28.03.2007

les riches en FRANCE

28.01.2007

présidentielles 2007 les RICHES en france

Une excellente fiche sur le blog de jacques ATTALI

  http://blogs.lexpress.fr/attali/

Même si François HOLLANDE a certes été fort maladroit dans sa prise de position, le problème demeure et doit être replacé dans une vision plus globale. c'est ce que fait Jacques ATTALI dans le texte suivant, qui devrait servir de matrice à la réflexion non pas des candidats mais de leurs staffs de conseillers.

 

sur le blog de Jacques ATTALI
 QUI est RICHE?
Toute campagne présidentielle en France obéit à des rituels.
L'un d'entre eux est le déclenchement, vers le mois de Janvier,
d'une polémique sur le seuil à partir duquel les Français
sont supposés être assez riches pour payer l'impôt.
 En fixant ce seuil à 4000 euros par mois, François Hollande
a eu le courage de lancer le débat.
Mais il l'a fait de façon si vague, qu'il n'a réussi qu'à l'obscurcir.
 De fait, le seuil de la richesse dépend d'abord de savoir qui en parle:
 pour un ouvrier, est riche tout cadre qui gagne plus de 3000 euros par mois,
soit 2,5 SMIC;
pour un cadre, ne le sont que ceux, bien plus à l'aise que lui, qui peuvent accumuler du capital, c'est-à-dire les patrons
(dont le revenu atteint 650 SMIC),
les artistes et les sportifs (qui gagnent jusqu'à 1000 SMIC)
 et, plus généralement, tous ceux dont la
 famille dispose d'un revenu supérieur à 6 SMIC.

En réalité, la définition de la richesse est
encore beaucoup plus complexe:
 elle ne dépend pas que du revenu,
 ni même de la capacité à épargner,
mais elle découle surtout du capital déjà disponible,
qui permet de vivre mieux avec un revenu plus faible.
La richesse s'hérite plus qu'elle ne se gagne;
elle est soit sédentaire (la terre, le logement et tous les
 autres biens fonciers), soit nomade
 ( un portefeuille financier, un diplôme,
niveau culturel, un réseau de relations,
 un niveau de compétences).
En France, la richesse sédentaire est très bien vue et peu taxée,
alors que la richesse nomade est la cible de tous les législateurs:
 on admire, on respecte et on envie ceux qui héritent
d'un patrimoine;
on se méfie et on méprise ceux qui cherchent
à en constituer un par leur travail.
 Et comme, dans notre pays, l'impôt est
plus une punition qu'un acte de solidarité,
sont surtout taxés ceux qui disposent d'un revenu
leur permettant de se constituer un actif nomade et
pas ceux qui disposent d'un actif sédentaire.
Ainsi, le travail est-il puni par des taxes très élevées
 quand il permet d'épargner; alors que le capital ne
 l'est presque pas quand il est hérité.
 Il est urgent de changer cela, en proclamant que
 le scandale n'est pas la richesse, mais la pauvreté,
en affirmant que l'impôt doit être payé par tous et
pas seulement par ceux qui gagnent le plus d'argent
 par leur travail et reconnaissant qu'il n'y a aucune
 raison sensée pour qu'une fortune sédentaire soit
transmise au-delà de deux générations.
Si cela n'est pas fait, le pays se divisera bientôt
entre ceux qui n'auront plus les moyens de payer
 l'impôt et ceux qui trouveront les moyens
de ne plus le payer.

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