18.03.2007
Les deux FRANCESdans la présidentielle 2007
lu sur leblog de jacques ATTALI
les deux frances:
celle qui souffre et
celle qui gagne ou qui croit en l'avenir.
Les deux France
Les candidats se sont tous faits prendre la main dans le sac : leurs programmes se résument à des dépenses sans recettes. Aucun d’entre eux ne sait même plus répondre à cette question simple : comment espérez-vous tenir la moindre de vos promesses sans aggraver la dette du pays ?
Les électeurs ne jugent donc plus les candidats sur leurs propositions, devenues inaudibles, mais sur l’idée qu’ils se font de la capacité des prétendants à diriger le pays, à incarner avec autorité son avenir.
Deux France s’opposent alors : celle qui gagne, et qui veut avancer ; et celle qui souffre et qui veut être consolée.
Les électeurs ne jugent donc plus les candidats sur leurs propositions, devenues inaudibles, mais sur l’idée qu’ils se font de la capacité des prétendants à diriger le pays, à incarner avec autorité son avenir.
Deux France s’opposent alors : celle qui gagne, et qui veut avancer ; et celle qui souffre et qui veut être consolée.
Si la France qui souffre l’emportait, le prochain président pourra espérer se fonder sur une plus grande justice sociale pour affronter les défis de demain.
Si c’est l’autre France qui gagnait, il pourrait préparer l’avenir par une libération des initiatives individuelles.
Dans les dernières années, le pays avait peur, à juste titre, de souffrir d’un déclin ; et les électeurs ont tenté de l’en protéger par tous leurs votes, tant aux élections présidentielles qu’au référendum sur le traité constitutionnel européen.
Depuis lors, l’action du gouvernement (ou plutôt son inaction), comme les propositions de l’opposition, se calquèrent sur ces préoccupations frileuses.
Peu de gens ont remarqué que, depuis un an, ses tendances ont commencé à s’inverser : le pays semble s’intéresser un peu plus à son avenir. Cela se manifeste dans le sursaut démographique, le dynamisme des régions, le désir de travailler plus, les investissements des entreprises et des ménages.
Et surtout dans le sentiment, encore très diffus, qu’il ne faut plus attendre de miracles d’un Etat endetté, qu’il ne faut plus espérer en une protection sociale contre tous les dangers, qu’il ne faut rien attendre sinon que de soi.
Ségolène Royal, l’avait très bien compris, qui incarna d’abord mieux que personne « un désir d’avenir » ; jusqu’à ce que, désignée, elle choisisse de s’intéresser prioritairement à ceux qui souffrent. Les Français, eux, continuèrent, majoritairement, selon les sondages en tout cas, de se préoccuper de leur avenir ; ils s’intéressèrent à Nicolas Sarkozy, qui était jusque là vu comme le candidat du passé.
Désormais, les choses sont claires : le gagnant sera celui saura le mieux donner aux Français confiance dans leur avenir, plutôt que de se lamenter sur leurs souffrances.
j@attali.com
17:56 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, politique critique, présidentielles 2007, ps, ump, udf, pcf




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