23.12.2007

25 décembre date du culte du dieu solaire MITHRA des ROMAINS

 

LE CYCLE  DES DOUZE JOURS
Extrait  d'un ouvrage  d'ARNOLD VAN GENNEP :
 "LA SAVOIE"
publié  aux éditions CURANDERA
cet ouvrage relate  la vie quotidienne, les fêtes profanes  et religieuses,contes  et légendes populaires  de la SAVOIE.
 En cette période  de "NOËL"  où les citadins viennent  se "plonger" 
 dans la chaude ambiance  de nos montagnes,
 il nous est  apparu  amusant  de reprendre  certaines pages  de ce livre remarquablement documenté où  les lecteurs  trouveront les réponses  aux questions  qu'ils peuvent  se poser  lors  de leurs visites  en cette terre de LIBERTE  qu'a toujours été la SAVOIE. 
LE CYCLE  des DOUZE JOURS
"LE CYCLE  de l'HIVER
Les recherches comparatives des folkloristes  surtout  de MANNHARDT  en ALLEMAGNE,
de J.G. FRANZER  en GRANDE BRETAGNE,de HOFFMANN KRAYER  en SUISSE
et les enquêtes monographiques des savants qui se sont occupés spécialement  du cycle ou de l'arbre de noël en pays Slaves et Germaniques comme TILLE,MEYER,etc..ont démontré définitivement que ce CYCLE  possedait bien avant l'ère chrétienne une autonomie caractérisée.
C'était  un ensemble  de cérémonies de l'hiver, qui correspondait au cycle des cérémonies  du printemps (formé du cycle  de mai et du cycle  de Pâques), d'une part, et de l'autre, au cycle plus court de la mi-été devenu le cycle  de la Saint JEAN.
 En fait, l'année se trouvait ainsi divisée en trois saisons et non pas  en quatre comme l'admettent nos calendriers basés sur des phénomènes célestes.
    ces  cycles cérémoniels correspondaient mieux aux conditions AGRICOLES.
 Cette division  en trois parties  de l'année n'a pu  se faire  que dans les pays  de l'Europe centrale mais non dans le midi ni dans l'extrême nord. l'attribuer à un peuple Historique ou à un autre est impossible. elle peut aussi remonter à l'époque NEOLITHIQUE.
 Il faut observer d'ailleurs qu'on a pas encore appliqué à ce cycle cérémoniel ni aux autres la méthode que j'inaugure avec le folklore  de la SAVOIE. et qui consiste à situer  les faits anciens et modernes d'une manière géographique aussi exacte et aussi complète que possible.
 Rien ne prouve que la célébration du cycle ait été universellle  en Europe centrale; c'est seulement  en en localisant rigoureusement  les manifestations qu'on pourra proposer  des hypothèses d'origines.
   LE CYCLE  des douze jours, appelé aussi  en certaines régions  de l'EUROPE des douze nuits, commence le 24 décembre  et se termine le soir  du  6 janvier. Il englobe , par suite, des jours qui ont reçu  des noms chrétiens, soit  des fêtes  comme NOËL et les rois, soit de saints, comme Saint ETIENNE, Saint SYLVESTRE, etc.....
Partout  en EUROPE on discerne sous les cérémonies à proprement parler chrétiennes des restes  de coutumes et de croyances du VIEUX CYCLE  DE L'HIVER, restes plus ou moins visibles et qui dans des pays comme les nôtres, ne sont plus que des fragments. mais comme dans  les pays SLAVES, enLITHUANIE, dans certains  coins  de la Grande Bretagne, dans  les pays Balkkanniques, le cycle  est  resté bien plus complet que chez nous, au point même d'avoir conservé un caractère plus païen  que chrétien, il est possible d'interpreter, par comparaison, les faits fragmentés  de l'EUROPE CENTRALE.
LA DATE  du JOUR  DE L'AN  et de NOËL
Il faut  se rapeler  que  chez les ROMAINS  l'année comme,nçait  au début  de mars; quen SAVOIE, pendant toute une période  du moyen âge, on adopta la date de PÄQUES; et que vers le début  du XIV° siècle, exactement  en 1306, dans le CHABLAIS, par exemple, cette date fut reportée à NOËL. système  qui durait  encore   en SAVOIE  en 1572; que c'est plus tard seulement que le commencement  dec l'année fut reporté  au 1° JANVIER.
 ces variations de dates ont plus  ou moins réagi  sur les coutumes et par suite  il est trop simple  de dire que nos etrennes sont un reste direct  des etrennes  des Romains.
  Un deuxième fait important  est la date  de NOËL
.Pendant  des siècles, NOËL  fut fixé  le 6 janvier, donc exactement à la fin de la période  des douze  jours.
 les textes évangéliques ne donnent aucune précision chronologique sur le jour  de la naissance  du Christ; et quand  les pères  de l'Eglise  essayèrent de fixer  ce jour important  entre tous, ils fûrent obligés de faire toutes sortes  de calculs.
CLEMENT D'ALEXANDRIE plaça  la NATIVITE  le 18 avril, d'autres  le 29 mai, un computus  du III° siècle  le 25 mars, Epiphane  à la fin  du  IV Siècle au 6 janvier, jour adopté  par les Eglises d'ORIENT.
 le choix  du 25 décembre qui a fini par l'emporter, semble dû à l'identification  de la formule CHRIST  est le SOLEIL, ou encorez CHRIST  EST LE SOLEIL  de JUSTICE avec le DIEU SOLAIRE MITHRA dont le culte s'était répandu  dans tout l'empire romain et dont la fête  se nommait "DIES NATALISINVICTI" jour  de naissance du soleil invincible, et tombait  le 25 décembre, parce que ce jour est celui du solstice d'hiver.
  il ya donc eu  en EUROPE trois religions qui se sont combinées pour faire du 25 décembre un jour  dez fête par excellence, chacune desquelles, naturaliste, solaie et chrétienne ,a introduit dans les cérémobnies  du cycle des élèments spéciaux qui parfois se sont adaptées, mais parfois  se sont superposées sans se mélanger.
 Chez nous , le CULTE de MITHRA s'est développé  aussi, du moins à BOUTAE  (ANNECY) et dans les régions basses du GENEVOIS,et en SUISSE ROMANDE, mais il n'a guère dî pénétrer  dans nos montagnes.
  Le Christianisme, de son côté, a introduit, non seulement  la messe  de minuit, mais aussi l'habitude  du réveillon, la confession, des crèches etc....et a determiné un report en arrière, puis  en avant, des coutumes  du jour  de l'an, et doobné  au 6 janvier, sous le nom  de fête  des rois, son aspect particulier."
  à suivre: les douze Jours  dans la vallé de THÖNES

26.11.2007

27 novembre ....... début de la première croisade

 
lu  sur  le site:HERODOTE.net
Au moment  où  débutent  la nouvelle conférence  sur le moyen Orient, il est bon  de
  se souvenir des premières croisades.
Mystère  ou "farce"  du calendrier, c'était un 27 NOVEMBRE 
 que le PAPE URBAIN II appelait  tous 
 les Chevaliers Chrétiens  de FRANCE  puis d'Europe 
 à se mettre  en route  au nom de "DIEU  LE VEUT"
Que  cela chagrine  certains aujourd'hui  ces faits  sont historiques  et concernent l'histoire  de FRANCE.
Mêmes occultés  ces  faits  donnent  une coloration particulière  au fait 
 que l'histoire  de l'EUROPE  depuis l'écroulement  de l'Empire ROMAIN  trouve 
 ses racines  dans le CHRISTIANISME ;  en déplaise  aux ignards  ou  aux falsificateurs.
lu  sur  le site  HERODOTE:
"27 novembre 1095
Urbain II prêche la croisade

Le 27 novembre 1095, le pape Urbain II, profite d'un concile

 à Clermont pour lancer un appel à repousser

les infidèles, en particulier les Turcs qui menacent les chrétiens d'Orient

et multiplient les obstacles aux pèlerinages des Occidentaux en Terre Sainte,

 sur le tombeau du Christ...

 

Cet appel est l'amorce de ce que l'on appellera beaucoup plus tard la première croisade ().

Un appel à moins de violence

De son vrai nom Odon de Lagery, le pape Urbain II, né en Champagne 53 ans plus tôt,

a été à Reims l'élève de Saint Bruno avant de devenir moine à Cluny.

Il succède en 1088 à Victor III sur le trône de Saint-Pierre. Il s'inscrit dans la lignée

des grands papes réformateurs d'après l'An Mil comme Grégoire VII.

Il veut en particulier moraliser la chevalerie, éradiquer la violence et mettre fin aux

guerres privées entre seigneurs féodaux, brutales, incessantes et cruelles.

Au concile de Clermont (aujourd'hui Clermont-Ferrand, en Auvergne),

 le pape tente d'abord de régler les problèmes matrimoniaux du roi capétien Philippe 1er.

Cela fait, il prononce un sermon retentissant à l'adresse des 310 évêques et abbés français.

 Il rappelle les menaces très graves qui pèsent sur les chrétiens byzantins,

du fait de la défaite de leur empereur face aux Turcs à Malazgerd (1071). Il invite les guerriers

d'Occident à prendre la croix et à mettre leur énergie au service de la foi.

Il s'inquiète aussi des violences faites aux pèlerins depuis que le Saint-Sépulcre

(le tombeau du Christ à Jérusalem) a été détruit sur ordre du sultan

 fatimide d'Égypte El-Hakim,

dans un accès de fanatisme (c'était en 1009).

Il encourage en conséquence les «Francs» de toutes conditions à secourir leurs frères chrétiens.

Et il accorde l'indulgence plénière, c'est-à-dire la rémission de tous leurs péchés,

à tous ceux qui perdraient la vie au cours de leur combat contre les infidèles.

Après cela, il prononce un sermon à l'adresse des 310 évêques et abbés français

dans lequel il invite les guerriers d'Occident à prendre la croix et à mettre

 leur énergie au service de la foi.

Il accorde l'indulgence plénière, c'est-à-dire la rémission de tous leurs péchés,

 à tous ceux qui perdraient la vie au cours de leur combat contre les infidèles

(il s'agit essentiellement des Turcs).

Le concile de Clermont, d'après une miniature du XVe siècle attribuée à Jean Fouquet, BN, Paris)

L'appel de Clermont est dans le droit fil des «trêves de Dieu» par lesquelles

 le clergé, tout au long du Xe siècle, appelle les chevaliers à interrompre

leurs combats et à respecter les non-combattants (femmes,

 enfants, ecclésiastiques, marchands,...).

Un enthousiasme immédiat

Après le concile, le pape Urbain II développe ses objectifs dans plusieurs

lettres aux clergés des différentes régions d'Europe.

Les ecclésiastiques, tel le prédicateur Pierre l'Ermite, répercutent son message

auprès des fidèles qui lui réservent un accueil enthousiaste. Paysans et chevaliers

se font coudre une croix sur leurs vêtements et se préparent à partir au cri

de «Dieu le veut !»...

 Les uns et les autres s'apprêtent au «voyage», chacun de leur côté.

André Larané"

03.08.2007

LE MASSACRE des JUIFS en ESPAGNE

 
 
Excellent  article d'henri  TINCQ   publié  sur le MONDE  du 2 Août 2007
 L'expulsion  des Juifs  d'ESPAGNE  lors  de la Reconquête  face  aux  Maures.
Nous y apprenons  pour ceux  qui l'auraient oublié,  que  ces  massacres 
avaient  déjà été perpétrés  tant  en FRANCE 
 qu'en ANGLETERRE  et dans tous les autres pays Catholiques  de l'Europe 
.
 Qui osera  dire aujourd'hui  par méconnaissance historique  que l'Europe  n'est pas Chrétienne? 
 Et pourquoi  certains l'affirment ils  ou  refusent ils  de prendre  en compte  notre histoire 
 depuis la chute  de ROME  ou mieux  celle de RAVENNES?
  Ces  massacres  continuels  des JUIFS  en EUROPE  n'ont jamais  atteints l'intensité 
 décrite  dans cet  article  du monde.
 Peu  de Français  ont une culture historique  suffisante  pour mettre 
 en perspective  tous ces évenements passés.
  Pourquoi  le Peuple JUIF  a t il  été  si longtemps  pourchassé  et  massacré 
en OCCIDENT  Chrétien?
 Pourquoi  seuls les évènements  du génocides  des NAZIS  est il 
 autant  mis  en exergue  dans nos mémoires ?
 Pourquoi  "CACHER"  aux peuples  tous  ces  massacres  continuels  qu'a enduré 
 le peuple JUIF  en EUROPE?
Pourquoi  les "EUROPEENS  CHRETIENS"  ont ils massacré  en continu 
le peuple JUIF 
 depuis 2000 ans? 
Quelles  sont  les véritables  raisons  de  ces massacres? 
 Pourquoi cet acharnement  continuel? 
 telles  sont les questiohs  qui mériteraient d'être  posées. 
Massacre  des juifs  au moyen âge  février 1349 :lire:
LES  JUIFS  en FRANCE  1000  ans  de tensions
LES  JUIFS  EN FRANCE  Saint  LOUIS
GENOCIDE  JUIF
HISTOIRE  DES  JUIFS  WIKISOURCE
EUROPE  et ANTISEMITISME
LE JUDAÏSME
article publié  dans le monde:  article  d'henri TINCQ
 

"Lu  sur  LE MONDE

"







Tous les exilés de Jérusalem en Espagne quittèrent
cette contrée maudite le cinquième mois de l'année 5252,
c'est-à-dire en 1492, et de là se dispersèrent aux
 quatre coins de la terre."
 Qui mieux que Joseph Ha-Cohen, dans La Vallée des Pleurs
(1560), a décrit la tragédie de l'expulsion des juifs
d'Espagne ?
 "Les juifs s'en allèrent où le vent les poussa,
en Afrique, en Asie, en Grèce et en Turquie.
D'accablantes souffrances et des douleurs
aiguës les assaillirent, les marins génois les maltraitèrent.
Des créatures infortunées mouraient de désespoir pendant
leur route :
 les musulmans en éventrèrent pour extraire de
leurs entrailles l'or qu'elles avaient avalé
 pour le cacher.
Il y en eut qui furent consumées par la peste et par la
faim.
 D'autres furent débarquées nues par le capitaine
 du vaisseau dans des îles désertes.
 D'autres encore vendues comme esclaves dans
le port de Gènes et les villes soumises à son obéissance."

 

1492, année du malheur pour les juifs, mais

 pour l'Espagne des Rois catholiques celle du triomphe

de la croix et d'une triple bénédiction : l

a chute de Grenade le 2 janvier, qui achève la

Reconquista sur les Maures ;

 l'exil d'au moins 120 000 juifs après le décret

du 31 mars ;

 la découverte de l'Amérique par Colomb.

L'Espagne s'éblouit, l'Espagne s'enivre.

Elle refait son unité et s'ampute de sa "gangrène" juive.

Pour avoir purifié son sol,

Dieu la récompense par l'or du Nouveau Monde.

Le plan de Dieu et l'histoire des hommes coïncident

et qu'importe si le prix des métaux précieux d'Amérique

 est le sang du paysan indien qu'on exploite dans les mines !

 Et celui de la pureté de l'Espagne l'expulsion

des juifs -

 avant celle des moriscos (musulmans convertis)

à partir de 1609 -,

qui, grâce à l'argent récolté par le rabbin Abraham

Senior ou Isaac Abravanel, avaient

pourtant fait beaucoup pour la Reconquista !

Les caisses royales y perdent, mais le sacrifice

 intellectuel aussi est considérable.

 Car s'il y a de pauvres juifs, beaucoup

sont ingénieux, actifs, imaginatifs.

"Ils sont médecins, courtiers, collecteurs d'impôts,

commerçants, intendants de noblesse, joailliers,

marchands de soieries",

raconte Andres Bernaldez,

le chroniqueur d'Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon,

les Rois catholiques.

 

Si la perte est grande, l'Espagne y gagne au

change divin.

Elle est le nouveau peuple élu qui supplée le peuple juif

à nouveau défaillant.

 En purifiant le royaume de cette engeance honnie,

 les Rois catholiques préparent le deuxième avènement

 du Christ annoncé dans l'Apocalypse.

 Francisco Enriquez écrira, en 1648,

qu'"un royaume sans religion une et pure est

 une réunion de bandits et d'hommes iniques".

Tout avait commencé en 1391, un siècle avant le

décret d'expulsion, par un bain de sang inondant la

 Castille, l'Aragon, la Catalogne, Majorque.

Les quartiers réservés aux juifs - les aljamas -

sont frappés par la contagion meurtrière.

 Comme si l'Espagne avait voulu signifier pour de bon

à ses juifs, enracinés de longue date,

que leur présence était devenue indésirable,

qu'ils devaient expier pour les épidémies,

 les famines, les guerres qui ravagent alors l'Europe.

Plus de 4 000 personnes périssent à Séville

 où sévit un moine fanatique, Martinez de Ecija.

 Prospère, la communauté de Barcelone est anéantie.

 Les assaillants "pillent, saccagent, massacrent à

 ravir.

Chaque ville fut, ce jour-là, une nouvelle Troie",

écrit un contemporain.

 Seuls ont la vie sauve les juifs qui implorent de

recevoir le baptême et des mots nouveaux

apparaissent : marrano, judeoconverso.

Plus progresse la Reconquista sur les Maures, plus

 se déchaîne la haine contre les juifs. Plus la croix

triomphe, plus sont écartés les ennemis de

Dieu et de l'Espagne.

Une ordonnance royale de 1412 contraint déjà les juifs,

 qui avaient toujours vécu au milieu du peuple

castillan, à rester parqués dans des "ghettos" isolés.

 Elle leur interdit d'exercer toute charge publique,

 de vendre de la viande ou tout autre comestible,

de se couper la barbe et les cheveux. En revanche,

 ils sont obligés de porter de longs manteaux

noirs descendant jusqu'aux pieds. Ces dispositions

 iniques ne font qu'étendre le soupçon sur les convertis

sincères et les baptisés "cryptojuifs" qui continuent

de pratiquer clandestinement leurs rites.

Dès le début de leur règne, en 1474, les Rois

catholiques entendent extirper le mal. Les juifs de Castille

sont confinés dans leurs ghettos, bannis des évêchés

de Séville et de Cordoue, de ceux de Saragosse,

d'Albarracin, de Teruel. Puis l'Inquisition entre en scène.

 Pour elle, les mesures de ségrégation et d'expulsion

régionales sont sans effet. Elle propose donc aux

souverains comme seule médecine le bannissement

généralisé. Les juifs castillans tentent bien de retarder

l'échéance, se disent prêts à payer le prix fort, mais

Torquemada, l'inquisiteur général, brandit devant la

Cour réunie, le 20 mars, un crucifix et rappelle la trahison

de Judas. Le décret royal du 31 mars 1492 est donc

signé : il donne trente jours à tous les juifs d'Espagne pour

 quitter la terre de leurs ancêtres.

Trente jours pour tenter de vendre leurs biens,

faire leurs adieux et vider les lieux.

Que leur reproche-t-on ?

Rien de moins que de contaminer la société espagnole.

"Les juifs essaient de soustraire les fidèles chrétiens

 à notre sainte foi,

de les en détourner, de les dévoyer, de les attirer à

leurs croyances et opinions damnées, écrit le décret d'expulsion.

 Ils les instruisent des cérémonies et observances de

 leur loi, veillent à leur circoncision, eux et leurs fils,

les informent des jeûnes à respecter, leur notifient l'arrivée

des Pâques,

leur donnent et apportent de chez eux le pain azyme et

les viandes abattues rituellement,

 les avertissent des nourritures dont ils doivent s'abstenir

 et des autres interdictions et les persuadent autant qu'ils

le peuvent d'observer et pratiquer la loi de Moïse, leur

 font comprendre qu'il n'y a d'autre loi ni d'autre vérité

que celle-là."

C'est le catalogue des pratiques juives "avouées" sous

 la torture infligée par les tribunaux de l'Inquisition,

 qui exercent de manière souveraine en Espagne

depuis une bulle du pape Sixte IV en 1478.

Le dominicain Tomas de Torquemada a été nommé

par le roi Ferdinand comme inquisiteur d'Aragon,

 de Valence, de Catalogne. Il lui faudra dix ans pour

constituer une Inquisition d'Etat. Les accusés et

condamnés se comptent par centaines, tous ou

 presque des judeo-conversos, nouveau masque

de l'hérésie.

L'obsession de la contamination anéantit par le feu,

 par l'exil, par la ruine, des familles entières parmi

les mieux intégrées. L'argument inquisitorial est

imparable : la présence de juifs sur le sol

espagnol témoigne de la grandeur d'âme

des souverains.

Qu'ils profitent de ce privilège pour entamer l'intégrité

de la société chrétienne est un crime d'ingratitude

 qui mérite les châtiments les plus sévères.

Seule une opération chirurgicale, coupant tout

lien entre les juifs et les "nouveaux chrétiens",

convertis sincères, est capable d'enrayer la

 propagation d'une tumeur maligne,

 l'hérésie judaïsante.

 

Au lieu d'extirper la tumeur, l'expulsion de 1492 et les "auto da fe" -

ces cérémonies à grand spectacle destinées à exhiber les hérétiques,

entendre leurs aveux et leurs condamnations - vont l'aggraver dans des

 proportions inimaginables. Après 1492, l'Espagne ne compte

officiellement plus un seul juif. Parmi les condamnés à l'exil,

 seuls 80 000 n'ont pu partir en raison de la maladie, de l'impécuniosité

 ou par crainte d'un exode à hauts risques et ils se sont fait baptiser.

 Mais une vague d'antisémitisme sans juifs va gagner l'Espagne,

incapable de chasser ses fantômes.

Paradoxe inouï : plus l'Espagne parque, chasse, envoie au bûcher ses juifs,

 plus elle est rongée par l'obsession de savoir qui sont les vrais ou les faux juifs,

 les vrais ou les faux convertis. Derrière chaque visage,

à l'église ou dans la rue, le doute s'insinue :

 celui-ci qui se dit chrétien l'est-il vraiment ?

N'est-il pas un "cryptojuif" qui, en secret,

fait shabbat le samedi, prépare sa cuisine selon les règles

 de la kashrout, célèbre les fêtes juives, procède à

la toilette funéraire selon le rituel juif ?

Un traumatisme naît qui va gangrener pendant trois siècles la société espagnole.

Comment l'expliquer ? Partout en Europe, les juifs sont la lie de la société.

 Ils sont spoliés, marginalisés, expulsés.

L'Espagne est même le dernier pays à avoir chassé ses juifs.

La France l'avait fait dès 1306,

l'Angleterre plus tôt encore.

 Mais l'Espagne se distingue par un antisémitisme racial,

promis au plus bel avenir,

en raison de la forte implantation de ses conversos,

ces convertis de force bien avant ou après les massacres de 1391

et l'expulsion de 1492.

Grâce au baptême, ces juifs convertis ont pu accéder aux

emplois de Cour, aux postes honorifiques,

aux charges ecclésiastiques qui leur étaient autrefois interdits.

 En entrant dans les universités et les ordres religieux où,

 comme juifs, ils n'avaient pas droit de cité, ils ont pénétré

des couches entières de la société - médecine, armée,

magistrature, clergé - et, à la faveur de beaux mariages,

dans la noblesse d'Aragon et de Castille.

L'Espagne catholique s'est longtemps flattée de ces conversions,

 avant de mesurer qu'elle avait ouvert la boîte de Pandore.

 On voulait les convertir, maintenant ils sont partout !

 Et ils investissent, avec ingéniosité, les secteurs les plus dynamiques

de la société.

 Alors, le venin du soupçon fait son oeuvre :

ce sont de faux chrétiens,

 des chrétiens masqués. Ils menacent la foi catholique de l'Espagne,

 sa cohésion sociale et religieuse à peine restaurée.

Chaque sujet du royaume étant officiellement catholique,

comment va- t-on les distinguer ? On invente un critère imparable :

celui du sang.

Dès le début du XVe siècle, un collège de l'université de Salamanque

avait introduit une règle interdisant à ceux qui ne viennent pas

d'un sang pur (ex puro sanguine) d'entrer dans ses rangs.

En 1440, à la suite d'émeutes anti-conversos,

Tolède est la première ville à adopter le statut de limpieza de sangre -

 la pureté de sang - que les efforts inlassables de

l'Inquisition et le futur cardinal Juan Marinez Siliceo,

le plus grand antisémite espagnol du XVIe, vont convaincre

le roi Philippe II, en 1543, d'étendre à toute l'Espagne.

La papauté hésite, car le statut de pureté de sang est une monstruosité théologique :

 l'eau du baptême n'est-elle pas purificatrice ?

Mais l'Inquisition, le bas clergé, le petit peuple vont le lui imposer.

L'idée que tout juif, même converti,

a du sang impur dans ses veines parce qu'il a contribué

à la crucifixion de Jésus-Christ

est très populaire.

 De même que le stéréotype selon lequel les juifs ont infiltré,

jusqu'à la Cour, les meilleures familles et la noblesse.

Parmi les convertis, l'Espagne compte de grands mystiques

 comme Thérèse d'Avila ou Louis de Grenade.

Et des inquisiteurs célèbres, comme Torquemada lui-même,

"dont les grands parents appartinrent au lignage des juifs convertis"

(selon l'historien Fernando del Pulgar).

 Mais le petit peuple, lui, pour son ascension sociale,

 peut se prévaloir d'avoir du sang pur.

S'il ne pouvait rêver d'aucun honneur - honor -, lui avait au moins

 l'honneur - honra - de ne pas avoir de sang juif.

"Le statut de pureté, c'est le marchepied de l'honneur du peuple",

conclut Henry Méchoulan.

L'Espagne entre alors dans une ère de racisme social et religieux,

 l'un attisant l'autre.

 Pour pouvoir entrer à l'université ou dans les ordres religieux,

il faut une attestation délivrée à la suite d'enquêtes généalogiques

 fouillées remontant au plus haut dans le lignage,

validant ou non un soupçon d'infection - alors que les

lois nazies de Nuremberg se limitaient à la quatrième génération.

La porte s'ouvre ainsi à toutes les campagnes de délation.

Une simple rumeur suffit à "souiller" une famille et à l'envoyer

dans les cachots de l'Inquisition.

Des "vieux catholiques" n'osent plus réclamer un certificat

de peur de se voir découvrir une origine juive.

 Le statut de limpieza de sangre paralyse toute mobilité sociale.

Mieux vaut ne pas bouger plutôt que de se faire accuser.

 Si on réussit, c'est qu'on a du sang juif !

Ce gel des relations sociales va scléroser l'Espagne.

La pureté du sang devient un sujet de terreur pour le converti qui vit

 sincèrement son catholicisme, autant que pour le catholique de

 façade resté fidèle à la loi de Moïse. Ils sont soumis au même

régime du soupçon, à la même menace de l'Inquisition.

Tout converti est un juif,

et donc un ennemi potentiel de la foi catholique.

C'est le début d'une névrose : la contamination juive et hérétique se fait par le sang,

par le lait et par la semence.

Les nourrices de la Cour sont soumises à des examens de sang,

 car l'enfant suce les moeurs de sa nourrice

 avec son lait ! Présupposé qui tourne à l'obsession biologique.

 Des traités entiers sont rédigés pour prouver que les juifs

souffrent toujours d'hémorroïdes ou que,

depuis la crucifixion du Christ, ils dégagent une odeur

si pestilentielle que pour s'en débarrasser,

ils doivent boire le sang pur d'enfants chrétiens tués,

le jour de Pâques, lors de meurtres rituels.

Avec le statut de "pureté du sang", le monde découvre

le racisme religieux qu'on retrouvera plus tard dans le protocole

des Sages de Sion et

 l'antisémitisme racial des nazis.

Cette obsession va imprégner toutes les mentalités en Espagne

 jusqu'au milieu du XVIIe siècle.

Au début du suivant, on trouvera encore des articles de loi

se référant aux juifs, alors qu'il n'y en a plus un seul.

Les juifs espagnols de l'exil sont à Amsterdam ou Istanbul,

où ils font partie de l'élite des médecins, des penseurs, des poètes

 et des marchands.

Mais résonnera longtemps la douleur de Joseph Ha-Cohen dans

La Vallée des Pleurs :

"Mon Dieu, nous ne t'avons pas oublié, ni trahi ton alliance.

 Mais à présent, hâte-toi de nous secourir, car c'est pour

toi qu'on nous égorge tous les jours et qu'on nous considère

comme des brebis destinées à la boucherie.

 Accours à notre aide,

Dieu de notre salut, soutiens notre cause et

 sauve-nous pour l'amour de ton nom !"  "

 

17.06.2007

Appel du 18 Juin (site hérodote)

 

à  LIRE  sur le site HERODOTE

 

18 juin 1940 : l'Appel du général de Gaulle

 

 

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17.03.2007

La mort de NEWTON

 
20 mars1727.  le  site historique  HERODOTE  publie  pour 
 le plus  grand  plaisir  des historiens  et des
 amateurs de remarquables  articles.
 S'il  est  un  site  à recommander il s'agit bien 
 de  celui là.

Le 20 mars 1727 s'éteint Isaac Newton, un immense savant

 à la charnière de deux mondes.

Il écrit ses premiers traités en latin et les derniers dans sa langue usuelle,

 l'anglais. Il invente la physique moderne...

mais tire sa plus grande fierté de ses traités d'astrologie et de théologie.

Camille Vignolle
Un génie anglais

Isaac Newton (1642-1727), par Godfrey Kneller

Isaac Newton naît le jour de Noël 1642 dans une famille très

 humble de Woolsthorpe (Lincolnshire).

Titulaire d'une chaire de mathématiques à Cambridge dès 1669, Isaac Newton

est nommé directeur de la Monnaie en 1699. Élu à la Royal Society de

 Londres en 1703, il anime ce «parlement des savants» jusqu'à sa mort.

 

Sa méthode scientifique appelée à faire date apparaît en 1687 avec

les Principes mathématiques de la philosophie naturelle,

 un ouvrage écrit en latin, qui fera l'admiration de Voltaire et

sera traduit en français par la maîtresse de celui-ci,

 l'inégalable Émilie du Châtelet.

La méthode de Newton se fonde sur la synthèse (ramener à une

 cause unique des effets analogues), l'extrapolation (généraliser

 les propriétés accessibles par l'expérience) et l'intuition (tenir

 pour vraie une proposition générale obtenue par l'expérience

 tant qu'une autre expérience n'est pas venue la contredire).

L'un des apports les plus connus de Newton à la physique est la loi

 de gravitation universelle («Deux particules quelconques exercent

l'une sur l'autre une attraction dont l'intensité est proportionnelle

au produit de leurs masses et inversement proportionnelle

à la distance qui les sépare»).

Selon une légende qui rappelle Archimède et son bain, le savant aurait

eu la révélation de cette loi en voyant une pomme tomber de l'arbre sous lequel il

 faisait la sieste. Il se serait alors demandé

 pourquoi la Lune n'en faisait pas autant !

 

Newton est aussi à l'origine du calcul infinitésimal. En optique, il

a montré que la lumière blanche était une composition de l'ensemble des couleurs...

La mort du savant donne lieu à un grand deuil en Grande-Bretagne

 et il est inhumé - privilège rare - dans l'abbaye de Westminster,

au centre de Londres.