25.04.2007

LE PRINTEMPS de la FRANCE

Une note d'espoir  et d'optimisme  sur le site  de jacques ATTALI.

 

23 avril 2007

Le printemps français

Avec ce premier tour de l’élection présidentielle de 2007, se clôt un chapitre de l’Histoire de France:

Pendant plus d’un demi-siècle, les Français ont refusé de voir la réalité du monde,

se sont bercés d’illusions et ont délégué l’exercice du pouvoir à des professionnels chevronnés, capables d’organiser la vie du pays sans remettre en cause ses tabous.

 

 Ils viennent de montrer qu’ils ont changé : ils ont  cessé de bouder les urnes ;

ils  s’intéressent de nouveau à la vie publique ; ils débattent, votent et se  préparent même  à se  porter candidats en masse   aux élections locales à venir.

 

 Deux partis protestataires,  (le parti communiste et le Front national),  qui  ont  obscurci   

si longtemps  la vie publique française, en obligeant les uns et les autres  à des alliances contre-nature, ont disparu ou sont en voie de disparaitre.

Trois partis de gouvernement, sérieux et raisonnables,  chacun à sa façon, regroupent,   pour la première fois dans l’Histoire du pays, les trois quarts   des électeurs.

 

Enfin, les deux candidats du second tour sont l’un et l’autre jeunes, candidats pour la première fois  et  favorables à une modernisation profonde  de la vie démocratique. 

 

 Ce premier tour  marque la fin de l’hiver politique de la nation,  le début d’un printemps français. 

  Plus encore, ce qui se passe en politique n’est que le  reflet d’une formidable évolution en profondeur du pays, commencée depuis quelque temps déjà : les enfants y naissent de nouveau en nombre ; les régions s’éveillent ; les territoires se prennent en main ; des   banlieues surgissent d’innombrables projets, portés par des jeunes gens honnêtes  et entreprenants ; les universités se regroupent et se lancent à la conquête du monde  ;

les entreprises sont de plus en plus dynamiques  ; les chercheurs, les ingénieurs, les médecins sont de plus en plus conscients des exigences de la mondialisation. 

 

Seul, l’Etat  reste en rade, dans toutes ses dimensions : l’armée, la politique étrangère, l’administration,  les services publics, sont encore très largement endormis. 

 Les impôts sont  archaïques, les dettes abyssales, les bureaucraties paralysées. Ainsi se dessine l’enjeu du second tour : les Français choisiront leur président   

  selon l’idée qu’ils  se feront de la capacité des deux candidats  à moderniser l’administration, la sécurité intérieure,  la défense et la politique étrangère.  S’ils ne se trompent pas,

si le président se montre capable de mettre l’Etat au niveau du reste de la nation,

 alors le printemps français  verra naitre d’innombrables fleurs.  

 

 

Écrire un commentaire