06.12.2008

France pour gagner avoir deux coups d'avance

Comme  aux  échecs,  celui  qui  n'a  pas  deux  coups  d'avance  et  trois  si son intelligence   le  lui  permet est condamné à  toujours  perdre face  à un adversaire qui  lui  prépare  l'avenir.

Le  dernier  plan  de  relance correspond à l'avant  dernier  coup  et  non  à  celui nécessaire à l'enjeu  du  défi  du  pays.

La  MUTATION  du  monde  à la  quelle nous  assistons  depuis 1973, date  du  premier  choc  pétrolier et  l'inadaptation  permanente  de nos  pays  occidentaux sera  accélérée  par la  dernière  crise  financière  dont les  répliques  ne  se  feront  pas  attendre  comme les  tremblements  de  terre sans  doute  dès 2009.

 

Fiche  du  02 novembre 2008

CRISE en FRANCE le début de la GUERRE économique TOTALE

 

La  Suite  de  la  crise  économique,

La  crise  financière est  à peine  jugulée  par  l'action   concertée et efficace  de  tous  les  dirigeants  politiques   de la  planète  que  les  effets  de la véritable  crise  économique endémique   depuis 1973 semble  s'amplifier maintenant.

Le  sauvetage  du  système  bancaire  international  était  un impératif inévitable. quand  la  coque  d'un navire  prend  l'eau, personne  de  sensée  pourrait  penser  qu'il n'est  pas vital  de  reboucher  les  fuites  et  ainsi  de  sauver l'essentiel.

Le  laisser  faire   de 1929 et  la  faillite  en  cascade  des  banques a  donc  servi  de leçon  depuis, et  ce  malgré les commentaires  de certains  aujourd'hui  qui souhaiteraient la faillite  générale de  tout  le  système qui de  toute  manière  aurait  frappé  encore  plus  durement  les  plus  faibles.

L'économie  et  la  finance  qui  la  soutient  par  construction  doit  reprendre  sa  place, à savoir  celle  recommandée   par  les  plus  sage  y  compris  le pape  Jean-Paul II  au service  de l'homme  et  donc  de l'humanité.

L'économie  doit  donc  redevenir  un  moyen  et  non  une  fin  en  soi  comme  la  sagesse l'imposerait.

La  primauté  du politique  qui  donne  un  sens à l'économie  redevient aux  yeux  de  tous  un impératif  incontournable, mais  pouvons  nous  sérieusement  modifier les  mauvaises  habitudes  prises  depuis 1969 et l'abandon  du rattachement  du  dollar à l'or, source  de  tous  les  maux  du monde  financier  depuis?

(d'ailleurs  pourquoi  les  européens   eux mêmes  ont  ils  abandonné  cette  conversion à  la  fin   de la  première guerre  mondiale, s'ils  n'étaient  déjà  pas en déséquilibre  financier?)

Les  USA  avec  encore 25%  du  PIB  mondial, accepteront  ils  de  perdre  leur  place  fondement  de l'américan way   of  live  si  enviée  de par  le  monde?

Est  il  sensé  de  croire  cela?

Est  il  sensé  d'imaginer  qu'ils  continueront  à financer  des  organismes  issus  de l'ONU  dont  ils  assument  plus  de 50% à eux  seuls  des  frais  de  fonctionnement? (comme  le  FMI  ou  la banque  mondiale)

Seuls  les  naïfs  peuvent  feindre   de le  croire ou  d'exposer  devant  des  ignares   ce  qu'il  conviendrait  de  faire  en  pareille  circonstance.

Les  recommandations  en  apparence  de bon  sens  prodiguées  ici  et  là   par  des idéologues dépassés resteront  lettre  morte  devant  la  réalité  et  le pragmatisme  économique  de  tous  ceux  qui  contrôlent le  pouvoir  et  donc  les finances  mondiales.

Les  paradis  fiscaux  subsisteront malgré  les  attaques  incessantes  des  chevaliers  blancs.

les  sociétés  off shore,  ainsi  que  la délocalisation   des  sièges  des multinationales  pour  les  quelles  il s'agira  d'une  condition  de  vie  ou de  mort se  poursuivront  à outrance.

Le  sauvetage  réussi  du système  bancaire   donnera  lieu dans  les  prochaines  années à la  reconstruction  d'un système  économique  d'une  rare  violence.

Le  terme  de guerre  économique TOTALE   est  sans  aucun  doute  le plus approprié  à cette  réalité  que  nous  allons  vivre.

Malheur  aux  faibles  sera  la  triste  maxime  qui  accompagnera  les  réajustements  inévitables  de la  purge  qui  commence.

La  stratégie   concerne  les  objectifs  lointains, c'est  à dire  déjà la  manière  d'organiser  les  pouvoirs à la  sortie  de cette  crise. (4 ou 5  ans)

La  tactique est reléguée  aux  pousse cailloux ceux là mêmes  dont l'horizon  se borne  au  jour  le  jour au  gré  des  vagues  et  du  conjoncturel  journalier.

Souhaitons  simplement   que  notre  Président  en  charge  de l'avenir  du  pays  se  comporte  comme  un stratège  et non seulement  comme  un bon tacticien.

Car  les  lendemains  risquent  de ne  pas  chanter  pour  tous.

Dans  l'immédiat le  pays  connaîtra  une  destruction très  grave  de  son tissus  d'entreprises  PME dont  la taille minuscule  ne leur permettra jamais  de pouvoir  surmonter  la  crise  qui déferlera  sur  le pays  au  cours  des  deux  prochaines  années.

Les  mises  en  faillite de  plus  en plus  nombreuses  de  sociétés  de plus  de 100  salariés  en France  depuis  le début  de l'année  a augmenté  de 89%.

l'impact  direct  sur  celles  qui comptent  moins  de 9 salariés est  bien  réel car  étroitement   dépendant  de la  vitalité  des PME plus importantes  en effectifs.

Or  93%  de nos  PME  comptent  moins  de 9 salariés  en France

Les  liens  ci dessous  indiquent près  de 50 à 60 000 licenciements  déjà programmés  en FRANCE  depuis début   septembre , mais  aucun  chiffre  ne fait  apparaître  les  conséquences  sur  les minuscules  PME  de moins  de 9 salariés.

Un coefficient   multiplicateur  de  deux  ou  trois donnerait   donc 100 à 150 000 nouveaux  chômeurs  en  moins  de  trois  mois, bien  loin des 8000 chômeurs  supplémentaires  annoncés  fin septembre après  les 42 000 du  mois  d'août 2008.

30%  de  faillites  supplémentaires  en  France  cette  année

http://www.rmc.fr/edito/info/62473/plus-30pour-cent-le-nombre-d-entreprises-en-faillite-explose/

Disparition  d'entreprises  en France  (insee)

http://www.statapprendre.education.fr/insee/entreprises/quand/quandfaillites.htm

Site Euler-hermes sfac

http://www.actionco.fr/xml/Breves/2008/09/26049/Les-defaillances-d-entreprises-ont-cru-de-15-au-premier-semestre-2008-par-rapport-a-2007/

11 407 procédures  de mises  en faillite  au 3° trimestre '30%  de plus  qu'en 2007)(40 220  depuis  janvier)

http://www.actionco.fr/xml/Breves/2008/01/26756/Les-faillites-d-entreprises-connaissent-une-forte-hausse-au-3e-trimestre/

inventaire  des  entreprises  en difficulté ou  en dépôt  de bilan info presse)

1100  licenciements MBO  31 10 08

http://www.lexpansion.com/economie/actualite-entreprise/les-1100-visiteurs-medicaux-de-mbo-sous-la-menace-du-depot-de-bilan_166770.html?xtor=EPR-77

780 licenciements  à la CAMIF 15 octobre 2008 (et 200  au  siège)

http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/31/segolene-royal-il-faut-sauver-la-

camif_1113401_1101386.html

 

500 licenciements  LA  REDOUTE

 

500  licenciements   chez Rossignols (Ski) (31 octobre 2008 express)

http://www.lexpansion.com/economie/actualite-entreprise/quiksilver-oblige-de-brader-les-skis-rossignol-pour-s-en-delester_166768.html?xtor=EPR-77

547  licenciements  chez électronic  art

http://www.lexpansion.com/economie/actualite-high-tech/electronic-arts-va-supprimer-des-emplois_166744.html?xtor=EPR-77

3500  licenciements  chez Nissan (espagne, USA  japon)  mais  combien  en retour  des  sociétés  US?

http://www.lexpansion.com/economie/actualite-entreprise/nissan-taille-dans-ses-previsions-et-ses-effectifs_166730.html?xtor=EPR-77

458  licenciements  chez l'Oréal à Monaco mais  combien  ensuite  (prévisions 1500  au  moins)

http://www.lexpansion.com/economie/actualite-entreprise/l-oreal-enterre-la-traditionnelle-croissance-a-deux-chiffres-de-ses-profits_166772.html?xtor=EPR-77

Le  luxe  en récession 38%  des  parts  de marché  du  monde 50% de perte  de marché  en 2009

En France plusieurs milliers  d'emplois  dès 2009

http://www.lexpansion.com/economie/actualite-entreprise/le-luxe-risque-la-recession-pour-la-premiere-fois-en-6-ans_166777.html?xtor=EPR-77

Cauval  industrie  Dunlopilo  Treca  ou Nordica en mesure  de  sauvegarde  avant  le dépôt  de bilan

2500  salariés prochainement  licenciés  en France  (6500  dans  le  groupe)

http://blog.izilogipro.com/gel-du-credit-premiere-grosse-faillite-dune-entreprise.html

L'entreprise de vente de lingerie Body One mesure  de  sauve  garde  avant  le  dépôt  de bilan

100  salariés  en  instance  de licenciements

La société Lamberet, basée dans l'Ain, et spécialisée dans la fabrication de semi-remorques isothermes

procédure  de  sauve  garde  en attente  de dépôt  de bilan

350  licenciements   en  instance

 

Le groupe papetier Matussière et Forest,  placé fin septembre en liquidation judiciaire  (TC grenoble)

350  licenciements  en instance

650 licenciements  chez Adeco

Michael page 30%  de  chute  du chiffre  d'affaires: combien  de licenciements?

 

1000 licenciements  à sandouville RENAULT

200 licenciements  chez Euronexte

http://www.lesechos.fr/info/marches/300305632-nyse-euronext-va-reduire-ses-effectifs-de-200-personnes.htm

Combien  de licenciements  chez thalès

http://www.lesechos.fr/info/aero/300305621-thales-une-charge-liee-a-l-a400m-grevera-les-resultats-2008.htm

580 licenciements chez Hp EDS (15 octobre)

 

135 licenciements  chez  harman becker (3 octobre)

44 licenciements  chez  barbe bleue (septembre 2008)

Combien  de licenciements  groupe  Deshouilleres  porcelaine

 

liens  sociétés  qui licencient:

http://actualite.alvinet.com/article-1004828-580-licenciements-en-france-chez-hp-eds.html

800 à 1000  licenciements  Chez HP France

http://www.pcinpact.com/actu/news/46341-HP-France-licenciements-EDS-services.htm

2000 licenciements supplémentaires  chez Renault

http://www.france24.com/fr/20080925-renault-licenciement-constructeur-europe-emplois-automobile-social

50 Licenciements chez  TABARD  tarascon (déolcalisation)

http://www.ladepeche.fr/article/2008/10/28/484641-Tarascon-Menace-de-greve-chez-l-aluminier-Sabart.html

Combien  de licenciements  chez INERGY ?

http://www.leparisien.fr/abo-oise/licenciements-chez-inergy-les-premieres-negociations-echouent-31-10-2008-294494.php

120 licenciements  chez Nilson Belfort (28 oct 2008)

 

150 licenciements chez NEXITY, combien  chez KAUFMAN  et GROAD

plus  de 180 000 seraient  détruits  en 2009  dans le BTP

http://www.20minutes.fr/article/261248/France-Le-batiment-frappe-par-la-crise-craint-pour-ses-emplois.php

64 licenciements en  cours chez BOUYER  Montauban

http://www.ladepeche.fr/article/2008/09/10/474869-Montauban-Chez-Bouyer-le-plan-social-est-loin-d-etre-adopte.html

247 licenciements  groupe  immo Célos Saint Brieuc

http://www.saint-brieuc.maville.com/Groupe-immobilier-Celeos-247-licenciements-confirmes/re/actudet/actu_-720014--BKN----_actu.html

20 licenciements  fonderie Authion  Angers

http://www.angers.maville.com/Debrayage-a-la-fonderie-de-l-Authion-contre-20-licenciements/re/actudet/actu_-702744--BKN----_actu.html

20 licenciements imprimerie Graph 200 d'argetan  Alençon

Combien  de licenciements  en  France  chez  GM 1000 à 2000?

http://www.lefigaro.fr/societes/2008/10/23/04015-20081023ARTFIG00592-general-motors-taille-a-nouveau-dans-ses-effectifs-.php

220 licenciements  chez ROUTEX  prochainement  en îles  de france

http://www.leparisien.fr/abo-essonne/220-employes-de-routex-menaces-de-licenciements-10-10-2008-270849.php

580 licenciements  suite  à la  fusion HP EDS

http://www.clubic.com/actualite-168318-thales-licencie.html

65 licenciements  chez e bay  france  (sur 1600 suppressions)

http://www.01net.com/editorial/394475/ebay-pourrait-reduire-massivement-ses-effectifs-en-france/?rss

10 à 100 licenciements  sur  les sites web seesmic  (7)

http://www.20minutes.fr/article/263658/High-Tech-Le-monde-du-Web-pendu-a-la-crise.php

33 licenciements  chez Tyco électronic

http://www.20minutes.fr/article/263658/High-Tech-Le-monde-du-Web-pendu-a-la-crise.php

350  licenciements  chez  NESTLE  prochainement

http://www.leparisien.fr/seine-et-marne-77/la-cgt-craint-un-nouveau-plan-social-chez-nestle-08-09-2008-205682.php

30 licenciements  ATMEL  Nantes

http://www.nantes.maville.com/A-Nantes-Atmel-va-supprimer-30-emplois-/re/actudet/actu_dep-710281------_actu.html?xtor=RSS-4&utm_source=RSS_MVI_nantes&utm_medium=RSS&utm_campaign=RSS

50 licenciements  chez yahoo france  sur  les 1300 du groupe

http://www.france24.com/fr/20081022-economie-entreprise-yahoo%21-reduction-effectif-crise

mais  3500  prévus  combien  France?

http://www.pcworld.fr/actualite/yahoo-3500-licenciements-supplementaires/15481/

236  licenciements  possibles  chez BOSCH  après  la  fermeture  des  sites 

http://www.leparisien.fr/abo-oise/debrayages-chez-bosch-09-09-2008-208615.php

4000 licenciements  prévus  chez Renault  (non  compris  les 1000  de sandouville)

http://www.france24.com/fr/node/2978839

Plusieurs  centaines  de licenciements chez Air Bus  et  les  sous traitants  Toulouse

http://www.20minutes.fr/article/250550/Toulouse-Power8-Plus-de-craintes-chez-Airbus.php

42 licenciements    EZ Transfert  isère

http://www.ledauphine.com/index.jspz?chaine=42&article=62513&xtor=RSS-42

100 licenciements  chez DIM  Autun délocalisation  vers  la Roumanie

http://www.lepost.fr/article/2008/10/27/1299842_ce-soir-j-ai-verse-une-larme.html#xtor=RSS-30

Combien  de licenciements  en france chez électronic  art? (6%  des  effectifs  au niveau  mondial)

http://www.pcinpact.com/actu/news/47015-electronic-arts-resultats-licenciements-bannissements.htm

360 licenciements  chez NVIDIA  en novembre

http://www.laptopspirit.fr/17689/nvidia-annonce-licenciements-360-postes-supprimes-fin-octobre-65.html

100  licenciements  chez Broad    Kaufman

http://www.easybourse.com/bourse-information/kaufman-broad/9116-kaufman-broad-supprime-une-centaine-de-postes-

 

180 licenciements  chez DOUX

http://www.lanouvellerepublique.fr/dossiers/journal/index.php?dep=18&num=943135&xtor=RSS-13

12 licenciements       FFMT

http://www.ladepeche.fr/article/2008/10/24/483908-Le-Fossat-12-licenciements-a-la-FFMT.html

25 000 licenciements  chez  GM  et volswagen combien  en France?

http://www.ladepeche.fr/article/2008/10/24/483951-Auto-Les-constructeurs-General-Motors-et-Volkswagen-licencient.html

330 à 350 licenciements  chez Alice  (FREE)

http://www.lexpansion.com/economie/actualite-high-tech/free-supprimerait-330-a-350-postes-chez-alice_162221.html?xtor=RSS-128

120 licenciements  ,chez ALTADIS

http://www.20minutes.fr/article/252594/Strasbourg-Des-salaries-d-Altadis-ont-manifeste-a-Paris.php

3600  emplois  menacés  à dunkerque  chez arcelor mittal (sans licenciement  sec  mais  sans  embauche)

http://www.20minutes.fr/article/254188/Lille-Quatre-milliards-d-economies-sans-licenciements-secs.php

Combien de licenciements  prochainement  chez AVELANA (textile)

http://www.ariegenews.com/news/news-6255.html

Combien  de licenciements  chez IBM France ?

http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-stress-chez-ibm-france-la-justice-demande-une-expertise-27141.html

115 licenciements  chez météo France

http://www.20minutes.fr/article/262492/Bordeaux-Temps-orageux-chez-Meteo-France.php

Chômage  technique  chez Père DODU

http://www.quimper.maville.com/Fin-du-chomage-technique-partiel-chez-Pere-Dodu/re/actudet/actu_-731852--BKN----_actu.html

Chômage  technique  chez COOPER  Standard

http://www.vitre.maville.com/Chomage-partiel-chez-l-equipementier-vitreen-Cooper-Standard/re/actudet/actu_-731098--BKN----_actu.html

132  licenciements  chez MAHLE  équipementier  (95)

http://www.leparisien.fr/abo-val-d-oise/menaces-sur-les-132-salaries-de-l-equipementier-auto-02-10-2008-262436.php

Combien   de licenciements  chez Chaffoteaux   à St BRIEUC?

http://www.saint-brieuc.maville.com/Departs-volontaires-chez-Chaffoteaux-a-Ploufragan-decision-ce-jeudi/re/actudet/actu_-714425--BKN----_actu.html

330 licenciements annoncés   chez VALEO  sarthe   

http://www.lemans.maville.com/La-Suze-sur-Sarthe-nouveau-mouvement-de-greve-chez-Valeo/re/actudet/actu_-723931--BKN----_actu.html

à  suivre:.............. mise  à jour  le 2 11

13.09.2008

Comment choisir le meilleur candidat

 

 
 
 
Rappel  d'une  note  diffusée  sur AGORAVOX  le mercredi 4 octobre 2006
 
 
 
 
 Ecouter MP3  (ReadSpeaker)
 

2007 : comment choisir le meilleur candidat

 Pour ne pas assister demain à l’impuissance structurelle de notre futur président en 2007, jugeons les candidats sur leur capacité à mettre en oeuvre leurs projets.

 

Vouloir certes mais surtout POUVOIR !

 

 

 

 

 

 

Les causes de la victoire en 2007  (mais  aussi  en 2012)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Trop de candidats ou de partis axent leurs discours sur les conséquences de décisions déjà prises et non sur les causes réelles qui ont conduit le pays là où il se trouve.

 

 

 

 

 

L’économie française ne produit plus assez de richesses pour satisfaire les besoins légitimes des plus fragiles.

 

 

 

 

 

Constater une situation, dénoncer les injustices et la misère que vivent trop de nos concitoyens est insuffisant, et surtout inutile, si les causes qui ont conduit le pays où il se trouve ne sont pas identifiées afin d’être corrigées.

 

 

 

 

 

Sans incriminer la droite ou la gauche, cela n’a plus aucun sens aujourd’hui, car les décisions prises en leur temps répondaient à une situation qui a évolué depuis.

 

 

 

 

 

Le seul constat sur lequel tout le monde peut tomber d’accord, c’est de dire que le volume de richesses créées par la France est insuffisant.

 

 

 

 

 

Tous les programmes devront donc être analysés à partir de cette grille de lecture, car les mesures qui seront proposées par tous les candidats ne sont qu’une redistribution, la plus équitable possible, des richesses du pays.

 

 

 

Seul le candidat qui pourra expliquer, et surtout en donnant des arguments fondés et vérifiables, la manière d’accroître les « parts du gâteau » national sera digne d’être écouté. En effet, sans accroissement du gâteau, les plus faibles, qui n’ont déjà que des miettes, risqueront demain de ne plus avoir que leurs yeux pour pleurer.

 

 

 

 

 

Certaines mesures nécessiteront de longues années de mise en place pour donner à l’Etat la possibilité de jouer son rôle dans une répartition équitable des richesses, en revanche certaines mesures peuvent être prises immédiatement avec des effets immédiatement visibles.

 

 

 

Les décisions à prendre.

 

 

 

Comment réduire le nombre de fonctionnaires pour les faire passer de 25% de la population active à 15 ou 10% (mesure qui a été conduite par tous les pays occidentaux depuis quinze ans sauf la France) ?

 

Comment réorganiser l’Etat ?

 

 

 

Comment accompagner les porteurs de projets industriels innovants, seuls capables demain de créer les emplois protégés pour l’ensemble de nos salariés ?

 

Comment financer ces sociétés, non pas en finançant la recherche publique seulement, mais en créant, comme dans tous les autres pays anglo-saxons en particulier, des banques d’investissement qui n’existent pas en France ?

 

Comment retenir nos jeunes diplômés, alors que notre économie ne leur offre plus de postes de cadres en nombre suffisant, ce qui les conduit depuis dix ans à s’expatrier, aux USA en particulier (un million et demi) ?

 

 

 

 

 

 

 

L’export : comment accompagner les PME à l’export comme le font toutes les autres grandes nations occidentales ? La conquête des marchés à l’export a pour conséquence la création de 15 000 emplois pour un milliard d’euros vendus à l’étranger.

 

La France ne dispose que d’un dispositif inadapté car piloté par la fonction publique qui, par éthique, s’oppose à aider le privé à s’enrichir. La conséquence est simple, alors que l’Allemagne accompagne près de 30 000 nouvelles PME à l’export, la Grande-Bretagne plus de 15 000, la France parvient à peine à 500.

 

 

 

 

 

Comment augmenter les salaires ?

 

 

 

 

 

C’est par la relance tous azimuts de notre économie que dès demain nous serons capables non seulement de fournir un travail au plus grand nombre, mais aussi et surtout de fixer des salaires au niveau équivalent à ce que connaissent nos amis suisses, à savoir plus de 1500 à 2000 euros pour les emplois les moins qualifiés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Constater que nous avons des problèmes est trop facile, même si près de dix millions de Français se trouvent dans une situation invivable, et surtout sans avenir.

 

 

 

Vouloir redistribuer l’existant sans comprendre qu’il est insuffisant est un mensonge électoral.

 

 

 

Pour pouvoir donner à chacun en fonction de ses besoins, il importe aujourd’hui de ne pas mentir au peuple, et d’indiquer clairement comment créer les richesses qui nous manquent et qui seront nécessaires dès demain pour conduire une politique sociale qu’appellent de leurs vœux tous les candidats.

 

 

 

 

 

C’est sur ce point, et lui seul, que les électeurs devront dans les urnes faire le choix de l’intelligence, et non seulement celui du cœur.



28.08.2007

Comment refonder efficacement la gauche

 
lu  sur  le Blog  de DSK
Remise  en ligne  de trois  articles,  que nous pourrions considerer 
 comme le Testament politique  de  DSK  avant  qu'il n'occupe 
 ses  prestigieuses  fonction  au FMI.
 Nul n'est prophète  dans  son Pays.
L'analyse   qu'il  donne  ainsi d'ailleurs  que nombreuses  de  ses propositions  appartiennent  au  parti  du bon sens, celui  de la justice  sociale  "réelle", c'est  à dire  rendue  possible  ,
 qui tient  compte  des  réalités  au lieu  de  s'inscrire  dans l'utopie.
Trois  textes  dont  le premier  porte  sur le thème impératif  de la refondation  de la Gauche.
L'impérieuse  nécessité  de  comprendre  comment  la France  a changé,  de comprendre  que  seuls les entrepreneurs  seront demain capables  de créer  les  emplois  dont le peuple  aura besoin.
Vouloir  certes  mais  surtout pouvoir. pour  une nouvelle cohérence économique  et sociale.
Il n’y a pas d’avenir pour la gauche dans une vision trop étroitement sociale ou trop étroitement étatique.

On ne peut plus se contenter d’aider les pauvres : il faut construire une société qui fabrique moins de pauvres.

Le socialisme du réel ne peut se passer de l'idéal d'une société juste.

Aussi nous efforçons-nous d'encadrer le fonctionnement du marché.

 Mais, parallèlement, nous avons progressivement reconnu que la liberté d'entreprendre était source d'efficacité économique et créatrice de richesse.

la nécessaire régulation du capitalisme et la nécessaire promotion des entrepreneurs - dépend, pour une bonne part, l'avenir de la gauche.

Frappée d'hémiplégie, la gauche a longtemps négligé la répression, confiant à la seule prévention le soin de garantir la sécurité.

La justice ne consiste pas à nier ou à entraver les talents au prétexte de leur répartition arbitraire, mais à les faire contribuer à l'amélioration des perspectives des membres les moins bien dotés de la société.

L'égalité réelle suppose le souci du bien commun.
Loin de tout archaïsme, notre attachement viscéral à la laïcité reste, de ce point de vue, un combat pour l'émancipation et l'égalité.

Mais refuser toute dérive scientiste ne nous dispense pas de renouer avec le règne de la raison,

qui est, depuis deux siècles, la marque des progressistes.

Rejeter frénétiquement l'expérimentation scientifique, s'abriter couardement derrière la recherche du « risque zéro », voilà qui pave la voie d'un retour de l'obscurantisme que la vénération de la nature tente d'habiller idéologiquement.

C'est, ici encore, l'identité même de la gauche qui est en jeu. Réel et donc rationnel : tel est le socialisme que je veux aider à refonder. »

 

05 juillet 2007

Refonder la gauche

Bonjour à toutes et à tous,

A l’orée des vacances d’été, qui permettront à tous de se reposer après une année politique chargée, je tiens à attirer ici votre attention sur les trois tribunes que j’ai signées récemment dans le Nouvel Observateur.

Si la rénovation du parti socialiste et de la gauche passe nécessairement par l’arrivée aux responsabilités de visages nouveaux dans le paysage politique, il serait illusoire de faire de cette refondation une simple question d’âge : le débat sur les idées est indispensable.

C’est pourquoi je vous invite à discuter, commenter, critiquer, débattre de ces textes que je vous soumets.

Je vous souhaite de très bonnes (et studieuses !) vacances,

dsk

 

Pour une société juste

 « Nous venons de subir une troisième défaite consécutive à l’élection présidentielle. Manifeste au soir du 6 mai, elle était latente depuis le premier tour, le 22 avril : jamais le score de la gauche n’avait été aussi bas. La défaite vient de loin. Elle  sanctionne un refus, celui de nous réformer. C’est à cela que je veux aujourd’hui m’attacher.

  Rendre un avenir à la gauche : voilà l’enjeu. Il faut le faire en regardant le monde tel qu’il est, avec les Français tels qu’ils sont.

Le socialisme du réel doit être celui d’une gauche efficace au temps de la mondialisation. Trois principes l’animeront : une vraie compréhension des inégalités et non pas une grille de lecture dépassée, une efficacité sociale et non pas des slogans inopérants, une stratégie émancipatrice redonnant de la force à l’idée de progrès.

  Osons le dire : notre lecture de la lutte des classes est totalement dépassée.

  Il est devenu commun d’annoncer la "fin d’Epinay", c'est-à-dire l’épuisement du grand cycle historique de la gauche française, né en 1971 de l’unification des socialistes par François Mitterrand autour d’un mot d’ordre, la rupture avec la société capitaliste, et d’une stratégie politique, l’Union de la gauche. Nous devons tourner cette page pour ouvrir un cycle nouveau.

  Nous devons le faire pour les raisons que chacun perçoit : parce qu’il est temps que les nouvelles générations de la gauche puissent écrire leur propre histoire ; parce que cette rhétorique révolutionnaire a depuis longtemps perdu tout rapport avec notre pratique du pouvoir ; parce que l’état actuel des forces à gauche pose la question de notre stratégie et de nos alliances.

  Mais nous devons le faire pour une raison plus profonde : le cycle d’Epinay est achevé parce que la vision de la société sur laquelle il reposait est devenue caduque.

  "La lutte des classes", la réduction "en dernière instance" de l’ensemble des inégalités au clivage capital / travail, l’illusion d’un prolétariat homogène et uni entraînant dans son sillage l’ensemble du salariat ne constituent certes plus les principaux leitmotivs du discours socialiste. Mais faute d’avoir réalisé lors des dix dernières années notre aggiornamento, notre analyse de la société continue de s’inspirer d’une vague lecture marxiste, héritée des années 1960, qui analyse les problèmes économiques et sociaux à partir du vieux triptyque couches populaires / couches moyennes / détenteurs du capital, sous l’angle exclusif de l’affrontement et de l’équilibre entre ces classes sociales.

  C’est le décalage croissant entre les mutations, accélérées, de la société française et nos grilles de lecture, obsolètes, qui compose à mes yeux la toile de fond de nos revers électoraux. Pour le dire autrement, il me semble qu’en 2002 comme en 2007, nous avons d’abord buté sur notre inaptitude à analyser la nouvelle réalité sociologique française.

  Cette nouvelle réalité, c’est celle de la fragmentation sociale.

  Les inégalités traditionnelles n’ont pas disparu dans la société française des années 2000 : la mondialisation exacerbe la subordination du monde du travail aux détenteurs de capitaux. Les disparités de revenus et de patrimoine entre les cadres et l’ensemble des salariés d’exécution, qui agrége les ouvriers à la masse des employés du tertiaire aux salaires peu élevés, ne se réduisent guère.

  Mais ces inégalités traditionnelles n’expliquent plus la dynamique sociale. Un puissant processus d’individualisation a fait imploser les anciennes "classes". Il n’est pas indifférent d’avoir un emploi ou de disposer de revenus de transfert, de bénéficier d’un CDI ou d’évoluer dans l’univers des CDD, de travailler dans une grande entreprise ou dans une PME, dans une zone tirée par la mondialisation ou frappée par la désindustrialisation, dans le secteur public ou dans le secteur privé. A cela s’ajoute tout ce qui ne relève pas du statut socio–professionnel mais joue un rôle décisif dans la distribution des richesses et des possibilités d’épanouissement personnel : les inégalités entre les sexes et entre les générations, ainsi que les discriminations raciales. Tout ceci se résume dans ce qui traduit une large part du malaise français : les inégalités territoriales.

  Il n’y a pas deux France, "la France d’en haut" et "la France d’en bas", la France qui va bien et la France qui souffre, mais une France éclatée en mille univers : celui des jeunes de banlieues et celui des retraités des zones rurales, celui des nouveaux prolétaires des industries de l’Est, celui des travailleurs précaires maintenus aux marges de la société, celui des salariés qui ne jugent pas toujours légitime l’effort fait en direction de moins bien lotis qu’eux.

  Le temps n’est plus où la gauche pouvait se contenter d’être le porte-parole du seul prolétariat dans un monde injuste. Aujourd’hui, elle doit redéfinir ce qui fonde une société juste.

  Nicolas Sarkozy a fait son miel des antagonismes que nourrit l’hétérogénéité sociale. En choisissant ses boucs émissaires, en épousant la méfiance spontanée qu’inspirent les "assistés" aux salariés "qui se lèvent tôt", en opposant la France des campagnes à celle des "racailles", il s’est donné les moyens de réunir une majorité. Il a joué sur les peurs et les rancoeurs, mais aussi sur l’espoir d’une énergie nouvelle. Je suis convaincu qu’il sera impossible pour la gauche de reconquérir le pouvoir et de l’exercer durablement si elle ne prend pas, elle aussi, la mesure de cette nouvelle société française. C’est cette mise à jour qu’il nous faut faire. C’est à ce socialisme du réel que je veux convier la gauche et les Français.

  Pour retrouver une crédibilité politique, nous devons éviter trois écueils :

 ignorer la fragmentation sociale en imaginant qu’on peut encore construire un "front de classes" à l’ancienne autour de quelques mots d’ordre anticapitalistes et altermondialistes ;

capituler devant la "société des individus" en courant après tous les mouvements sociaux et en se laissant disloquer par toutes les revendications ;

 contourner le problème en faisant de la démocratie participative ou du nécessaire dialogue social une fin en soi.

  Pour moi, trois pistes mènent à notre rénovation idéologique.

  D’abord, la promesse d’un Etat social à nouveau efficace.

  Chacun constate combien il s’est dégradé depuis 2002. Je crains que les dégâts à venir ne soient comparables à ceux qu’infligea le thatchérisme au Royaume-Uni des années 1980.

Mais je crois aussi que s’enfermer dans la seule défense des acquis condamne la gauche à n’être qu’un rempart vite contourné face au réformisme libéral.

Pour rester fidèle à ses valeurs, la gauche doit reconnaître la nécessaire adaptation de notre modèle social aux défis de la mondialisation, du vieillissement démographique et de l’individualisation des situations.

Rien n’est tabou : sur le financement des retraites, l’évolution du système de santé, la réforme du marché du travail, la reconfiguration territoriale des services publics, les électeurs potentiels de la gauche attendent de notre part un discours de vérité pour reconstituer notre crédibilité.

  La gauche doit aussi répondre à la demande de protection face à la mondialisation :

je continue de penser que la construction de l’unité politique de l’Europe est la seule réponse stratégique sérieuse que les socialistes puissent opposer aux contradictions du discours de Nicolas Sarkozy, qui a promis tout à la fois le libre marché au CAC 40 et le protectionisme aux salariés.

  Enfin, cet Etat social renouvelé doit désormais promouvoir cette catégorie d’entrepreneurs qui inventent notre avenir.

 Nous devons les considérer comme d’authentiques acteurs du progrès social et non comme des "ennemis de classe" à vouer aux gémonies.

  La deuxième piste est celle d’un nouveau compromis social.

  Nous devons assumer plus clairement nos priorités politiques

 et définir le type de société que nous voulons bâtir :

quel partage de la valeur ajoutée,

quel arbitrage entre la progression du pouvoir d’achat des différentes catégories

de salariés et le soutien à la lutte contre l'exclusion et au noyau dur du chômage ?

Est-il concevable que nous revenions devant les électeurs sans avoir déterminé la répartition de l’effort fiscal qui nous semble souhaitable ?

  La troisième piste enfin touche à l’utopie fédératrice de l’égalité réelle et d’une société juste.

  Adopter le socialisme du réel que je préconise, ce n’est pas se résigner au pragmatisme et à l’ordre établi : il s’agit de faire face à la réalité pour pouvoir la changer. Je crois d’ailleurs que la gauche ne peut se passer, dans notre pays, de cet horizon d’une transformation radicale de la société qui, depuis la Révolution, donne sens à ses combats.

  La "rupture avec le capitalisme" a cédé la place à un nouvel objectif tout aussi stimulant : la construction par l’égalité réelle d’une société juste.

  L’égalité réelle, c’est d’abord l’égalité des droits, la lutte contre les discriminations sexistes, raciales, générationnelles, territoriales. Mais c’est aussi la lutte contre la reproduction sociale qui demeure, malgré la "massification" du système scolaire voulue par la gauche, une réalité structurante de la société française.

  Articulé autour de propositions audacieuses et d’engagements financiers précis en matière d’éducation, de santé et de logement, ce mot d’ordre peut, lui aussi, être fédérateur dans une France qui aspire profondément à relancer l’ascenseur social. Si la gauche ne se fixe pas cette nouvelle frontière comme horizon, on pourra légitimement se demander à quoi elle sert.

  Le socialisme est d’abord une protestation contre l’ordre existant. Mais il exprime aussi une volonté d’émancipation concrète. C’est ce que je développerai dans ces colonnes lors des quinze jours à venir. »

 

 

Refondation de la gauche ( 2 )

Pour une nouvelle cohérence économique et sociale
Par Dominique Strauss-Kahn

« Deux constats s’imposent à nous. Notre compétitivité s’érode : la France est en train de perdre la bataille économique. Notre modèle social a un coût très élevé alors même que son efficacité dans la lutte contre les inégalités paraît faiblir.

De ces deux constats indiscutables, Nicolas Sarkozy a tiré une stratégie et une diatribe : la France doit retrouver sa compétitivité en liquidant son modèle social. Il semble penser de surcroît que cette liquidation ne suscitera guère de protestations, puisque ce modèle procure moins de bénéfices que par le passé et qu’il n’est plus créateur d’espoir.

Largement enfermée dans le schéma de la relance par la demande, la gauche a refusé de prendre toute la mesure de la perte de compétitivité de l’économie française et a continué de faire comme si l’on pouvait redistribuer sans trop se préoccuper de produire. Dans le même temps, elle n’a pas suffisamment pris en compte la montée en puissance de nouvelles formes d’inégalités et a considéré que les politiques sociales traditionnelles continuaient à fonctionner de façon satisfaisante. Leur évidente incapacité à lutter contre la pauvreté et l’explosion des inégalités a été attribuée non à leur inadéquation grandissante, mais à une force de frappe insuffisante. Il ne s’agissait plus dès lors de les faire évoluer : il suffisait de les renforcer.

Que la thérapie retenue par Nicolas Sarkozy soit inappropriée ne change rien au diagnostic : entre deux constats fondés et partagés par une grande majorité de Français et une analyse doublement décalée, les électeurs ont choisi. Pour rétablir sa crédibilité, la gauche doit retrouver une cohérence économique et sociale qui permette de fonder une critique radicale du libéralisme sans se limiter à un pamphlet contre le capitalisme.


La compétitivité et l’égalité réelle

Si l’on veut remédier à la perte de compétitivité de notre économie, il faut en identifier les causes. Sur un marché devenu mondial, arrivent une quantité importante de travail et une moindre quantité de capital. Devenu relativement abondant, le travail voit son prix baisser ; demeurant relativement rare, le capital bénéficie d’une rémunération croissante. Pour autant, la stratégie conduisant la France à renouer avec une compétitivité forte ne passe pas par l’abaissement du coût du travail : quelle que soit l’amertume de la potion libérale imposée à l’économie française, le coût du travail n’y sera jamais assez faible pour autoriser notre pays à rivaliser en la matière avec les économies émergentes. Il faut au contraire promouvoir le type de travail qui, à l’échelle du monde, reste rare et peut donc être cher : le travail suffisamment qualifié pour nourrir l’innovation.

Quant à notre modèle social, il souffre aujourd’hui de deux faiblesses qui le rendent peu apte à contribuer à l’égalité réelle. Les politiques sociales sont d’abord trop réparatrices et pas assez préventives. Il ne suffit plus de constater les inégalités créées par le marché et de chercher à les compenser au moyen d’allocations diverses : il faut les attaquer à la racine, là où elles se forment, dès l’enfance, au travail, dans le tissu urbain.

On ne peut plus se contenter d’aider les pauvres : il faut construire une société qui fabrique moins de pauvres.

 De ce point de vue, les politiques d’éducation et de santé sont les premières en cause. D’où la nécessité, sur certaines parties du territoire, d’allouer massivement du capital public à ceux qui ont peu de capital personnel. C’est ce qui justifie de limiter à quinze élèves l’effectif des classes dans certaines banlieues ou certaines zones rurales. C’est ce qui fonde l’opposition à l’instauration des franchises médicales et impose, à rebours, l’adoption d’une vigoureuse politique de prévention en direction des enfants et des familles pauvres.

Nos politiques sociales sont ensuite trop monétaires : elles reposent excessivement sur le versement d’allocations et font encore assez largement l’impasse sur l’accompagnement individuel. Le vieillissement de la population illustre l’inadéquation de ce modèle : sujet crucial des décennies à venir, il ne peut trouver de réponse pertinente dans la seule redistribution monétaire. Le problème des retraites est évidemment important ; mais l’adaptation du travail à l’âge des seniors, l’amélioration de la santé au travail ainsi que la prise en compte de sa pénibilité sont des questions tout aussi décisives.

Nous voyons tous aujourd’hui que les remboursements ne suffisent plus à garantir l’amélioration de l’état de santé des individus, contrairement à la mise en place de parcours de soins. Nous voyons aussi que l’augmentation de l’allocation de rentrée scolaire n’est pas véritablement un gage de la réussite à l’école, contrairement au renforcement de l’encadrement des élèves et du soutien qui peut leur être apporté.


Le social dans l’économie

Ce qu’il nous faut finalement, ce n’est ni le social au mépris de l’économie, que la gauche a trop tendance à pratiquer lorsqu’elle croit pouvoir développer des politiques sociales en négligeant les conditions de leur financement, ni le social par l’économie, que la droite persiste à prôner parce qu’elle pense que quand l’économie va, tout va.

C’est le social dans l’économie, c'est-à-dire des politiques sociales dont la mise en œuvre contribue à la croissance économique.

Quand on permet aux talents qui naissent dans les banlieues d’aller à l’université, c’est aussi l’économie dans son ensemble qui en bénéficie. Quand on améliore la santé au travail, c’est aussi la productivité qui s’élève. Quand on facilite le retour à l’emploi des salariés frappés par les délocalisations, c’est aussi le tissu industriel qui retrouve sa trame.

Si notre avenir repose sur la valorisation du capital humain de nos concitoyens, c’est parce que la protection contre les effets indésirables de la mondialisation passe par une économie plus efficace. Ce qui nous protégera à l'avenir, c'est la compétitivité, pas le repli. Il nous faut donc un Etat qui fasse de cette entreprise de valorisation sa tâche principale, non un Etat qui s’emploie à privilégier la rente en abaissant les droits de succession.


Une politique durable

Chacun comprend aujourd’hui qu’il n’est de politique efficace que si elle est durable. « Durable », cela veut dire qu’elle sera mise en œuvre longtemps et poursuivie avec opiniâtreté, mais aussi qu’elle sera efficace et financée à long terme - certains diraient « soutenable ». Il faut donc intégrer à la logique du développement des contraintes – sociales, environnementales, énergétiques - qui ont jusqu’alors été considérées comme latérales. Une fois la politique économique définie, on s’interrogeait sur ses conséquences sociales et environnementales pour en corriger éventuellement les effets. A l’avenir, il ne pourra plus en aller de la sorte. Il faut dorénavant que, dès sa conception, la politique tienne compte des conditions de sa durabilité.


Ceci vaut naturellement aussi pour les finances publiques. Le retour à un taux d’endettement supportable est la condition impérative d’une politique durable. On comprend aisément que ceci ne soit guère compatible avec une politique à courte vue d’allègements fiscaux.

Disons-le d’une phrase : aucune politique ne peut porter de fruits si elle n’est pas suffisamment acceptée par la société pour durer, durer, durer encore.


Le contrat et l’Europe

Comment le faire ? Question de méthode. Question d’espace aussi.

La méthode, c’est le contrat. Le contrat entre l’Etat et ses différents partenaires, en particulier les collectivités territoriales sur lesquelles reposeront, à l’avenir, une bonne part des politiques publiques. Mais aussi le contrat avec, et entre, les partenaires sociaux. Il faut pour cela des syndicats forts et, surtout, parfaitement légitimes. D’où l’ardente nécessité de mettre en place des mécanismes propres au renforcement de leur représentativité. D’où, aussi, l’importance d’engager de vraies négociations et de se refuser à poser constamment le pistolet de la loi sur la tempe des partenaires sociaux. D’où, enfin, l’urgence de favoriser l’émergence d’un nouvel acteur, le consommateur, qui doit être en mesure de contester la toute-puissance des entreprises.

L’espace, c’est l’Europe. L’Etat-Nation n’est plus le lieu pertinent de la lutte contre les effets indésirables de la mondialisation.

De cette affirmation banale, il faut tirer toutes les conséquences :

donner à l’Union européenne les moyens de financer des politiques favorables à la croissance et à l’emploi comme de piloter la recherche ; négocier les premiers éléments d’une Europe sociale ; garder l’ambition de fonder une Europe politique.

Je ne vois rien de cela ni dans le protectionnisme national qui nous a été promis pendant la campagne présidentielle, ni dans le mini-traité qui nous est annoncé par Nicolas Sarkozy.


Il n’y a pas d’avenir pour la France dans une vision trop étroitement nationale ou trop étroitement économique.

 Il n’y a pas d’avenir pour la gauche dans une vision trop étroitement sociale ou trop étroitement étatique. Notre avenir ne peut se construire qu’à travers la mise en œuvre, dans l’espace européen, de politiques négociées permettant de répondre à l’exigence sociale et de renforcer la compétitivité. Ceci passe par une réforme radicale de nos politiques publiques qui ne peuvent plus prétendre se limiter à corriger, après coup, les méfaits du capitalisme mondialisé. Il faut accepter de « se salir les mains », d’intervenir sur le fonctionnement même du système productif. Il faut un socialisme du réel. »

 

 

La nouvelle bataille des valeurs

Par Dominique Strauss-Kahn


« Pour conclure cette série de réflexions dans « le Nouvel Observateur »,

je voudrais dire quelques mots des valeurs qui peuvent guider la gauche aujourd'hui.

Nous critiquons le monde tel qu'il est et nous voulons le transformer, mais nous ne pourrons le faire qu'en sachant ce que nous voudrions qu'il soit.

Le socialisme du réel ne peut se passer de l'idéal d'une société juste.

Les Français exigent des partis des réponses concrètes aux problèmes de leur vie quotidienne, mais ils cherchent également dans le discours politique une représentation de ce qu'ils font et peuvent faire ensemble.

 De ce point de vue, nous n'avons pas perdu en ce début d'année 2007 la seule bataille des projets économiques et sociaux.

En laissant Nicolas Sarkozy imposer sa vision de la nation, de l'ordre, du travail, du mérite, nous avons aussi perdu la bataille des valeurs, faute de l'avoir livrée avec nos armes.

 Il y a, bien sûr, au coeur de la gauche, une aspiration qui traverse les époques :

une soif de justice et de liberté,

une révolte contre la fatalité,

 les privilèges et la domination,

un humanisme fondamental qui conduit à reconnaître en chaque homme un alter ego.

 Née des Lumières, elle a été portée par la Révolution française

 puis par le mouvement socialiste dont nous sommes les héritiers.

Elle nous survivra.

 Mais cette aspiration ne suffit pas à nous définir.

Les valeurs elles-mêmes ne sont pas épargnées par le mouvement du réel et de l'Histoire.

La gauche est une conscience collective qui cherche sa voie à travers des expériences successives. Nous avançons, nous tâtonnons, nous inventons des modèles ;

 et à chaque époque nouvelle, nous devons tirer de ce que nous avons appris

 de nos succès, de nos erreurs et de nos oublis aussi les leçons

qui nous permettront de reformuler notre vision du monde.


La liberté ordonnée


Les années 1960 et 1970 nous ont légué une cohérence marxiste et libertaire : alors que les libertés économiques étaient suspectes, les libertés individuelles se trouvèrent sacralisées.

Cet héritage demeure notre socle.

 Face à l'insécurité économique, aux dégâts écologiques, aux inégalités sociales qu'il engendre, nous persistons à vouloir réguler le capitalisme.

 Contrairement aux libéraux, qui veulent « libérer » le marché de toutes ses entraves, nous continuons de penser, en sociaux-démocrates, qu'il faut organiser la tension entre le capital et le travail.

Aussi nous efforçons-nous d'encadrer le fonctionnement du marché.

 Mais, parallèlement, nous avons progressivement reconnu que la liberté d'entreprendre était source d'efficacité économique et créatrice de richesse.

De notre capacité à convaincre de la cohérence de ces deux affirmations -

 la nécessaire régulation du capitalisme et la nécessaire promotion des entrepreneurs - dépend, pour une bonne part, l'avenir de la gauche.

Il nous faut de même concilier la loi et l'ordre.

 Frappée d'hémiplégie, la gauche a longtemps négligé la répression, confiant à la seule prévention le soin de garantir la sécurité.

Une pathologie symétrique conduit aujourd'hui la droite à tout miser sur la répression.

 Sanctionner sans faiblesse les atteintes à la loi après avoir mis en oeuvre les moyens permettant d'éviter la multiplication des infractions : telle est la voie que doit emprunter un socialisme du réel.

Le moment est venu d'entériner cette évolution idéologique.

 Pour traduire ce double rééquilibrage - de la liberté et de la responsabilité, des droits et des devoirs -, j'aime à parler de liberté ordonnée.

Les batailles sémantiques et symboliques sont des batailles politiques ;

 à l'heure où la droite engage une offensive caricaturale contre l'esprit de Mai-68,

je crois important de montrer que la gauche est capable de faire bouger

les lignes sans pour autant céder en rien,

ni dans les mots ni dans les propositions, à l'idéologie de ses adversaires.


L'égalité réelle


Poser en principe que les seules inégalités sociales et économiques acceptables sont celles qui bénéficient aux membres les plus défavorisés de la société, c'est donner un contenu concret à l'égalité. Il ne s'agit pas d'éliminer les différences « naturelles », même si l'on sait à quel point elles sont socialement et familialement conditionnées.

L'égalitarisme niveleur, qui est par exemple à l'origine d'utopies scolaires comme celle du « collège unique », refuse aux plus mal lotis ( promus de classe en classe à l'ancienneté ) l'opportunité de progresser selon des rythmes et des méthodes adaptés à leurs capacités réelles.

Parce qu'il bride les talents des plus doués, cet égalitarisme est responsable d'une seconde injustice à l'endroit des moins favorisés : les chances qu'ont ces derniers de bénéficier un jour du fruit des efforts des premiers en sont diminuées.

 La justice ne consiste pas à nier ou à entraver les talents au prétexte de leur répartition arbitraire, mais à les faire contribuer à l'amélioration des perspectives des membres les moins bien dotés de la société.

 La conception sociale-démocrate de la République, ce n'est donc pas l'égalitarisme niveleur. Mais ce n'est pas davantage l'ouverture d'une course inégale à la domination telle que la prône Nicolas Sarkozy, lequel semble faire sienne la formule de Hayek : « A ceux qui ont, l'on donnera. » Ma conception, c'est celle de la mutualisation des talents : nous devons les regarder comme des atouts collectifs et nous considérer mutuellement comme les bénéficiaires des avantages résultant de leur épanouissement. Il n'y a rien de choquant à prétendre que l'activité collective de la société est mieux à même que l'égoïsme individuel de soutenir nos efforts, de susciter notre contribution, et de rendre réalisable ce dont nous sommes capables.


La fraternité laïque


A la fragmentation du salariat qui érode le sentiment de classe, à la mondialisation qui désarticule les Etats-nations s'ajoute depuis quelques décennies la montée d'une forme d'individualisme invitant chacun à cultiver son autonomie et à affirmer sa différence.

Mais les solitudes et les angoisses qui accompagnent cette nouvelle donne font aussi resurgir les besoins d'appartenance et les revendications identitaires.

 De nouveaux réseaux de communication et de sociabilité se développent, de nouvelles références territoriales ou religieuses apparaissent, mettant sous tension la conception républicaine de la nation.

 L'égalité réelle suppose le souci du bien commun.

Mais elle ne requiert pas l'uniformité des croyances, des moeurs et des cultures. Respecter l'égalité des droits des citoyens impose de ne pas leur prescrire une manière de vivre déterminée ou une conception particulière du bonheur privé - fût-ce celle de la majorité d'entre eux.


C'est ainsi que la pluralité des orientations sexuelles appelle de la part de la démocratie autant de respect que la diversité culturelle : elle est une richesse que doivent accueillir favorablement les sociétés libres, un des innombrables moyens par lesquels ces dernières échappent à l'uniformité. Il y a toutefois un point sur lequel nous ne devons pas, à mon sens, transiger : notre refus d'une communautarisation insidieuse de la société et de l'espace public qui, en enfermant les individus dans des identités figées et en imposant une représentation ethnicisée de la société, perpétuerait durablement les inégalités.

 Loin de tout archaïsme, notre attachement viscéral à la laïcité reste, de ce point de vue, un combat pour l'émancipation et l'égalité.


Là aussi, la doctrine de la gauche doit faire la part entre la fidélité à son héritage idéologique et la prise en compte des nouvelles réalités sociologiques. L'hospitalité que la démocratie accorde aux différences n'est pas faite d'indifférence aux individus et aux valeurs : elle résulte de la séparation à laquelle procède la démocratie entre le public et le privé d'une part, le politique et le religieux d'autre part. La démocratie ne peut donc admettre qu'au nom de leur singularité personnelle ou de leur particularisme culturel des individus ou des groupes remettent en question la laïcité, condition même de la tolérance dont ils bénéficient.


Le progrès maîtrisé


Comment achever l'esquisse d'une refondation de la gauche sans revenir sur la notion de progrès ?

Cette dernière n'est plus à la mode.

 Le repli sur elle-même d'une société inquiète laisse douter du progrès social ;

 les bouleversements environnementaux font voler en éclats l'illusion de l'asservissement sans limites de la nature ; l'émergence de nouvelles interrogations morales, liées par exemple à l'utilisation des cellules souches ou des OGM, effraie autant qu'elle fascine.

La défiance qu'inspire l'idée de progrès se nourrit de l'opacité qui entoure les expérimentations scientifiques comme les grands choix technologiques, notamment en matière énergétique.

 Aussi est-il sans doute nécessaire de placer ceux-ci sous un rigoureux contrôle démocratique.

Mais refuser toute dérive scientiste ne nous dispense pas de renouer avec le règne de la raison,

qui est, depuis deux siècles, la marque des progressistes.

Rejeter frénétiquement l'expérimentation scientifique, s'abriter couardement derrière la recherche du « risque zéro », voilà qui pave la voie d'un retour de l'obscurantisme que la vénération de la nature tente d'habiller idéologiquement.

C'est, ici encore, l'identité même de la gauche qui est en jeu. Réel et donc rationnel : tel est le socialisme que je veux aider à refonder. »

 

04.07.2007

COURTELINE n'est pas mort car .....

 

Couteline  n'est  pas mort.....
 l'article publié  sur le site  de jacques ATTALI  prêterait à sourire, si derrière  cette situation nous ne mesurerions pas l'incapacité  de tous les politiques français  à contrôler leurs propres administrations.
 Comme cela se dit  souvent  au sein même des ministères,
 les POLITIQUES  ne sont  que des saisonniers, 
et les Fonctionnaires  des permanents.
  le nouveau pouvoir  aura t il l'outrecuidance  (nous n'en sommes pas du tout certains)
 de  s'opposer  à ces dérives 
 qui n'ont rien de républicaines  mais  qui sont le fondement même 
de l'action de certains syndicats  dans notre  pays.
lu  sur le site  de jacques ATTALI

03 juillet 2007

Courtelignesque.


L’administration française découvre les joies d’Internet. Mais, là comme ailleurs,
 Courteline reste son maitre à penser.

Un nouveau site internet, sous le nom de Télépoints, permet , depuis le 2 juillet,
 aux 38 millions de titulaires du permis de conduire de connaître précisément leur
solde de points et d’éviter ainsi de conduire sans permis à leur insu .
Naturellement, pour éviter qu’une compagnie d’assurance ou un employeur puisse
connaitre ces informations, chacun doit s’identifier par un code d’accès confidentiel.
 Seulement voilà : pour obtenir ce code, il faut aller dans une préfecture et y remplir un dossier !
 Ou le demander par courrier, en joignant une photocopie de son permis de conduire et
 d’une pièce d’identité et une enveloppe affranchie au tarif recommandé avec accusé de réception
! Evidemment, tout cela prendra au moins autant de temps que par l’ancienne méthode,
qui consistait à aller consulter son dossier dans la même préfecture….
Certes, on peut espérer qu’une fois inscrit, on pourra interroger le fichier en ligne à
 plusieurs reprises, mais l’administration est parfaitement capable d’inventer de très
bonnes raisons pour nous ramener au moins une fois par an à l’un de ses guichets.
Il aurait été évidemment beaucoup trop simple d’employer les méthodes d’identification
désormais parfaitement rodées permettant à tout internaute de se connecter de façon
confidentielle, sans se déplacer, à un site de commerce électronique : un nom, un mot
 de passe, choisi librement et qui pourrait même être, dans ce cas, le numéro
 du permis de conduire.

Cette absurdité est très révélatrice d’une administration française tétanisée devant
 la menace que les nouvelles technologies font peser sur son pouvoir,
incapable
 de mettre à la disposition des usagers des services en ligne leur permettant de
connaitre leurs droits, de recevoir leurs prestations, de faire connaitre les évolutions
de leur statut et de s’assurer la transparence des marchés publics.
 Alors que d’autres administrations avancent très vite dans ces directions,
 comme celles des Etats-Unis, de Singapour, du Danemark ou de Bahreïn,
qui vient  de promettre  une réduction de 90% de ses dépenses de fonctionnement,
grâce à internet.

De fait, en France, seule l’administration des impôts a sérieusement
commencé à se mettre en ligne ; tel est notre pays : on peut payer en ligne
 pour des services qu’on ne peut pas recevoir en ligne. Consternant.
j@attali.com

07.06.2007

Mise a Point du Président avant les législatives

article  paru  dans le figaro

 

"Interview de Nicolas SARKOZY :

« J'ai besoin

d'une majorité large pour

 réformer en profondeur »

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Le Figaro - 7 juin 2007 

 

Dans sa première interview depuis son élection, le chef de

l'État réaffirme en exclusivité pour Le Figaro sa

volonté de mettre en oeuvre son projet fondé sur

"la franchise et la vérité" dès le lendemain du scrutin des 10 et 17 juin.

 

Le Figaro : Quels enseignements tirez-vous de

ce premier mois à l'Elysée ?

 

Nicolas SARKOZY : J'ai essayé de mettre à profit ce mois

 pour que - si les Français me donnent une majorité à

l'Assemblée nationale - mon gouvernement puisse se

 mettre au travail dès le lendemain des législatives.

J'ai été élu sur un projet fort, cohérent, basé sur

la franchise et la vérité. Mon devoir c'est de mettre en o

euvre ce projet. J'ai eu l'occasion de dire qu'en

matière économique et fiscale, je ne laisserai

personne le dénaturer. Je veux dire, avec la

même force, pour que cela soit bien compris de

tout le monde qu'il en ira de même avec mon

engagement en faveur d'une République

 irréprochable et d'une démocratie exemplaire.

 

Le Figaro : Vous faites allusion à votre proposition

de réserver la présidence de la commission

des finances à l'opposition...

 

Nicolas SARKOZY : Notamment. Je comprends

 parfaitement que cet engagement, que j'ai pris devant

les Français, puisse bousculer certaines traditions

et peut être gêner des ambitions, mais tout cela a

 bien peu d'importance au regard de l'enjeu.

Mon devoir de président c'est de rassembler

une majorité et le devoir de la majorité c'est de s'ouvrir.

 Si la majorité ne s'ouvre pas, elle se condamne.

Le président de la République ne peut être l'homme

 d'un parti ou d'un clan. Cet engagement sera

donc tenu dès le lendemain des élections législatives.

 Mais j'irai plus loin.

 

Le Figaro : Comment ?

 

Nicolas SARKOZY : Je pense à la place qui d

oit être faite au développement durable. Je pense au

rôle du Conseil économique et social, a

ux méthodes de travail du Parlement. Je pense aux

 droits de l'opposition qui doit enfin avoir un statut.

Je pense à l'encadrement des nominations,

à l'évaluation de tous les responsables sur leurs résultats.

Je crois à cette politique. Je la mènerai. Je suis heureux

d'avoir dans mon gouvernement des hommes de la

qualité de Bernard Kouchner, de Jean-Pierre Jouyet,

d'Eric Besson et Martin Hirsch. Ils ont été courageux.

 Si l'opportunité se présente, je proposerai à d'autres

 personnalités de gauche et du centre de nous rejoindre.

 Avec l'ouverture, je n'ai pas voulu faire un «coup».

Je veux réformer en profondeur notre pays pour le moderniser.

Parce que les changements seront forts,

 j'ai besoin d'une majorité large.

 

Le Figaro : Cela devrait être le cas,

si l'on en croit les sondages...

 

Nicolas SARKOZY : Rien n'est gagné. Rien n'est joué.

L’heure n’est certes pas à la répartition de postes

qui ne sont pas encore conquis. J'engage tous les responsables

 de la majorité à se battre jusqu'à la dernière minute, comme

 je l'ai fait moi-même, avant le premier tour et le second tour.

 

Le Figaro : En demandant une large majorité, ne

 donnez-vous pas des arguments à ceux qui vous reprochent

de «vouloir tous les pouvoirs» ?

 

Nicolas SARKOZY : Ceux qui disent cela sont ceux qui

se sont battus au côté de François Mitterrand pour lui

donner la majorité que l'on sait! «Tous les pouvoirs»,

 cela ne les gênait pas quand c'était pour la gauche!

Qu'est ce que cela veut dire quand vingt régions sur vingt-deux

sont à gauche, quand plus de la moitié des départements

sont à gauche, quand tant de communes sont à gauche?

 Je n'essaie pas de savoir si la majorité sera trop grande

 ou trop petite. Je me bats pour obtenir le soutien

parlementaire qui me permettra de mettre en oeuvre

le projet ratifié par les Français. Je me bats pour avoir

une majorité qui m’aide à appliquer le mandat qui m’a été confié.

 

Le Figaro : Réformerez-vous le mode de scrutin des législatives ?

 

Nicolas SARKOZY : Je recevrai après l'élection toutes

les formations politiques représentées à l'Assemblée,

au Sénat et au Parlement européen...

 

Le Figaro : Y compris le Front national ?

 

Nicolas SARKOZY : Au nom de quoi l'écarterais-je, d

ès lors qu'il a des élus? J'écouterai les propositions de

chacun. Si un consensus se dégage en faveur

d'une dose minoritaire de proportionnelle, nous en

discuterons. Je ne suis pas fermé.

 

Le Figaro : Allez-vous procéder à un remaniement

après les législatives ?

 

Nicolas SARKOZY : Des secrétaires d'Etat feront leur entrée.

Je précise tout de suite qu'ils seront nommés en petit nombre :

 on ne doublera pas, loin de là, la taille du

 gouvernement! J'ajoute qu'ils devront répondre

à des critères de diversité à la fois par leurs

origines territoriales, leurs origines politique et être

 représentatifs de la France multiple. Par ailleurs,

 la parité est un objectif auquel je ne renoncerai pas.

 

Le Figaro : Comment définiriez-vous votre

 relation avec François Fillon ?

 

Nicolas SARKOZY : Je voudrais rendre hommage à son action.

Il fait un excellent travail et j'ai avec lui une relation très

 confiante et très amicale. Nous avons construit

 le projet ensemble, nous le mettons en oeuvre ensemble.

Nous sommes complémentaires. Nos montres marquent

la même heure. En un mois, je n'ai pas eu un

cas de désaccord entre nous.

 

Le Figaro : Des frictions sont tout de même apparues

lorsque le ministre du Budget a évoqué la question de

 la déduction des intérêts d'emprunt ou la «pause»

dans la lutte contre les déficits ...

 

Nicolas SARKOZY : Sur ce dernier point, je ne laisserai

dire à personne que nous ne tiendrons pas nos

engagements européens en matière de maîtrise des

dépenses publiques. Je n'ai jamais employé le mot

«pause». La France a pris des engagements, elle les respectera.

 Pour réduire les déficits, il faut réduire les dépenses

 et augmenter les recettes. Je suis engagé dans un

 projet de revalorisation du travail. J'affirme que cette

politique nous permettra de gagner la croissance

qui nous manque. Mais cette démarche n'est pas

exclusive d'économies. Je confirme la règle du non-renouvellement

d'un fonctionnaire sur deux dès le budget 2008. J

e confirme que nous réformerons les régimes spéciaux en 2008.

 Je confirme aussi qu'il nous faudra trouver de nouvelles

 économies sur l'assurance maladie.

 

Le Figaro : La session extraordinaire se prolongera-t-elle en août ?

 

Nicolas SARKOZY : Le mois de juillet sera consacré

à l'action législative prioritaire. Le mois d'août, aux

 vacances. Dans l'immédiat, je veux faire passer un

 texte économique et financier très fort qui montrera

la cohérence de notre politique.

 

Le Figaro : Ce ne sera pas un collectif budgétaire ?

 

Nicolas SARKOZY : Non. Un collectif budgétaire

c'est ouvrir de nouvelles dépenses. Moi je veux

créer les conditions d'une nouvelle stratégie économique.

 

Le Figaro : Allez-vous bousculer les

habitudes lors du 14 juillet ?

 

Nicolas SARKOZY : Le 14 juillet, j'inviterai un détachement

militaire de chacun des vingt-six pays de l'Union européenne

 à défiler sur les Champs Elysées.

 Ce sera un beau symbole ! La garden-party sera

 consacrée aux victimes et plus largement à tous ceux

 qui ont traversé des épreuves. Seront aussi invités

tous ceux qui ont fait un acte de bravoure. Le soir,

nous organiserons au Champ de Mars un grand concert

en l'honneur de la France et de l'Europe.

 

Le Figaro : Et la traditionnelle interview présidentielle ?

 

Nicolas SARKOZY : Ce sera une conférence de presse,

probablement un peu avant le 14 juillet.

 

Le Figaro : Vous avez annoncé une loi contre

les «parachutes dorés». Comment va-t-elle fonctionner ?

 

Nicolas SARKOZY : Le dispositif, très simple,

 consistera à lier l'existence de primes de départ -

qui devront être votées par l'assemblée générale des

actionnaires - à la performance du dirigeant remercié.

 Pas de performance, pas de prime.

 

Le Figaro : Le président de la République soutient-il

 un candidat pour la présidence de l'Assemblée et

 celle du groupe UMP ?

 

Nicolas SARKOZY : Non. Mais le président de la

République peut dire à ses amis: avant de vous concurrencer

pour savoir qui présidera quoi, peut être serait-il plus

 judicieux de conquérir d’abord la majorité.

 

Le Figaro : Que pensez-vous de la controverse entre

Jean-Pierre Raffarin et Patrick Devedjian

sur la gouvernance de l'UMP ?

 

Nicolas SARKOZY : Je ne suis plus président de l'UMP

et je n'ai pas à avoir d'opinion sur le sujet. Il n'est pas

absurde qu'une formation politique modifie son organisation

dès lors que le président de la République est issu de ses rangs.

Mais cette affaire de statuts n'intéresse pas les Français,

ni le président de la République.

 

Le Figaro : L'UMP est tout de même votre famille politique ?

 

Nicolas SARKOZY : C'est ma famille d'origine mais je ne

suis plus président de l'UMP. Le président de la République

ne peut pas être membre d'un parti politique. En même temps,

mon devoir est de rester à l'écoute de ceux qui sont mes

 électeurs et qui doivent pouvoir me dire un certain nombre de choses.

 

Le Figaro : Et la réforme de la carte judiciaire ?

 

Nicolas SARKOZY : La réforme de la carte judiciaire est i

ndispensable et incontestable.

La justice de proximité ce n'est pas d'avoir un tribunal dans

toutes les villes. C’est d’avoir une justice rapide et incontestable

qui réponde aux vœux des justiciables. Il y a des départements

 où il y a trois tribunaux de grande instance, d'autres où il y a

plusieurs cours d'appel. Depuis 1958, la carte judiciaire n'a

pas évolué. La France, oui. Des discussions doivent s’ouvrir.

 

Le Figaro : Vous vous étiez engagé à définir le rôle de votre

 épouse après votre élection, qu'en est-il ?

 

Nicolas SARKOZY : Nous en parlons beaucoup, elle et moi.

 Elle aura l'occasion d'exposer sa vision de son rôle d'ici peu,

lorsque les choses seront définitivement calées. 

 

Le Figaro : Avez-vous eu un contact avec Jacques Chirac

 depuis son départ ?

 

Nicolas SARKOZY : Non.

 

Le Figaro : Au conseil européen de juin, vous ne vous

opposerez pas à l'adhésion de la Turquie à l'Union.

 Avez-vous changé d'avis ?

 

Nicolas SARKOZY : Ma priorité en Europe est d'obtenir

le traité simplifié. Mais si je pose, en même temps,

la question de la Turquie, il n'y aura pas de traité simplifié.

 Je n'ai pas changé d'avis: la Turquie n'a pas sa place en

 Europe. Mais le rendez-vous est en décembre, pas en

 juin. J'ai engagé des discussions avec le premier ministre turc,

M. Erdogan, pour lui faire comprendre que ma position

n'était en rien dirigée contre les Turcs mais qu'elle concernait

la question essentielle des frontières de l'Europe. Après

 le Conseil européen de juin, je proposerai une stratégie

qui permettra de trouver une voie pour ne pas casser l'Europe

 et, en même temps, ne plus continuer sur la stratégie de l'adhésion.

 

Le Figaro : Où en est-on dans la négociation en

 vue d'un traité européen simplifié ?

 

Nicolas SARKOZY : Cela progresse parce que certains

de nos partenaires ont compris que la France, en élisant

 un président de la République qui a eu le courage de

s'engager sur une ratification parlementaire, apporte les

 clés pour sortir de la crise européenne. Reste à se mettre

d'accord sur le contenu du traité simplifié. Cela ne peut pas

 être une Constitution dont les Français n'ont pas voulu.

 Il faut qu'il y ait de la substance: un président stable

du Conseil européen, un ministre européen des Affaire

s étrangères, des domaines plus larges soumis

à la majorité qualifiée et une référence aux droits

 fondamentaux. Aujourd'hui, personne ne dit plus que c'est impossible.

 

Le Figaro : Qu'attendez vous du G-8 ?

 

Nicolas SARKOZY : Je souhaite un accord sur un objectif

chiffré pour la réduction des gaz à effet de serre. On ne peut

pas transiger là-dessus. Je suis un ami des États-Unis,

un allié déterminé et un ami sans arrière pensées. Mais je

leur dis: il faut faire un effort. La première puissance du monde

 ne peut pas s'exonérer de donner l'exemple sur la préservation

 des équilibres de notre planète. Le deuxième enjeu consiste

à mobiliser davantage de richesses en faveur de l'Afrique.

Qui ne voit qu'il y a lien entre les deux enjeux ? Au Darfour,

 des populations se sont déplacées à cause de la sécheresse

 et cela conduit à des affrontements barbares. Je veux porter

 une autre politique africaine qui consiste à parler franchement

aux Africains. Je crois au droit à l'accès universel au

traitement du Sida en 2010. Mais je veux parler un langage

de vérité aux Africains : leurs problèmes ne viennent

pas que de l'extérieur de l'Afrique.

 

Le Figaro : Au Darfour, que faut-il faire ?

Des couloirs humanitaires ? Des sanctions contre Khartoum ?

 

Nicolas SARKOZY : Il y a au Darfour deux cents camps

 de réfugiés sur un territoire grand comme la France.

Et c'est la saison des pluies....
 
Mais on ne peut rester les bras croisés. Il faut d’urgence

 traiter les trois dimensions de cette tragédie : la sécurité

avec l’envoi d’une force ONU-Union Africaine, la relance

 d’une négociation politique et, enfin, l’aide humanitaire

sous toutes les formes possibles. J’en parlerai au G8 et

à ma demande Bernard Kouchner se rendra

 sur place dans les prochains jours.

 

Le Figaro : Comment abordez-vous votre rencontre

avec Vladimir Poutine ?

 

Nicolas SARKOZY : Il est très important d'avoir de bonnes

 relations avec la Russie. C'est un grand peuple,

une grande nation. Je n'ignore pas les difficultés de M. Poutine,

ses problèmes et ses réussites. Je vais le voir avec beaucoup

 d'intérêt, pour l'écouter et pour le comprendre.

 Qu'est ce qui le motive ? La Russie est redevenue un

 grand pays du monde. Cela devrait la conduire

à la sagesse et à la sérénité. Je dirai à M. Poutine

que l'amitié c'est également la franchise. Il est franc

quand il parle de son désaccord avec les Américains

 sur le système antimissile. Je ne prends pas cela comme

 inamical. Il ne doit donc pas juger inamicales les questions

qui ont été posées sur les droits de l'homme, et sur l'économie

 de marché en Russie. Je vais le rencontrer avec la volonté

qu'on se comprenne et que lui aussi accepte qu'on n'est

 pas forcément tous sur la même ligne.

 

Le Figaro : Est-ce une bonne idée de déployer ce

bouclier antimissile en Pologne et en République

 tchèque ? Pourquoi n'en a-t-on pas parlé entre Européens ?

 

Nicolas SARKOZY : Ce bouclier ne peut pas être

 efficient contre les missiles russes compte tenu justement

de sa proximité. Il est peut-être agressif à l'endroit de la

 Russie politiquement mais il ne l'est pas militairement. Il

eut mieux valu une concertation européenne, c'est certain.

 M. Poutine a raison de nous dire qu'il faut comprendre le

sentiment national russe mais je lui demande de prolonger

sa réflexion. Comprenons l'histoire de la Pologne, comprenons

 l'histoire de la République tchèque.

 

Le Figaro : Le dossier d'Ingrid Betancourt avance. Avez-vous

un espoir de dénouement rapide ?

 

Nicolas SARKOZY : Pas à ce jour. Je veux rendre hommage

 au président Uribe qui en libérant Rodrigo Granda a fait

un geste dont je mesure qu'il n'était pas facile pour lui.

La négociation est très difficile. Ce que nous avons fait était

 nécessaire mais n'est pas suffisant. D'autres discussions

 auront lieu. Je ne peux en dire plus. La priorité est d'avoir

une preuve de vie d'Ingrid Betancourt. Ensuite nous

 pourrons prendre d'autres initiatives."

 

Source : Le Figaro

17.05.2007

Le départ de CHIRAC dans l'indifference....

 
lu  sur le blog  de MOSCOVICI

15 mai 2007

Jacques Chirac s'en va.

Jacques Chirac s’en va, et personne – ou presque – ne s’en rend compte.

Sa statue a déjà, avec 2 jours d’avance, quitté le musée Grévin.

 Cela ne signifie pas que le personnage est négligeable, que sa vie politique a été insignifiante

ou inintéressante, qu’il n’a pas marqué les Français.

Non, cela veut simplement dire que son temps est passé, probablement qu’il a trop duré.

 

 

Chirac est un monstre sacré de la politique. Quelle carrière que la sienne ! Secrétaire d’État en 1967 –

 De Gaulle était encore Président, l’injustement oublié Lyndon Johnson celui

des Etats-Unis, Brejnev portait beau – ministre en 69, Premier ministre en 1974, Maire de Paris, Chef du RPR pendant 20 ans, à son tour Président en 1995, réélu en 2002 dans des circonstances invraisemblables : la longévité est plus qu’exceptionnelle, extravagante, et il a fallu au Chef de l’État sortant une formidable opiniâtreté, une extraordinaire habileté pour accomplir ce parcours. Jacques Chirac a été un homme politique hors norme, irrésistible dans la conquête du pouvoir, impitoyable avec ses rivaux au sein de son camp, de Chaban-Delmas à Balladur.

Je crois qu’il est resté aussi longtemps au sommet de la politique parce qu’il était, au fond, très Français : séducteur, travailleur, attaché à la Nation, méfiant face au marché, mais aussi souvent hâbleur, peu rigoureux, aimé au fond pour ses travers mêmes.

 

 

Pour autant, il n’a pas été un bon Président. Bien sûr, tout dans ces 12 ans n’est pas à jeter ou rejeter.

Sur le plan extérieur, la professionnalisation des armées, le refus de la guerre en Irak,

 l’attention portée au dialogue des cultures, à la défense de l’environnement, ne sont pas négligeables.

En France, son mandat restera marqué par de grands discours consacrés aux valeurs républicaines et aux pages noires de notre histoire : discours du Vel d’Hiv sur la responsabilité de l’État français dans les crimes commis contre les juifs, discours sur l’esclavage, entrée des Justes parmi les Nations au Panthéon. Malgré quelques clins d’œil maladroits à l’extrême droite dans les années 80, Chirac aura dans l’ensemble été intransigeant à l’égard de celle-ci et ferme face à son chef, comme en 1998 lorsque son parti choisit de s’allier avec le FN après des élections régionales difficiles. Enfin, le Président n’a pas échoué dans ses « chantiers » du quinquennat : la sécurité routière, le cancer, le handicap.

 

 

Cela ne fait pourtant pas un bilan que retiendra la postérité. Car Jacques Chirac a aussi connu beaucoup d’échecs, témoigné beaucoup d’insuffisances ou de légèreté.

 Il a été, d’abord, le roi du « flip flop », ses changements de pieds ont donné le tournis,

constituant autant de petits  ou gros mensonges. Mensonge, la promesse de lutter contre la « fracture sociale » de 1995, aussitôt suivie par un plan de rigueur.

 Mensonge, la volonté de rassembler les Français en 2002, uniquement concrétisée par la création d’un « grand parti de la droite », l’UMP. Jacques Chirac a été, en campagne, le roi de la promesse, et en actes, le prince de la déception. Mais il a été, aussi, un grand indécis, un grand arrangeur. Ses 12 ans de mandat n’ont pas vu de grandes réformes. Il faut dire, à sa décharge, qu’il a connu 2 ans de souffrance avec Juppé, 5 ans de cohabitation avec Jospin, 3 ans poussifs avec Raffarin, 2 ans d’agonie politique avec Villepin. Mais n’en est-il pas, au fond, le responsable ? Ce Président louvoyant n’a pas été un réformateur – si ce n’est les contestables lois Fillon sur les retraites ou l’éducation. Il est aussi constamment demeuré distant, plus qu’économe de sa parole, soutenant de loin ses gouvernements, trop peu impliqué dans l’action, alors même que le passage au quinquennat exigeait qu’il le soit. Enfin, Jacques Chirac aura été un piètre européen, inconstant, d’abord eurosceptique, puis converti sans enthousiasme, inconsistant, car trop peu engagé, peu entraînant. Cela restera peut-être son plus grand échec : Chirac a affaibli le couple franco-allemand, il a bloqué les réformes structurelles de l’Union, il a échoué à convaincre les Français de la nécessité de changements politiques et institutionnels profonds. Il laisse une France isolée et moins influente dans l’Union, et à son successeur une dure pente à remonter.

 

 

En réalité, pour moi, Chirac se survit depuis le 29 mai 2005. Rejeté par les Français, négligé par nos partenaires, à la fois muet et inaudible, lassé de tout, il s’est replié dans son palais et s’est consacré, de l’inauguration du musée des Arts premiers en biographies complaisantes, à sculpter une statue de Président humaniste et altermondialiste – ce qu’il est peut-être devenu, mais si tard. En réalité, l’élection de Nicolas Sarkozy est bien celle d’un anti-Chirac. Sarkozy a construit son parcours contre le vieux Président, il a milité pour la rupture, il voudra incarner le mouvement, la conviction à droite et non le rassemblement dans l’immobilisme. Il aura les forces et les faiblesses symétriques de celle du dinosaure qui, contraint et forcé, parce qu’il n’avait plus ni présent, ni avenir, quitte le pouvoir. Il faudra, pour le déloger, un type d’opposition différent, moins moral, plus politique, confrontant les projets, les visions du monde et de la France.

 

 

Jacques Chirac s’en va, et tout le monde, ou presque, s’en moque. Il conserve, chez les Français, une part de sympathie, il n’a pas marqué son temps, pour avoir été trop habile et pas assez courageux.

 Il connaît, j’en suis sûr, ce verdict, même s’il s’est cuirassé d’indifférence.

Le personnage manquera, et pas seulement aux Guignols –

 il est là depuis si longtemps, il est devenu si familier à tant

de générations –

 

 mais personne ne regrettera le Président.

28.01.2007

le discours de jean Pierre RAFFARIN

 

"J'ai accueilli Nicolas Sarkozy hier à Poitiers.

Interrogé par la NSTV,

j'ai expliqué que ce début de campagne était réussi car

 notre candidat a réussi à se hisser au niveau qu'exige

la fonction présidentielle. Pour autant, il ne faut pas faire

 de triomphalisme car la campagne ne se terminera

que le 6 mai, nous devons d'ici là continuer à expliquer

 nos propositions aux Français.

Vous trouverez ci-après le texte de mon discours.

jpr

Voir la vidéo du discours de Nicolas Sarkozy à Poitiers

Meeting de Nicolas SARKOZY
au Futuroscope
vendredi 26 janvier 2007
Intervention de Jean-Pierre RAFFARIN

Introduction :

• Chasseneuil une commune affectueuse, la Vienne un département moderne. Le Futuroscope est un message : la modernité c’est ce qui allie la France de toujours et la société de demain.

•  Ici nous savons ne pas confondre la diversité, le succès, avec la division, l’échec. La diversité renforce son camp, la division renforce l’adversaire. Victor Hugo a bien défini ce qu’était la division : « réfléchis longuement avant de te faire applaudir par tes adversaires ».
Sur cette vieille terre française, quelque peu radicale, les relations sont bonnes : dans la majorité et aussi avec l’UDF. Notre règle d’or, c’est le respect de chacun pour l’unité de tous.

•  Aujourd’hui, je veux dire merci aux très nombreux parlementaires et aux ministres présents. Ceux qui sont ici ont été, avec moi, les militants de la réforme et aujourd’hui les militants de l’union, ils ont permis avec vous tous, ce merveilleux rassemblement unitaire du 14 janvier.
Je salue ici mes amis Gaullistes, Centristes, Radicaux et Libéraux.
Je salue avec émotion tous ces grands noms de la vieille et authentique famille des Républicains Indépendants qui sont aujourd’hui rassemblés pour exprimer leur soutien à Nicolas SARKOZY.

• La région qui t’accueille est particulièrement méritante.
Après avoir connu 18 ans de progrès continu, elle connaît aujourd’hui des difficultés industrielles aggravées par le sectarisme politique.
Nous sommes « les militants-méritants ». Nicolas doit mesurer qu’en nous mobilisant pour lui, nous militons en fait pour garder ici la Présidente du Conseil Régional. Nous serions pourtant les seuls gagnants de son départ des Deux-Sèvres pour Paris. On est quand même dévoués !

I. DANS LA FRANCE DU XXIEME SIECLE, LE CANDIDAT DE L’INQUIETUDE, LE CANDIDAT DE L’INCERTAIN, LE CANDIDAT DE L’INSCONTANT, C’EST LA CANDIDATE.

Elle se veut la plus nature, elle est la moins sécure.

A) Elle est inquiétante parce qu’elle improvise.

Son talent, c’est son intuition de l’instant. Elle est très forte pour dire hic et nunc, ici et maintenant, ce que son interlocuteur souhaite entendre. Cela mutile sa pensée et raccourcit sa vision.

Ici, elle a improvisé le déménagement du Comité Régional du Tourisme, résultat : la région a du réintégrer les locaux, payer une indemnité et subir une augmentation de loyer : décision du tribunal.

Ses voyages en Chine et au Liban ont été improvisés, comme l’ont été ses déclarations sur l’avenir du Québec.

Chez nos cousins comme ailleurs, la France ne soutient pas un parti, elle soutient le peuple et ses décisions démocratiques. Notre ami, c’est le peuple Québécois.

Tout en blanc, la mauvaise couleur en Chine, la candidate n’a pas défendu les positions de la France. J’aurais aimé, derrière la grande muraille, une action pour favoriser la circulation et la liberté des journalistes qui vont couvrir les prochains jeux olympiques de Pékin en 2008. Pour nous les compliments aux  autorités chinoises ne commencent pas nécessairement par la Justice.

B) Elle est inquiétante parce qu’elle détruit

Son premier objectif à la région a été de chercher à détruire le travail de ses prédécesseurs.

 Première région de France pour l’élevage caprin, nous avions bâti une ferme pilote ouverte au public, Cabrilia, elle l’a fermé.

 Nous avions construit une école des projets, la première en France, pour la création d’entreprises, elle l’a fermé.

 Nous organisions annuellement un salon de rencontre des jeunes et des entreprises, elle l’a fermé.

 Nous avions créé en marge des Francofolies un chantier de formation pour les jeunes, elle l’a fermé.

 Nous avions rassemblés toutes les compétences concernées par l’Europe dans le territoire au sein d’une agence Poitou-Charentes Europe, elle l’a fermé.

Si certains comptaient sur la candidate socialiste pour exprimer une bienveillante gratitude en reconnaissance d’attitudes troubles, ils seront cruellement déçus : la candidate socialiste a besoin de détruire l’avant pour promettre l’après.


Si nous voulions accrocher une plaque Ségolène Royal par reconnaissance pour une réalisation, nous ne saurions où la poser : pas une école, pas une entreprise, même pas une salle des fêtes. Pour les routes, elle en a plus empêché que réalisé.
Pour son action, il est utile d’écarter les opposants qui peuvent gêner. Une jeune élue locale s’est trouvée exclue d’une instance régionale pour la seule raison qu’elle avait été dans le passé candidate sur la liste « Pêche, Chasse et Tradition ». Notre amie a du être réintégrée, décision du tribunal.

Au niveau national, ses promesses d’abrogation répétitives, notamment pour les retraites nous exposent à l’écroulement de notre système de protection sociale, le système social français est plus facile à détruire qu’à réformer.

C) Elle est inquiétante parce qu’elle divise

Elle veut opposer le peuple à ses représentants en ressortant la sempiternelle promesse de la politique autrement.

Cela fait 20 ans ici qu’elle promet la politique autrement.

Elle divise les agriculteurs entre eux, elle oppose les artisans aux chambres des métiers, elle dose les subventions en fonction de la personnalité des élus, elle met à l’écart les collaborateurs qui ne lui font pas allégeance.
.
Nous nous méfions ici de sa pratique de la supposée démocratie participative. En court-circuitant les corps intermédiaires, elle affaiblit clairement les classes moyennes.

On a vu récemment avec les Don Guichotte que les forces rebelles et médiatiques sont davantage entendues, y compris par les gouvernants dans la démocratie cathodique, dérivée de la démocratie participative ; le secours catholique, la croix rouge, le secours populaire, l’armée du salut et bien d’autres sont tous les jours et toutes les nuits au travail et on parle si peu d’eux.

Il faut attendre la mort de l’Abbé Pierre pour que l’on parle du travail d’Emmaüs. Les plus puissants et les plus révoltés se font toujours entendre mais tous les autres, ils veulent que la République les représente et les écoute. Ils votent pour la République, ils respectent les lois de la République, ils défendent les valeurs de la République, ils ont besoin des institutions de la République. L’expression participative est utile mais elle ne peut se substituer à la République.

Ici de nombreuses décisions prises par esprit de division, ont été annulées, décision du tribunal.
Prudhommes, Tribunal de Grande Instance, Tribunal administratif, Cour de Cassation, les conflits de la candidate socialiste se traitent chez le juge. C’est sans doute pour cela qu’elle avait choisi un avocat comme éphémère porte-parole.

Au regard de son parcours en Poitou-Charentes, tous ici, nous sommes en droit de dire, dans une parole juste, que la candidate socialiste n’est pas prête pour présider la France.

Quand on mesure la solitude inhérente à la fonction présidentielle, on pense avec sincérité, que l’hypothèse « Royal » est inquiétante.

II – LE CANDIDAT DE LA SECURITE, C’EST TOI NICOLAS

Nicolas nous a dit lors de son superbe discours d’investiture qu’il avait changé.
Ce soir, devant mes amis les plus chers, ceux dont je suis l’élu depuis 30 ans, je veux témoigner.

Je suis témoin de ce changement puisque je suis moi-même passé, avec lui, de la rivalité à la confiance. Je décrirai prochainement dans un livre qui te sera dédié, ce passage. J’ai vu le ministre devenir candidat, je vois le candidat se préparer à être Président.

A) J’ai vu, de mes yeux vus, grandir en toi le sens de l’Etat

Je connais tes positions, tes réserves quant à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Sur ces sujets, je connais tes convictions profondes, j’ai souvent entendu ton cœur parler.

Je me souviens aussi qu’en tant que Président du parti majoritaire, aucune de tes déclarations, sur ce sujet, n’a fragilisé notre diplomatie, aucune de tes attitudes n’a pu nuire ni à la France, ni à son Président.
Le sens de l’Etat, c’est la mesure, c’est la conscience que l’histoire ne commence pas par notre accès aux responsabilités, nous assumons la France de nos prédécesseurs et nous partagerons son futur avec nos successeurs.
Sur le « dossier Corse » en général et sur l’horrible assassinat du Préfet Erignac en particulier, j’ai pu mesurer les risques que tu savais prendre pour l’Etat, au nom de l’Etat.

B) J’ai vu, de mes yeux vus, grandir en toi l’attention aux plus faibles

Je n’oublierai jamais ta colère quand Bruxelles nous a demandé, pour respecter les règles européennes de la concurrence, de fermer des établissements, des usines de notre champion national Alstom.
Tu as eu le courage d’aller parler aux ouvriers, d’écouter leur angoisse, de relayer leurs propositions. Ensemble, nous avons trouvé la solution qui a permis à Alstom de redresser la barre et aux ouvriers de retrouver la confiance. Aujourd’hui, l’Etat n’a qu’à se féliciter de cette initiative dont il a lui-même tiré profit.

Ce contact avec les gens fragilisés a inspiré ton combat pour la sécurité. Ceux sont toujours les plus faibles qui subissent les violences et la délinquance. Ton combat contre les récidivistes délinquants sexuels exprime, au plus juste, ton engagement pour toutes les menaces qui exposent nos enfants.
Dans la lutte contre l’antisémitisme, comme dans la reconnaissance d’un Islam de France et non d’un Islam en France, tu as souvent montré le visage de l’humanisme.

C) J’ai vu aussi grandir en toi la maîtrise de la réforme

Une des meilleures actions que nous ayons conduite ensemble, c’est la création des pôles de compétitivité.

Il fallait d’abord rassembler : les entreprises leaders, les laboratoires universitaires, les régions dynamiques autour de projets à la fois ambitieux et crédibles. Nous avons connus cela, ici sur la technopole du Futuroscope, avec le pôle « Mobilité et Transport avancé » (MTA).

Le dialogue avec les scientifiques, la discussion avec les entreprises, les tables rondes avec les élus ont demandé à la fois de la rigueur dans l’éligibilité des projets et de la souplesse dans leurs mises en œuvre.

L’appel à projet que nous avons lancé a connu un succès inespéré. Les adversaires de cette démarche étaient le sectarisme et la division.

Dans un gouvernement qui a su mêler les réformes longues, 120 réunions pour la réforme des retraites et les réformes rapides 15 minutes pour signer une circulaire : sur le non paiement des jours de grève dans la fonction publiques  tu as toi-même mené des réformes difficiles. Souvent quand la réforme a bien marché on en parle plus, c’est le cas du rapprochement de la gendarmerie et de la police sous un commandement opérationnel unique. Beaucoup de tes prédécesseurs se sont cassés le nez sur ce projet.

Sincèrement, je trouve que notre candidat est prêt, il est à maturité dans l’équilibre entre l’audace et l’expérience. Certains sont ralentis par l’expérience, d’autres sont innocents par audace, pour lui, c’est maintenent.

*

Chers Amis,

En cette période qui demeure encore celle des vœux, je formule devant vous trois souhaits


1. Je rêve d’une campagne sereine

Je souhaite que dans le débat, l’apaisement soit dans notre camp. Le potentiel de violence dans la société est puissant : de nombreuses incompréhensions, de nombreuses tensions, des injustices et des inégalités, des provocations et des manipulations enfouissent dans notre société des amertumes et des rancunes, des humeurs et des rancoeurs. La brutalité sommeille au bord de la route de notre démocratie.
Veillons à ce que notre calme apaise les débats. Dans les moments où nous craignons la défaite, comme dans les moments où la victoire commence à vibrer en nous, respectons les autres, affichons notre sérénité. Ne laissons pas les pronostiques guider nos humeurs.

Plus les sondages seront bons pour nous et plus notre humilité devra être sincère. Laissons de côté les attaques agressives, Fénelon nous disait déjà : « les injures sont les raisons de ceux qui ont tord ».

La victoire ira au camp le plus rassemblé mais aussi au plus apaisé

2. Je souhaite que l’on tienne aux jeunes un langage de vérité

Je suis préoccupé de voir une génération transférer sur la suivante ses peurs et ses angoisses. Le monde du XXème siècle n’était pas plus rassurant que celui d’aujourd’hui. La guerre a été planétaire, la famine continentale et l’ultra terrorisme s’appelait le nazisme. La vie n’a jamais été facile pour aucune génération. La génération d’aujourd’hui trouvera ses savants, ses ingénieurs, ses citoyens et ses bâtisseurs qui inventeront les solutions de leur temps. Les jeunes peuvent avoir confiance dans leur génération.


La vérité, c’est que la vie est plus facile pour ceux qui par leurs efforts et leurs mérites, par leur générosité et leur solidarité, font tout pour faire grandir la vie.

3. Je souhaite que la pensée qui inspirera notre prochain président soit celle de l’humanisme

Un humanisme moderne qui s’inspire et mêle à la fois ses sources venues du ciel, de la société ou de la personne.

Une pensée qui ne croit pas que l’homme est innocent de lui-même. Une vision qui inscrit, La liberté, l’Egalité et la Fraternité, dans un univers de responsabilité.

Il y a plusieurs espaces dans la société ou un humanisme du quotidien peut prendre toute sa puissance.

Premier lieu de la fraternité, la famille, dans ses formes traditionnelles comme dans ses formes modernes est l’espace premier de  « l’école des valeurs » que nous voulons promouvoir. Avec le lien familial, la liberté ne s’exerce pas sans responsabilité, la fraternité n’est possible que par l’égalité.
La sphère publique a tout à gagner en s’enrichissant des valeurs de la sphère privée.

L’entreprise, notamment la PME, qui respecte mieux la dimension humaine est la principale communauté de notre économie. Parce qu’elle est enraciné dans son territoire, parce que chacun peut y être connu et reconnu, parce que l’on peut y travailler plus si on veut gagner plus, parce qu’elle doit toujours davantage reconnaître les valeurs du travail et du mérite, mais aussi de la création et de l’innovation. Notre politique favorisera le financement des PME. Ces valeurs seront défendues bien au-delà de la sphère des entreprises.

Le territoire est certes fait de grandes villes mais aussi d’une multitude de ville à taille humaine et de villages devenus de véritables familles territoriales. Cette France des territoires, de la ruralité comme des quartiers, cette France dont le lieu territorial est un solide lien humain est certes le produit de la France de toujours, elle veut aussi être à l’aise dans la société de demain.
Nous attendons une grande politique de l’aménagement du territoire dans laquelle nous développerons, notamment, un plus juste accès aux nouvelles technologies de l’information.

Nous étions plus de 140 parlementaires, Nicolas, à te rejoindre sur cette plateforme d’idées, celle de l’humanisme social et européen.

C’est ce que Luc Ferry dénomme « la pensée élargie, le contraire de l’esprit borné, la pensée qui s’arrache de sa situation d’origine pour s’élever à la compréhension d’autrui ».

Cher Nicolas, tu as été successivement mon ministre, mon ami, notre candidat.

Pour moi l’engagement n’est pas superficiel. J’ai mis à Matignon toute ma loyauté au service du pacte d’honneur qui m’a lié au Président de la République Jacques CHIRAC, élu par le peuple souverain. Tu pourras compter sur cette loyauté.

Tu seras peut-être notre Président, tu es déjà  notre espoir !

 

15.01.2007

présidentielles 2007 Nicolas SARKOZY président de tous les Français "CHICHE"

 

 

un jour seulement après le discours du président de l'UMP, les critiques bien naturelles fusent de toute part.

Et si Nicolas SARKOZY était soncère?

 Il peut effectivement le prouver, en proposant comme le suggerent plusieurs de ses propositions, en phase avec le GAULLISME

 

 Un nouveau contrat social.

 Il ne reste que moins de 96 jours, non pas pour le présenter mais pour convaincre tous les électeurs qu'ils soient ouvriers ou patrons de PME que leur avenir est commun, que jamais le Pays ne pourra s'en sortir DIVISE.

 Chiche monsieur le président!!!!

présidentielles 2007 texte de Nicolas SARKOZY

 

14 janvier 2007

Ensemble tout devient possible

http://blog-ump.typepad.fr/.shared/image.html?/photos/uncategorized/nsarkozy_congres_1.jpg « Je veux être le président d’une France qui incarnera l’audace, l’intelligence et la création » a déclaré Nicolas Sarkozy en clôturant le congrès de l’UMP qui l’a désigné par 98,1% des voix candidat à l’élection présidentielle.

La vidéo

Découvrez le site de campagne de Nicolas Sarkozy

: sarkozy.fr

 

Mes chers amis,

 

 

Dans ce moment que chacun devine si important pour la France, si important pour l'avenir de chacune de vos familles,

si important pour moi, plus que n’importe quel autre sentiment, ce qui m’étreint surtout c’est une émotion profonde. Cette émotion, j’aurais pu essayer de la qualifier, j’aurais pu l’exprimer dans un mot, j’aurais pu vous dire merci mais ce merci n’aurait pas été à la hauteur de ce que j’éprouve en cet instant. Il y a des sentiments qui sont si forts qu’il n’y a pas de mot assez grand pour les dire. Il y a des sentiments qui se ressentent tellement qu’on n’a pas besoin de les nommer.

Cette émotion qui me submerge au moment où je vous parle, je vous demande de la recevoir simplement comme un témoignage de ma sincérité, de ma vérité, de mon amitié.

A l’orée de cette campagne où pendant des semaines je vais beaucoup donner, beaucoup recevoir et, peut-être, beaucoup payer- je veux que chacun d’entre vous soit convaincu de la farouche détermination, de l’énergie infinie que j’irai puiser dans la part la plus profonde de moi-même pour faire triompher la cause qui nous unit tous. Je le sais aujourd'hui, je n'ai pas le droit de vous décevoir, pas le droit d'hésiter, tout simplement pas le droit d'échouer !

Toute ma vie j’ai rêvé d’être utile à la France, à mon pays, à ma patrie.

 Aujourd’hui vous venez de réaliser la première étape de ce rêve.

Seule compte à cet instant l’espérance de la foule immense que vous formez, tendue vers un seul but :

la victoire de la France. Seul compte l’enthousiasme de cette grande famille qui est la tienne Cher Alain JUPPE. Sans toi et sans la victoire de Jacques CHIRAC en 2002 elle n’aurait jamais existé.

Oui, mes chers amis, tous ensemble réunis, unis, solidaires,

 tout devient possible.

A cet instant où pour moi tout change, je ne peux m’empêcher de penser à ceux qui m’ont fait rêver d’une autre destinée, d’une vie plus grande, d’un avenir plus passionnant. Ils ont été pour moi une source de réflexion, d’espérance, et même parfois de confiance.

Eux, ce sont les héros de la Résistance et de la France Libre, ces hommes avec lesquels j'ai fait mes premiers pas en politique, ces hommes qui venaient d'une époque où la politique s'était confondue avec le patriotisme et l'épopée. Ils avaient maintenu l'honneur de la France. Ils l'avaient reconstruite, ils l'avaient réconciliée avec l'Allemagne. Ils avaient fait l'Europe, fondé la Vème République. Ils avaient toujours été en avance sur leur temps.

Il m’ont appris, parce qu'ils le savaient mieux que quiconque, ce qu'était le gaullisme : non une doctrine que le Général de Gaulle n'avait jamais voulu mais une exigence morale, l'exercice du pouvoir comme un don de soi, la conviction que la France n’est forte que lorsqu’elle est rassemblée,

la certitude que rien n'est jamais perdu tant que la flamme de la résistance continue de brûler dans le cœur d’un seul homme, le refus du renoncement, la rupture avec les idées reçues et l’ordre établi quand ils entraînent la France vers le déclin.

Ces hommes furent grands dans la guerre comme dans la paix. Ils avaient toujours fait ce qu'ils devaient faire.

Je veux rendre hommage à Jacques Chaban-Delmas, général de la résistance à 29 ans, au rêve si beau, si prémonitoire, de la Nouvelle Société. Son dernier grand combat politique fut pour moi le premier. J'avais 17 ans et l'impression de partir à la guerre. C'était la fin d'une époque, celle où le gaullisme ne pouvait plus appartenir à un parti.

Je veux rendre hommage à Achille Peretti, grand résistant, qui me confia mon premier mandat de conseiller municipal. Comme je veux dire mon amitié à Edouard Balladur qui m’a fait confiance en me donnant mes premières responsabilités ministérielles alors que j’étais si jeune encore. Je veux dire mon respect à Jacques CHIRAC qui en 1975 à Nice m'a offert mon premier discours.

Ils m’ont enseigné, à moi petit Français au sang mêlé, l'amour de la France et la fierté d'être français.

Cet amour n'a jamais faibli et cette fierté ne m'a jamais quittée. Longtemps ce sont des choses que j'ai tues. Longtemps ce sont des sentiments que j'ai gardés pour moi, comme un trésor caché au fond de mon cœur que je n'éprouvais le besoin de partager avec personne. Je pensais que la politique n'avait rien à voir avec mes émotions personnelles. J'imaginais qu'un homme fort se devait de dissimuler ses émotions. J'ai depuis compris qu'est fort celui qui apparaît dans sa vérité. J'ai compris que l'humanité est une force pas une faiblesse.

J'ai changé. J'ai changé parce qu'à l'instant même où vous m’avez désigné j'ai cessé d'être l'homme d'un seul parti, fût-il le premier de France. J'ai changé parce que l'élection présidentielle est une épreuve de vérité à laquelle nul ne peut se soustraire. Parce que cette vérité je vous la dois. Parce que cette vérité je la dois aux Français.

J'ai changé parce que les épreuves de la vie m'ont changé. Je veux le dire avec pudeur mais je veux le dire parce que c’est la vérité et parce qu’on ne peut pas comprendre la peine de l’autre si on ne l’a pas éprouvée soi-même.

On ne peut pas partager la souffrance de celui qui connaît un échec professionnel ou une déchirure personnelle si on n’a pas souffert soi-même. J’ai connu l'échec, et j'ai dû le surmonter.

On ne peut pas tendre la main à celui qui a perdu tout espoir si l’on n’a jamais douté. Il m'est arrivé de douter. N'est pas courageux celui qui n'a jamais eu peur. Car le courage c'est de surmonter sa peur.

Cette part d’humanité, je l’ai enfouie en moi parce que j’ai longtemps pensé que pour être fort il ne fallait pas montrer ses faiblesses. Aujourd’hui j’ai compris que ce sont les faiblesses, les peines, les échecs qui rendent plus fort. Qu’ils sont les compagnons de celui qui veut aller loin.

J'ai changé parce que le pouvoir m'a changé. Parce qu'il m'a fait ressentir l'écrasante responsabilité morale de la politique. Le mot "morale" ne me fait pas peur.

J'ai changé parce que nul ne peut rester le même devant le visage accablé des parents d'une jeune fille brûlée vive. Parce que nul ne peut rester le même devant la douleur qu’éprouve le mari d'une jeune femme tuée par un multirécidiviste condamné dix fois pour violences et déjà une fois pour meurtre. Dans son regard on lit l'incompréhension de celui qui ne comprend pas comment l'indicible a pu être possible. Je suis révolté par l'injustice et c'en est une lorsque la société ignore les victimes. Je veux parler pour elles, agir pour elles et même, même s'il le faut crier en leurs noms.

J'ai changé parce qu'on change forcément quand on est confronté à l'angoisse de l'ouvrier qui a peur que son usine ferme.

J'ai changé quand j'ai visité le mémorial de Yad Vashem dédié aux victimes de la Shoah. Je me souviens, au bout d'un long couloir, d’une grande pièce avec des milliers de petites lumières et des prénoms d'enfants de 2 ans, de 4 ans, de 5 ans prononcés à voix basse de façon ininterrompue. C'était le murmure des âmes innocentes. Je me suis dit alors que c'était cela la politique : faire barrage à la folie des hommes en refusant de se laisser emporter par elle.

J'ai changé quand j'ai lu à Tibhirine le testament bouleversant de frère Christian, enlevé puis égorgé par des fanatiques avec six autres moines de son monastère. Le GIA avait prévenu : « nous égorgerons ». On retrouva les sept têtes des moines suppliciés sans leurs corps.

Deux ans auparavant, cet homme de charité avait par avance pardonné à son assassin : « s'il m'arrivait un jour d'être victime du terrorisme, (…). Voici que je pourrai, s'il plaît à Dieu, plonger mon regard dans celui du Père pour contempler avec lui les enfants de l'Islam tels qu'il les voit (…). Et toi aussi l'ami de la dernière minute, qui n'aura pas su ce que tu faisais. Oui pour toi aussi je le veux, ce Merci, cet « A-Dieu » (…). Et qu'il nous soit donné de nous retrouver, larrons heureux, en paradis s’il plaît à Dieu notre Père à tous deux ! » Par son humanité immense, par sa volonté de rassembler les hommes le frère Christian fait honneur à la France laïque et républicaine.

A Tibhirine, j’ai compris ce qu'est la force invincible de l'amour et le sens véritable du mot « tolérance ».

A Tibhirine, le frère Christian m'a enseigné, par-delà la mort, que ce que les grandes religions peuvent engendrer de meilleur est plus grand ce qu'elles peuvent engendrer de pire, que les extrémismes et les intégrismes ne doivent jamais être confondus avec le sentiment religieux qui porte une part de l'espérance humaine.

Opposer ce sentiment religieux à la morale laïque serait absurde. Nous sommes les héritiers de deux mille ans de chrétienté et d’un patrimoine de valeurs spirituelles que la morale laïque a incorporé. La laïcité à laquelle je crois, ce n’est pas le combat contre la religion. C’est le respect de toutes les religions.

J'ai changé quand j'ai rencontré Mandel, ce grand Français. J'avais voulu écrire sa vie pour réparer une injustice, pour changer le regard des autres sur cette destinée tragique. C'est mon regard sur la politique qui s'en est trouvé transformé. Georges Mandel avait la passion de la politique. En mars 1940, il est ministre de l’Intérieur.

Au milieu de la débâcle, il est l’un de ceux qui plaident pour la Résistance. Il est arrêté. Le 7 juillet 1944, des miliciens le tirent de sa prison et le font monter dans une voiture. Arrivé dans la forêt de Fontainebleau ils l’abattent d'une rafale de mitraillette.

Le 24 juillet, sa fille écrit à Pierre Laval : « Je suis encore bien petite et bien faible à côté de vous (…). Je veux vous dire M. Laval que je plains beaucoup votre fille. Vous allez lui laisser un nom qui marquera dans l'histoire. Le mien aussi. Seulement le mien sera celui d’un martyr."

Ce jour-là, la France s'appelle Claude Mandel. Elle a 14 ans, son père vient d'être assassiné non par l'occupant mais par des Français ennemis de la France.

La France, elle a 17 ans le visage de Guy Môquet quand il est fusillé : « 17 ans et demi… Ma vie a été courte ! Je n'ai aucun regret si ce n'est de vous quitter tous. »

La France, elle a 19 ans et le visage lumineux d'une fille de Lorraine quand Jeanne comparaît devant ses juges.

 

Elle a 32 ans et le visage d'un émigré italien naturalisé français, quand Gambetta quitte en ballon Paris assiégé pour organiser la résistance aux Prussiens.

La France, elle a 44 ans, le visage ensanglanté de Moulin quand il meurt sous la torture « sans avoir livré aucun secret, lui qui les savait tous. »

Elle a 50 ans et la voix du Général de Gaulle le 18 juin 1940.

Elle a 56 ans, le visage noir d'un petit-fils d'esclave devenu gouverneur du Tchad et premier résistant de la France d'Outre-Mer. Elle s'appelle Félix Eboué.

Elle a 58 ans et le visage de Zola quand il signe "J'accuse" pour défendre Dreyfus et la Justice.

Elle a 60 ans, le visage d’un proscrit qui s’appelle Victor Hugo lorsqu’au commencement des Misérables il écrit : « Tant qu’il y aura sur la Terre ignorance et misère des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles ».

Elle a 77 ans et la force du Tigre quand Clemenceau déclare en mars 1918 : « Je continue à faire la guerre et je continuerai jusqu'au dernier quart d'heure car c’est nous qui aurons le dernier quart d'heure ! »

Elle a la voix, la figure, la dignité d'une femme, d'une mère, rescapée des camps de la mort qui s'écrie à la tribune de l'Assemblée : "nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les 300 000 avortements qui, chaque année mutilent les femmes de ce pays". Ce jour là, elle s'appelle Simone Veil.

Elle a la voix d'un jeune prêtre français, l’abbé Pierre, qui à la radio un jour de l'hiver 54 lance aux hommes son appel pathétique : « Mes amis au secours. Une femme vient de mourir gelée cette nuit, à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol (…). Devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre les hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure (…).

Elle a le visage, l’âge de Georges Pompidou quand il évite le pire en mai 68.

La France, elle a le visage, l'âge, la voix de tous ceux qui ont cru en elle, qui se sont battus pour elle, pour son idéal, pour ses valeurs, pour sa liberté.

Elle a le visage, l'âge, la voix de tous les Français qui ont au fond de leur cœur la conviction que la France n'est pas finie. Car elle n'est pas finie la France. Parce que dans mon cœur comme dans mon esprit, la France ne veut pas, ne doit pas, ne peut pas mourir.

A chaque fois qu’on l’a crue finie, elle a étonné le monde. A chaque fois elle s’est relevée. A chaque fois elle a su trouver en elle la force de ressusciter.

Ma France, c’est le pays qui a fait la synthèse entre l’Ancien Régime et la Révolution, entre l’Etat capétien et l’Etat républicain, qui a inventé la laïcité pour faire vivre ensemble ceux qui croient au Ciel et ceux qui n’y croient pas.

Ma France, c’est le pays qui, entre le drapeau blanc et le drapeau rouge a choisi le drapeau tricolore, en a fait le drapeau de la liberté et l’a couvert de gloire.

Ma France, c’est celle de tous les Français sans exception. C’est la France de Saint-Louis et celle de Carnot, celle des croisades et de Valmy. Celle de Pascal et de Voltaire. Celles des cathédrales et de l’Encyclopédie. Celle d’Henri IV et de l’Edit de Nantes. Celle des droits de l’homme et de la liberté de conscience.

Ma France, c’est celle des Français qui votent pour les extrêmes non parce qu’ils croient à leurs idées mais parce qu’ils désespèrent de se faire entendre. Je veux leur tendre la main.

Ma France, c’est celle des travailleurs qui ont cru à la gauche de Jaurès et de Blum et qui ne se reconnaissent pas dans la gauche immobile qui ne respecte plus le travail. Je veux leur tendre la main.

Ma France, c’est celle de tous ceux qui ne croient plus à la politique parce qu’elle leur a si souvent menti. Je veux leur dire : aidez-moi à rompre avec la politique qui vous a déçu pour renouer avec l’espérance.

Ma France, c’est celle de tous ces Français qui ne savent pas très bien au fond s’ils sont de droite, de gauche ou du centre parce qu’ils sont avant tout de bonne volonté. Je veux leur dire par-delà les engagements partisans que j’ai besoin d’eux pour que tout devienne possible.

Bien sûr il y a la droite et il y a la gauche. Mes valeurs sont les vôtres, celles de la droite républicaine. Ce sont des valeurs d'équité, d’ordre, de mérite, de travail, de responsabilité. Je les assume. Mais dans les valeurs auxquelles je crois, il y a aussi le mouvement. Je ne suis pas un conservateur. Je ne veux pas d’une France immobile. Je veux l’innovation, la création, la lutte contre les injustices. J’ai voulu faire entrer ces idées dans le patrimoine de la droite républicaine alors même que la gauche les délaissait.

Mais au-delà de la droite et de la gauche, il y a la République qui doit être irréprochable parce qu'elle est le bien de tous. Il y a l’Etat qui doit être impartial. Il y a la France qui est une destinée commune.

Etre de droite c’est refuser de parler au nom d’une France contre une autre. C’est refuser la lutte des classes. C’est refuser de chercher dans l’idéologie la réponse à toutes les questions, la solution à tous les problèmes. C'est refuser de voir dans le contradicteur un ennemi mais un citoyen dont on doit entendre les arguments.

Ma France, c’est une nation ouverte, accueillante, c’est la patrie des droits de l’homme. C’est elle qui m'a fait ce que je suis. J’aime passionnément le pays qui m’a vu naître. Je n’accepte pas de le voir dénigrer. Je n'accepte pas qu'on veuille habiter en France sans respecter et sans aimer la France. Je n'accepte pas qu'on veuille s'installer en France sans se donner la peine de parler et d'écrire le Français.

Je respecte toutes les cultures à travers le monde. Mais qu'il soit entendu que si on vit en France alors on respecte les valeurs et les lois de la République.

La soumission de la femme c'est le contraire de la République, ceux qui veulent soumettre leurs femmes n'ont rien à faire en France. La polygamie c'est le contraire de la République. Les polygames n'ont rien à faire en France. L'excision c'est une atteinte à la dignité de la femme, c’est le contraire de la République, ceux qui veulent la pratiquer sur leurs enfants ne sont pas les bienvenus sur le territoire de la République française.



Ma France, c’est une nation qui revendique son identité, qui assume son histoire. On ne construit rien sur la haine des autres, mais on ne construit pas davantage sur la haine de soi. On ne construit rien en demandant aux enfants d’expier les fautes de leurs pères.

De Gaulle n’a pas dit à la jeunesse allemande : « vous êtes coupables des crimes de vos pères ». Il lui a dit : « je vous félicite d’être les enfants d’un grand peuple, qui parfois au cours de son histoire a commis de grandes fautes ».

Au peuple de notre ancien empire nous devons offrir non l’expiation mais la fraternité.

A tous ceux qui veulent devenir Français nous offrons non de nous repentir mais de partager la liberté, l’égalité et la fierté d’être Français. Gardons-nous de juger trop sévèrement le passé avec les yeux du présent. Tous les Français durant la guerre n’étaient pas pétainistes. Les pêcheurs de l’île de Sein, les paysans du Vercors n’étaient pas pétainistes. Les paysans du Périgord qui cachaient au péril de leur vie les Juifs de Strasbourg n’étaient pas pétainistes. Tous les Français dans les colonies n’étaient pas des exploiteurs. Il y avait aussi parmi eux de petites gens qui travaillaient dur, qui n’exploitaient personne et qui ont tout perdu.

Français, prompts à détester votre pays et son histoire, écoutez la grande voix de Jaurès: « Ce qu’il faut ce n’est pas juger toujours, juger tout le temps, c’est se demander d’époque en époque, de génération en génération, de quels moyens de vie disposaient les hommes, à quelles difficultés ils étaient en proie, quel était le péril ou la pesanteur de leur tâche, et rendre justice à chacun sous le fardeau. »

Pourquoi la gauche n’entend-elle plus la voix de Jaurès ?

Comment penser que l’on pourra un jour faire aimer ce que l’on aura appris à détester ? Au bout du chemin de la repentance et de la détestation de soi il y a, ne nous y trompons pas, le communautarisme et la loi des tribus. Je refuse le communautarisme qui réduit l'homme à sa seule identité visible. Je combats la loi des tribus parce que c'est la loi de la force brutale et systématique.

Il ne s’agit pour personne d’oublier sa propre histoire. Les enfants des républicains espagnols parqués dans des camps de réfugiés, les enfants des Juifs persécutés par la Milice, les descendants des camisards des Cévennes, les fils des harkis n’ont rien oublié de leur histoire. Mais ils ont pris, comme moi, fils d’immigré, la culture, la langue et l’histoire de la France en partage, pour pouvoir mieux vivre une destinée commune.

Face au drame algérien, Camus avait dit : « Les grandes tragédies de l’histoire fascinent souvent les hommes par leurs visages horribles. Ils restent alors immobiles devant elles sans pouvoir se décider à rien qu’à attendre. »

Attendre quoi ? Sinon le pire ?

Il avait ajouté : « La force du cœur, l’intelligence, le courage suffisent pourtant pour faire échec au destin ».

Pourquoi la gauche n’entend-elle plus la voix de Camus ?

Qui ne voit qu’une fois encore avec du cœur, de l’intelligence et du courage la clé de notre unité et de notre avenir est dans la République et dans la démocratie ?



*

 

Depuis le premier jour où elle est apparue dans notre histoire, la République est un combat toujours recommencé pour l’émancipation de l’homme. La République commence quand la politique cesse d’être au service de la volonté de puissance pour se mettre au service du bonheur des hommes.

 

Le but de la République c’est d’arracher du cœur de chacun le sentiment de l’injustice.

Le but de la République c’est de permettre à celui qui n’a rien d’être quand même un homme libre, à celui qui travaille de posséder quelque chose, à celui qui commence tout en bas de l'échelle sociale de la gravir aussi haut que ses capacités le lui permettent.

 

Le but de la République c’est que les chances de réussite soient égales pour tous. C’est que l’enfant soit éduqué, le malade soigné, le vieillard arraché à la solitude, le travailleur respecté, la misère vaincue.

Le but de la République c’est la reconnaissance du travail comme source de la propriété et la propriété comme représentation du travail.

 

 

La République de Jules Ferry n’était pas celle de Danton. Celle du Général De Gaulle n’était pas celle de Jules Ferry. Mais c’était toujours le même idéal poursuivi par des moyens différents. La République n’est pas une religion. La République n’est pas un dogme. La République est un projet toujours inachevé.

Si nous voulons que la République redevienne un projet partagé, il nous faut passer de la République virtuelle à la République réelle.

La République réelle, c’est la République qui ne se contente pas d’inscrire la liberté, l’égalité et la fraternité sur ses monuments, mais qui les inscrit dans la réalité de la vie quotidienne.

La République réelle ce n’est pas la République où tout le monde reçoit la même chose. C’est la République où chacun reçoit selon son mérite ou son handicap.

La République réelle c’est celle qui fait plus pour celui qui veut s’en sortir et qui fait moins pour celui qui ne veut rien faire et dont la société ne peut accepter qu'il vive à son crochet.

La République réelle ce n’est pas la République où il n’y a que des droits et aucun devoir. C’est la République où les devoirs sont la contrepartie des droits. Je propose qu’aucun minimum social ne soit accordé sans la contre-partie d'une activité d'intérêt général.

C’est celle où les hommes et les femmes ont les mêmes droits, les mêmes salaires, les mêmes possibilités de carrière, la même considération.

C’est celle où les mères qui veulent travailler peuvent faire garder leurs enfants, où la maternité n’est pas un handicap pour la vie professionnelle, où les années consacrées à l’éducation des enfants sont prises en compte dans le calcul des retraites.

La République réelle à laquelle je crois c’est celle qui ne reste pas indifférente au sort de l’enfant pauvre, à la souffrance de ceux que la vie n’a pas épargnés. C’est celle qui garde tous les enfants dont les familles le souhaitent en étude surveillée quand les parents ne peuvent pas s’occuper d’eux parce qu’ils travaillent. Celle qui construit des internats d’excellence pour les élèves d’origine modeste parce qu’ils ne peuvent pas étudier chez eux.

La République virtuelle c’est celle qui fait de l’élève l’égal du maître. La République réelle à laquelle je crois c’est celle qui veut une école de l’autorité et du respect où l’élève se lève quand le professeur entre, où les filles ne portent pas le voile, où les garçons ne gardent pas leur casquette en classe.

La République virtuelle c’est celle qui veut donner un diplôme à tout le monde en abaissant le niveau des examens. La République réelle c’est celle qui veut donner une formation à chacun, celle qui n’a peur ni de l’orientation, ni de la sélection, ni de l’élitisme républicain qui est la condition de la promotion sociale. C'est l'école de l'excellence pas l'école du nivellement et de l'égalitarisme.

La République réelle, c’est celle où le sport n’est pas un ghetto réservé aux jeunes ou aux minorités visibles mais devient une école de la vie parce que les valeurs du sport transcendent tous les âges, toutes les différences, toutes les incompréhensions. Parce que le sport c’est une éthique universelle.

La République virtuelle c’est celle qui pratique l’assistanat généralisé mais qui laisse des gens mourir sur le trottoir. C’est celle qui proclame le droit au logement et qui ne construit pas de logements. C’est celle qui proclame le droit à l’emploi et qui renonce à l’objectif du plein emploi. C’est celle qui proclame que le travail est une valeur mais qui fait tout pour le décourager. C’est celle qui proclame la continuité du service public mais accepte que les usagers soient périodiquement les otages des grévistes. C’est celle qui proclame le droit d’aller et de venir mais cherche sans arrêt des excuses aux délinquants qui empoisonnent la vie de tout le monde.

La République réelle c’est celle qui rend effectifs les droits qu’elle proclame.

C'est la République qui crée des emplois, qui construit des logements qui permet au travailleur de vivre de son travail, qui donne sa chance à l'enfant pauvre, qui met les retraités des régimes spéciaux à égalité avec ceux du secteur privé et de la fonction publique, qui garantit le service minimum en cas de grève et qui fait respecter la loi par tout le monde. Je souhaite une loi sur le service minimum dès le mois de juin 2007. Je souhaite en outre qu'une loi impose le vote à bulletins secrets dans les 8 jours du déclenchement d'une grève dans une entreprise, une université, une administration.

Je crois dans la démocratie sociale. Je crois dans le dialogue, dans la négociation, dans le paritarisme. Mais je refuse la prise d'otages, les blocages, les archaïsmes, la violence, la loi du plus fort… et le manque de courage !

La République réelle à laquelle je crois c’est celle qui met en prison l’assassin présumé de Claude Erignac et qui traite les cagoulés et les poseurs de bombes pour ce qu’ils sont : des meurtriers et des lâches.



La République réelle c’est celle qui se donne une obligation de résultat. C’est celle des droits que l’on peut faire valoir devant les tribunaux parce que l’on s’est donné les moyens de les rendre opposables.

Ma République c’est celle du droit opposable à l’hébergement, parce que si l’on pense que la politique ne peut rien faire dans un pays comme la France pour empêcher les gens de mourir sur le trottoir, il ne faut pas faire de politique.

Ma République c’est celle du droit opposable au logement, parce que si l’on pense que la politique ne peut rien faire pour résoudre en dix ans la crise du logement en construisant les 700 000 logements qui manquent, il ne faut pas faire de politique. Ma République est celle où chacun pourra accéder à la propriété de son logement. Il faut permettre aux classes moyennes, à la France qui travaille d'accéder à la propriété. Je propose que l'Etat garantisse l'emprunt de celui qui n'a pas de relations. Je propose que l'on puisse déduire tous les intérêts de son emprunt du revenu imposable. Je propose que l'on fasse de la France un pays de propriétaires parce que lorsque l'on a accédé à la propriété on respecte son immeuble, son quartier, son environnement… et donc les autres. Parce que lorsque l’on a accédé à la propriété on est moins vulnérable aux accidents de la vie.

Ma République c’est celle du droit opposable à la garde d’enfants, parce que lorsqu’on pense que la politique ne peut rien faire pour résoudre en cinq ans le problème des femmes qui travaillent et qui n’arrivent pas à faire garder leurs enfants, il ne faut pas faire de politique.

Ma République c’est celle du droit opposable à la scolarisation des enfants handicapés, parce que si l’on pense que d’ici à cinq ans on ne peut pas trouver les moyens de scolariser tous les enfants handicapés, il ne faut pas faire de politique. Ce droit n’est pas seulement un droit pour les enfants handicapés, c’est aussi une chance pour les autres enfants.

Mais ma République c'est aussi celle des devoirs opposables .Nous ne pouvons nous montrer complaisants avec le développement des fraudes des abus et des gaspillages qui sont une insulte au travail des français et qui sape les fondements de la solidarité nationale. Les droits ne vont pas sans les devoirs, et l'on ne peut valablement aider que ceux qui respectent les règles et consentent à faire un effort pour s'en sortir.



Je veux être le Président d’une République qui dira aux jeunes : " vous voulez être reconnus comme des citoyens à part entière dès que vous devenez majeurs. Vous le serez. Vous aurez les moyens de décider par vous-mêmes quand vous quitterez le domicile de vos parents. Vous aurez les moyens de réaliser vos ambitions, de vivre votre vie comme vous le souhaitez, d’aimer comme vous l’entendez. Vous aurez les moyens de devenir ce que vous voulez devenir. Mais vous accepterez d’apprendre et de vous formez, vous serez apprenti, vous serez stagiaire, vous serez étudiant. Si vous avez quitté l’école jeune vous pourrez aller dans une école de la deuxième chance. Si vous n’avez pas le bac vous pourrez accéder à des cursus qui vous permettrons quand même d’entrer à l’université. En contrepartie les aides qui sont aujourd’hui versées à votre famille pour votre éducation vous seront versées à vous, si vous le souhaitez. Si vous en avez besoin vous recevrez une allocation de formation de 300 euros par mois qui vous sera supprimée si vous n’êtes pas assidu à votre formation, si vous cessez d’étudier sérieusement. Vous aurez le droit d’emprunter à taux zéro avec la garantie de l’Etat pour financer votre projet personnel et vous commencerez à rembourser cet emprunt à partir du moment où vous aurez obtenu votre premier emploi. Si vous y ajoutez un petit travail – et tout sera fait pour que chaque étudiant puisse étudier et travailler en même temps – Vous aurez une véritable autonomie financière qui est la clé de toute liberté. Mais vous la mériterez par votre effort, par votre travail, par votre assiduité, par votre sérieux. Vous deviendrez responsable de votre vie.



Je ne veux pas de la société du minimum parce qu’avec le minimum on ne vit pas. On survit. Je veux une société du maximum. Je préfère une jeunesse à qui l’on donne la possibilité de réaliser ses projets plutôt qu’une jeunesse qui est condamnée à l’assistanat.

Je veux être le Président d’une République qui dit à la jeunesse : « tu reçois beaucoup, tu dois donner aussi de toi-même. Tu dois comprendre que tu appartiens à une nation, qui espère en toi et à laquelle tu dois beaucoup parce que c’est elle qui te fait libre. C’est pourquoi, je propose un service civique obligatoire de 6 mois que chacun modulera en fonction de ses propres contraintes d’études, de projet professionnel, de vie familiale. Ce sera pour toi une opportunité de t’engager dans de grandes causes humanitaires, d’élargir ton horizon, de rencontrer d’autres jeunes qui sont différents de toi, ce sera une possibilité de réinsertion dans la société pour des jeunes qui en auraient été exclus.

 

Notre modèle républicain est en crise. Cette crise est avant tout morale. Au cœur de celle-ci il y a la dévalorisation du travail.

Le travail c’est la liberté, c’est l’égalité des chances, c’est la promotion sociale. Le travail c’est le respect, c’est la dignité, c’est la citoyenneté réelle. Avec la crise de la valeur travail, c’est l’espérance qui disparaît. Comment espérer encore si le travail ne permet plus de se mettre à l’abri de la précarité, de s’en sortir, de progresser ? Le travailleur qui voit l’assisté s’en tirer mieux que lui pour boucler ses fins de mois sans rien faire ou le patron qui a conduit son entreprise au bord de la faillite partir avec un parachute en or finit par se dire qu’il n’a aucune raison de se donner autant de mal.

Le travail est dévalorisé, la France qui travaille est démoralisée. 

Le problème c’est que la France travaille moins quand les autres travaillent plus. Le plein emploi est possible chez les autres. Il l'est aussi chez nous. Il faut aimer le travail et pas le détester.

Le problème c’est qu’il n’y a pas assez de travail en France pour financer les retraites, l’allongement de la durée de la vie, la dépendance, la protection sociale, pour faire fonctionner notre modèle d’intégration.

 

Longtemps la droite a ignoré le travailleur et la gauche qui jadis s’identifiait à lui a fini par le trahir.

Je veux être le Président d’une France qui remettra le travailleur au cœur de la société. Je veux proposer aux Français une politique dont le but sera la revalorisation du travail.

 

Quand on facilite l’endettement des ménages pour financer les créations d’entreprises ou l’achat d’une voiture indispensable pour aller travailler, on favorise le travail. Je veux créer un système de cautionnement public qui mutualise les risques et permette d’emprunter à tous ceux qui ont un projet.

Quand on investit plus on construit un avenir pour les travailleurs. C’est pourquoi je veux porter le crédit d’impôt recherche à 100%. C’est pourquoi je veux que les entreprises qui investissent et qui créent des emplois paient moins d’impôt sur les bénéfices. C’est pourquoi je veux que l’Etat se donne les moyens d’investir dans les bassins économiques en déclin pour les réindustrialiser et non pas seulement pour financer des départs à la retraite anticipés.

Quand les entreprises savent qu’elles pourront licencier en cas de difficulté, elles embauchent plus facilement. Je veux protéger les personnes plutôt que les emplois. Je veux sécuriser les parcours professionnels plutôt qu’empêcher les licenciements. Je veux créer un contrat unique à durée indéterminée qui remplacera les contrats précaires et qui permettra aux salariés d’acquérir progressivement des droits. Je veux que les bas salaires soient garantis en cas de perte d’emploi, en contrepartie de l’obligation de ne pas refuser plus de deux offres d’emplois successives. Quand on est indemnisé par la société on doit accepter l'offre d'emploi correspondant à vos qualifications qui vous est proposée.

 

Le travail n'est pas assez récompensé, valorisé, respecté. Et c'est pour cela que le pouvoir d'achat est trop faible car les salaires sont trop bas et les charges trop lourdes.

 

Il faut augmenter le pouvoir d’achat. Les socialistes promettront de travailler moins, moi je veux que les Français gagnent plus. Je veux être le Président de l'augmentation du pouvoir d'achat. Je veux être celui qui vous garantit que si vous travaillez plus, si vous prenez plus de risque, si vous vous engagez plus, vous gagnerez davantage. Je veux être le Président du peuple qui a bien compris que les RTT ne servent à rien si on n'a pas de quoi payer des vacances à ses enfants. Je veux l'exonération de charges sociales et de l'impôt sur le revenu pour les heures supplémentaires pour qu'enfin on comprenne en France que le travail est une émancipation, que c'est le chômage qui est une aliénation.

C'est pour cela que je veux que chaque Français puisse transmettre en franchise d'impôt sur les successions le fruit d'une vie de labeur. On n'a pas à s'excuser d'avoir un patrimoine en contrepartie de son travail. La France doit accueillir les patrimoines et pas les faire fuir. Quand il y a moins de richesses dans un pays ce sont les plus pauvres qui en pâtissent. Partager ce qu'on n'a plus ne fait pas la prospérité d'un peuple.

Je veux que l'Etat soit contraint de laisser à chacun au moins la moitié de ce qu'il à gagné. Je veux un bouclier fiscal à 50% y compris la CSG et la CRDS.

Tout vaut mieux que de taxer l’homme au travail.

Tout vaut mieux que de taxer le travailleur qui crée la richesse.

Je veux taxer le pollueur plutôt que le travailleur.

Je veux taxer les importations qui ne respectent pas les normes internationales plutôt que le travail.

Je préfère taxer la consommation plutôt que l’emploi.

C’est le travail qui crée le travail. Le travail contribuera à rééquilibrer nos finances publiques. Il refera de la France une République fraternelle.

 

Je veux être le Président de tous ces Français qui pensent que l’assistanat est dégradant pour la personne humaine. Je veux être le Président qui s’efforcera de moraliser le capitalisme parce que je ne crois pas à la survie d’un capitalisme sans morale et sans éthique, parce que je ne crois pas à la survie d’un capitalisme où ceux qui échouent gagneraient davantage que ceux qui réussissent, parce que je ne crois pas à la survie d’un capitalisme où tous les profits seraient accaparés et où, à l'inverse, tous les impôts seraient partagés

 

Je veux être le Président qui va remettre la morale au cœur de la politique. L’enfant qui n’apprend à l’école ni la morale, ni l’instruction civique ne comprendra pas plus tard qu’être citoyen ne signifie pas seulement avoir des droits. Le jeune qui ne fait plus son service militaire croit de bonne foi qu’il n’aura jamais rien à donner aux autres en contrepartie de ce qu’il reçoit. L’honnête homme qui voit le délinquant rester impuni et une partie de ses impôts aller dans la poches du fraudeur finira par se demander pourquoi il devrait être le seul à être honnête.

Mais si l’école n’apprend plus la citoyenneté, ce n’est pas la faute des enseignants. Si l’Etat va mal ce n’est pas de la faute des fonctionnaires. C’est la politique qui est responsable.

Je n’aime pas la manière dont on parle des fonctionnaires dans notre pays. Je n’aime pas la politique qui cherche à opposer les salariés du privé à ceux du public. Ils ont pour la plupart une haute idée de leur mission. Les fonctionnaires sont démotivés parce que leur travail n’est pas reconnu, parce que ceux qui font le moins gagnent autant que ceux qui font le plus. Ils sont démoralisés parce que les 35 heures ont tout compliqué. Il faut aller voir dans les hôpitaux le désarroi et la peine de ces infirmières, de ces aides-soignantes aux prises avec la désorganisation et le manque de personnel que la réduction autoritaire du temps de travail a engendrés.

Je veux un Etat où les fonctionnaires seront moins nombreux mais mieux payés, où ils pourront gagner davantage quand ils travailleront plus, où les gains de productivité seront équitablement partagés, où le mérite individuel sera récompensé, où la promotion interne sera facilitée, où l’infirmière pourra devenir médecin, où le technicien pourra devenir ingénieur, où l’agent administratif pourra devenir Directeur, où la dignité et la protection des agents publics seront garanties.

Je veux que la fonction publique cesse d’être un refuge pour ceux qui ont peur de prendre des risques. Je veux qu’elle redevienne une vocation pour ceux qui ont le goût du bien commun et du service public.

 

Je veux une démocratie irréprochable.

La démocratie irréprochable c’est la participation de chacun à la définition du destin de tous.

La démocratie irréprochable c’est celle où il n’est pas nécessaire de voter pour les extrêmes pour se faire entendre. Celle où il n’est pas nécessaire de descendre dans la rue pour crier son désespoir. Celle où chacun reconnaît dans la politique de son pays une part de lui-même.

La démocratie irréprochable ce n’est pas celle où l’enfant d’un de ces quartiers dans lesquels s’accumulent toutes les difficultés qui regarde la télévision trouve qu’aucun homme politique ne lui ressemble.

La démocratie irréprochable c’est celle qui permet aux enfants de tous les quartiers de ressentir qu’ils ont quelque chose en commun.

La démocratie irréprochable c’est celle qui permet d’arracher le poison de l’extrémisme du cœur de tous ceux qui se laissent entraîner par leur colère et par leur peur parce qu’ils se sentent exclus.

La démocratie irréprochable ce n’est pas une démocratie où les nominations se décident en fonction des connivences et des amitiés mais en fonction des compétences. C’est celle dans laquelle l’Etat est impartial. Si l'Etat veut être respecté, il doit être respectable. Je ne transigerai pas. Pour certains postes il ne doit pas y avoir de nomination sans qu'au préalable celui que l'on envisage de nommer ne soit contraint d'exposer ses vues stratégiques pour l'entreprise ou l'organisme qu'il veut présider. Et de surcroît cette nomination doit être ratifiée par un vote des commissions parlementaires concernées. Le fait du prince n'est pas compatible avec la République irréprochable.

La démocratie irréprochable ce n’est pas une démocratie où l’exécutif est tout et le Parlement rien. C’est une démocratie où le Parlement contrôle l’exécutif et a les moyens de le faire.

La démocratie irréprochable c’est un Président qui s’explique devant le Parlement. C’est un Président qui gouverne. C'est un président qui assume. On n'élit pas un arbitre mais un leader qui dira avant tout ce qu'il fera et surtout qui fera après tout ce qu'il aura dit !

La démocratie irréprochable ce n’est pas celle où l’indépendance de la justice se confond avec l’irresponsabilité des juges. C’est celle où les juges sont responsables comme n’importe quel autre citoyen des fautes qu’ils commettent. Au moins que le drame d'Outreau ait servi à quelque chose.

La démocratie irréprochable c’est celle où le gouvernement définit la politique pénale et où le peuple participe à la décision de justice. Je souhaite que les jurys populaires jugent certaines affaires correctionnelles comme ils le font déjà dans les procès d'assises.

La démocratie irréprochable c'est celle qui punit durement le crime et qui traite dignement les condamnés. Je veux que nos prisons soient rénovées, trop d'entre elles ne sont pas digne de la France.

Notre démocratie n’a pas besoin d’une nouvelle révolution constitutionnelle. On change trop notre Constitution. Il faut arrêter de dire qu'elle est bonne et proposer tous les trimestres une nouvelle modification. Mais nous devons changer radicalement nos comportements pour aller vers davantage d’impartialité, d’équité, d’honnêteté, de responsabilité, de transparence.

La démocratie irréprochable ce n’est pas celle où la représentativité syndicale est présumée en fonction du comportement patriotique durant la Seconde Guerre Mondiale. C’est celle où la représentativité se prouve dans des élections où chacun peut librement se présenter dès le premier tour.

La démocratie irréprochable ce n'est pas seulement la démocratie Française, c’est aussi la démocratie européenne parce que les deux sont indissolublement liées. Après le « non » au référendum sur la Constitution européenne on ne peut pas continuer à faire l’Europe de la même manière. Je veux être le candidat qui dit à celui qui a voté « oui » : « j’ai voté « oui » aussi et comme vous, je crois à une France ouverte sur le monde et à une Europe qui permettra à la France d’être plus grande. Comme vous, je crois que rester immobile serait mortel quand tous les autres avancent. » Mais je veux lui dire aussi qu’il serait plus mortel encore de juger celui qui a voté « non » au lieu de chercher à le comprendre. Je veux lui dire que la France qui gagne perdra tout si elle méprise la France qui ne se sent pas bien. Je veux lui dire que tous nos destins sont liés, que tout ce qui divise les Français affaiblit la France, que tout ce qui affaiblit la France affaiblit chacun d’entre nous. Je veux dire à celui qui n’a pas peur parce que tout va bien pour lui qu’il doit tendre la main à celui qui a peur de l’exclusion, à celui qui vit dans la hantise du déclassement, parce que nul n’est à l’abri des accidents de la vie, parce que notre capacité à vivre ensemble, à nous comprendre et à nous respecter est notre bien le plus précieux.



Je veux être le Président d’une France qui dira aux Européens : nous voulons l’Europe, nous la voulons parce que sans elle nos vieilles nations ne pèseront rien dans la mondialisation, sans elle nos valeurs ne pourront pas être défendues, sans elle le choc des civilisations deviendra plus probable et le péril pour l’humanité sera terrible.

Je veux être le Président d’une France qui dira aux Européens : « nous ne ressusciterons pas la Constitution européenne. Le Président Giscard d’Estaing a fait un travail remarquable, mais le peuple a tranché. L’urgence c’est de faire en sorte que l’Europe puisse fonctionner de nouveau en adoptant par la voie parlementaire un traité simplifié. L’urgence est celle d’une Europe qui joue le jeu de la subsidiarité, qui se dote d’un gouvernement économique. C’est celle d’une Europe dans laquelle personne ne peut obliger un Etat à s’engager dans une politique à laquelle il est opposé, mais dans laquelle a

présidentielles 2007 Jean Pierre RAFFARIN: " Mission accomplie"

 

lu sur le blog de jean pierre RAFFARIN:

http://www.carnetjpr.com/carnetjpr/

Carnet de Jean-Pierre RAFFARIN

 

 

 

 

"Franchement, je suis très heureux du rassemblement d'hier.

Il y a deux mois, ce n'était pas acquis.

Il fallait réunir la famille. Depuis de longs mois,

je me suis appliqué à ce que l'union

soit toujours possible malgré les polémiques

 et les tensions.

Merci à mes amis de Dialogue & Initiative car

c'est avec eux que nous avons fait respecter,

depuis notre dîner-débat du 17 octobre, la règle

"pas de candidature UMP à l'extérieur de l'UMP".

 

C'est aussi avec eux et les 140 parlementaires

qui se sont engagés pour Nicolas Sarkozy,

 au lendemain des forums de l'union,

que le mouvement unitaire s'est

accéléré jusqu'au congrès.

Nous restons vigilants mais nous

 sommes confiants.

jpr"

13.01.2007

présidentielles 2007 UMP désignation de nicolas SARKOZY

 

LE CONGRES DE L’UMP

                      SUR INTERNET

LE CONGRES DE L’UMP RETRANSMIS SUR INTERNET
Dimanche 14 janvier, à partir de 10 heures,

 suivez en direct sur www.u-m-p.org

le congrès de l’UMP qui se tiendra

 à la Porte de Versailles à Paris.
http://www.u-m-p.org/pdf/meeting_angers_20061201.pdf Inscriptions

medium_presidentielle2007.2.jpg

12.01.2007

présidentielles 2007 le vrai courage des candidats

 

PRESIDENTIELLES 2007 LE VRAI COURAGE DES CANDIDATS

                          PRESIDENTIELLES 2007 LA VERITE  DES PROGRAMMES             Depuis l’ouverture de ce blog en novembre 2005, nous ne cessons de réclamer ce que demain tous les Français exigeront de ceux qui postulent aux plus hautes charges de l’état.             Un VERITABLE projet de société qui s’inscrive sur  au moins de 10 à 15 ans. Un projet qui tienne compte non seulement de la situation économique, sans la quelle rien n’est possible, mais un PROJET POLITIQUE au quel tous les Français sans exemption pourront adhérer car répondant aux aspirations de tous.             Les Français ne sont pas les ignares que certains se plaisent à décrire, 50% de notre population est aujourd’hui connectée à internet, ce qui place la France  en tête de tous les pays Européens.

 

            Les Français n’attendent pas que les candidats leur annoncent que demain ils seront capables de régler l’ensemble des problèmes aux quels est confronté notre pays et plus particulièrement les 10 millions de nos compatriotes les plus fragiles qui n’ont plus d’avenir et qui trop souvent survivent dans une société qui a perdu l’ensemble de ses repères.             Les FRANÇAIS attendent d’être considérés comme des adultes et que les candidats leur disent la vérité.             L’édito de la semaine de Jacques ATTALI mis en ligne sur son blog résume avec une plume acérée ce constat qu’il conviendra de conserver en mémoire tout au long de cette campagne qui débutera avec âpreté dès l’automne.             « Tout le monde le sait, les candidats devront dire la vérité sur les menaces qui pèsent sur la France sinon….             Avec les universités d’été des partis, commence la campagne électorale, on entendra les candidats à la candidature, et ceux qui rêvent de les accompagner au pouvoir, promettre de DIMINUER LES IMPÔTS, d’AUGMENTER LE DEPENSES, de réduire le CHÔMAGE, d’ASSURER LA SECURITE, de ROPRE AVEC LE PASSE et de faire MIEUX QUE LES AUTRES sur tous les sujets.             A mon sens il faudra surtout les juger sur Un POINT : leur capacité à DIRE LA VERITE sur les menaces qui pèsent sur la France.             Elles ne sont pourtant pas difficiles à énoncer,tout le monde sait que la situation est CRITIQUE,que le pays est endetté, vieillissant,travaille top peu,décline et qu’il est même en train de décrocher.             Tout le monde sait que rien n’a été fait de SERIEUX depuis 10 ans et que si rien n’est fait encore pendant 5 ans,LA CHUTE se fera de plus en plus BRUTALE.             Les actions à entreprendre sont CLAIRES, SIMPLES, MATHEMATIQUEMENT INDISCUTABLES, elles peuvent être résumées en quelques lignes »

08.01.2007

L'évolution de l'emploi en FRANCE note du premier ministre

 
  L'EMPLOI en FRANCE
Dominique de Villepin - Photo : AFP

L’évolution de l’emploi en France

Le 8 janvier, Dominique de Villepin a reçu le premier rapport annuel du Centre d’analyse stratégique (CAS). Un défi essentiel pour l’avenir : l’emploi et la formation.

"Une politique de l’emploi active"

Priorité de l’action gouvernementale, le taux de chômage est passé

en 2 ans de plus de 10 % à 8 %. Le chef du Gouvernement souhaite,

désormais, atteindre les 6 %.

Parmi les mesures annoncées, il s’agit d’avancer

vers la fusion ANPE-Unedic et de réformer le système

d’allocations chômage, sur la base des travaux actuels des partenaires sociaux.

L’objectif est également de mettre en place une

"flexi-sécurité à la française", en faisant de la mobilité pour les salariés un atout

 et en donnant aux entreprises les moyens

d’être plus compétitives face à la mondialisation.

"Un marché du travail à deux vitesses"

Par rapport aux emplois stables et bien rémunérés, l

es emplois les plus fragiles doivent être renforcés,

en particulier dans l’hôtellerie-restauration.

Le Premier ministre a donc chargé Thierry Costes

 de réfléchir notamment à la valorisation et à la modernisation

 de ce secteur.

"Pour améliorer la qualité des emplois, la clé,

c’est la formation : elle doit être ouverte à tous et tout au long de la vie",

a souligné Dominique de Villepin.

Le rapport du Centre d’analyse stratégique

 propose notamment d’instaurer une année de formation gratuite pour les moins qualifiés. L’apprentissage junior est un premier pas en ce sens.

 La réforme doit s’accompagner d’un changement

 profond du système de formation continue :

 plus simple, plus accessible et plus juste.

La deuxième proposition du rapport est

 un engagement total en faveur des jeunes qui souhaitent

acquérir une qualification ou un diplôme de bon niveau

et qui ne disposent pas des ressources suffisantes.

 Outre la réforme des bourses, il pourrait être question

de la mise en place d’un système de prêts avantageux.


05.01.2007

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