22.03.2007
BLOGS DANS LA CAMPAGNE
Photo du site "Désirs d'avenir" de la
candidate socialiste Ségolène Royal
AFP/Archives - Christophe Simon
Les différents candidats se livrent à "une bataille
de territoire sur le net pour gagner en visibilité",
déclare Guilhem Fouetillou, cofondateur de
la société RTGI, qui a mis au point
un observatoire de la présidentielle
(www.observatoire-présidentielle.fr).
RTGI a dressé une cartographie des sites
actifs militants ou comportant des analyses
et des commentaires traitant de l'élection
présidentielle. Baptisée "Blogopole", elle
est en cours de réactualisation. "En octobre,
nous avions recensé 1.200 sites et
actuellement, nous en sommes à plus
de 2.000", indique l'universitaire.
"Il y a eu une explosion du nombre de sites
et ils sont beaucoup plus actifs",
poursuit M. Fouetillou.
Selon sa méthodologie, RTGI recense notamment
559 sites autour du PS, 288 pour l'UDF,
279 pour l'UMP et 22 pour le Front national.
"Le PS domine la cartographie en nombre de
sites. L'UDF reste légèrement supérieure à l'UMP
sur ce point mais cette dernière comble son retard",
souligne M. Fouetillou. A noter que les partis
tiennent eux-mêmes une comptabilité -moins
restrictive que celle de RTGI- des sites
proches de leur candidat.
Les vidéos font un tabac, soulignent les
différents états-majors. Eric Walter, responsable
internet à l'UMP, souligne le "succès" remporté
par les vidéos diffusées sur NS TV -la télévision
sur le net de Nicolas Sarkozy- depuis son lancement
à la mi-janvier. "Il y a une demande très forte pour ce
type de contenus", déclare-t-il à l'AFP.
Désirs d'Avenir, qui vient de faire un point écrit
sur la net-campagne de Ségolène Royal, relève
de son côté le "visionnage exceptionnel de certaines
vidéos", par exemple la visite de la candidate à
Clichy-sous-Bois ou son discours programme de
Villepinte. "Toutes ces vidéos sont davantage
consultées sur les plates-formes d'hébergement
gratuit (Dailymotion etc.), le réseau de blogs (...)
que sur le site de campagne", souligne Désirs d'Avenir.
A l'approche de l'échéance, "le ton se durcit"
entre internautes, estime Carlo Revelli, cofondateur
du site Agoravox (agoravox.fr), qui met en ligne
des contributions de citoyens divers.
"Actuellement nous sommes obligés de refuser
un nombre croissant d'articles qui font
de la propagande", déclare-t-il.
Agoravox se targue d'avoir décelé dès
septembre l'intérêt pour la candidature de
François Bayrou. "Certains internautes
en avaient assez du discours bipolaire autour
de Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal.
François Bayrou, en critiquant la télévision,
leur est apparu comme un candidat anti-système",
affirme Carlo Revelli.
Quitterie Delmas, responsable de la Blogosphère
de François Bayrou, déclare à l'AFP que plusieurs
blogueurs ont fait récemment leur coming-out
en faveur du candidat de l'UDF.
"Mais en même temps, depuis quelque temps,
ça cogne plus fort sur François Bayrou
qu'auparavant", relève-t-elle.
Elle y voit l'effet de la stratégie des
états-majors politiques rivaux.
"Internet n'est pas le médium roi de
la campagne, cela reste la télévision", relativise
Thierry Vedel, chercheur au Cevipof
(Centre de recherches politiques de Sciences-Po).
"Internet a sûrement une influence mais
peut-être pas aussi massive que ne le pensent
certains internautes", en tout cas pour
cette présidentielle, ajoute ce blogueur.
12:12 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, politique critique, présidentielles 2007, ump, ps, lo, lcr




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