Selon Olivier Blanchard, les problèmes français sont les suivants :

  • L'état déplorable du dialogue social est dramatique, notamment puisqu'"il est maintenant clairement établi que les pays où le chômage a le plus augmenté sont ceux où les relations du travail sont les plus mauvaises".
  • Le coût et l'inefficacité de la protection sociale. Il considère que "la protection de l'emploi, avec son système dual CDI-CDD, est clairement responsable du sort inacceptable que la France inflige à ses jeunes". A cela s'ajoutent "les rigidités des règles de retraite", qui "amènent beaucoup à arrêter de travailler alors qu'ils voudraient continuer. Les jeunes et les vieux font les frais d'une structure de protection sociale sans cohérence."
  • L'état lamentable du système universitaire.

Selon M. Blanchard, "les grandes lignes des reformes à accomplir" sont les suivantes :

  • "Améliorer le dialogue social, à tous les niveaux. En rendant les syndicats plus représentatifs. En créant des structures de discussion, d'échange, et éventuellement de négociation, entre partenaires sociaux. .../... Sans de telles réformes de structure et sans la volonté d'aboutir, les choses ne changeront pas."
  • "Rendre la protection sociale plus efficace. .../... La solution est clairement dans une forme de contrat unifié .../... donnant plus de garanties aux jeunes .../... . Elle est aussi dans des itinéraires de vie de travail plus ambitieux, avec formation pendant l'emploi, et la possibilité de travailler aussi longtemps qu'on le désire".
  • "Rendre le système universitaire plus compétitif". Les clés du succès, selon le professeur au MIT : "une plus grande autonomie des universités, des frais de scolarité plus élevés, à la fois pour inciter les étudiants à ne pas s'engager dans des filières sans débouchés, et pour augmenter les revenus des universités. Avec, en échange, un système de bourses plus généreuses" .../....

C'est sur la base d'une comparaison détaillée des programmes qu'Olivier Blanchard affiche sa préférence pour Nicolas Sarkozy, soulignant notamment :

  • "Sur les relations du travail, .../...Sarkozy promet qu'avant toute réforme, il y aura une discussion de quatre à six mois entre partenaires sociaux, suivie, en l'absence d'accord, d'une prise de décision par les législateurs." Cette proposition lui paraît "aller dans la bonne direction."
  • Sur la réforme de la protection sociale, la position de Nicolas Sarkozy en faveur d'un contrat de travail unique et plus flexible. constitue "l'indication d'un désir de réforme, là encore dans la bonne direction."
  • Sur la réforme des universités, les réformes structurelles explicitement proposées par Nicolas Sarkozy font pencher la balance en sa faveur.

Olivier Blanchard conclue ainsi : "après avoir écouté ces deux candidats et lu leurs programmes, j'ai l'impression que Sarkozy a mieux identifié les problèmes de la France, et a une idée plus claire des solutions et des stratégies à suivre. Il me parait plus à même d'améliorer le sort des jeunes, de diminuer le chômage, d'engager une vraie reforme de l'université."

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