18.03.2007

AIR BUS et EADS

Jacques  ATTALI  aborde  comme  souventles  problèmes  non  pas 

de manière  partisane  mais  avec  beaucoup  de  prudence 

et surtout  de bon  sens.

 Ce texte  sans être  une  critique  de ségolène  ROYAL  marque  la 

 distance entre  l'engagement  à court  terme  et l'intérêt  du peuple 

 qui  s'inscrit  dans le  long terme, la reflexion  et  surtout  lebon  sens.

lu  sur  leblog  de jacques  ATTALI

"EADS, concours de bêtises

On a rarement dit plus de bêtises que depuis quelques jours à propos d’EADS. La situation est pourtant simple : la plus grande entreprise européenne n’est pas une entreprise, mais deux, sinon  quatre. Son patron n’est pas une personne, mais deux, sinon quatre. Son ambition n’est pas de servir   des actionnaires ou des consommateurs, mais d’équilibrer les dépenses et les emplois entre deux pays, sinon quatre. 

C’est par le génie de quelques ingénieurs malheureusement restés  anonymes (ceux qui ont pensé les familles d’avions d’Airbus), d'innombrables salariés et sous traitants  et d’un entrepreneur de haute stature  (Jean-Luc Lagardère) qu’Airbus puis  EADS ont réussi, malgré tant de  handicaps, à devenir un des premiers acteurs industriels  du monde. 

 

 

Et voilà que ces malheurs passagers (accélérés  autant par la chute du dollar que par le départ injustifié de son président, Philippe Camus) entrainent les hommes  politiques dans une concurrence de propositions absurdes. On réclame que l’Etat prenne les choses en mains, (mais quel Etat ? ), que les actionnaires s’en occupent seuls ( mais quels actionnaires ? ), qu’on refuse les licenciements( mais qui financera les pertes ? ) et même, stupidité suprême , également partagée entre la France et l'Allemagne, on réclame que les régions entrent au capital (au lieu de voir quatre Etats se battre pour conserver  leurs privilèges,  on verra 20 régions s’accrocher chacune  à leurs implantations et à  leurs emplois ,   la belle affaire ! ). 

 

 

Sur ce sujet comme sur tant d’autres, il n’y a pas d’autres solutions qu’européenne. Il faudrait qu’EADS devienne une entreprise de droit européen (mais ce statut n’existe pas, ou plutot n'est presque  pas appliqué, malgré la directive de 2001 qui le rend possible ) et qu’un commissaire européen à l’industrie prenne en main la coordination des  soutiens qu’elle mérite (mais ce commissaire n’existe pas, sinon sous le nom de commissaire aux Transports, sans aucun pouvoir ). 

 

De tout cela, naturellement, les candidats ne parlent pas. 

 

Et pourtant, une solution est possible:

 

Faire de EADS une entreprise de droit européen,

avec un seul président,

 une seule chaine de commandement,

un seul conseil d'administration.

Et avec , à Bruxelles, un commissaire disposant des moyens de défendre sa compétitivité

. En attendant, pour éviter que les salariés paient une fois de plus les erreurs

des capitalistes, il faut consacrer les sommes que les régions voudraient investir dans EADS à   préparer ceux des salariés  qui auront à quitter EADS et ses sous traitants à d'autres métiers, au moins aussi valorisants."

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