27.04.2007
FRANCOIS BAYROU:ni l'aggravation de la rupture sociale, ni la faillite du pays avec Ségolène ROYAL
François BAYROU
lors de sa conférence de presse du mercredi 25 avril.
Il considère que "Nicolas Sarkozy va aggraver les problèmes
François Bayrou a annoncé la création du Parti démocrate
Capable, autrement dit, de faire sortir la politique

Mesdames, Messieurs,
Je n’ai à cet instant que deux sujets à l’esprit.
Le premier sujet,
c’est la France, que j’ai scrutée pendant ces mois de
campagne électorale, que j’ai rencontrée en milliers
de visages différents,
la France qui s’inquiète, qui souffre,
qui est déchirée, bien plus qu’elle ne l’a jamais été,
et en même temps, la France riche de potentiel, riche de promesses,
la France qui voudrait y croire.
Et j’ai à l’esprit aussi, et plus que tout,
les quelque sept millions de Français qui m’ont donné leur confiance,
qui ont mis leur espoir dans cette démarche nouvelle,
faisant surgir d’un coup la troisième force politique française,
la seule force nouvelle de notre pays.
Les sept millions de Français et tous ceux qui ont eu à un moment
ou à un autre l’envie de se joindre à eux,
et parfois qui le regrettent.
Cela fait un immense espoir.
Il y a désormais dans notre pays trois forces politiques,
une à droite, une à gauche, et une au centre.
Et c’est le centre qui est la force nouvelle.
Je veux vous parler de l’avenir.
La France a trois problèmes : nous sommes
un pays à la démocratie malade ;
nous sommes un pays au tissu social déchiré ;
nous sommes un pays en manque de croissance.
Notre démocratie est malade de la confiscation du pouvoir,
de l’incapacité à faire vivre le pluralisme, des difficultés
de la presse, de l’absence de séparation des pouvoirs,
y compris du pouvoir économique, de la connivence
entre les mondes des affaires, médiatique et politique,
de la crise de la justice. Le citoyen n’a pas l’impression
d’y trouver sa place. La société civile y est méprisée.
Nous avons à reconstruire, depuis les fondations, notre démocratie.
Le tissu social est déchiré. Partout on croise de lourdes
misères, personnes âgées aux ressources très faibles,
travailleurs pauvres, difficultés de logement, partout la
couleur de la peau, la consonance du nom, la religion,
dressent les Français les uns contre les autres,
partout le quartier où l’on vit, l’adresse postale, forment ghetto.
Entre les policiers et les jeunes, entre les différents quartiers,
entre personnes au travail et personnes au chômage ou
aux minima sociaux, on se regarde du coin de l’œil,
on s’épie, et on est prêts à s’affronter. L’école elle-même,
le lieu même de l’égalité des chances, est en situation de doute et d’échec.
Nous avons à retisser notre société.
Nous sommes en panne de croissance. À ce sujet, on prend
souvent l’effet pour la cause. Nombre de nos compatriotes
par exemple considèrent que le chômage et la faiblesse
du pouvoir d’achat sont des maux de notre pays.
Ces maux sont des symptômes. Le mal c’est l’absence
de croissance. Si nous avions de la croissance,
nous aurions des emplois (beaucoup sont à libérer)
et nous aurions du pouvoir d’achat à répartir. Beaucoup
de nos compatriotes considèrent que l’immigration est la cause
de nos maux. La situation de l’immigration est une conséquence.
Un pays qui va bien sait intégrer, faire vivre ensemble.
C’est l’emploi qui intègre.
J’ai rencontré des milliers de jeunes Français d’ascendance
immigrée. Ils m’ont tous dit une seule chose :
donnez nous du travail et tout le reste s’arrangera ! Donnez nous du taf !
Ma conviction est celle-là : les trois maux de la France,
ils doivent être soignés et réparés ensemble !
Or, parlons franchement : Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal,
dans le face à face sempiternel de la droite sempiternelle
et de la gauche sempiternelle, vont non pas réparer
mais aggraver l’un ou l’autre de ces maux.
Nicolas Sarkozy, par sa proximité avec les milieux d’affaires
et les puissances médiatiques, par son goût de l’intimidation
et de la menace, va concentrer les pouvoirs comme jamais
ils ne l’ont été. Par son tempérament, et les thèmes qu’il a
choisis d’attiser, il risque d’aggraver les déchirures du tissu
social, notamment en conduisant une politique d’avantage au plus riche.
Ségolène Royal paraît mieux intentionnée en matière de
démocratie, encore que le parti socialiste n’ait rien fait quand i
l était au pouvoir pour corriger ces maux, plus attentive à
l’égard du tissu social, mais son programme,
multipliant les interventions de l’État, perpétuant l’illusion que
c’est à l’État de s’occuper de tout, et qu’il peut s’occuper de
tout, créant je ne sais combien de services publics, va
exactement à l’encontre, en sens contraire, des orientations
nécessaires pour rendre à notre pays et à son économie
leur créativité et leur équilibre.
Les deux candidats ont de surcroît promis une augmentation
absolument délirante des dépenses publiques, de l’ordre
de 60 milliards d’euros chacun, dans un pays endetté
comme le nôtre, l’un des deux ajoutant une baisse
totalement improbable des prélèvements obligatoires
dans une proportion que ni Reagan ni Mme Thatcher
n’ont jamais approchée même en rêve.
Notre pays a un problème de démocratie, un problème
de fracture sociale, un problème d’économie, un problème
de dette.
Nicolas Sarkozy va aggraver les problèmes de la
démocratie et la fracture du tissu social,
Ségolène Royal,
par son programme, va aggraver durablement les problèmes
de l’économie
et l’un comme l’autre vont déséquilibrer le déficit et la dette.
De surcroît, par leur choix de l’affrontement camp contre
camp, ils affaiblissent durablement la France.
Dans les deux cas, sauf correction forte que je n’aperçois
pas, et dont je tiendrai compte si elles intervenaient, ce
qui se prépare, après les belles promesses, c’est une
nouvelle déception du pays, une impuissance, une paralysie.
Dans cette situation, je ne donnerai pas de consigne de vote.
J’estime que les Français qui ont voté pour moi sont en
conscience des citoyens libres de leur choix.
Je ne reviendrai pas en arrière sur notre chemin de liberté.
Je ne cherche ni n’accepterai aucune soumission ou ralliement
à l’un des deux camps.
Je veux au contraire garantir aux Français que quel que
soit le vainqueur, ils trouveront pour les représenter une
force de contre-pouvoir, libre, capable de dire oui si l’action
va dans le bon sens et non si elle va dans le mauvais sens.
Capable, autrement dit, de faire sortir la politique des réflexes
du toujours pour et du toujours contre, pour défendre
l’intérêt général.
18:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, politique critique, présidentielles 2007, ps, ump, udf, pcf




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