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20.08.2008

Le combat en Montagne

 

la  vidéo  de Christophe  BARBIER sur  l'EXPRESS (ci  dessous) résume  et  synthétise   les  questions  que  doivent  se poser  le  Français  suite  aux  pertes  tragiques  que  vient  de  subir nos  soldats  du 8° RPIma
 
Nos  troupes  sont  elles  préparées  à ce  théâtre   d'opération ?
Pourquoi  notre  président  a t il  changé  d'option  depuis  la  campagne?
Les  raisons  pour  les  quelles  nous  ne  pouvons  à nouveau  nous  conduire  comme à MUNICH  en 1938.
 
 
L'Aghanistan   est  un  pays  de  montagneet  même  de HAUTE  MONTAGNE  qui  impose  des  troupes  préparées  à  ce  type  de  combat.
 
Les  rebelles  "Talibans"  sont  en guerre  depuis  des  dizaines  d'années  et de  ce  fait ont  un  contrôle  parfait  de  ces  zones  de  combat.
 
Après  avoir  infligé  des  pertes  énormes  aux  combattants  de  l'ex  URSS  dont  les  moyens  modernes  étaient  l'égal  de  ceux  actuellement  mis  en oeuvre il  convient  donc  d'en  tirer  les  conséquences  à savoir  que  ce  type  de  conflit  impose  une  stratégie  différente   et  qui s'apparente  aux  procédés  de  combat  connus  en Indochine  et  en Algérie. 
 
La  guerre  en  montagne  ne  ressemble   en rien à celle  des  plaines. La  spécificité  des  troupes  alpines  françaises  dans  ce  domaine  et  leurs  centres  d' aguerrissement     étaient  la  preuve  dans  l'intérêt  que  portaient  de nombreuses   forces  occidentales  à bénéficier  de  stages  spécifiques  pour  certaines  de  leurs unités  d'élite.
 
La  fermeture  annoncée  de  ces  centres marque   incontestablement  une  mauvaise  prise  de  conscience  des  besoins  futurs  de nos  forces  si elles  étaient  appelées  à  se renforcer dans  ce  pays.
 
 
lu  sur  l'express

 

 CARTES  d'AFGHANISTAN:

 
 
extrait:
 

La guerre en montagne impose des contraintes spécifiques.

La plus importante est le cloisonnement de la manœuvre. Ici, plus que partout ailleurs, le terrain est un facteur décisif. Le front d’attaque est très souvent réduit. On manœuvre de vallée en vallée en passant col après col. L’action militaire est ainsi particulièrement morcelée. Cela entraîne une grande décentralisation des combats et donne, de ce fait, une grande marge d’initiative aux subordonnés. Les communications et les liaisons sont souvent très difficiles et particulièrement vulnérables. A cela s’ajoutent les très lourdes contraintes logistiques. Les troupes se trouvent souvent coupées de leurs ravitaillements. L’une des causes de la lenteur de la progression des alliés en 1943-44 en Italie réside dans ce point : des routes étroites, des pluies diluviennes, un ennemi déterminé et la formidable logistique anglo-saxonne se trouve paralysée.
Pendant très longtemps aussi, l’une des raisons du peu d’empressement des chefs militaires pour la guerre de montagne fut l’ignorance du terrain et l’absence de cartes fiables. Trop souvent les colonnes militaires étaient réduites à se faire guider par des passeurs à la loyauté parfois fluctuante avec tous les risques que cela pouvait entraîner…Il faut attendre le XVIII° siècle en France pour disposer des premières cartes réellement utilisables (cartes Cassini) par les chefs militaires pour élaborer une manœuvre.
Autre contrainte : l’artillerie voit son efficacité amoindrie pendant longtemps (jusqu’à la mise au point des mortiers, armes autorisant le tir courbe) à cause des contre-pentes. De même, l’aviation est ici moins efficace dans ses interventions d’appui-sol car le relief n’autorise pas des évolutions aériennes « libres ». L’hélicoptère est une amélioration significative mais il voit son utilisation limitée à 5 000 mètres d’altitude…

La guerre de montagne repose sur des principes immuables :

La formule à retenir est : « qui tient les hauts, tient les bas ! ». En montagne, la défensive l’emporte sur l’offensive.

 Un assaillant doit souvent contourner l’adversaire. Dans ce cas, les rocades (axes qui sont parallèles à la ligne de front) sont essentielles mais pas toujours possibles (ou existantes tout simplement) en montagnes où le terrain « commande » et impose ses contraintes. Il y a la nécessité de disposer de troupes spécialisées, possédant un entraînement spécifique qui ne peut s’improviser. Les communications sont essentielles. Il faut les maintenir. Les Soviétiques concentrèrent ainsi leurs efforts pendant la guerre d’Afghanistan sur la préservation du tunnel de Salang entre l’URSS et l’Afghanistan. C’est ici aussi que le Commandant Massoud multiplia ses actions offensives !
La montagne autorise, pour les chefs audacieux et les troupes décidées, des actions fondées par la surprise en utilisant les axes les plus improbables et donc les plus impraticables. La libération de Mussolini par le commando allemand de Skorzeny en est un exemple (utilisation de planeurs…).
La logistique est un point décisif déjà évoqué. Ainsi, pour les hommes faut-il une grande autonomie pour ne pas trop dépendre d’un ravitaillement aléatoire. Mais qui dit montagne, dit déplacement à pied… Si le chef veut une troupe qui ne perd pas trop rapidement son aptitude au combat par une fatigue excessive, il ne faut pas trop surcharger les hommes… Ainsi la formule du célèbre capitaine Stéphane pendant la Seconde Guerre mondiale  : « Une balle, un homme ». L’emport des munitions étant limité pour cause d’allégement, cette formule impitoyable s’explique parfaitement.

L’avenir de la guerre en montagne.

Tous les stratèges militaires s’accordent sur ce point. La guerre de montagne va prendre de plus en plus d’importance.

 Les zones de conflits actuels illustrent bien cette vision de la guerre : Colombie, Népal, Kurdistan, Caucase, Kabylie, Afghanistan, etc…

La guerre en montagne est souvent qualifiée de « guerre des pauvres » car elle « nivelle » les moyens techniques. Là où une troupe faiblement équipée se fera écraser rapidement en plaine,

elle pourra résister, voire porter des coups sévères à l’adversaire. La guerre d’Afghanistan contre les Soviétiques illustre bien ce fait.

Dernier point : sur les 27 conflits identifiés en 2001, 23 se déroulent en montagne…

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Commentaires

Eh oui, il y a quelque incohérence à vouloir rester en Afghanistan tout en fermant les Centres Nationaux d'aguerrissement de Barcelonnette et de Briançon.
jf.

Ecrit par : jacques | 24.08.2008

Sur le même sujet:

http://lamauragne.blog.lemonde.fr/2008/08/23/remettre-les-choses-dans-leur-contexte-afghanistan-2/

bien cordialement,

jf.

Ecrit par : jacques | 25.08.2008

ces décisions s'inscrivent dans un long processus liées aux réorganisations elles mêmes et aux luttes intestines des états majors.
Le général de gaulle lui même s'était étonné de constater en 58 que les troupes alpines existaient encore.
La création du Ciecm à la fermeture du 11° BCA sur décision du président MITTERAND s'est faite en quelques heures comme d'ailleurs quelques années plus tard le maintien du CNAM à BRIANCON à la dissolution du 159°RIA.
Ces centres qui disposent de conditions d'entraînement en haute montagne uniques en Europe ont pu se maintenir en raison des zones d'engagement de nos forces dans le cadre des casques bleus qui ne combattaient pas.
Avec le retour de véritables missions de guerre, le CEMAT devra sans doute reconsidérer les pré décisions prises d'autant que les arguments avancés sont contradictoires avec les décisions prises en 1991 et surtout 1992.

Ecrit par : gilles | 25.08.2008

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