18.03.2007
L'EXIGENCE DE VERITE PRESIDENTIELLES 2007
"Ségolène a "repris sa liberté". Apparemment elle
se sentait "coincée" depuis le retour auprès d’elle
des éléphants, ses anciens concurrents de la primaire,
Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn.
C’est en tout cas ce qu’elle a confié jeudi soir
à Arlette Chabot sur France 2 dans l’émission
"A vous de juger".
Dimanche dernier pourtant, sur Canal+, elle leur
adressait le reproche exactement inverse,
regrettant qu’ils n’aient pas "suffisamment fait bloc
autour" d'elle à l’issue de la primaire.
En fait, dès l’origine, Ségolène a voulu elle-même
excommunier ses anciens rivaux, afin d’être libre
de prendre les positions qui lui plaisaient, hors des
"dogmes" du parti. Cette stratégie iconoclaste
intelligente lui valait d’ailleurs une bonne part
de sa popularité et son positionnement
"au dessus" du parti.
C’est la raison pour laquelle, après son éclatante
victoire aux primaires, elle a choisi de diriger
sa campagne depuis son QG personnel,
boulevard Saint-Germain et non pas depuis
celui du PS, rue de Solférino. Les ténors
s’étonnant d’ailleurs de se voir parfois refuser
l’accès à cette citadelle interdite, au profit des
proches de la présidente du Poitou-Charente.
Mais, après l’euphorie de la victoire, il y eut le "trou d’air"
qui précéda les compte-rendus de ses fameux comités
participatifs présentés début février. Ayant voulu être
seule pour être libre,
Ségolène a senti peut-être qu’elle avait pêché par excès
de confiance. D’où son recentrage à gauche lors
du discours de Villepinte du 11 février dernier,
qui lui permit de réaliser cette magnifique photo de
famille avec Fabius, DSK, Chevènement, Hollande,
Rocard, Mauroy, Taubira, Guigou…
D’où également la redistribution des rôles au sein de
sa campagne à ses ennemis d’hier DSK et Fabius à la
fin février, la fameuse réintégration "des éléphants".
Mais voilà, en voulant refaire l’unité du parti autour
d’elle, elle a perdu sa spécificité, sa personnalité.
Oubliés la flex-sécurité, l’encadrement militaire des jeunes
délinquants récidivistes, la remise en cause de la
carte scolaire… Autant de sujets porteurs sur lesquels
elle avait une position originale et populaire auprès des Français.
D’où sa perte de vitesse par rapport à Bayrou
qui s’est positionné systématiquement en contre,
notamment vis à vis de la surenchère budgétaire
des deux candidats Sarkozy et Royal.
Alors aujourd’hui, nouveau changement de cap :
elle reprend sa liberté. Est-ce à dire qu’elle va
arborer ses positions iconoclastes d’hier ou va-t-elle
seulement surfer sur l’ambiguïté de ses propositions
afin de ne déplaire à personne ?
En espérant que son capital sympathie et son
charisme personnel suffiront à emporter le morceau ?
Les semaines à venir nous donneront la réponse
à cette question, mais une chose me semble certaine :
Ségolène n’arrivera sans doute pas à passer le premier tour
si elle ne fait pas de choix,
si elle ne précise pas plus ses positions et son camp.
D’autant que certains au sein de son propre parti,
commencent à déserter le navire. "
Cyrille Frank
11:43 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, poilitque critique, présidentielles 2007




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