24.11.2007

L'Economie de Montagne sans la NEIGE le défi de demain:

 
"D’un village pauvre et isolé, elle est devenue le repaire des skieurs chics et d’une clientèle internationale. La multiplicité de ses activités annexes et son cadre naturel exceptionnel font d’elle l’un des villages les plus fréquentés face au Mont Blanc.

La commune de La Clusaz se situe à 28km à l’Est d’Annecy, une position privilégiée à dix minutes d’un aéroport international. Le village a su préserver son authenticité, au travers des traditions toujours vivantes, et le patrimoine architectural exceptionnellement préservé. Certains chalets datent du XVIIème siècle et les clochers à bulbe, souvenir du XVème siècle, sont encore bien ancrés dans le sol enneigé !

Le nom de La Clusaz trouve son origine dans le mot cluse (défilé, chemin resserré entre deux montagnes). Le village est appelé Clusa Locus Dei, « Défilé du lieu de Dieu », sur certains anciens écrits. Ceci devient La Clusaz lieu Dieu, appellation accordée par les abbés de Talloires dont La Clusaz dépendait et qui est officiellement utilisé jusqu’en mai 1772.

Les anciens se souviennent encore du commencement…

Cent ans en arrière, La Clusaz est un miséreux village qui vivote grâce à une rude culture des féculents - l’orge et le seigle pour le pain, l’avoine pour les animaux, le lin et le chanvre pour les habits et la pomme de terre pour la consommation personnelle. Les fruitières de Reblochon et l’exploitation de la forêt sont à cette époque deux ressources économiques principales."

Et  si  tout  redevenait  comme  avant?

    En effet toute la richesse économique  de notre petit village repose essentiellement  sur le tourisme  et plus  encore sur la NEIGE.

    Imaginons seulement le retour  au passé, à la fin du XV° siècle et ce pendant près  de 50 ans nos montagnes furent privées à la satisfaction  des habitants  de l'époque  de cette neige  alors condidérée  comme une véritable calamité.

     Pas  de neige  dans les alpes  en dessous  de 2500 à 3000 mètres. Nous assisterons ensuite à la fin  du XVIII° siècle c'est à dire  au moment  de la révolution Française à une offensive  de la période hivernale  qui  se traduit  par  des périodes  de disettes  et même de famine  comme  en 1788.

    Famine  qui toucha  alors  toute l'europe  et dont nous connaissons  plus  de deux cent  ans après  les conséquences politiques. même  si ce facteur déterminant  est aujourd'hui totalement ignoré  de nos historiens qui privilégient la révolte politique mais  qui omettent  de reconnaître  que  ces faits  ne sont  que  les conséquences  de la famine.

    La période  des hivers neigeux revint  en vigueur  au moment  de la première guerre mondiale  et  surtout  après 1945.

    Nos petits villages  de montagne  se sont alors développés  en s'appuyant quasiment exclusivement  sur  le développement  de ce tourisme hivernal  et à l'or blanc  de cette neige.

    Depuis 10  ans, cette manne  semble  de plus  en plus incertaine  et toutes les prévisions sérieuses  montrent à l'évidence  qu'au cours  des 30 prochaines  années  les hivers  sans neige  en dessous  de 2500 mètres deviendront la norme  comme  les Alpes  l'ont déjà connu il n'y a  que  quelques siècles seulement.

    Quel  avenir  donc  pour  toutes nos stations  de moyenne montagne?

    Le retour à ce  qui a été  pendant  des siècles  le quotidien  de nos anciens, la misère, les privations  et une économie  de survivance.

     Le  futur proche  est beaucoup plus funeste  du fait même  que nos exploitatuions agricoles ne sont plus  et que celles  qui survivent  ne le peuvent  qu'avec la perfusion  de la manne  de la PAC.

     Crédits  qui sont tous appelés à disparaîtrre  au cours  des toutes prochaines  années, ce  que tous les responsables  savent  ou pire encore devraient savoir.

    L'adaptation   aux dures réalités devrait  donc être  le crédo commun  de tous ceux  qui ont  en charge l'avenir  de toutes  ces communautés humaines.

     Il est enfin temps de comprendre  vers  quel avenir  nous avançons à pas forcés. jouer les Autruches n'aura  qu'un résultat le dépeuplement  de nos vallées  dans un très court  avenir sans doute moins  de 10 ans.

    Il faut donc d'URGENCE  réorienter nos économies  afin de pouvoir créer  des emplois durables   et ainsi maintenir notre jeunesse  dans nos villages.

    Ce ne sont pas les jeunes  qui peuvent entreprendre  ces démarches  mais  les seniors  qui seuls peuvent  analyser  la situation  et prendre  les décisions  qui engageront le proche avenir de notre jeunesse.

    les nouvelles technologies  autorisent  l'implantation  de sociétés  de services où la proximité  de la clientèle  qui devient mondialisée n'impose plus  de proximité.

     l'axe  de développement  reposera donc  sur la capacité  de créer les conditions d'implantation  de ces nouvelles entreprises  dans nos vallées.

     Les ARAVIS  présentent  de nombreux atouts, la proximité de  très grands centres économiques  comme GENEVE et LYON. un réseau d'autoroutes modernes,  des aéroports internationaux à moins  de 30 minutes

    Les synergies à attendre  du bassin de population  de GENEVE  (un million d'habitants), conjuguées  à l'ouverture prochaine  de l'autoroute  qui mettra enfin  de centre  de GENEVE  à moins  de 25 minutes d'ANNECY, la necessité croissante  de logements  de ce bassin de population  imposera  alors  de choisir  entre  des cités villages dortoirs  ou alors  le développement  économique conjugué  avec  ces métropole économiques.

    Il y a URGENCE  non seulement à comprendre  la necessité  de l'adaptation mais plus encore à entreprendre au plus vite les conditions  de l'accueil  et de l'accompagnement  des sociétés  nouvelles  qui demain permettront à notre jeunesse  de vivre  de son travail  quand la neige  ne sera plus  qu'un souvenir  sur nos cartes postales flétries.