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20.08.2008
Le combat en Montagne
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CARTES d'AFGHANISTAN:
La guerre en montagne impose des contraintes spécifiques.
La plus importante est le cloisonnement de la manœuvre. Ici, plus que partout ailleurs, le terrain est un facteur décisif. Le front d’attaque est très souvent réduit. On manœuvre de vallée en vallée en passant col après col. L’action militaire est ainsi particulièrement morcelée. Cela entraîne une grande décentralisation des combats et donne, de ce fait, une grande marge d’initiative aux subordonnés. Les communications et les liaisons sont souvent très difficiles et particulièrement vulnérables. A cela s’ajoutent les très lourdes contraintes logistiques. Les troupes se trouvent souvent coupées de leurs ravitaillements. L’une des causes de la lenteur de la progression des alliés en 1943-44 en Italie réside dans ce point : des routes étroites, des pluies diluviennes, un ennemi déterminé et la formidable logistique anglo-saxonne se trouve paralysée.
Pendant très longtemps aussi, l’une des raisons du peu d’empressement des chefs militaires pour la guerre de montagne fut l’ignorance du terrain et l’absence de cartes fiables. Trop souvent les colonnes militaires étaient réduites à se faire guider par des passeurs à la loyauté parfois fluctuante avec tous les risques que cela pouvait entraîner…Il faut attendre le XVIII° siècle en France pour disposer des premières cartes réellement utilisables (cartes Cassini) par les chefs militaires pour élaborer une manœuvre.
Autre contrainte : l’artillerie voit son efficacité amoindrie pendant longtemps (jusqu’à la mise au point des mortiers, armes autorisant le tir courbe) à cause des contre-pentes. De même, l’aviation est ici moins efficace dans ses interventions d’appui-sol car le relief n’autorise pas des évolutions aériennes « libres ». L’hélicoptère est une amélioration significative mais il voit son utilisation limitée à 5 000 mètres d’altitude…
La guerre de montagne repose sur des principes immuables :
La formule à retenir est : « qui tient les hauts, tient les bas ! ». En montagne, la défensive l’emporte sur l’offensive.
Un assaillant doit souvent contourner l’adversaire. Dans ce cas, les rocades (axes qui sont parallèles à la ligne de front) sont essentielles mais pas toujours possibles (ou existantes tout simplement) en montagnes où le terrain « commande » et impose ses contraintes. Il y a la nécessité de disposer de troupes spécialisées, possédant un entraînement spécifique qui ne peut s’improviser. Les communications sont essentielles. Il faut les maintenir. Les Soviétiques concentrèrent ainsi leurs efforts pendant la guerre d’Afghanistan sur la préservation du tunnel de Salang entre l’URSS et l’Afghanistan. C’est ici aussi que le Commandant Massoud multiplia ses actions offensives !
La montagne autorise, pour les chefs audacieux et les troupes décidées, des actions fondées par la surprise en utilisant les axes les plus improbables et donc les plus impraticables. La libération de Mussolini par le commando allemand de Skorzeny en est un exemple (utilisation de planeurs…).
La logistique est un point décisif déjà évoqué. Ainsi, pour les hommes faut-il une grande autonomie pour ne pas trop dépendre d’un ravitaillement aléatoire. Mais qui dit montagne, dit déplacement à pied… Si le chef veut une troupe qui ne perd pas trop rapidement son aptitude au combat par une fatigue excessive, il ne faut pas trop surcharger les hommes… Ainsi la formule du célèbre capitaine Stéphane pendant la Seconde Guerre mondiale : « Une balle, un homme ». L’emport des munitions étant limité pour cause d’allégement, cette formule impitoyable s’explique parfaitement.
L’avenir de la guerre en montagne.
Tous les stratèges militaires s’accordent sur ce point. La guerre de montagne va prendre de plus en plus d’importance.
Les zones de conflits actuels illustrent bien cette vision de la guerre : Colombie, Népal, Kurdistan, Caucase, Kabylie, Afghanistan, etc…
La guerre en montagne est souvent qualifiée de « guerre des pauvres » car elle « nivelle » les moyens techniques. Là où une troupe faiblement équipée se fera écraser rapidement en plaine,
elle pourra résister, voire porter des coups sévères à l’adversaire. La guerre d’Afghanistan contre les Soviétiques illustre bien ce fait.
Dernier point : sur les 27 conflits identifiés en 2001, 23 se déroulent en montagne…
15:36 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, afghanistan, sarkozi, morin, ump, modem, ps





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Commentaires
Eh oui, il y a quelque incohérence à vouloir rester en Afghanistan tout en fermant les Centres Nationaux d'aguerrissement de Barcelonnette et de Briançon.
jf.
Ecrit par : jacques | 24.08.2008
Sur le même sujet:
http://lamauragne.blog.lemonde.fr/2008/08/23/remettre-les-choses-dans-leur-contexte-afghanistan-2/
bien cordialement,
jf.
Ecrit par : jacques | 25.08.2008
ces décisions s'inscrivent dans un long processus liées aux réorganisations elles mêmes et aux luttes intestines des états majors.
Le général de gaulle lui même s'était étonné de constater en 58 que les troupes alpines existaient encore.
La création du Ciecm à la fermeture du 11° BCA sur décision du président MITTERAND s'est faite en quelques heures comme d'ailleurs quelques années plus tard le maintien du CNAM à BRIANCON à la dissolution du 159°RIA.
Ces centres qui disposent de conditions d'entraînement en haute montagne uniques en Europe ont pu se maintenir en raison des zones d'engagement de nos forces dans le cadre des casques bleus qui ne combattaient pas.
Avec le retour de véritables missions de guerre, le CEMAT devra sans doute reconsidérer les pré décisions prises d'autant que les arguments avancés sont contradictoires avec les décisions prises en 1991 et surtout 1992.
Ecrit par : gilles | 25.08.2008
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