28.01.2007

la mort d'un juste

Encore un excellent article de Jacques ATTALI sur le départ de l'ABBE PIERRE.

Un cri de colère devant l'hypocrisie et les larmes de crocodiles de tous les politiques de droite mais aussi de gauche qui n'ont rien fait mais surtout rien voulu faire.

 

La mort d'un juste, l'abbé Pierre, qui va être l'objet de
 tant d'hommages justifiés, me rappelle une colère
 qui me vient chaque fois qu'on célèbre un
 grand personnage disparu: pourquoi avoir
 attendu qu'il soit mort pour le célébrer?
Pourquoi ne rend-on pas hommage de leur
 vivant, avec autant de ferveur, à tant
de grands personnages qui sont
 à la fin de leur hiver?

L'abbé Pierre attendait, espérait, même,
la mort depuis longtemps, comme une
 délivrance.
 Eternel résistant contre les
 formes diverses de l'indignité, il avait une foi
 inébranlable en l'homme.
Un jour, à Rouen,
dans la petite cellule qui lui servait de logement,
 il m' a confié sa colère devant les vanités
des pouvoirs, même ceux de son Eglise, et
 sa foi dans la bonté de l'homme. Il avait fait
du dénuement un scandale, quand il touchait
 les autres, en même temps qu'une posture
politique, quand il était choisi. Au moment
où la crise du logement est redevenue
 un enjeu majeur des élections à venir,
 l'abbé Pierre lance un dernier message,
 que beaucoup vont regretter de ne pas
 avoir entendu plus tôt.

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