérité.
Pour moi la politique, c’est le respect des
hommes et des femmes, c’est prendre en
considération chaque citoyen pour
comprendre ses aspirations, pour
accompagner ses besoins, pour le convaincre.
La République est faite de ces hommes
et de ces femmes. La politique doit être faite pour eux.
Cela passe par des choses simples :
la reconnaissance du travail, la promotion
par le mérite. Cela passe aussi par le
soutien à apporter aux plus fragiles.
L’assistance aux plus fragiles est une
exigence morale, mais le soutien n’est
pas l’assistanat. L’assistanat gangrène l
’énergie de notre pays.
Chers amis,
Oui, nous avons une exigence pour la France :
la victoire.
Face à la candidate porteuse du projet
socialiste, notre responsabilité c’est de nous
mobiliser, de mobiliser les Français, pour
éviter le pire. Notre devoir c’est de leur montrer
un chemin digne de la France, d’inventer avec
eux le meilleur pour leur avenir.
J’ai une certaine vision de la politique. J’ai
surtout une certaine idée de la France.
La France est un pays singulier. Les
Français ne sont jamais heureux sans
conscience du destin de leur pays. Il ne
s’agit pas d’une quelconque nostalgie
d’une grandeur passée. Il s’agit de l’ambition
légitime de vivre dans un pays utile au monde,
toujours créateur d’idées neuves.
Je porte en moi cette vision d’une France libre,
ambitieuse, juste, unie, sûre d’elle même et de
ses valeurs, ouverte. Mon idée de la France,
c’est celle d’une société d’équilibre. Un équilibre
entre la liberté et la solidarité. Un équilibre
entre la diversité et l’unité .
La liberté, c’est d’abord la liberté du pays.
L’histoire nous a appris que la liberté des
Français passe par l’indépendance de la
France. Et l’indépendance de la France
exige une défense capable de remplir ses
missions. Pour cela, il faut un budget à la
hauteur des risques du monde.
L’indépendance de la France, elle repose
sur sa capacité à être respectée au plan
international. La position de Jacques Chirac
sur l’Irak nous a fait respecter. La position
constante d’autonomie de notre pays nous fait
respecter.
Le double langage, le flou, l’approximation,
ne sont pas admissibles face aux enjeux, c’est
vrai pour la politique nationale. Ça l’est
encore plus en politique internationale. Car
là, la légèreté devient irresponsabilité.
Depuis cinq ans, je suis à la tête d’un
ministère qui a en charge la défense de
la France et la sécurité des Français. Je
suis bien placée pour savoir que nous
vivons dans un monde de plus en plus
dangereux. En cinq ans, j’ai renforcé ma
conviction que la pire des politiques c’est
de dire aux gens ce qu’ils veulent entendre,
et de changer de discours dès qu’on franchit
une frontière. C’est pourtant ce que fait
Mme Royal.
Sur le Proche Orient, le langage de la
France doit être le même en Israël,
en Palestine et au Liban. Mme Royal, on
ne peut changer radicalement de discours
en passant une frontière, sinon la parole de
la France ne sera pas respectée.
Madame Royal, critiquer à l’étranger les
entreprises françaises, ce n’est pas grandir la France.
Madame Royal, parler des droits de l’Homme,
ce n’est pas mal élevé. C’est une exigence,
même en Chine.
Il faut respecter sa signature sur les
traités internationaux, surtout quand ils
interdisent de vendre des armes nucléaires.
Ce n’est pas une fantaisie, c’est un élément de
la sécurité planétaire.
Les questions essentielles du monde d’aujourd’hui :
la lutte contre le terrorisme, les
flux migratoires, la sécurité des
approvisionnements énergétiques, les
rapports entre puissance, la fracture
Nord-Sud, l’Europe, ne souffrent ni évanescente,
ni faux fuyant, ni béatitude.
Etre libre, c’est encore pouvoir subvenir aux
besoins de sa famille. Etre libre, c’est contribuer
à la solidarité avec le sentiment qu’on le
fait volontairement, sans se sentir soumis à
des prélèvements qui ruinent le fruit du travail.
Celui qui veut travailler doit pouvoir le faire.
Celui qui veut créer son entreprise doit y être
encouragé. Celui qui veut innover doit y être
incité. Celui qui travaille, qui fait des efforts,
doit gagner plus que celui qui attend qu’on
lui apporte tout. Celui qui participe à la
croissance de son entreprise doit en
recevoir les fruits par la répartition des dividendes
du travail.
Mon idée de la France, c’est celle d’un pays
en mouvement, où la liberté avance et fait
avancer. Le monde bouge et évolue. Notre
société bouge et évolue. Il nous faut faire
sauter le carcan des corporatismes et des
égoïsmes, pour libérer et épanouir les
hommes et les femmes de ce pays.
Le sens de toute entreprise, de toute politique,
c’est l’homme qui le donne.
L’Etat ne peut être le but de la politique. Il
ne peut être sa propre finalité. Il est un
moyen, un instrument. L’Etat doit encourager
le mouvement, l’évolution, le dynamisme.
Il joue un rôle d’incitateur. Il facilite. Pour que
les excès ne déséquilibrent pas la société, le
rôle de l’Etat c’est aussi de réguler pour que
personne ne se sente exclu du progrès qu’il a
contribué à réaliser. L’Etat doit enfin veiller sur
les plus fragiles de notre société : les
personnes âgées, les personnes handicapées.
Mon idée de la France, c’est celle d’une Nation
diverse mais unie. Celle composée d’hommes
et de femmes qui ont envie de partager un
destin commun.
Notre pays s’est constitué dans l’histoire
dans la diversité des origines, des activités,
des croyances. Tous unis, les Français ont
affronté les épreuves et remportés les
victoire qui ont fait la France.
Je ne connais pas de Français anciens ou récents,
de Français de la ville ou de la campagne,
des quartiers chics ou des banlieues,
chrétiens, juifs, musulmans ou athées.
Je ne connais que des Français. Je
les vois tous rassemblés dans la République.
La France que nous aimons, c’est le refus
des communautarismes, c’est la fierté d’être Français.
L’égalité des chances, c’est que personne ne
se sente abandonné au bord du chemin.
Ça n’exonère pas de faire des efforts pour
réussir. L’élève qui travaille à l’école, qui se
donne du mal, qui respecte ses profs,
qu’il vienne de banlieue ou d’un quartier favorisé,
quelle que soit son origine ou ses croyances,
doit trouver dans l’école de la République le
creuset de sa réussite et de son épanouissement.
Un jeune qui n’a pas pu ou su saisir cette première
chance qu’est l’école, doit se voir offrir une
deuxième, voire une troisième chance. Ce
qu’il faut, c’est leur apprendre à se comporter
en société. C’est leur apprendre que la
liberté c’est celle que donne la responsabilité.
C’est leur apprendre que le travail paie.
A l’égard des jeunes, je plaide également pour
un discours de vérité. Ils méritent le respect
et la confiance, comme la société mérite
qu’ils la respectent et qu’ils lui fassent confiance.
C’est dans ce respect partagé que se forge
le lien de la communauté nationale.
Chers amis,
C’est ma manière de porter un gaullisme du
renouveau, et l’idée toujours neuve de la
grandeur de la France.
Au cours des dernières semaines, j’ai défendu
ces conceptions. Je l’ai fait au sein du Chêne,
l’association que j’ai créée pour les faire vivre.
Je l’ai fait devant vous, adhérents de l’UMP qui, je
le sais, partagez ces convictions.
Je me réjouis que le Président de notre parti les
ait prises en compte et qu’il ait intégré dans
son projet nombre de mes propositions.
Il y a un temps pour le débat. Il a eu lieu. Il
y a un temps pour la bataille, il commence
aujourd’hui.
Ce temps ne souffre pas d’état d’âmes ni
d’atermoiements. C’est pourquoi, face aux
risques que fait courir la gauche au pays,
et aux périls de la montée des extrémismes,
assurée de l’indispensable cohésion des
idées en notre sein, j’ai décidé de m’engager
résolument aux côtés de Nicolas Sarkozy
pour faire triompher nos idées et nos valeurs.
Pour gagner, notre candidat a besoin d’une
équipe qui le renforce et le conforte. Il a
besoin de concours libre et c’est en femme
libre que je m’engage à ses côtés.
Je le soutiens pleinement, au nom de mes
idées et de mes convictions. J’appelle tous
ceux qui m’honorent de leur confiance, ceux qui
dans le pays m’ont fait part de leur soutien, à
me rejoindre, à nous rejoindre, dans le combat
que nous allons mener ensemble.
Ils peuvent compter sur moi. Mes amis,
vous pouvez compter sur moi. Nicolas Sarkozy
peut compter sur moi.
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