27.04.2007

FRANCOIS BAYROU:ni l'aggravation de la rupture sociale, ni la faillite du pays avec Ségolène ROYAL

 
 
Campagne présidentielle de
François BAYROU
Jeudi 26 avril 2007


François Bayrou n’a pas donné de consigne
 de vote pour le deuxième tour
lors de sa conférence de presse du mercredi 25 avril.

Il considère que "Nicolas Sarkozy va aggraver les problèmes
 de la démocratie et la fracture du tissu social".
 Il estime également que "Ségolène Royal va aggraver
 durablement les problèmes de l’économie et
l’un comme l’autre vont déséquilibrer le déficit et la dette".

François Bayrou a annoncé la création du Parti démocrate
"pour changer définitivement la politique française" :
 Les Français "trouveront pour les représenter
une force de contre-pouvoir, libre,
capable de dire oui si l’action va dans le bon sens et non
 si elle va dans le mauvais sens.

Capable, autrement dit, de faire sortir la politique
 des réflexes du toujours pour et du toujours contre,
 pour défendre l’intérêt général".

Mesdames, Messieurs,

Je n’ai à cet instant que deux sujets à l’esprit.

 Le premier sujet,

c’est la France, que j’ai scrutée pendant ces mois de

campagne électorale, que j’ai rencontrée en milliers

de visages différents,

 la France qui s’inquiète, qui souffre,

qui est déchirée, bien plus qu’elle ne l’a jamais été,

 

et en même temps, la France riche de potentiel, riche de promesses,

 la France qui voudrait y croire.



Et j’ai à l’esprit aussi, et plus que tout,

les quelque sept millions de Français qui m’ont donné leur confiance,

 qui ont mis leur espoir dans cette démarche nouvelle,

 faisant surgir d’un coup la troisième force politique française,

 la seule force nouvelle de notre pays.

 

 Les sept millions de Français et tous ceux qui ont eu à un moment

 ou à un autre l’envie de se joindre à eux,

 et parfois qui le regrettent.

 Cela fait un immense espoir.

Il y a désormais dans notre pays trois forces politiques,

une à droite, une à gauche, et une au centre.

 Et c’est le centre qui est la force nouvelle.

Je veux vous parler de l’avenir.

La France a trois problèmes : nous sommes

 un pays à la démocratie malade ;

 nous sommes un pays au tissu social déchiré ;

 nous sommes un pays en manque de croissance.

Notre démocratie est malade de la confiscation du pouvoir,

de l’incapacité à faire vivre le pluralisme, des difficultés

de la presse, de l’absence de séparation des pouvoirs,

 y compris du pouvoir économique, de la connivence

 entre les mondes des affaires, médiatique et politique,

de la crise de la justice. Le citoyen n’a pas l’impression

 d’y trouver sa place. La société civile y est méprisée.

Nous avons à reconstruire, depuis les fondations, notre démocratie.

Le tissu social est déchiré. Partout on croise de lourdes

 misères, personnes âgées aux ressources très faibles,

 travailleurs pauvres, difficultés de logement, partout la

 couleur de la peau, la consonance du nom, la religion,

 dressent les Français les uns contre les autres,

 partout le quartier où l’on vit, l’adresse postale, forment ghetto.

 Entre les policiers et les jeunes, entre les différents quartiers,

entre personnes au travail et personnes au chômage ou

 aux minima sociaux, on se regarde du coin de l’œil,

 on s’épie, et on est prêts à s’affronter. L’école elle-même,

 le lieu même de l’égalité des chances, est en situation de doute et d’échec.

Nous avons à retisser notre société.



Nous sommes en panne de croissance. À ce sujet, on prend

 souvent l’effet pour la cause. Nombre de nos compatriotes

 par exemple considèrent que le chômage et la faiblesse

du pouvoir d’achat sont des maux de notre pays.

Ces maux sont des symptômes. Le mal c’est l’absence

 de croissance. Si nous avions de la croissance,

 nous aurions des emplois (beaucoup sont à libérer)

et nous aurions du pouvoir d’achat à répartir. Beaucoup

de nos compatriotes considèrent que l’immigration est la cause

 de nos maux. La situation de l’immigration est une conséquence.

Un pays qui va bien sait intégrer, faire vivre ensemble.

C’est l’emploi qui intègre.

 J’ai rencontré des milliers de jeunes Français d’ascendance

 immigrée. Ils m’ont tous dit une seule chose :

donnez nous du travail et tout le reste s’arrangera ! Donnez nous du taf !

Ma conviction est celle-là : les trois maux de la France,

 ils doivent être soignés et réparés ensemble !

Or, parlons franchement : Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal,

 dans le face à face sempiternel de la droite sempiternelle

et de la gauche sempiternelle, vont non pas réparer

mais aggraver l’un ou l’autre de ces maux.



Nicolas Sarkozy, par sa proximité avec les milieux d’affaires

 et les puissances médiatiques, par son goût de l’intimidation

 et de la menace, va concentrer les pouvoirs comme jamais

 ils ne l’ont été. Par son tempérament, et les thèmes qu’il a

choisis d’attiser, il risque d’aggraver les déchirures du tissu

social, notamment en conduisant une politique d’avantage au plus riche.

Ségolène Royal paraît mieux intentionnée en matière de

 démocratie, encore que le parti socialiste n’ait rien fait quand i

l était au pouvoir pour corriger ces maux, plus attentive à

 l’égard du tissu social, mais son programme,

multipliant les interventions de l’État, perpétuant l’illusion que

c’est à l’État de s’occuper de tout, et qu’il peut s’occuper de

tout, créant je ne sais combien de services publics, va

exactement à l’encontre, en sens contraire, des orientations

 nécessaires pour rendre à notre pays et à son économie

 leur créativité et leur équilibre.



Les deux candidats ont de surcroît promis une augmentation

absolument délirante des dépenses publiques, de l’ordre

de 60 milliards d’euros chacun, dans un pays endetté

comme le nôtre, l’un des deux ajoutant une baisse

 totalement improbable des prélèvements obligatoires

dans une proportion que ni Reagan ni Mme Thatcher

n’ont jamais approchée même en rêve.

Notre pays a un problème de démocratie, un problème

 de fracture sociale, un problème d’économie, un problème

de dette.

 

Nicolas Sarkozy va aggraver les problèmes de la

 démocratie et la fracture du tissu social,

 

 Ségolène Royal,

par son programme, va aggraver durablement les problèmes

de l’économie

et l’un comme l’autre vont déséquilibrer le déficit et la dette.

De surcroît, par leur choix de l’affrontement camp contre

camp, ils affaiblissent durablement la France.

Dans les deux cas, sauf correction forte que je n’aperçois

 pas, et dont je tiendrai compte si elles intervenaient, ce

 qui se prépare, après les belles promesses, c’est une

 nouvelle déception du pays, une impuissance, une paralysie.

Dans cette situation, je ne donnerai pas de consigne de vote.

 

 J’estime que les Français qui ont voté pour moi sont en

 conscience des citoyens libres de leur choix.



Je ne reviendrai pas en arrière sur notre chemin de liberté.

 Je ne cherche ni n’accepterai aucune soumission ou ralliement

à l’un des deux camps.


 
Je veux au contraire garantir aux Français que quel que

soit le vainqueur, ils trouveront pour les représenter une

 force de contre-pouvoir, libre, capable de dire oui si l’action

va dans le bon sens et non si elle va dans le mauvais sens.

Capable, autrement dit, de faire sortir la politique des réflexes

du toujours pour et du toujours contre, pour défendre

l’intérêt général.

Voir la video et le texte

 

  
LA FRANCE DE TOUTES NOS FORCES

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