06.02.2007

présidentielles 2007 les coups bas continuent

 

6 février 2007 -

Je veux tirer les conclusions politiques de l’émission de TF1 avec Nicolas Sarkozy ce lundi 5 février.
Confirmer ce que l’on savait déjà, de ce que serait  la posture de Nicolas Sarkozy dans cette campagne.

Cette posture a un nom celle de la mystification. Nicolas Sarkozy veut échapper à son bilan et il veut maquiller son projet.
Echapper à son bilan, car il est le candidat de la majorité sortante. Maquiller son projet car il est le candidat de la droite dure.


Nicolas Sarkozy ne peut pas gagner sur son bilan depuis 2002, pas davantage sur son projet. Il est donc obligé d’éviter l’un et de dissimuler l’autre.


Sur le bilan, et l’émission était éclairante,

 Nicolas Sarkozy a fait un constat terrible.

 La précarité n’aurait cessé d’augmenter, le chômage des jeunes augmenter, les préretraites coûteraient une fortune. Mais qui était ministre depuis 2002 ? sinon M. Fillon aujourd’hui conseiller de Nicolas Sarkozy.


Il ajoutait le système éducatif serait en faillite, mais qui donc  a été ministre de l’Education ? notamment M. Fillon. L’endettement public aurait atteint un  niveau record. Mais qui a été ministre dans une période depuis 2002 ? Nicolas Sarkozy l’a été. Les retraites seraient dégradées, mais qui a fait la réforme ? sinon M. Raffarin, approuvée par l’ensemble de l’UMP. Le logement interdirait,, nous dit Nicolas Sarkozy, aux classes moyennes d’accéder à la propriété. Mais qui donc est ministre du logement depuis 2002 ? sinon M. Borloo, soutien de Nicolas Sarkozy. Et la sécurité serait à ce point dégradée qu’aux Mureaux des personnes pourraient être menacées à travers l’incendie, encore, d’un bus. Mais qui est ministre de l’intérieur ? sinon Nicolas Sarkozy.  Il fait le constat de son propre échec sans vouloir en porter la responsabilité. Mais son projet n’est rien d’autre que la poursuite de la politique gouvernementale actuelle, c’est-à-dire pour les cinq à venir.


Ses propositions : baisse d’impôts des plus favorisés, c’est ce qui a été fait depuis 2002. Bouclier fiscal, il a été introduit dès cette année. Mise en cause de l’ISF, mais ce qui a été engagé depuis 2002.


2è proposition : Exonération des cotisations sociales pour les heures supplémentaires, mais les baisses de cotisations représentent déjà 25 milliard d’euros pour le budget de l’Etat et ce sont alourdies depuis 2002. La première mesure de Raffarin avait été une exonération supplémentaire.


3è mesure, l’allègement de la législation du travail, mais cela a été engagé. Et encore le CPE et le CNE qu’il faudrait généraliser. La modification de la législation du travail, mais deux lois sont déjà intervenues. La mise en cause de l’âge légal de la retraite, cela  a déjà été initié dans la réforme Fillon.


La 4è proposition, c’est la protection sociale qui devrait être rééquilibrée, par une franchise sur chaque famille. Mais c’est déjà engagé avec 1 euro, voir 2 demain, l’augmentation du forfait hospitalier, bref rien de neuf que l’on ne connaisse déjà, mais en pire.
Enfin c’est le retrait de l’Etat avec l’annonce qu’un fonctionnaire sur deux partant en retraite ne sera pas remplacé. Mais c’est déjà pratiqué depuis 2002 avec environ 40 000 fonctionnaires non remplacés. Mais l’échelle changerait avec 250 000 qui ne le seraient pas.

Le choix est donc très clair pour cette élection.


Si l’on est satisfait du travail de la majorité sortante,  il y  a un candidat pour cela c’est Nicolas Sarkozy.


Si l’on pense qu’il faut le changement, alors il n’y a qu’une candidate pour représenter le changement dans notre pays, c’est Ségolène Royal.On a le droit d’être satisfait de ce qui s’est passé depuis 2002. Il y en a sans doute qui pensent que l’allègement des impôts c’était bien, que le démantèlement des retraites c’était parfait, que la mise en cause de l’assurance maladie c’était excellent. D’autres pensent qu’il faut continuer à organiser la baisse des cotisations sur les heures supplémentaires, ou que la durée légale du travail à 35h a vécu, ou que l’âge de la retraite à 60 ans, c’est de l’histoire.


Pour ceux-là le candidat c’est Nicolas Sarkozy.

 

Quand on nous dit comme une rengaine qu’il faudrait travailler plus, consommer plus, s’endetter plus, quand tant de Français dans notre pays ne peuvent plus travailler, parce que frappé par une délocalisation, un plan social ou un licenciement, quand tant dans notre pays ne peuvent plus consommer, faute de pouvoir d’achat, quand tant dans notre pays ne peuvent plus se loger, ou ne peuvent plus s’endetter même sur toute une vie, alors que Nicolas Sarkozy  propose de s’endetter non plus sur 20, ni 30, mais 40 ans.  Il l’a dit lui-même il faut désendetter l’Etat et endetter les Français.
Non, l’objectif de la politique est de désendetter l’Etat et les Français pour offrir une confiance dans l’avenir.

La politique de Nicolas Sarkozy est dangereuse dans sa méthode de ne pas assumer sa responsabilité de son bilan et du bilan du gouvernement.
Une méthode qui dissimule la réalité de son projet, celui d’une droite dure. Sa politique est dangereuse dans son contenu, car ce n’est rien d’autre qu’une banalisation de la France, une normalisation, un abaissement de ses droits et de ses garanties.
Enfin elle est dangereuse dans ses conséquences car il a annoncé deux mesures qu’il prendrait dès son élection.
- La mise en cause du droit de grève dans les services publics, à travers une loi sur le service minimum.
- La mise en cause immédiate des régimes spéciaux.
Je vous l’annonce, s’il prenait ces deux dispositions brutalement, je prédis  un mouvement social de grande envergure. Est-ce cela que le pays a besoin de cela ?

Le pays a besoin de réformes courageuses, sur les retraites, la fiscalité, les services publics, l’entreprise, sur la démocratie sociale, mais il n’a pas besoin d’un conflit généralisé. Pas besoin d’une brutalité organisée, ou l’affrontement entre les uns et les autres.

Nous proposerons avec Ségolène Royal, une société de l’harmonie, de la discussion, de la négociation et du compromis.
Ouvrir la négociation, notamment sur les retraites, sur la protection sociale ou le droit du travail, ce n’est pas prendre le risque de l’enlisement, c’est faire le choix d’une réforme réussie.

Il y a donc deux politiques : la continuité c’est Nicolas Sarkozy. Le changement c’est Ségolène Royal.

Notre politique c’est la réussite pour chacun permettant la réussite de tous. C’est le projet de la gauche.

Enfin deux méthodes : une méthode fondée sur la négociation, le dialogue, le compromis et l’harmonie. Une autre méthode l’autorité brutale, la radicalité qui aboutit à faire que la politique de la France se fait également dans la rue.

Commentaires

Avis aux amateurs. Ceci est un appel au débat. Sincères salutations
Lellouche ou l'atlantisme assumé
 
Depuis quelques temps le candidat Sarkozy essaye de se refaire une virginité gaulliste. Tout avait pourtant mal commencé. On le disait candidat des Etats Unis, partisan d'une coopération étroite dans le cadre de l'Otan et prônant une rupture économique, sociale et politique s'inspirant des mesures néolibérales de Reagan et Thatcher. Au point de soulever de vives inquiétudes au sein même de l'armée française : « Sarkozy est atlantiste. Par conviction, mais aussi pour faire des économies, il pourrait être tenté d'aligner la politique française sur celle de la plupart des pays européens, c'est à dire de s'en remettre à l'alliance avec les Etats Unis ». Or de rupture il n'est plus question. Et en matière de défense, il se défend de vouloir privilégier l'OTAN au dépend de la PESD (Politique Européenne de Sécurité et de Défense). Nicolas Sarkozy juge que le renforcement de cette dernière doit « rester une priorité » au moment où l'Europe et sa sécurité « ne sont pas forcément au centre des préoccupations stratégiques américaines ». Cette pointe d'américanoscepticisme est elle révélatrice d'une prise de conscience sincère de l'indépendance nécessaire à la survie de l'Europe ou bien juste une posture « diplomatique » destinée à rassurer les Français, qui, on le sait, sont pour le moins méfiants à l'égard de notre « allié »?

Pour tenter de répondre à cette question, il est intéressant de s'attarder sur l'un des plus proches conseillers de Nicolas Sarkozy : Pierre Lellouche. Ce dernier, si le candidat à l'UMP l'emportait, serait naturellement amené à occuper une place de haut rang dans le gouvernement, aux Affaires Etrangères ou à la Défense.

Né le 3 mai 1951 à Tunis, Pierre Lellouche est diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Paris et docteur en droit de l’université d’Harvard. De 1974 à 1978, il travaille aux côtés de Raymond Aron au Groupe d’études et de recherches des problèmes internationaux (GERPI). En 1979, Pierre Lellouche est chercheur, puis directeur adjoint, de l’Institut français des relations internationales (IFRI) et rédacteur en chef de la revue de l’Institut, Politique étrangère. Il enseigne à l’ENA, à l’IHEDN et dans diverses écoles de guerre. Il collabore à de nombreuses publications, Newsweek, The International Herald Tribune, Le Figaro etc. En 1989, il devient conseiller diplomatique du maire de Paris, Jacques Chirac. En 1992, il entre au comité éditorial de Survival, la revue de l’International Institute of Strategic Studies de Londres. Élu député, en 1993, il devient le spécialiste des questions de défense au RPR. Représentant de l’Assemblée nationale à l’Assemblée parlementaire de l’OSCE, il est élu vice-président de cette organisation. En 1994, il est coopté à la Commission trilatérale. Lorsque Jacques Chirac est élu président de la République, il devient l’un de ses conseillers diplomatiques. En 2004. Pierre Lellouche est élu à la vice présidence de l'Assemblée parlementaire de l'ONU, tâche qu'il assumera jusqu'en 2006. Administrateur de l’Atlantic Partnership, il y siège aux côtés de Michael Howard, président émérite de l’International Institute of Strategic Affairs de Londres - dont Lellouche est par ailleurs membre - et qui a publié, en 2002, le rapport accusant l’Irak de détenir des armes de destruction massive sur lequel le département d’État s’est appuyé pour justifier de la guerre. À l’Atlantic Partnership, il siège aussi aux côtés d’Henry Kissinger et d’Henry Hyde, le président de la Commission des relations internationales de la Chambre des représentants qui vient de faire augmenter les budgets officiels de propagande du département d’État.
Son parcours est à plus d'un titre digne du plus grand intérêt. Il est révélateur tout d'abord de ses brillantes aptitudes. Et surtout il ne laisse aucun doute sur ses orientations politiques. Il n'a d'ailleurs aucun mal à les assumer. Il était l'un des rares politiques français à défendre la guerre en Irak, au côté de personnalités telles que Romain Goupil, André Glucksmann ou Pascal Bruckner. Il est  amusant de remarquer que Sarkozy a donné à ces deux derniers une interview dans la Revue des Deux Mondes, en octobre 2006. Le candidat ministre y critiquait l'attitude de la France « arrogante et pas assez présente » sur la scène internationale. Il y fustigeait également l'attitude complaisante de Jacques Chirac à l'égard de la Russie et de la Chine : « On semble parfois prêt à échanger des principes contre la realpolitik », « Je ne peux pas accepter qu'au prétexte d'avoir de bons rapports avec la Chine ou avec la Russie, on s'abstienne de dire ce que l'on pense à propos de référence universelles qui ont fait la place de notre pays à travers le monde ». Et de conclure « La France doit porter des valeurs universelles, et la seule façon de les porter, c’est de les faire vivre ».
Cette animosité à l'égard de ces deux puissances n'est pas anodine. Ce sont les deux plus grandes menaces pour l'hégémonie américaine. Et rien ne fait plus peur aux Etats Unis que la possibilité d'une alliance de l'Europe avec elles. Lellouche ne porte pas non plus les Russes dans son coeur « Cet après-midi, je me suis rendu à la Galerie W, 44, rue Lepic (Paris 18e) à l’invitation de mon ami André Glucksmann. Etudes sans frontières dont je suis l’un des parrains avait organisé une exposition de peintures et de photos « Liberté culturelle de Grosny à Moscou » sur la tragédie qui se déroule en Tchétchénie dans l’indifférence générale. Je rencontre à cette occasion plusieurs jeunes étudiants tchétchènes réfugiés à Paris depuis un ou deux ans. Ils me décrivent la situation terrible dans leur pays. André Glucksmann me précise que plusieurs de leurs amis sont morts ou ont « disparus » sans laisser de traces. » Que l'ex armée soviétique n'y aille pas avec le dos de la cuillère c'est un fait. Mais jusqu'à preuve du contraire la Tchétchénie fait partie de la Fédération de Russie et l'Irak n'est pas encore le 51è état américain. Ce qui est juste en Irak, pays indépendant, deviendrait injuste en Tchétchénie, province russe. Les islamistes tchétchènes seraient ils plus humanistes que leurs confrères irakiens? On ne peut pas douter de la capacité de jugement de Pierre Lellouche. Reste donc une consciente intention politique : affaiblir la Russie et préserver les intérêts américains.
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Écrit par : kersten | 06.02.2007

bonjour,excellent article un peu décalé avec le sujet de l'article du blog.
ce sujet sera sans doute abordé au cours de la campagne, mais les questions de défense, les questions de relations internationales ne représentent dans le sondage de l'IFOP que moins de 1% de l'intérpet des électeurs Français.
nous pouvons le déplorer, mais comme disait MARX, on ne réfléchit que le ventre plein.
Ce sont donc des préoccupations d'intellectuels bien nourris ou disposant du nécessaire pour ne pas courrir après leur subsistance quotidienne.
En ce qui concerne LELLOUCH, sa formation est excellente, mais cela ne lui donne aucun droit ni aucune capacités supérieures à d'autres. il s'est souvent trompé, et comme disait un grand poète (PREVERT) il ne faut pas preter des allumettes au monde intellectuel car il ment monumentalement.

Écrit par : gilles | 06.02.2007

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