14.04.2007

LE CRITERE DE CHOUIX DES FRANCAIS en 2007

Cette fiche  publiée  sur le blog  de Jacques ATTALI  cerne comme

 toujours  avec  beaucoup de concision  une situation 

 délicate à comprendre.

 

 A la lecture  de ce texte, François BAYROU  semble de plus

en plus être l'Homme  qui seul peut être  capable de déboquer la situation 

 du PAYS  en pratiquant  une politique  qui comme le souhaitait déjà

Le président GISCARD puisse rassembler  deux Français  sur trois.

 

Les Français ont choisi. Non pas encore leur prochain président,
 mais le critère sur lequel ils le choisiront parmi les douze candidats :
 cela ne sera pas selon leur programme ,
 ni leur caractère,
ni leur capacité à juguler une crise,
ni même leur vision du monde
mais suivant l’avis que les électeurs se feront
de la capacité des candidats à ne pas les inquiéter : l
e plus anxiogène sera battu.

Ce choix s’explique très bien :
 Beaucoup de Français vivent de plus en plus mal les changements
qui remettent en cause les rares protections
 dont ils disposent encore.
 Agressés par mille menaces, contraintes à mille évolutions,
inquiétées par mille conflits, ils acceptent que bien
 des choses puissent changer
 dans leur vie personnelle, à condition que rien ne change
 dans les institutions qui les protègent de la précarité.
 En particulier, ils souhaitent que le prochain président n’exacerbe pas,
par son action, la précarité, l’instabilité, ou les contradictions
 entre les intérêts des divers groupes sociaux.

Les Français semblent ainsi vouloir que leur prochain
président soit un point d’appui,
 pas un point de départ.
 Ils veulent qu’ils les rassurent, les consolent, les rassemblent,
les protègent contre les délocalisations, contre les changements,
contre les casseurs, contre toutes les menaces de l’avenir.
 Ils ne veulent pas qu’il les pousse dans le grand bain de la
mondialisation, qu’il remette en cause des avantages acquis,
qu’il bouleverse des structures ancestrales, qu’il leur ouvre la
 voie vers les promesses du futur.

On peut le regretter : Si la campagne continue ainsi,
 le prochain président sera élu sur un immense malentendu rassurant
 et démagogique. Il ne sera là que pour calmer des angoisses qui
 ne feront ensuite que se multiplier ; il sera incapable d’affronter
 les inévitables crises qu’il aura tout fait pour masquer.
Pour ne pas etre anxiogène, il crééra des angoisses.

Il faudrait avoir le courage de reconnaitre que, pour un candidat,
être anxiogène n’est pas nécessairement négatif,
si cela lui permet de préparer les Français à affronter les menaces
 et à prendre en compte dans leurs décisions les intérêts
 des générations à venir.

Comme un père ou une mère, sérieux et responsable,
qui explique à ses enfants que, si la mort menace,
 la vie vaut la peine d’être vécue, à condition d’en
mesurer les bonheurs à l’aulne des dangers.
 Pour un être humain comme pour un peuple,
cela s’appelle être adulte.

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