21.03.2007
BAYROU PRESIDENT
lu sur marianne.com
le retour du centre gauche, les radicaux reviennent.
"Pourquoi Bayrou peut changer la donne...
Par Victor Muller, chef d'entreprise, Villejuif (Val-de-Marne).
Avec Bayrou au second tour, nous pourrions assister à une révolution tranquille. Une recomposition de la gauche française sera, je l'espère, au rendez-vous. Avec un pôle de transformation sociale qui réunirait l'électorat antilibéral, communiste, vert, socialiste et qui retrouverait un fort ancrage populaire et un pôle social-démocrate qui regrouperait l'électorat socialiste, radical, centriste et écologiste et qui rassemblerait les suffrages des classes moyennes progressistes. Ces deux pôles pourraient se compter à l'échelle du pays, retrouver ainsi une légitimité politique basée sur le vote réel des Français...
Non, le 22 avril 2007 ne ressemblera en rien au 21 avril 2002. Certes, il consacrera une nouvelle défaite du candidat du Parti Socialiste au 1er tour d'une élection présidentielle. Mais cette fois, il mettra en position éligible une personnalité qui ne fait pas peur aux français. Car François Bayrou, contrairement à Jean-Marie Le Pen, est un animal politique qui n'inquiète pas.
C'est même un modéré qui rassure. Et qui a prouvé qu'il savait tenir la barre même dans la tempête. Dès 1995, François Mitterrand avait décelé en lui – et peut-être encouragé - ses qualités d'homme d'Etat et sa stature de futur présidentiable. Je ne suis pas certain qu'il eut dit la même chose de Nicolas Sarkozy ou de Ségolène Royal.
Mais là n'est pas mon propos. Dans le cas de figure que je pressens, l'analyse la plus intéressante, à mes yeux, sera politique. François Bayrou au second tour contre Nicolas Sarkozy, le Parti socialiste devra en quelques jours tirer définitivement un trait sur la pitoyable gestion des années Hollande. Et la probabilité de se situer dans un tel schéma est forte aujourd'hui.
Au lendemain de la défaite, les socialistes ne devront pas à nouveau se laisser piéger par de faux débats, de faux constats, de faux combats et recommencer avec les mêmes têtes à la direction du parti.
Le cataclysme politique de 2002 semblait déjà annoncer cette profonde remise en question. Mais l'introspection critique n'était pas encore à l'ordre du jour. Une version édulcorée des faits a vu le jour dès le 22 avril : l'incident de parcours. Lionel Jospin avait fait une mauvaise campagne.
Et un bouc-émissaire officiel était désigné seul responsable de l'humiliation : la désunion de la gauche ! Si un militant socialiste s'essayait en section à parler du vrai débat que toute la gauche attendait ? La réponse des élus fusait : « Quel débat ? » Et souvent de poursuivre : « Tu veux t'allier avec l'extrême-gauche ? ». Le mal était et reste profond. Et le diagnostic d'autisme assez répandu dans une grande partie de l'appareil.
Oui, un débat s'imposait en 2002. Il consistait à trancher démocratiquement et sereinement entre deux options politiques claires.
Oui, un débat s'imposait en 2002. Il consistait à trancher démocratiquement et sereinement entre deux options politiques claires.
Construire une gauche antilibérale qui avait vocation à gouverner autour d'une plateforme d'union avec tous les partenaires de la gauche.
Ou refonder une majorité sur un projet social-démocrate qui inscrivait ouvertement des réformes libérales dans son programme avec des partenaires démocrates centristes.
Un tel débat aurait honoré le Parti Socialiste.
Et s'il avait été mené depuis 2002, la situation du PS serait très
différente aujourd'hui.
Nous n'aurions pas organisé au pas de course des simulacres de débats participatifs qui n'évoquaient même pas le choix fondamental tant attendu par l'ensemble de la gauche française depuis cinq ans.
Ce que les Français ne veulent plus,
c'est d'une soupe politique socialiste qui prône
deux mois avant les élections un savant dosage
entre deux options politiques peu compatibles
et l'assurance pour les électeurs de n'avoir
qu'une des deux options mise en œuvre :
la sociale-démocratie. Sans l'avoir choisie.
Les électeurs ne sont plus dupes.
En pratiquant ainsi, tout le monde est floué. Pour compléter
En pratiquant ainsi, tout le monde est floué. Pour compléter
ce constat affligeant, comment ne pas se souvenir
du référendum européen.
Pour mémoire, le grand débat des socialistes
post 21 avril 2002 organisé dans le cadre du
congrès de Dijon avait occulté quelques sujets
d'actualité aussi brûlants que l'Europe -
son projet, son élargissement (15 Etats membres
seulement en 2002), son projet de traité
constitutionnel - ou que l'avenir des retraites.
Le décor démocratique est alors planté pour
tout le monde. En toile de fond de ce congrès,
la nécessité d'afficher une unité et de ne pas
aborder de sujets qualifiés de trop complexes
qui pourraient diviser. Un premier résultat immédiat
à la fin 2002 : le PS sera totalement absent des
mouvements sociaux contre la réforme des retraites.
Un second exemple en 2004 (25 Etats membres) :
la direction du PS décide soudain un vote interne
sur le traité constitutionnel européen. Le dessous
des cartes est passionnant. Après le rejet massif
de la droite aux élections régionales de 2004 et le
succès mathématique du PS qui en découlera,
François Hollande se sent pousser des ailes de
chef et de présidentiable et veut renfoncer son
autorité interne en marginalisant son numéro deux
et candidat virtuel du parti, Laurent Fabius.
L'accord conclu entre les deux hommes au
lendemain de la défaite de 2002 est rompu.
François Hollande gagne la bataille interne au
Parti. Et les Français votent majoritairement non
au référendum en 2005. Pour François Hollande
et un certain nombre de ses soutiens, l'analyse
est simple : c'est la faute à Laurent Fabius qui
n'a pas respecté le choix des militants.
La boucle est bouclée : François Hollande a
écarté Laurent Fabius de la direction du Parti.
Il semble tenir l'appareil. Mais à quel prix politique ?
En réalité, seul le débat pour les présidentielles
entre Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius
aurait encore pu sauver le PS. Il avait le mérite
de porter deux options politiques claires et de
proposer un vrai choix à la gauche française.
Ce débat gênait à la fois François Hollande et
Lionel Jospin qui, dans une compétition de l'ombre,
rongeaient leurs freins en attendant plus ou
moins secrètement le moment propice où ils
pourraient se déclarer en grand rassembleur -
pour ne pas dire en sauveur. C'était sans compter
l'étrange positionnement de Ségolène Royal qui
a faussé la donne politique et reporté une nouvelle
fois l'issue bénéfique d'un débat de fond.
Elle a été soutenue pour réussir, non pas par les Français
qui ne s'intéressaient pas à ce moment-là aux enjeux
présidentiels, mais par les caciques de l'appareil socialiste.
Un parti constitué majoritairement d'élus.
Des gens à la fois dévoués à la cause publique,
à la fois prisonniers de leurs fonctions. Enfermés
dans des logiques politiciennes et guidés
par de savants calculs pour préserver ou pour
gagner une place ici ou un siège là. Ils pensent
déjà à la bataille à mener pour obtenir l'investiture
des législatives ou des municipales, à la dynamique
de la victoire et aux sondages apparemment
favorables à la candidate. Avec une dose de
conviction, un brin d'expérience et un peu de cynisme
, ils basculent les uns après les autres derrière
la candidature de Ségolène Royal en pensant
aller facilement à la victoire. Pour faire quoi ?
Ce n'était pas leur préoccupation de l'instant…
Comment bouger les lignes politiques dans ce contexte ?
Comment bouger les lignes politiques dans ce contexte ?
Depuis 2002, le PS a choisi la politique de l'autruche.
En pensant qu'une fois le parti réuni, la victoire
serait mathématique. Il s'avère que les révolutions
électorales successives bousculent cet ordre
établi et redonnent un peu d'air à des institutions
et des pratiques politiques fatiguées. Avec
Le Pen en 2002, le danger était grand. La peur
de l'extrême-droite et du retour des vieux démons
menaçait. Avec Bayrou en 2007, c'est autre
chose. Nous pourrions assister à une révolution
tranquille. Une recomposition de la gauche
française sera, je l'espère, au rendez-vous.
Avec un pôle de transformation sociale qui
réunirait l'électorat antilibéral, communiste,
vert, socialiste et qui retrouverait un fort
ancrage populaire et un pôle social-démocrate
qui regrouperait l'électorat socialiste, radical,
centriste et écologiste et qui rassemblerait
les suffrages des classes moyennes progressistes.
Ces deux pôles pourraient se compter à
l'échelle du pays, retrouver ainsi une légitimité
politique basée sur le vote réel des Français et,
dans le cadre d'un éventuel accord de gouvernement,
proposer une majorité politique crédible qui mettrait
en œuvre un programme de gouvernement. La
démocratie et le contrat comme lien entre une
majorité élue et les Français pendant le temps
d'un mandat. L'idée fait son chemin… Si vous
arrivez à décongestionner un système politique
sclérosé, chapeau Monsieur Bayrou. Et belle
victoire en perspective pour les citoyens.
Vendredi 16 Mars 2007
Victor Muller"
18:07 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : présidentielles 2007, udf, bayrou, ps, ump, fn, lo




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