17.03.2007
POURQUOI les éléphants jubilent à vouloir écraser la petite souris.
lu sur marianne
Libérez Ségolène !
Par Nicolas Domenach,
directeur adjoint de la
rédaction de Marianne.
Dans la dernière ligne droite, Ségolène Royal a
annoncé sa volonté de « reprendre sa liberté ».
Sans doute pour mieux illustrer sa détermination,
elle arborait, sur France 2, une nouvelle coiffure
moins permanentée, signe indubitable de
sa volonté d'émancipation !
Pourtant, cela fait moins de quinze jours qu'elle a
Pourtant, cela fait moins de quinze jours qu'elle a
elle-même rappelé les éléphants. Alors, la
candidate socialiste patauge-t-elle en pleine
contradiction, ou a-t-elle pris conscience enfin
de ce que l'élection présidentielle n'est pas
un scrutin législatif où la force partisane se
révèle déterminante ?
Dans une compétition élyséenne compte d'abord
le lien direct, qui se noue ou pas,
entre le peuple et le candidat. La gauche
a toujours eu du mal avec cette conception
monarchique des institutions.
Seul Mitterrand est parvenu à s'y glisser avec
bonheur ; il est vrai qu'il venait de la droite et
que son caractère autocrate l'y poussait.
Ségolène Royal, elle aussi, ne manque pas
Ségolène Royal, elle aussi, ne manque pas
de caractère. Si elle a dû se réfréner ces
dernières semaines, et même céder à ces
apparatchiks, dont son compagnon, qui voulaient
toujours plus l'entourer et la cadrer, deux
événements l'ont poussée à vouloir se dégager
de leur haute pression pour respirer et s'imposer
davantage.
D'abord il y a eu le succès de la
campagne de François Bayrou qui, lui,
a la chance de ne pas être encombré de
pachydermes, et donne le sentiment dans
tous ses déplacements de prendre son
temps pour approfondir un dialogue
singulier avec les Français.
Bayrou est dans un corps à cœur avec le peuple
Bayrou est dans un corps à cœur avec le peuple
qu'elle avait donné l'impression de rechercher dans
sa séquence de démocratie participative.
Mais le soutien encombrant du P.S. est venu parasiter
cette relation. En particulier les interventions
intempestives de son compagnon et premier secrétaire,
François Hollande. Ses déclarations répétées
sur les riches, non seulement ont effarouché les
couches moyennes, persuadées que le PS allait
les tondre, mais surtout donné l'impression que
c'est le parti qui cadrait et dirigeait la candidate.
Ce trouble apparaît dans toutes les enquêtes qualitatives,
où les personnes interrogées se demandent qui
est le patron, et donc qui sera le Président :
Ségolène Royal ou François Hollande
que, dans l'entourage même de la candidate,
on n'appelle plus que « le Surgé ».
Il faut donc que Ségolène Royal se libère de lui
Il faut donc que Ségolène Royal se libère de lui
aussi, de lui en premier. Les Français d'abord,
et ensuite François! Il faut qu'elle fasse comprendre
aux Français que c'est elle qui commande.
Elle a commencé hier en déclarant, au risque
de braquer le parti, que sa victoire ne serait pas
celle du PS, qu'il n'y aurait pas de revanche
de la gauche contre la droite.
C'est déjà ça.
Il va falloir qu'elle se libère encore davantage la
Il va falloir qu'elle se libère encore davantage la
tête de ces exigences que lui tambourinent
sans cesse les apparatchiks.
Ceux-ci lui rappellent en effet en permanence les
impératifs du parti et de la gauche, alors qu'elle
veut penser plus large, qu'elle entend parler à la France.
De toute façon, ces mêmes apparatchiks sont
beaucoup plus préoccupés par leurs intérêts personnels
et par le prochain congrès que par le succès d'une
candidate à laquelle ils ne croient guère. Socialistes
orthodoxes et sociaux-démocrates ont d'ailleurs
commencé à se déchirer publiquement sur l'ouverture au
centre, sans se soucier un instant de ses intérêts.
Elle est donc condamnée à défendre toute seule
sa cause, à reprendre en main sa campagne et
son agenda. « Il faut, disent ses proches, qu'elle
retrouve le temps de flâner, de toucher,
de parler, qu'elle ne se laisse plus balader ni
cadenasser par des impératifs extérieurs ».
Ségolène Royal serait performante, en effet,
Ségolène Royal serait performante, en effet,
quand elle est elle-même, quand elle suit ses intuitions
. Le problème, c'est qu'elle est devenue une
Marianne de timbre-poste que le PS a collé
sur ses enveloppes. Et comme c'est sa première
candidature, elle s'est faite promener, a voulu
en faire toujours plus, alors qu'il faut faire toujours mieux
. Désormais, elle va cornaquer ces éléphants qui
jubilent trop à écraser ainsi la petite souris.
Ce qui remettrait les choses dans un
ordre plus juste. Enfin…
Vendredi 16 Mars
22:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, politique critique, présidentielles 2007, ps, ump, fn




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