15.05.2008

Mai 1968, le coup d'état permanent, donner la parole au peuple par référendum

 
MAI 1968
 C'est la voie la plus directe et la plus démocratique possible : celle du référendum
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Discours  du  général  DE GAULLE 24 mai 1968

Allocution radiotélévisée du 24 mai 1968

Charles de Gaulle" Tout le monde comprend, évidemment, quelle est la portée des actuels

événements universitaires, puis sociaux. On y voit tous les signes

qui démontrent la nécessité d'une mutation de notre société,

 et tout indique que cette mutation doit comporter une

participation plus étendue de chacun à la marche et

 aux résultats de l'activité qui le concerne directement.

 " Certes, dans la situation bouleversée d'aujourd'hui,

 le premier devoir de l'Etat, c'est d'assurer, en dépit de tout,

l'existence élémentaire du pays, ainsi que l'ordre public.

 Il le fait. C'est aussi d'aider à la remise en marche,

notamment en prenant les contacts qui pourraient la faciliter. Il y est prêt.

Voilà pour l'immédiat. Mais ensuite il y a, sans nul doute, à modifier

des structures, c'est-à-dire à réformer. Car si, dans l'immense transformation politique,

économique et sociale qu'accomplit la France en notre temps, beaucoup d'obstacles

intérieurs et extérieurs ont déjà été franchis, d'autres s'opposent encore

au progrès. De là, des troubles profonds, surtout dans la jeunesse,

qui est soucieuse de son propre rôle et que l'avenir inquiète trop souvent.

 " C'est pourquoi la crise de l'Université, crise provoquée par l'impuissance

de ce grand corps à s'adapter aux nécessités modernes de la nation en même

 temps qu'au rôle et à l'emploi des jeunes, a, par contagion, déclenché

dans beaucoup d'autres milieux une marée de désordres, ou d'abandons,

 ou d'arrêts de travail. Il en résulte que notre pays se trouve au bord de

la paralysie.

Devant nous-mêmes et devant le monde, il s'agit pour nous, Français,

de régler un problème essentiel que nous pose notre époque, à moins

que nous ne roulions, à travers la guerre civile, aux aventures

 et aux usurpations les plus odieuses et les plus ruineuses.

 " Depuis bientôt trente ans, les événements m'ont imposé, en plusieurs graves occasions,

 le devoir d'amener notre pays à assumer son propre destin, afin d'empêcher

que certains ne s'en chargent malgré lui.

 J'y suis prêt, cette fois encore.

 Mais, cette fois encore, cette fois surtout, j'ai besoin ¯ oui, j'ai besoin ¯

que le peuple français dise qu'il le veut.

Or, notre Constitution prévoit justement par quelle voie il peut le faire.

 C'est la voie la plus directe et la plus démocratique possible : celle du référendum.

Compte tenu de la situation tout à fait exceptionnelle où nous sommes,

 j'ai donc, sur la proposition du gouvernement, décidé de soumettre

aux suffrages de la nation un projet de loi par lequel je lui demande de donner

à l'Etat, et d'abord à son chef, un mandat pour la rénovation.

 " Reconstruire l'Université en fonction non pas de ses séculaires habitudes,

 mais des besoins réels de l'évolution du pays et des débouchés

effectifs de la jeunesse étudiante dans la société moderne.

 "Adapter notre économie non pas à telles ou telles catégories d'intérêts particuliers,

 mais aux nécessités nationales et internationales du présent,

 en améliorant les conditions de vie et de travail du personnel des

services publics et des entreprises, en organisant sa participation

aux responsabilités professionnelles, en développant la formation

 des jeunes, en assurant leur emploi, en mettant en oeuvre les

activités industrielles et agricoles dans le cadre de nos régions.

 " Tel est le but que la nation tout entière doit se fixer à elle-même.

 " Françaises, Français, au mois de juin, vous vous prononcerez par un vote.

Au cas où votre réponse serait " non ", il va de soi que je n'assumerais

pas plus longtemps ma fonction ; si, par un " oui " massif,

vous m'exprimez votre confiance, j'entreprendrai, avec les pouvoirs publics et,

je l'espère, le concours de tous ceux qui veulent servir l'intérêt commun,

de faire changer, partout où il le faut, des structures étroites et périmées,

et ouvrir plus largement la route au sang nouveau de la France.

 " Vive la République !

 " Vive la France ! "

Discours du général de Gaulle à la radio, le 30 mai 1968
 

" Françaises, français, Etant le détenteur de la légitimité nationale et républicaine, j'ai envisagé, depuis vingt-quatre heures, toutes les éventualités, sans exception, qui me permettraient de la maintenir. J'ai pris mes résolutions. Dans les circonstances présentes, je ne me retirerai pas. J'ai un mandat du peuple, je le remplirai. Je ne changerai pas le Premier ministre (...).

Je dissous aujourd'hui l'Assemblée nationale. (...) Quant aux élections législatives, elles auront lieu dans les délais prévus par la Constitution, à moins qu'on entende bâillonner le peuple français tout entier, en l'empêchant de s'exprimer en même temps qu'on l'empêche de vivre, par les mêmes moyens qu'on empêche les étudiants d'étudier, les enseignants d'enseigner, les travailleurs de travailler.

Ces moyens, ce sont l'intimidation, l'intoxication et la tyrannie exercées par des groupes organisés de longue date en conséquence et par un parti qui est une entreprise totalitaire, même s'il a déjà des rivaux à cet égard

. Si donc cette situation de force se maintient, je devrai pour maintenir la République prendre conformément à la Constitution, d'autres voies que le scrutin immédiat du pays.

 En tout cas, partout et tout de suite, il faut que s'organise l'action civique. Cela doit se faire pour aider le gouvernement d'abord, puis localement les préfets (...) dans leur tâche qui consiste à assurer autant que possible l'existence de la population et à empêcher la subversion à tout moment et en tous lieux . (...)

 Non ! la République n'abdiquera pas. Le peuple se ressaisira. Le progrès, l'indépendance et la paix l'emporteront avec la liberté. Vive la République ! Vive la France ! "

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