Dans un des pays les plus pauvres du monde, sortant de vingt ans d’une guerre civile ayant fait deux millions de morts, voilà que recommence un massacre de masse, très révélateur de ce qui attend notre planète.

    Au Sud-ouest du Soudan, à la frontière du Tchad, la région du Darfour s’oppose depuis 1956 à son rattachement au Soudan. A partir de 2003, le conflit s’est intensifié : Contre des mouvements indépendantistes regroupés dans un National Redemption Front ayant une base arrière au Tchad, le régime du président soudanais Omar El-Bechir, a lancé son armée et des milices, les djandjaouids, dirigées par un ancien officier de l’armée soudanaise et financées par l’Etat .

     En trois ans, ces milices ont tué 400.000 civils et fait fuir plus de 2,5 millions d’autres vers le Tchad , ou vers des camps de fortune gérés par des ONG totalement débordées.

    Devant cette tragédie, l’Union africaine a, pour la première fois dans son histoire, réussi à constituer une force d’interposition. Comme cette force ne rassemble que 7000 soldats, sans équipement ni armement moderne, le Conseil de Sécurité a proposé, contre l’avis du président soudanais, d’envoyer au Darfour 10.000 hommes de plus venus d’autres continents.

    Aujourd’hui, le veto de la Chine (premier client du pétrole soudanais), empêche de mettre en œuvre cette décision. Si cette situation perdure, plus aucun personnel humanitaire, plus aucun journaliste, plus aucun homme de bonne volonté ne pourra agir, ni témoigner de ce qui se passe au Darfour. Le massacre des populations s’y accélérera en toute impunité : la vie de six millions de personnes est aujourd’hui en danger.

    Le Conseil de Sécurité doit donc absolument envoyer des troupes sur place ; convaincre la Chine de le laisser faire est une urgence morale et politique. Si on n’y parvient pas, tous les acquits de la seconde moitié du 20ème siècle seront réduits à néant :

   malgré l’omniprésence des médias, malgré l’existence d’institutions internationales et d’ONG puissantes, des dictateurs pourront de nouveau massacrer en paix derrière leurs frontières.

    Si on y réussit, au contraire, surgira une police supranationale ayant pouvoir de séparer des combattants à l’intérieur d’un pays, et de protéger des populations civiles contre les agissements de dictateurs ou de bandes terroristes. Nous sommes tous concernés : L’Histoire nous apprend que chacun peut devenir tour à tour bourreau ou victime."

 

Bonjour Monsieur Attali,


comme de nombreux autres internautes, je vous remercie de la concision de votre note ainsi que vos multiples interventions sur les chaînes de télévision où vous avez été invité cette semaine.


pour en revenir à cette catastrophe humanitaire qui est imposée aux populations du DARFOUR (depuis de très nombreuses années pour ne pas dire plus) le pointage de la responsabilité de la CHINE est comme le dit Chahid trop restrictif.

    Le pétrole et plus précisément le rôle joué par les grandes puissances y compris les USA dans cette zone sont des invariants.Même si vous avez raison sur le fond, comment tolérer que ces massacres se perpetuent dans l'indifference générale, l'histoire nous enseigne depuis l'aube de l'humanité que seuls les intérêts de grands prime toujours sur toute autre considération. C'est précisément dans de telle situation que les bonnes âmes peuvent s'interroger sur le rôle réel de l'ONU? mais que peut faire cet organisme créé par les USA dès lors que les intérêts mêmes de ce grand pays sont en cause?


Que peut faire cet organisme désarmé face à la guerre? C'est précisément par l'emploi d'armes "justes" au service du droit voir des droits de l'homme que l'onu serit capable de faire respecter en l'imposant sa juste vision des problèmes. nous en sommes loin car personne n'a jamais voulu accepter de doter cet organisme de moyens réels. la SDN avait elle même était remplacée pour son incapacité à interdire la guerre en 1914, les mêmes causes générent souvent les mêmes effets. l'impuissance de l'onu est congénitale, c'est par expérience que j'affirme ce constat, et l'hypocrisie de monde occidental porte en germe les catastrophes que vous décrivez si bien dans votre nouvel ouvrage.

Il n'y a pas de JUSTICE humaine sans la force pour l'imposer. c'est à partir de ce seul constat que tous les respnsables politiques doivent envisager l'avenir de notre monde. le reste n'est qu'illusion  de surcroît coupable pour ceux qui prétendent diriger la destinée de leurs nations!!