"Le constat implacable du COR"
Les indications fournies par le rapport du Conseil d’Orientation des Retraites
présenté aujourd’hui laissent augurer une aggravation du déficit de la branche vieillesse,
cette année et surtout en 2008.
Cette donnée signifie l’échec financier de la réforme Fillon 2003.
Rappelons en effet que la branche vieillesse était en équilibre jusqu’au moment
de cette réforme.
Il est question, aujourd’hui, d’un déficit supérieur
à 5,5 milliards en 2008 de la branche vieillesse.
Ce piètre résultat annonce d’ailleurs un nouveau dérapage des comptes sociaux
qui rend extrêmement illusoire la prévision contenue dans le PLFSS 2008 ;
il va amplifier le niveau de la dette sociale qui dépasse dès maintenant,
les 80 milliards d’euros.
Cet échec financier de la réforme Fillon s’accompagne
d’un échec social puisque nous constatons un affaissement
régulier du taux de remplacement des pensions depuis 4 ans.
La solution pour tenter d’endiguer cette crise financière repose naturellement
et d’abord sur une politique dynamique de l’emploi.
A ce sujet, le COR nous rappelle que rien n’est acquis dans les dix ans à venir
; la politique économique imposée par Nicolas Sarkozy depuis six mois,
marquée par son inefficacité et son clientélisme, n’offre aucune garantie d’amélioration.
A juste titre, le COR estime par ailleurs que la question de l’allongement
de la durée de cotisations ne peut être une solution alors que le taux
d’emploi et d’activité chez les salariés âgés de 50 à 60 ans
reste extrêmement faible.
En outre, la question au cœur du dossier des retraites est bien celle
de la pénibilité et donc de l’inégalité d’espérance de vie
selon les métiers exercés et les catégories socioprofessionnelles.
Enfin, le Conseil d’Orientation des Retraites revient sur les
conséquences néfastes pour les finances de la sécurité sociale
de la politique d’exonération des cotisations et de maintien des niches sociales.
L’ensemble de ces niches, qu’il s’agisse des plus-values,
des stocks options ou des pertes de recettes liées au mécanisme
d’épargne salariale, s’élève à un montant
compris entre 6 milliards et 8,2 milliards d’euros,
soit les 2/3 du déficit annuel de la sécurité sociale.
Le Parti socialiste réitère sa demande de taxation sérieuse et rigoureuse
des stocks options et d’inventaire des niches sociales.
Il confirme également sa volonté de voir engager une réforme en profondeur
de la loi Fillon sur les retraites mettant en exergue les questions de financement,
d’augmentation nécessaire du taux de remplacement
des pensions et prenant en compte la problématique majeure de
la pénibilité des métiers exercés."
Paris, le 22 novembre 2007
Communiqué de
Pascal TERRASSE, Secrétaire national à la Santé
et de Jean LE GARREC, Responsable national aux Retraites




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