20.08.2008

Le combat en Montagne

 

la  vidéo  de Christophe  BARBIER sur  l'EXPRESS (ci  dessous) résume  et  synthétise   les  questions  que  doivent  se poser  le  Français  suite  aux  pertes  tragiques  que  vient  de  subir nos  soldats  du 8° RPIma
 
Nos  troupes  sont  elles  préparées  à ce  théâtre   d'opération ?
Pourquoi  notre  président  a t il  changé  d'option  depuis  la  campagne?
Les  raisons  pour  les  quelles  nous  ne  pouvons  à nouveau  nous  conduire  comme à MUNICH  en 1938.
 
 
L'Aghanistan   est  un  pays  de  montagneet  même  de HAUTE  MONTAGNE  qui  impose  des  troupes  préparées  à  ce  type  de  combat.
 
Les  rebelles  "Talibans"  sont  en guerre  depuis  des  dizaines  d'années  et de  ce  fait ont  un  contrôle  parfait  de  ces  zones  de  combat.
 
Après  avoir  infligé  des  pertes  énormes  aux  combattants  de  l'ex  URSS  dont  les  moyens  modernes  étaient  l'égal  de  ceux  actuellement  mis  en oeuvre il  convient  donc  d'en  tirer  les  conséquences  à savoir  que  ce  type  de  conflit  impose  une  stratégie  différente   et  qui s'apparente  aux  procédés  de  combat  connus  en Indochine  et  en Algérie. 
 
La  guerre  en  montagne  ne  ressemble   en rien à celle  des  plaines. La  spécificité  des  troupes  alpines  françaises  dans  ce  domaine  et  leurs  centres  d' aguerrissement     étaient  la  preuve  dans  l'intérêt  que  portaient  de nombreuses   forces  occidentales  à bénéficier  de  stages  spécifiques  pour  certaines  de  leurs unités  d'élite.
 
La  fermeture  annoncée  de  ces  centres marque   incontestablement  une  mauvaise  prise  de  conscience  des  besoins  futurs  de nos  forces  si elles  étaient  appelées  à  se renforcer dans  ce  pays.
 
 
lu  sur  l'express

 

 CARTES  d'AFGHANISTAN:

 
 
extrait:
 

La guerre en montagne impose des contraintes spécifiques.

La plus importante est le cloisonnement de la manœuvre. Ici, plus que partout ailleurs, le terrain est un facteur décisif. Le front d’attaque est très souvent réduit. On manœuvre de vallée en vallée en passant col après col. L’action militaire est ainsi particulièrement morcelée. Cela entraîne une grande décentralisation des combats et donne, de ce fait, une grande marge d’initiative aux subordonnés. Les communications et les liaisons sont souvent très difficiles et particulièrement vulnérables. A cela s’ajoutent les très lourdes contraintes logistiques. Les troupes se trouvent souvent coupées de leurs ravitaillements. L’une des causes de la lenteur de la progression des alliés en 1943-44 en Italie réside dans ce point : des routes étroites, des pluies diluviennes, un ennemi déterminé et la formidable logistique anglo-saxonne se trouve paralysée.
Pendant très longtemps aussi, l’une des raisons du peu d’empressement des chefs militaires pour la guerre de montagne fut l’ignorance du terrain et l’absence de cartes fiables. Trop souvent les colonnes militaires étaient réduites à se faire guider par des passeurs à la loyauté parfois fluctuante avec tous les risques que cela pouvait entraîner…Il faut attendre le XVIII° siècle en France pour disposer des premières cartes réellement utilisables (cartes Cassini) par les chefs militaires pour élaborer une manœuvre.
Autre contrainte : l’artillerie voit son efficacité amoindrie pendant longtemps (jusqu’à la mise au point des mortiers, armes autorisant le tir courbe) à cause des contre-pentes. De même, l’aviation est ici moins efficace dans ses interventions d’appui-sol car le relief n’autorise pas des évolutions aériennes « libres ». L’hélicoptère est une amélioration significative mais il voit son utilisation limitée à 5 000 mètres d’altitude…

La guerre de montagne repose sur des principes immuables :

La formule à retenir est : « qui tient les hauts, tient les bas ! ». En montagne, la défensive l’emporte sur l’offensive.

 Un assaillant doit souvent contourner l’adversaire. Dans ce cas, les rocades (axes qui sont parallèles à la ligne de front) sont essentielles mais pas toujours possibles (ou existantes tout simplement) en montagnes où le terrain « commande » et impose ses contraintes. Il y a la nécessité de disposer de troupes spécialisées, possédant un entraînement spécifique qui ne peut s’improviser. Les communications sont essentielles. Il faut les maintenir. Les Soviétiques concentrèrent ainsi leurs efforts pendant la guerre d’Afghanistan sur la préservation du tunnel de Salang entre l’URSS et l’Afghanistan. C’est ici aussi que le Commandant Massoud multiplia ses actions offensives !
La montagne autorise, pour les chefs audacieux et les troupes décidées, des actions fondées par la surprise en utilisant les axes les plus improbables et donc les plus impraticables. La libération de Mussolini par le commando allemand de Skorzeny en est un exemple (utilisation de planeurs…).
La logistique est un point décisif déjà évoqué. Ainsi, pour les hommes faut-il une grande autonomie pour ne pas trop dépendre d’un ravitaillement aléatoire. Mais qui dit montagne, dit déplacement à pied… Si le chef veut une troupe qui ne perd pas trop rapidement son aptitude au combat par une fatigue excessive, il ne faut pas trop surcharger les hommes… Ainsi la formule du célèbre capitaine Stéphane pendant la Seconde Guerre mondiale  : « Une balle, un homme ». L’emport des munitions étant limité pour cause d’allégement, cette formule impitoyable s’explique parfaitement.

L’avenir de la guerre en montagne.

Tous les stratèges militaires s’accordent sur ce point. La guerre de montagne va prendre de plus en plus d’importance.

 Les zones de conflits actuels illustrent bien cette vision de la guerre : Colombie, Népal, Kurdistan, Caucase, Kabylie, Afghanistan, etc…

La guerre en montagne est souvent qualifiée de « guerre des pauvres » car elle « nivelle » les moyens techniques. Là où une troupe faiblement équipée se fera écraser rapidement en plaine,

elle pourra résister, voire porter des coups sévères à l’adversaire. La guerre d’Afghanistan contre les Soviétiques illustre bien ce fait.

Dernier point : sur les 27 conflits identifiés en 2001, 23 se déroulent en montagne…

15.09.2007

Le BRUIT DES BOTTES... pour ceux qui veulent entendre!

 
En complément  de la fiche  sur l'avenir sombre du pétrole, cet article  du FIGARO nous donne un éclairage 
 précis  pour  ceux  qui acceptent  d'envisager l'avenir  des rapports  du monde.
 Cet  article  est à mettre  en perspective  avec un autre  publié  sur ce blog 
 concernant les rapprochements stratègiques  entre la CHINE, l'IRAN  et d'autres puissances 
qui refusent le leader ship  des USA.
La guerre  n'est certes pas pour demain, mais créer  ses conditions pose  cependant le problème 
 que l'humanité a toujours connu, celle  de son emploi.
 l'enseignement  de l'histoire nous montre depuis la nuit  des temps, que  seuls 
 des moyens efficaces  d'une défense sont les conditions  de la survie  d'un Peuple.
La guerre n'étant  qu'un moyen  particulier  de poursuivre  la POLITIQUE, mais un peuple  qui refuse  de se
défendre a toujours été une PROIE  convoitée surtout  si elle  représente  des richesses exceptionnelles.
Ceux  qui ont  en charge l'élaboration  du nouveau livre blanc  de notre  défense devront 
 avoir la lucidité  de placer leurs études  dans cette perspective, seule garante  de notre avenir.
les premières  déclaration  de certains,  qui souhaiteraient  un retour  unilétéral  à l'OTAN 
 devraient  se souvenir  des raisons  qui ont conduit  en son temps le Général DE GAULLE
à nous extraire  de cette alliance.
 le simple fait  de dépendre  d'un SUZERAIN  qui pour la propre défense  de ses intérêts essentiels 
 n'assurerait plus la défense  de ses vassaux, a été la seule  raison  que le général  en son temps
avait du prendre  pour  assurer une défense  crédible mais surtout autonome.
Face  à la MORT, l'humanité a toujours mis  en avant le "chacun pour soi"
 le peuple  doit s'en souvenir.
lu  sur  le Figaro:

"Vols militaires à la limite de la Scandinavie, tir d'un nouveau missile, explosion d'une mégabombe...

 Moscou cherche à défier l'Europe et les États-Unis, comme au temps de la guerre froide.

LA RUSSIE de Vladimir Poutine bande ses muscles. À peine son nouveau premier ministre nommé, le président russe, qui venait ainsi de démontrer son pouvoir absolu sur son pays, a orchestré hier une autre démonstration de force. Le message s'adressait cette fois à l'étranger, plus particulièrement aux Occidentaux. Pour la deuxième fois en quinze jours, des bombardiers russes ont volé suffisamment près de la Grande-Bretagne et de la Norvège pour que Londres et Oslo dépêchent des chasseurs à leur rencontre.
Les avions militaires russes ont contourné les côtes norvégiennes avant de se diriger vers l'Atlantique et n'ont pas pénétré les espaces aériens des deux pays européens, a indiqué l'armée norvégienne. En revanche, l'espace aérien finlandais a été brièvement violé hier matin par un avion de transport militaire Iliouchine 76, a annoncé le ministère finlandais de la Défense. Les vols militaires russes se sont multipliés à proximité de la Scandinavie et du Royaume-Uni depuis l'annonce par Vladimir Poutine, le 17 août dernier, de la reprise de patrouilles de bombardiers stratégiques.
Les bombardiers détectés hier étaient des Tupolev 160. C'est un appareil de ce type qui a largué une nouvelle bombe à effet de souffle, présentée comme la plus puissante du monde par la télévision publique russe, qui a diffusé l'information mardi (lire ci-contre).
Nouveau missile intercontinental
Fin août, lors du salon aéronautique international MAK, qui se tient chaque année près de Moscou, des chasseurs Sukhoï 27 ont effectué une simulation particulièrement spectaculaire de combat aérien. En mai, les militaires russes avaient annoncé le premier succès pour le nouveau missile intercontinental RS-24 à têtes nucléaires multiples. Le missile, qui avait été tiré de la base militaire spatiale de Plessetsk, dans le Nord-Ouest, avait survolé toute la Russie avant de détruire une cible dans la péninsule du Kamtchatka, 6 000 km plus loin. La nouvelle arme a été brandie comme une réponse directe aux éléments du bouclier antimissile que les Américains prévoient d'installer en Europe centrale.
« Chaque semaine, il y a une nouvelle démonstration de bombe ou de nouveau missile », observe, avec une pointe d'ironie, Aleksandr Golts, rédacteur en chef adjoint du magazine en ligne Ejednevny Journal, bon connaisseur des questions militaires. Certains « nouveaux missiles » ne sont en réalité que de simples versions améliorées d'armes existantes, ou des premiers tests réussis après des séries d'échecs, nuance Isabelle Facon, spécialiste de la défense russe à la Fondation pour la recherche stratégique de Paris. Quant à la reprise des patrouilles à long rayon d'action des bombardiers stratégiques, qui avaient été interrompues en 1992, il ne s'agit en réalité que d'exercices, tempère Aleksandr Golts. De véritables patrouilles signifieraient que les avions emportent dans leur soute des têtes nucléaires, comme ils le firent seulement entre 1985 et 1987, ce qui n'est pas actuellement le cas, selon Golts. Il n'empêche que les vols des imposants Tupolev 95, appareils à hélices sortis tout droit de Docteur Folamour, de Stanley Kubrick, ont de forts relents de guerre froide.
«Restauration de la superpuissance»
Ces démonstrations de force « répondent surtout à des enjeux de politique intérieure, analyse Aleksandr Golts. Quel que soit finalement le dauphin adoubé par Poutine, « l'un des thèmes de la campagne présidentielle sera la restauration de la superpuissance russe », prévoit-il. Pour Isabelle Facon, « la nostalgie de la grandeur » n'est pas qu'une posture du Kremlin et des généraux formés à l'époque soviétique. Elle est véritablement ancrée dans l'esprit de nombreux citoyens russes qui ont vécu l'effondrement économique et la crise de l'armée, dans les années 1990, comme une humiliation. Une période de faiblesse dont l'Occident a profité pour élargir l'Otan et intervenir au Kosovo. Depuis, grâce aux pétrodollars, Moscou est parvenu à quadrupler son budget de défense entre 2001 et 2007. Parallèlement, le président russe aurait perçu l'intervention américaine en Irak et les « révolutions de couleur », en Géorgie ou en Ukraine, comme un réel tournant dans sa relation avec l'Occident. La Russie n'allait plus se laisser marcher sur les pieds.
Lorsque, au coeur du mois d'août, Vladimir Poutine a posé torse nu lors d'une partie de pêche en Sibérie avec le prince Albert de Monaco, ses pectoraux et abdominaux sculpturaux ont beaucoup agité les médias et la blogosphère russes. Les muscles bronzés donnaient symboliquement le ton de la campagne."

24.08.2007

Livre Blanc sur la Défense Nationale

 


Allocution  du Président  de la République

Livre  Blanc  de la DEFENSE

Palais de l'Élysée, Paris, le 23 août 2007



"Monsieur le Premier ministre,


Mesdames et messieurs les ministres,


Monsieur le Président de la Commission du Livre blanc

 sur la défense et la sécurité nationale,


Mesdames et Messieurs, les membres de la commission,

 

J'ai souhaité donner une certaine solennité au lancement de vos travaux,

 à la fois pour marquer l'importance que j'y attache personnellement,

 comme chef de l'Etat,

 chef des armées, garant de l'indépendance du pays

 et du respect des traités internationaux,

et pour souligner les impulsions nouvelles

que j'entends imprimer à notre politique de défense et de sécurité.

Pourquoi un livre blanc ?

Un livre blanc est un texte de référence qui définit, pour une

 certaine période,

les objectifs d'une politique publique,

le cadre dans lequel elle se développe,

les choix qu'elle appelle, notamment pour adapter l'Etat.

 Les livres blancs sur la défense et la sécurité nationale

sont d'une nature particulière :

 ils traduisent concrètement l'ambition de l'Etat sur l'essentiel,

 c'est-à-dire la survie de la nation.

 Et dans ce domaine, je fais mienne la phrase du général de Gaulle :

 " La défense ! C'est la première raison d'être de l'Etat.

 Il n'y peut manquer sans se détruire lui-même ".

Mais aujourd'hui dans le domaine de la défense et de

 la sécurité nationale, nous avons besoin d'un nouveau cadre.

Le Livre blanc dont vous engagez la préparation et que

 j'approuverai en mars prochain sera le troisième depuis

le début de la Vème République,

 après celui de 1972 et celui de 1994.

Il sera différent des précédents.

 Différent parce que le monde se transforme vite.

 Différent parce que nos conceptions, notre doctrine,

 notre organisation doivent s'adapter, en conséquence,

plus rapidement, sauf à prendre le risque que l'Etat manque

à son premier devoir :

 protéger la population, le pays, le caractère républicain de

ses institutions,

les grands choix internationaux qui conditionnent sa sécurité

et son bien-être.

Différent enfin parce que j'en ai confié la réalisation à

une commission au format et à la composition inédits,

j'y reviendrai.

Mais vous ne partez pas de rien, tout n'est pas à réinventer.

Les grandes fonctions de notre défense ; dissuasion, prévention,

protection et projection restent valides.

 Notamment la dissuasion qui reste un impératif absolu

sur lequel je me suis déjà clairement prononcé.

 Dans ce cadre, je souhaite que la réflexion que vous allez

 mener soit fidèle à la conception française de la défense et de la sécurité :

 c'est à dire globale dans sa vision du monde,

 exigeante sur son indépendance,

 ambitieuse pour l'Europe mais ouverte et pragmatique

sur ses alliances,

audacieuse dans son approche des droits de l'homme et

 particulièrement attentive aux régions du

monde dans lesquelles la France est historiquement

et culturellement présente.

J'ai voulu, d'emblée, que plusieurs changements

 marquent vos travaux.

Le premier tient à la nécessaire ouverture qui doit marquer la réflexion.

 C'est vital si nous voulons faire évoluer notre défense

et notre sécurité nationale vers une meilleure prise

 en compte des enjeux du XXIème siècle.

Nous devons construire la sécurité et la défense de demain

 en fonction des besoins,

 non en fonction d'habitudes ou de certitudes préétablies.

Bien entendu, puisqu'il s'agit de défense et de sécurité,

 ces travaux, notamment dans la phase de préparation des décisions,

 appelleront une certaine confidentialité, chacun le comprend.

Mais je souhaite une vraie rupture dans les méthodes.

 J'ai donc demandé au président de votre commission,

 dont je sais qu'il partage pleinement cette vision,

 de prêter une attention particulière à la prise en compte

d'une grande diversité d'opinions, d'expertises,

de sensibilités, politiques, professionnelles et sociales.

Cela impliquera des consultations larges auprès des différents

 acteurs de notre défense et de notre sécurité,

à tous les niveaux, avec l'appui des ministres concernés.

Vous devrez aussi procéder à des auditions publiques au cours

de vos travaux.

 Il faut sortir des cercles fermés et des réflexions en chambre.

Je souhaite donc que vous puissiez recueillir l'avis de personnalités

 étrangères, notamment européennes,

sur l'évolution future de l'environnement international

et sur l'idée qu'elles se font de la politique française.

Vous pourrez demander l'avis de scientifiques,

philosophes ou sociologues susceptibles d'éclairer

 l'avenir et la pertinence de nos choix.

 Ou encore faire appel au témoignage et à l'expérience

d'acteurs de terrain que l'on a peu l'habitude d'entendre.

Pour les mêmes raisons, je vous encourage également à aller à

la rencontre de celles et ceux qui, au quotidien, servent la défense et la sécurité nationale

: il faut bouger, écouter, apprendre, pour que cette réflexion tienne

 compte des réalités sociales, professionnelles,

humaines que connaissent ceux qui ont choisi de servir la défense

et la sécurité du pays.

L'ouverture, c'est aussi la présence parmi vous de membres de

la représentation nationale et d'élus locaux.

J'ai tenu personnellement à ce que le Parlement soit,

cette fois, associé à la commission dès l'amont des travaux.

Ceux-ci déboucheront, nous le savons, sur plusieurs traductions législatives.

 C'est en tout état de cause une dimension essentielle pour

 notre politique de défense et de sécurité nationale,

 essentielle pour le lien entre la nation, sa défense et ses choix en matière

 de sécurité.

 Je salue et remercie chaleureusement les membres des

 deux assemblées qui ont accepté cette tâche,

dans le respect des prérogatives respectives

et de la diversité des choix politiques de chacun.

Enfin, je tiens à souligner l'appel à contributions que vous

allez lancer prochainement,

 notamment auprès des centres universitaires compétents,

et la mise en place à cette fin d'un forum sur Internet.

 C'est une voie d'expression et de sensibilisation aujourd'hui indispensable.

Je l'ai dit, je souhaite que les Français entendent parler

 de la défense à d'autres occasions que le seul 14 juillet.


L'autre changement tient à la conception large de la défense et

 de la sécurité nationale que je vous demande de définir.

 Comme vous, j'entends dire depuis des années que

 la sécurité extérieure de la France et la sécurité de et

sur son territoire sont indissociables.

 Mais je n'en vois pas toujours la traduction concrète

 dans notre organisation, nos moyens, ou même notre réflexion !

A dire vrai, il faut s'interroger sur

 l'adéquation à la situation de demain de textes d'organisation de notre défense.

 Nous sommes tous d'accord pour estimer que la fin de la guerre froide

 aurait probablement du se traduire de façon plus concrète

 dans notre organisation et dans nos moyens.

 Le moment est venu de revoir des textes,

 certes vénérables comme les ordonnances de 59, mais qui datent

d'un demi-siècle.

Cette réflexion doit notamment permettre d'accélérer la réforme

du ministère de la défense qui est une des clés de

 cette modernisation.

Je laisse cela à votre appréciation : vous pressentez la mienne.

Je vous demande de me proposer une stratégie globale de défense

et de sécurité nationale actualisées

qui garantisse les intérêts de la nation

si une surprise stratégique venait à les menacer.

 Avec pour objectifs majeurs,

compréhensibles par tous nos concitoyens,

 la protection de la population

 et la défense des intérêts fondamentaux de la nation,

 y compris ses intérêts européens et internationaux.

Sur une base ainsi élargie, je souhaite engager une réforme de l'Etat,

pour l'adapter aux défis futurs de notre sécurité,

aux dimensions transnationales des menaces et des réponses aux menaces

.Il faut à l'évidence décloisonner les services

et les administrations,

renforcer la dimension interarmées de nos capacités ,

 mieux coordonner l'action interministérielle,

être capables d'agir efficacement en coordination avec

 nos partenaires européens et internationaux, qui

 se sont dotés de structures modernisées.

Les Français attendent de l'Etat qu'il dispose de capacités

 d'anticipation et de capacités de réaction très rapides.

 C'est la contrepartie légitimement attendue des efforts,

notamment financiers,

 consentis en faveur de la défense et de la sécurité nationale.

 Nous nous devons de répondre à cette attente.

 Anticipation et réactivité seront donc les maîtres mots de

cette nouvelle stratégie.

Dans ce cadre, il faudra aussi aborder des aspects

de cette politique publique qui n'avaient pu être traités à fond en 1994

: bien entendu, les conséquences de la professionnalisation

des forces armées sur la relation entre la défense,

la sécurité et la société ;

 mais aussi l'organisation de nos moyens sur le territoire

 métropolitain et outre-mer, ou encore les dimensions

 nouvelles de la sécurité civile face aux risques de

catastrophes naturelles, de crise sanitaire internationale,

 ou d'hyper terrorisme.

Comme je m'y suis engagé devant les Français,

cette réflexion sera conduite sans tabou.

 Les compétences qui sont ici rassemblées

 et leur diversité sont un gage de crédibilité.

La sécurité des Français exige en effet une identification

aussi claire que possible des dangers contre lesquels

il faut se prémunir, mais aussi des coopérations

et des conditions de paix dans le monde qu'il faut encourager.

D'ores et déjà, le terrorisme et la prolifération apparaissent comme

 des enjeux majeurs.

Ils étaient clairement identifiés dans le Livre Blanc de 1994

 mais ils sont en passe de franchir un seuil particulièrement inquiétant.

Notre sécurité ne s'y réduit pourtant pas.

 D'autres enjeux, moins évidents, d'autres données,

moins connues, seront déterminants ou vont apparaître en

pleine lumière dans les années à venir : je pense

 notamment à toutes les conséquences de la mondialisation.

Ne cédons pas aux visions réductrices, simplificatrices ou

manichéennes du monde :

elles sont rarement un gage de paix,

 elles ne sont guère dans la tradition de la France.

Il est de notre responsabilité de préparer l'avenir en prenant en compte

 la complexité des enjeux, les causes

 des conflits possibles, et aussi les raisons d'espérer.

Au demeurant, et c'est une dimension essentielle de vos travaux,

 la France définit sa défense et sa sécurité nationale dans un cadre européen,

transatlantique et international.

 Elle doit être à même de peser dans les organisations qui

déterminent la paix et la sécurité internationale,

comme de répondre aux obligations qui découlent de

 sa participation et de sa place au Conseil de sécurité.

Il conviendra que vous me fassiez les propositions qui

vous paraîtront les meilleures en ce sens.

Je souhaite adapter notre politique et nos moyens à ces enjeux.

Je souhaite que la France contribue activement à la définition

 d'un cadre international plus efficace,

plus juste aussi, qui réponde aux défis des quinze ans à venir.

Car, là également, réside l'une des clés de la sécurité des Français.

Enfin, votre travail, large et libre, devra être opérationnel et conclusif.

Votre rôle est d'aider à déterminer des choix particulièrement

 importants pour le pays :

 objectifs hiérarchisés de défense et de sécurité nationale,

stratégie, équipements, formats des forces,

 financement, ressources humaines, cohérence de l'effort

 de renseignement, politique industrielle et de

recherche.

 Rien ne doit vous être étranger.

La tâche est rude, car les contraintes sont multiples,

les nécessités de changement importantes et l'héritage lourd.

J'ai fixé le cadre général de l'effort de la nation

autour de 2% de la richesse nationale.

C'est une indication importante pour vos travaux.

Cet objectif doit permettre à la France de se doter des capacités

nécessaires et de rester dans le peloton de tête des

nations européennes, avec le Royaume Uni.

Les arbitrages et décisions relèveront du chef de l'Etat.

 Leur traduction législative, qui sera sans doute diversifiée

compte tenu du champ qui vous est assigné,

 sera soumise au Parlement par le gouvernement.

Il conviendra, à cette fin, de disposer de scénarios crédibles,

 de choix clairs. Je ne me déroberai pas, quant à moi,

 aux responsabilités que m'ont confiées les Français.

Il me reste, Monsieur le conseiller d'Etat, Mesdames,

 Messieurs, à vous remercier d'avoir accepté de

consacrer votre temps, votre énergie et votre expérience

à cette entreprise essentielle de modernisation

de notre défense et de notre sécurité.