07.06.2007

Et après les législatives ??

Après  les législatives  nous  serons  toujours  au pont  de départ:

 reprise  d'une note  d'avant  les élections présidentielles

 

21.04.2007

l'éditorial de JOFRIN sur LIBERATION

 

La France veut changer d'air. Fatiguée des élites, elle cherche de nouveaux dirigeants, une nouvelle politique, une nouvelle république, qui la sorte enfin du marasme, de la désespérance sociale et du cynisme qui ont dominé les deux dernières décennies.
La volonté de changer a favorisé un Sarkozy qui a
 promis la rupture face à tous les apprentis candidats que Jacques Chirac lui a jetés dans les jambes,
 Raffarin, Villepin ou Alliot-Marie.
 La volonté de changer a propulsé Ségolène Royal
au firmament lors de la primaire socialiste.
 La volonté de changer a fait la fortune d'un François Bayrou et de son «centrisme révolutionnaire».
Question cruciale :
pourquoi cette volonté n'a-t-elle pas favorisé plus
que d'autres Ségolène Royal ?
Parce que le travail de rénovation idéologique
réussi par Nicolas Sarkozy pendant les cinq ans
de sa longue campagne, auquel s'ajoute
 le contrôle total de l'appareil UMP,
 n'a pas trouvé son équivalent au PS.
Assemblage fragile d'écuries présidentielles,
 le PS n'a pas produit de projet digne de ce nom.
 Ségolène Royal s'est retrouvée seule en rase campagne.
La bravitude, ça n'existe pas.
 La solitude, oui. Royal veut changer la gauche
contre elle-même.
Elle devra le faire par la victoire :
c'est tout le pari de sa candidature.
Qu'importe, dira-t-on. Le changement, nous l'aurons
avec Bayrou.
La victoire du centriste créerait une rupture décisive
dans la vie politique.
 Mais quelle rupture ?
Une meilleure gestion du pays, peut-être,
une équipe nouvelle, sans doute,
un président tolérant, certainement.
Les centristes y trouveront leur compte.
Mais la gauche ? Certainement pas.
Le rejet des élites, du système, du microcosme,
 en un mot toute cette rhétorique maintes fois utilisée
dans l'Histoire de France ne conduit jamais à
une politique de gauche.
 Le changement social avec Jean Arthuis,
 comptable aimable aux idées courtes ?
 Le changement avec Charles-Amédée de Courson,
réac champenois bien connu ?
Le changement avec ces députés UDF
qui ne peuvent espérer retrouver leur siège
 sans l'appui de l'UMP ?
Ségolène n'est pas assez à gauche,
votons plus à droite :
 telle est la logique baroque qui préside au
raisonnement des «bayrouistes» de gauche.
Reste évidemment la question qu'on n'ose pas poser.
Si Ségolène Royal ne séduit pas, murmure-t-on,
c'est qu'elle n'est pas «présidentiable».
 Autrement dit, elle flotte dans le costume.
Elle y flotte d'autant plus que ce costume est
percé des coups de poignard discrètement portés
 dans son dos par ses amis furieux de se voir supplantés.
 Jamais candidate ou candidat de gauche
 n'a été aussi peu soutenu.
Qu'elle soit encore au-dessus de 20 % dans
ces conditions tient du miracle.
 Qu'est-ce au fond qu'être présidentiable ?
C'est très simple : avoir du caractère.
La France est sans doute le seul pays au monde
où l'on attend du président ou de la présidente
une sorte d'omniscience technocratique
 alliée à un charisme oratoire.
 Alors que c'est l'esprit de décision et la sensibilité
au pays qui comptent
. Sur ces deux chapitres, Ségolène Royal a
montré qu'elle égalait sans peine ses adversaires.
Cette femme saura décider.
 Que demande le peuple de gauche ?

 

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